06/07/2012

8:6 - Les six premières trompettes


 

Les quatre premières trompettes
Apocalypse 8:6-13

Le son de trompettes célestes, les hommes ne peuvent l’entendre, mais les cataclysmes qui se produisent sur la terre retentissent dans les esprits comme autant d’appel à réfléchir au sens des choses, s’interroger sur le but de la vie, alors que tout peut s’arrêter en un instant. Ainsi, dans cette allégorie, nous lisons autant d’appels retentissants. Aujourd’hui, comme sans doute dès les temps immémoriaux, chaque épreuve atteignant les populations a son effet sur les âmes ; les églises se remplissent pour un temps, des manifestations superstitieuses sont organisées, mais surtout des hommes réfléchissent !
 
Aussi les anges font sonner leurs trompettes, l’un après l’autre, et des cataclysmes surviennent. Les quatre premiers génèrent ainsi des fléaux non sans ressemblance avec les dix plaies d’Egypte (Exode 7 à 10).

6 Alors, les sept anges qui tenaient les sept trompettes se préparèrent à en sonner.
 
7 Le premier sonna de la trompette. Il y eut de la grêle et du feu mêlés de sang qui furent jetés sur la terre. Le tiers de la terre fut brûlée, le tiers des arbres furent brûlés, et toute herbe verte fut brûlée.
 
8 Le second ange sonna de la trompette. Une sorte de grande montagne embrasée fut jetée dans la mer. Le tiers de la mer devint du sang, 9 le tiers des créatures qui étaient dans la mer et qui avaient vie mourut, et le tiers des navires fut détruit.
 
10 Le troisième ange sonna de la trompette. Une grande étoile tomba du ciel, brûlante comme un flambeau. Elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. 11 Le nom de cette étoile est Absinthe ; le tiers des eaux furent changées en absinthe, et beaucoup d'humains moururent de ces eaux devenues amères.
 
12 Le quatrième ange sonna de la trompette. Le tiers du soleil fut frappé, ainsi que le tiers de la lune et le tiers des étoiles, afin que le tiers de ces astres soit obscurci et que le jour perde un tiers de sa clarté, et la nuit de même.

Une similitude avec les plaies d’Egypte, à commencer par la grêle et le feu mêlés de sang (Exode 9:23-25, comme aussi Genèse 19:24). Les ressources de la terre sont touchées (8:7), le commerce est atteint (8:8), l’amertume envahit les âmes (8:10) – l’atmosphère morale du monde est empoisonnée, selon le sens de l’absinthe (Proverbes 5:4, Jérémie 9:15, Amos 5:7…), et enfin les autorités tombent, le monde apparaît en crise, ingouvernable (8:12). Un temps de repentance pour ceux qui subsistent… (9:20-21).

Un grand aigle au regard perçant, planant comme le font les aigles, discerne ce qui va suivre. Il discerne et annonce trois "malheurs" (9:1,12, 11:14).

13 Je regardai et j'entendis un aigle qui volait au milieu du ciel et qui disait d’une voix forte : Quel malheur, quel malheur, quel malheur pour les habitants de la terre, à cause de la sonnerie des autres trompettes que les trois anges vont faire retentir !

Jusque là, ce sont essentiellement les circonstances des hommes qui sont touchées, des cataclysmes sévères ; mais ce n’est qu’un début, car chaque trompette qui sonnera encore annoncera un terrible malheur. Car ce seront les hommes eux-mêmes qui seront atteints.


 
La cinquième trompette
Apocalypse 9:1-12

Le premier des trois malheurs est annoncé par le son de la cinquième trompette. Une étoile tombée du ciel, le "puits de l’abîme" ouvert, la terre couverte de sauterelles néfastes comme des scorpions, un venin qui tourmente les hommes sans qu’ils ne puissent trouver dans la mort une délivrance, et leur guide, l’ange de l’abîme appelé "Abaddon" ou "Apollyon".

9  1 Le cinquième ange sonna de la trompette. Je vis une étoile tombée du ciel sur la terre. La clef du puits de l'abîme lui fut donnée. 2 Elle ouvrit le puits de l'abîme, et une fumée monta du puits, comme la fumée d'une grande fournaise ; le soleil et l'air furent obscurcis par la fumée du puits. 3 De la fumée, des sauterelles sortirent sur la terre, et il leur fut donné un pouvoir pareil au pouvoir des scorpions de la terre. 4 Il leur fut dit de ne faire du mal ni à l'herbe de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n'ont pas sur le front le sceau de Dieu. 5 Il leur fut donné, non pas de les tuer, mais de les tourmenter durant cinq mois ; le tourment qu’ils causaient était comme le tourment causé par un scorpion lorsqu’il pique un homme. 6 En ces jours-là les hommes chercheront la mort mais ils ne la trouveront pas ; ils désireront mourir, et la mort les fuira.

Rien ne peut arrêter cet esprit destructeur ; les propagateurs, sauterelles répandues sur la terre, ont figure d’intelligence, des visages d’hommes, et des airs de triomphe, une sorte de couronne. Leurs armes sont la séduction, des cheveux féminins, et, pour ceux qui résisteraient, la persuasion de la force, des dents de lion… Et le mouvement progresse sans résistance, ses agents sont cuirassés, ils ne craignent rien, volent au combat… Et inondent le monde de leur poison moral, non de face, mais en derrière, sans que les âmes séduites ne s’en aperçoivent…

7 Ces sauterelles ressemblaient à des chevaux équipés pour le combat. Elles avaient sur leurs têtes comme des couronnes semblables à de l'or, et leurs visages étaient comme des visages d'hommes ; 8 elles avaient des cheveux comme des cheveux de femmes, et leurs dents étaient comme celles des lions ; 9 elles avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer, et le bruit de leurs ailes était comme le bruit de chars à plusieurs chevaux courant au combat ; 10 elles ont des queues semblables à des scorpions, avec des aiguillons ; c’est dans leurs queues qu’est leur pouvoir de faire du mal aux hommes durant cinq mois. 11 Elles ont comme roi sur elles l'ange de l'abîme, dont le nom est en hébreu Abaddon, et qui, en grec, a pour nom Apollyon.

Quel est donc cet esprit destructeur, appelé Abaddon ou destruction, qui conduit les hommes au plus profond désespoir, les yeux obscurcis au point de chercher la mort ? L’abandon de toute espérance les associe directement à la seconde mort, l’abîme dont nul ne peut ressortir, l’éloignement éternel de Dieu. Le psalmiste l’évoque : "Racontera-t-on ta bonté dans le sépulcre, ta fidélité dans l'abîme ?" (Psaume 88:11, voir e.a. Proverbes 15:11, Job 26:6).

Comment ne pas penser aux mouvements politiques destructeurs du milieu du vingtième siècle. Plus subtil, pensons aux groupes musicaux black metal qui jonglent dans ce ténébreux contexte de destruction, d’anéantissement, d’abîme et dont les appellations sont, après traduction, Aura noir, Jardin du domaine des morts, Cadavre… Ces rappels sont donnés comme illustrations, et non pour donner à penser que la cinquième trompette aurait déjà sonné. Le lecteur l’aura bien compris, nous sommes toujours dans le temps de la patience de Dieu, et ces événements de la consommation du siècle ne pourront pas se déployer avant que les croyants n’aient été introduits dans la paix.

Un mouvement lancé par une "étoile", quelqu’un qui est écouté dans ce monde, un leader de malheur, et il réussit à troubler la terre. Cet esprit ravageur sévit cinq mois est-il écrit, une référence aux invasions saisonnières de sauterelles dans les pays chauds, de mai à septembre. Il s’agirait ici d’un mouvement limité dans le temps, mais produisant une forme d’hystérie collective effrayante. L’histoire a montré comment des larges pans de la société, dans un contexte de rejet de la révélation, peuvent se vouer à un courant, se laisser emporter par un leader qui les mène dans une voie ténébreuse. Ainsi, en ce temps à venir, en serait-il autrement, lorsque plus rien ne retiendra les courants dévastateurs (2 Thessaloniciens 2:7) ? Faute d’avoir reçu les premiers avertissements, les appels des quatre premières trompettes, bien des hommes sont aspirés par ce courant, cette voie d’autodestruction mentale, cette négation de toute espérance. Un marasme moral et spirituel absolu.

12 Le premier malheur est passé. Deux malheurs viennent après celui-ci.

Voyant l’état du monde dépeint dans ce paragraphe, nous étonnerions-nous de cette parole attestant que l’humanité court vers d’autres douleurs, d’autres malheurs ?


 
La sixième trompette
Apocalypse 9:13-11:14

Le cours de la vision se poursuit alors sans interruption. Vient donc le son de la sixième trompette. Le deuxième malheur fondra sur une humanité moralement ravagée, comme nous l’annonçait le précédent retentissement de trompette ; une scène absolument impressionnante modulée en trois tableaux. Le premier tableau est tout de violence, une cavalerie impressionnante ; le deuxième nous conduit au ciel, où un livre présenté au "voyant", il faut qu’il l’absorbe ; le troisième conduit Jean sur la terre où il est placé devant les témoins de Dieu.

 
Les quatre anges sur l’Euphrate – 9:13-21
 
Un ordre précis est donné à l’ange qui vient de faire retentir la trompette : une voix s’élève des cornes de l’autel d’or, l’autel des parfums (Exode 30:1-3) ; les cornes, images de puissance, de force. Comme nous l’avons lu plus tôt, à l’autel d’or sont associé les âmes de martyrs (6:9, 8:3,5) et avec elles la nécessité d’une œuvre de purification, ainsi que nous le lirons plus loin : "Et j'entendis l'autel, disant : Oui, Seigneur, Dieu, Tout-puissant, véritables et justes sont tes jugements" (16:7).

13 Et le sixième ange sonna de la trompette.
 
   J’entendis alors une voix venant des quatre cornes de l'autel d'or qui était devant Dieu ;
14 elles disaient au sixième ange qui avait la trompette : Détache les quatre anges qui sont liés sur le grand fleuve, l’Euphrate. 15 Alors les quatre anges qui étaient préparés pour l'heure, le jour, le mois et l'année, furent déliés pour tuer le tiers des hommes. 16 Le nombre des combattants de la cavalerie était de deux myriades de myriades. J'en entendis le nombre.
 
17 C'est ainsi que je vis les chevaux dans la vision, je vis les chevaux et ceux qui les montaient ; ils avaient des cuirasses de feu, d'hyacinthe et de soufre. Les têtes des chevaux étaient comme des têtes de lions, et de leur bouche sortait du feu, de la fumée et du soufre. 18 Le tiers des hommes fut tué par ces trois fléaux, par le feu, la fumée et le soufre qui sortaient de leur bouche. 19 En effet, le pouvoir des chevaux est dans leur bouche et dans leur queue, car leurs queues sont semblables à des serpents ; elles ont des têtes, et c’est par elles qu’elles font du mal.
 
20 Les autres hommes, ceux qui n'avaient pas été tués par ces plaies, ne se repentirent pas des œuvres de leurs mains ; ils ne cessèrent pas de se prosterner devant les démons et les idoles d'or, d'argent, d'airain, de pierre et de bois, lesquelles ne peuvent ni voir, ni entendre, ni marcher. 21 Ils ne se repentirent pas de leurs meurtres, ni de leurs sortilèges, ni de leur prostitution, ni de leurs vols.

Rien ne peut arrêter le carnage. Le tiers des hommes sera tué par les fléaux d’une armée préparée pour ce jour ; les "quatre anges" ou "messagers" libèrent une multitude armée, deux myriades de myriades. L’Euphrate est cité, une évocation des grandes invasions de la terre d’Israël avant l’Empire romain, qui furent, de fait, les agents du jugement divin venus en leur temps éprouver Israël qui s’adonnait à l’idolâtrie.

Le Royaume du Nord fut anéanti par l’Assyrie, au temps d’un sursaut de fidélité en Juda, notamment sous la houlette du roi Ezéchias ; le royaume de Juda fut détruit par Nabuchodonosor, roi de Babylone, après le décès du roi Josias, dernier roi fidèle.
 
Le parallèle historique nous est utile aussi pour considérer la population impie qui est citée. Comme pour Israël autrefois, l’esprit dominant est considéré comme l’esprit de la nation ou, ici, de l’humanité. Ceci étant, il se trouve des fidèles, nous avons vu qu’ils seront en grand nombre, ceci dans la vision des cent quarante-quatre milliers, et aussi du grand nombre de martyrs que produira cette période de l’histoire à venir des hommes (7:1-17).

Rien dans le texte ne permet d’envisager ici une guerre particulière, nous ne pouvons envisager ni la nature du combat, ni ce que seront ces cavaliers et leurs montures. L’annonce est une nouvelle allégorie. Le nombre est immense, deux myriades de myriades n’est rien moins que ceux centaines de millions, une myriade étant égal à dix-mille… Jean est saisi, il souligne ce nombre.
 
La cuirasse des cavaliers leur permet d’être à l’abri "du feu, de la fumée et du soufre" projetés de la bouche des chevaux, autant d’armes qui répandaient les trois fléaux – épreuve, aveuglement et odeur de l’enfer, la seconde mort. Et les hommes sont moralement empoisonnés par les queues semblables à des serpents, cet animal symbole de l’esprit de non-reconnaissance du Créateur. Ceci semble bien rejoindre l’enseignement de Paul : "Une opération d’égarement, pour qu’ils croient le mensonge, pour que soient jugés tous ceux qui n’ont pas cru la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice" (2 Thessaloniciens 2:11-12).
 
Quel sera le désastre sur la terre ? Les hommes alors le réaliseront bien. Voyons que le fait, dans ce tableau, que ce soient des chevaux et non des cavaliers qui soient envoyés souligne sans contexte son caractère purement symbolique. Mais une chose est claire : ce malheur mettra les hommes à l’épreuve, et nous lisons qu’il ne s’en trouvra pas pour se repentir et se tourner vers le Seigneur ; meurtres, superstitions, infidélités et vols se poursuivent…

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 08:06 Six premières Trompettes