12/07/2012

6:1 - Les six premiers sceaux


 

L'OUVERTURE DU LIVRE
LES SEPT SCEAUX

Apocalypse 6:1-8:5


Le livre-rouleau sitôt pris en main, l’Agneau en brise les sceaux, l’un après l’autre, permettant que se déroule le livre, étape par étape, et que soient exposés les décrets pour l’humanité.
 
Quatre sceaux introduisent la vision de chevaux qui s’élancent, couvrant la terre de fléaux. Le cinquième atteste que le sang des martyrs n’est pas oublié du Seigneur, tandis qu’à la rupture du sixième les puissants de ce monde prennent conscience d’un jugement à venir, "la colère de l’Agneau" après ce si long temps de la patience de Dieu (Romains 9:22, Colossiens 3:6, Psaume 2).
 
Avant l’ouverture du septième sceau vient un moment d’interruption,  les quatre vents de la terre  sont retenus. Et paraissent deux visions, l’une sur la terre et l’autre dans le ciel ; d’une part, sur la terre, des âmes des douze tribus d’Israël, scellées du sceau de Dieu, et d’autre part, devant le trône, une foule venant de toutes les nations, des âmes introduites dans la paix et chantant la louange de l’Agneau.
 
La situation et ainsi brossée à grands traits : les fléaux qui ont touchés et toucheront encore la terre, "un commencement de douleurs" (Matthieu 24:8), la relation de Dieu avec des Israélites sur la terre et l’affirmation que le martyre des fidèles aura sa conclusion dans la félicité éternelle. Alors vient l’ouverture du septième sceau et la vision des anges qui vont sonner de la trompette, annonçant de la part du Seigneur les événements de la terre, confirmant la crainte de ceux qui pressentaient "la colère de l’Agneau" (6:16); lorsque le sixième sceau avait été brisé.

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Avant d’aller plus loin, il est utile de s’arrêter sur ce qui est connu par les premiers auditeurs du livre, et de Jean naturellement, touchant "la consommation du siècle", la fin de notre ère, ce  temps de la grâce  où l’évangile est annoncé tandis que le monde poursuit sa course dans l’indépendance du Créateur. Ce temps a une fin ; les disciples en ont été enseignés par le Seigneur lui-même peu avant sa Passion.
 
"Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres ; prenez garde que vous ne soyez troublés, car il faut que tout arrive ; mais la fin n'est pas encore. Car nation s'élèvera contre nation, et royaume contre royaume ; et il y aura des famines, et des pestes, et des tremblements de terre en divers lieux. Mais toutes ces choses sont un commencement de douleurs." (Matthieu 24:6-8).
 
Des guerres et autres désastres, il y en avait eu, et cela dès que l’homme fut sur la terre. Mais la parole de Jésus Christ paraît bien évoquer des réalités plus dramatiques encore, tout en exprimant que ce ne sera là qu’un "commencement de douleurs."  Il est annoncé qu’avant que vienne la fin de cette ère, et "l’avènement de notre seigneur Jésus Christ", le monde connaîtra donc une aggravation des douleurs. Et déjà aujourd’hui les souffrances de tant d’hommes, de femmes et d’enfants, paraissent dépasser toutes limites… Que dire lorsque que nulle force ne pourra plus retenir cette puissance de la méchanceté et de l’indifférence en ce monde ?
 
Une vingtaine d’années après que Jésus ait ainsi enseigné ses disciples, Paul écrit aux chrétiens de Thessalonique, jeunes encore dans la foi : "Nous vous le demandons, frères, pour l’avènement de notre seigneur Jésus Christ et notre rassemblement auprès de lui, de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre pensée, ni alarmer en esprit, que se soit par parole ou par lettre venant prétendument de nous, comme si le jour du Seigneur était venu. Que personne ne vous trompe d’aucune manière, car il faut que d’abord vienne l’apostasie, et que se révèle l’homme sans-lois, le fils de perdition, qui s’élève au-dessus de tout ce qui est appelé dieu, de tout ce qu’on vénère et qui va jusqu’à s’asseoir dans le sanctuaire de Dieu et à se présenter lui-même comme étant Dieu." (2 Thessalocinicens 2:1-4).
 
Les Thessaloniciens étaient ainsi armés pour comprendre que les événements annoncés ne viendront pas avant que la chrétienté elle-même n’ait déchu de sa vocation pour n’être globalement plus qu’un corps sans vie, dans l’apostasie. Et ici nous pouvons revenir à l’évolution des assemblées décrite dans les lettres aux sept assemblées.
 
En poursuivant sa lettre, l’apôtre affirme alors que le cours des temps n’est pas laissé seulement aux errements des hommes, qu’il y a une retenue, jusqu’à ce que vienne ce développement désastreux. "Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais cela lorsque j’étais encore auprès de vous ? Or maintenant vous savez ce qui retient pour qu’il se révèle en son temps. Le mystère de l’iniquité est à l’œuvre ; mais celui qui retient opère, jusqu’à ce qu’il soit enlevé. Alors sera mis à découvert l’homme sans-lois que le seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, qu’il réduira à rien par l'apparition de sa présence, l'inique dont la présence reflétera l’opération de l’adversaire en toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et en toutes tromperies d’injustice pour ceux qui vont à leur perte, parce qu’ils n’ont pas accepté l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu envoie sur eux une opération d’égarement, pour qu’ils croient le mensonge, pour que soient jugés tous ceux qui n’ont pas cru la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice." (2 Thessaloniciens 2:5-12).
 
Ces lignes de l’Evangile et ces enseignements de l’apôtre ont suffit, semble-t-il pour soutenir la foi des premiers chrétiens ; mais avec le temps qui s’écoule, lorsque la faiblesse se manifeste, les croyants doivent être réveillés, les apôtres eux-mêmes en ont eu conscience (Romains 13:11, 1 Corinthiens 15:34, Ephésiens 5:14, 2 Pierre 1:13, 3:1). Il en fut de même dans la vie du peuple d’Israël ; c’est en des temps de déclin que furent suscités les prophètes.

 
Les cinquième et sixième sceaux - 6:9-17
 
Que les fléaux de la terre soient connus de Jean avant qu’il ne se trouve à Patmos et qu’il y fut saisi en esprit et placé devant cette extraordinaire vision, c’est assurément une évidence ; des invasions armées et des guerres civiles, il en a connu lui-même. N’a-t-il pas connaissance de l’extension militaire de la puissance romaine, des révoltes locales de peuples conquis, et de la chute de Jérusalem en l’an soixante-dix, le temple réduit en cendres, suivie trois ans plus tard de la chute des juifs rebelles à la forteresse de Massada ! Les famines et épidémies, il ne peut les ignorer non plus (Actes 7:11, 11:28). Par cette vision, il reçoit l’assurance que ces terribles épreuves des hommes sont vues du Trône de Dieu, mais aussi que de telles épreuves déborderont en intensité aux jours de la fin.
 
Alors il lui reçoit deux nouvelles visions pour lesquelles deux seaux sont successivement brisés. Deux visions complémentaires.
 
Le cinquième sceau.
 
Il annonce que la cohorte des martyrs n’est pas encore au complet. Autres souffrances, autres martyrs, jusqu’à la fin…

9 Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été égorgés à cause de la parole de Dieu, pour le témoignage qu'ils avaient rendu. 10 Et ils criaient à haute voix : Jusques à quand, ô Souverain, saint et véritable, n’exerceras-tu pas le jugement et ne nous rendras-tu pas droit à l’égard de notre sang sur les habitants de la terre ? 11 Une longue robe blanche fut donnée à chacun d’eux, et il leur fut dit de se tenir en repos quelques temps encore, jusqu'à ce que fussent au complet leurs compagnons d'esclavage et leurs frères qui allaient être mis à mort comme eux.

Nulle souffrance pour le témoignage ne peut être oubliée, même s’il paraît aujourd’hui l’impunité des coupables. Et pour ceux-ci, sans oublier qu’il y a pour tous une voie de pardon (Luc 23:34), nous ne devons pas oublier qu’il s’en trouve qui s’enferrent dans une telle voie d’iniquité, refusant d’en changer. Jusques à quand… La question n’est manifestement pas une attente de vengeance au sens commun, mais l’attente que s’exprime la justice (2 Timothée 4:14). Et il est manifeste que la réponse est favorable ; ils reçoivent l’assurance que la justice sera manifestée, que le jugement viendra, et que leur droit sera établi (comp. Luc 18:3). Toutefois le temps n’est pas encore venu. Des événements doivent encore se produire dans ces temps de la fin, et une guerre sans frein sera faite aux croyants sur la terre. Toutefois ils ont déjà revêtu la robe blanche de la rédemption (3:4-5,18, lire aussi 2 Corinthiens 5:3-4).
 
Sixième sceau.
 
Des puissances conquérantes, un débordement de violence… Si grandes soient les ambitions des hommes qui produit sur la terre de tels ravages, il paraîtra alors un tel désordre que la peur commencera à s’installer parmi les grands de ce monde. Le pressentiment d'un désastre planétaire saisira les puissants.
12 Et voici ce que je vis quand il ouvrit le sixième sceau : il y eût un grand tremblement de terre, le soleil devint noir comme un sac de crin, la lune devint tout entière comme du sang, 13 et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme lorsqu’un figuier secoué par un grand vent jette loin ses figues tardives. 14 Le ciel se retira tel un livre qui s'enroule, toute montagne et toute île fut transportée de sa place.
 
15 Les rois de la terre, les grands, les chiliarques, les riches, les puissants, tous, esclaves et hommes libres, allèrent se cacher dans les cavernes et dans les rochers des montagnes. 16 Et ils disent aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, cachez-nous de celui qui est assis sur le trône et de la colère de l'Agneau ; 17 car le grand jour de sa colère est venu, et qui pourrait subsister ?

Ce temps annoncé n’est pas encore, mais la crainte paraît bien toucher ceux qui ont le pouvoir sur le monde, et en abusent. Ils craignent que ne soit venu le "Jour de la colère" (Sophonie 2:3, Nahum 1:6). Comment en serait-il autrement ?
 
Soleil, lune, étoiles représentent les puissances de ce monde, et toutes paraissent vaciller : tremblement de terre, éclipse du soleil et de lune (Esaïe 13:10, 50:3, Joël 2:10,30,31, 3:15,16), étoiles précipitées en terre "comme lorsqu’un figuier secoué par un grand vent jette loin ses figues tardives" (Esaïe 34:4, Nahum 3:12). Des annonces déjà faites par le Seigneur, face au Temple de Jérusalem, sur le coteau du Mont des Oliviers. "Et aussitôt après la tribulation de ces jours-là, le soleil sera obscurci, et la lune ne donnera pas sa lumière, et les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. Et alors paraîtra le signe du fils de l'homme dans le ciel : et alors toutes les tribus de la terre se lamenteront et verront le fils de l'homme venant sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire." (Matthieu 24:29-30, lire aussi Marc 13:24, Luc 21:25-26).
 
Alors les puissants en viennent-ils à chercher un abri "dans les cavernes des montagnes", ainsi que le Seigneur en avait dit quelques mots déjà aux femmes de Jérusalem qui pleuraient au bord du chemin qui conduisait à Golgotha : "Alors ils se mettront à dire aux montagnes "Tombez sur nous", et aux coteaux "Couvrez-nous"" (Luc 23:28-30, lire aussi Esaïe 2:10,19,21, Osée 10:8).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 06:01 Les six premiers Sceaux