02/07/2012

11:1 - Les deux témoins


 

Le sanctuaire et les deux témoins – 11:1-14
 
Troisième panneau de ce tryptique, après le tableau du monde et la vision du ciel avant que ne retentisse la septième trompette : ce monde en attente de jugement n’est pas sans témoins de la part de Dieu.
 
"Mesure le sanctuaire de Dieu !"  Et Jean comprend bien qu’il ne s’agit pas d’un sanctuaire terrestre, sachant qu’à Jérusalem il ne s’en trouve plus après qu’il ait été livré aux flammes quelque trente années plus tôt par l’armée romaine. Le  voyant  a bien un roseau à la main, rappelant la  "canne à mesurer"  d’Ezéchiel (Ezéchiel 40:3), lorsque celui-ci eût, à Babylone, la vision du temple après la destruction de celui de Salomon par les armées des Nabuchodonosor. Mais ici, nulle mesure n’est communiquée.
 
Le temple n’était plus, mais le symbole demeure, car il se trouve un lieu réservé aux adorateurs, tandis que le parvis extérieur est ouvert à tous. Et il se verra alors une renaissance spirituelle d’Israël et lors de ce réveil, des hommes se lèveront "de toutes nations, tribus, peuples et langues"  (7:4,9).

Le sanctuaire, un nouvel édifice ? La question se pose, et des commentateurs avancent l’idée de la reconstruction effective du temple, mais la plupart s’attachent ici à une représentation symbolique. Et nous pouvons bien suivre ce chemin à la lecture d’un livre essentiellement symbolique ? Quelle que soit la lecture que nous en faisons, le symbole s’applique et nous voyons qu’il se trouve un  sanctuaire  pour les fidèles, tant d’Israël que des nations.

"Lève-toi !"  Le  voyant  est appelé à entrer en action, à mesurer tant le sanctuaire que l’autel et évaluer le nombre de ceux qui adorent. L’évaluation qu’il en fait ne sera pas donnée, et assurément il faut comprendre que la question n’est pas là ; il est conduit à apprécier la grandeur du réveil opéré sur la terre, et comprendre qu’il y aura alors une démarcation spirituelle entre les croyants et le reste de l’humanité.

11  1 Il me fut donné un roseau semblable à une baguette, et il me fut dit : Lève-toi et mesure le sanctuaire de Dieu ainsi que l'autel et ceux qui y adorent. 2 Mais le parvis qui est en dehors du temple, laisse-le de côté et ne le mesure pas, car il a été donné aux nations ; celles-ci fouleront aux pieds la cité sainte pendant quarante-deux mois.

Un sanctuaire, et des témoins nantis de puissance, comme le furent des prophètes d’Israël. Et ils connaîtront le sort des prophètes, car tel est le monde. Au commencement du livre, les "porte-lampes" étaient les assemblées, mais elles ne le sont plus car, en effet, il n’y a plus alors d’assemblée reconnue sur la terre ; la vision nous a conduit vers ce qui doit arriver "à la suite" (4.1). Le centre de rayonnement de ces témoins est Jérusalem (11:8).

3 Je donnerai puissance à mes deux témoins, et ils parleront en prophètes, vêtus de sacs, pendant mille deux cent soixante jours. 4 Ce sont là les deux oliviers et les deux porte-lampes qui se tiennent devant le Seigneur de la terre. 5 Si quelqu'un veut leur faire du mal, du feu sort de leur bouche et dévore leurs ennemis. Oui, si quelqu'un voulait leur faire du mal, il serait mis à mort de cette manière. 6 Ils ont le pouvoir de fermer le ciel pour qu'il ne tombe pas de pluie durant les jours de leur ministère de prophète et aussi de changer les eaux en sang et de frapper la terre de toutes sortes de fléaux toutes les fois qu'ils le voudront.

Deux témoins vêtus de sac, symbole de dépouillement, deux prophètes de Dieu pour avertir les hommes. Ce n’est pas une information étrange pour Jean, car il est écrit : "Voici, je vous envoie Élie, le prophète, avant que vienne le grand et terrible jour de l'Éternel"  (Malachie 4:5). Comme Elie le Thisbite, ces deux témoins ont le pouvoir de provoquer la sécheresse sur la terre (1 Rois 17:1, Jacques 5:17), et à l’instar de Moïse, ils peuvent décréter que des fléaux s’abattent sur la terre (Exode 7 à 12). La Loi et les Prophètes sont ainsi représentés, le cadre complet de la révélation de Dieu : d’une part ce que Dieu attend de l’homme, et de l’autre ce que l’homme peut attendre de Dieu, poussant les âmes à avoir foi en Lui. Ainsi pouvons-nous lire "deux oliviers et deux porte-lampes" se tenant sur la terre pour communiquer la pensée du Seigneur, ce que le prophète Zacharie avait fait connaître lors de la construction du second temple (Zacharie 4). Et Jean n’a-t-il pas vu Moïse et Elie lors de la transfiguration, parlant avec Jésus "de sa mort qu'il allait accomplir à Jérusalem" (Luc 9:30-31) ?
 
Ce ministère a un temps déterminé, trois années et six mois, durant lesquelles les témoins seront invulnérables, ce sont les quarante-deux mois où la "sainte cité" est foulée aux pieds par les nations (11:2), cette citée portant alors les caractères de  Sodome et Égypte.   Cette double qualification en dit long sur le climat moral qui y régnera. "Egypte" référence à celle qui voulut retenir en esclavage les Israélite, et donc l’image de l’opposition absolue à Dieu.  "Sodome" quintessence de la dépravation morale, image déjà largement employée par les prophètes (Esaïe 1:9-10, Jérémie 23:14, Ezéchiel 16:46-49,).
 
Et en cette ville même viendra leur martyr, "là même où leur Seigneur a été crucifié", appelée Sodome et Égypte en raison de l’état d’esprit qui y prévaudra. Dernière manifestation de ce que le Seigneur observa : "la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés"  (Matthieu 23:37, Luc 13:34).
 
Une  bête monte de l’abîme et les met à mort. Concernant la "consommation du siècle", la prophétie du livre de Daniel montre une  bête sous des traits significatifs : "Il proférera des paroles contre le Très-Haut, et opprimera les saints du Très-Haut ; il espèrera changer les temps et la loi, et ceux-ci seront livrés en sa main un temps et des temps et une moitié de temps" (Daniel 7:25). Jean aurait-il eu cette parole à l’esprit pour qu’il ne sursaute pas à la vue de cette bête montant de l’abîme ? Une question. Mais quelques instants plus tard il recevra cette vision de la  bête montant de la mer.
 
La mission achevée, le témoignage rendu, les témoins sont mis à mort, eux auxquels nul ne pouvait faire du mal (11:5). Les prophètes connaissent cette ignominie de n’être pas enseveli, leur dépouille exposée ainsi, mais la méchanceté de l’homme n’accomplit-elle pas le plan de Dieu ? Et suivent des scènes de réjouissance, car les paroles des prophètes ne sont pas agréables à ceux qui se livrent aux courants du monde… Dans notre siècle de technologie de l’information, nous ne pourrons être étonnés de ce que partout dans le monde l’image soit partagée…

7 Quand ils auront achevé leur témoignage, la bête qui monte de l'abîme leur fera la guerre, les vaincra et les mettra à mort. 8 Leurs cadavres seront sur la place de la grande ville appelée, dans un sens spirituel, Sodome et Égypte, là même où leur Seigneur a été crucifié. 9 Des gens de tout peuple, tribu, langue et nation verront leur cadavres pendant trois jours et demi, et ils ne permettront pas qu’on mette leurs cadavres dans un tombeau. 10 Les habitants de la terre se réjouiront à leur sujet, ils feront des réjouissances et s'enverront des présents les uns aux autres, parce que ces deux prophètes tourmentaient les habitants de la terre.
 
11 Après les trois jours et demi, un esprit de vie venant de Dieu entra en eux, et ils se tinrent sur leurs pieds. Une grande crainte s’empara de ceux qui les voyaient. 12 Ils entendirent du ciel une voix forte qui leur disant : Montez ici ! Ils montèrent au ciel dans la nuée, et leurs ennemis le virent. 13 Á cette heure-là, il y eut un grand tremblement de terre et le dixième de la ville s’écroula. Sept mille hommes furent tués dans ce tremblement de terre ; quant aux autres, ils furent épouvantés et donnèrent gloire au Dieu du ciel.

La liesse s’éteint bien rapidement, car la résurrection de ces témoins est pour ainsi dire vue en direct dans le monde entier. Et l’élévation aux cieux produit une émotion bien plus forte que ne put l’être celle d’Elie qui fut recherché pendant trois jours par une cinquantaine d’hommes et ne fut pas trouvé (2 Rois 2:11). Bien sûr, la résurrection bouscule la logique humaine… Et même aujourd’hui dans des milieux pétris de doctrine chrétienne. Paul a été amené à écrire une de ses plus belles pages lorsque le doute concernant la résurrection de Jésus Christ s’insinuait parmi les Corinthiens, et il s’exclama : "Car si les morts ne ressuscitent pas, Christ n'a pas été ressuscité non plus ; et si Christ n'a pas été ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés…" (1 Corinthiens 15:16-17). Que dire du mépris d’une telle réalité là où l’on se prétend conduit par la seule raison de l’homme ! Aussi y a-t-il un saisissement. Et l’événement est accompagné d’un signe qui rappelle la résurrection du Christ, un tremblement de terre dans la région de Jérusalem (Matthieu 27:54). Est-ce un sursaut de conscience salutaire qui se produit à Jérusalem ? L’épouvante ressentie conduit à donner gloire à Dieu, car, comme nous l’avons lu plus haut, les épreuves atteignant les hommes conduisent à des conversions…

14 Le second malheur est passé ; voici, le troisième malheur vient promptement.

Ce tryptique a montré à Jean l’état de l’humanité, la connaissance qu’en a le ciel et une dernière manifestation de la grâce, ce message annoncé par "les deux témoins" à Jérusalem, dont le sort paru scellé par "la bête montant de l’abîme", mais qui furent scellés, à la vue de tous, par l’approbation de Dieu, lorsque, ressuscités, ils se trouvèrent emportés dans la nuée, dans une scène qui rappelle l’enlèvement d’Elie (2 Rois 2:11-12), mais aussi l’histoire d’Hénoc (Genèse 5:21-24, Hébreux 11:5). La septième trompette va sonner, le troisième malheur est proche.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 11:01 Les deux Témoins

01/07/2012

11:15 - La septième trompette


 

LA SEPTIEME TROMPETTE
Apocalypse 11:15-18


Lorsque retentit le son de la septième trompette, des voix s’élèvent dans le ciel. Et pour cause ! Elles annoncent "la fin du mystère de Dieu" (10:7), la fin du silence de Dieu, ce temps dans lequel nous sommes où le monde suit son cours ; les hommes assument, ou n’assument pas, la responsabilité qui leur incombe de maintenir le droit et la justice sur la terre (Genèse 9:6). La proclamation associée à la septième trompette est bien explicite (11:15). Finie, sur la terre, la supplication : "Jusques à quand, ô Éternel ? Te cacheras-tu à toujours ?" (Psaume 89:46). Et terminée, au ciel, la prière "Jusques à quand, ô Souverain, saint et véritable, ne juges-tu pas et ne feras tu pas droit à propos de notre sang sur ceux qui habitent sur la terre ?" (6:10). Vient le temps où "le jugement retournera à la justice"  (Psaumes 94:15),  où le monde sera régi par Celui qui sera appelé le "Prince de paix"  (Ésaïe 9:6). La fin de l’attente : "Ton trône, ô Dieu, est pour toujours et à perpétuité ; c'est un sceptre de droiture que le sceptre de ton règne"  (Psaume 45:6).

15 Le septième ange sonna de la trompette. De grandes voix retentirent dans le ciel, qui disaient : Le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ est venu, et il régnera aux siècles des siècles.
 
16 Les vingt-quatre anciens assis sur leurs trônes devant Dieu tombèrent face contre terre et rendirent hommage à Dieu. 17 Ils disaient : Nous te rendons grâces, Seigneur Dieu, Tout-puissant, toi qui es et qui étais, d’avoir saisi ta grande puissance et d’avoir instauré ton règne. 18 Les nations se sont irritées, mais ta colère est venue, ainsi que le temps de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, petits et grands, et de détruire ceux qui corrompent la terre.

Les vingt-quatre anciens ont bien compris, ils comprennent que "le mystère de Dieu" est achevé, et que sa puissance se manifeste avec l’instauration du "règne de Dieu et de son Christ."  Les nations s’étaient irritées en vain ! "Pourquoi s'agitent les nations, et les peuples méditent-ils la vanité ? Les rois de la terre se lèvent, et les princes consultent ensemble contre l'Éternel et contre son Oint : Rompons leurs liens, et jetons loin de nous leurs cordes !"  (Psaume 2:1-3, Actes 4:25-26). Lors de l’accomplissement de la vision, tout sera mis en lumière, "Je raconterai le décret : l'Éternel m'a dit : Tu es mon Fils ; aujourd'hui, je t'ai engendré. Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage, et, pour ta possession, les bouts de la terre ; Tu les briseras avec un sceptre de fer ; comme un vase de potier tu les mettras en pièces."  (Psaume 2:7-9). Dieu se révèle dans sa puissance, et rien ne peut altérer le cours des événements. Si, sur la terre, la paix est encore à venir, le temps des nations, "le  présent siècle" (Tite 2:12)  est terminé, le temps des avertissements est passé. Le moment est venu de "détruire ceux qui corrompent la terre" (Genèse 6:11-12), et notamment "la grande prostituée qui corrompait la terre par sa prostitution, réclamant de sa main le sang de ses serviteurs"  (19:2).
 
Il s’impose donc une purification du monde ; ce seront les sept coupes du jugement de Dieu. Elles vont être déversées l’une après l’autre, sans délai (14:6) ; toutefois, avant que cela ne soit présenté en vision, il se trouve une parenthèse essentielle pour exposer la situation du monde à ce moment de l’histoire de l’humanité ; un arrêt dans le cours des événements annoncés.


 
LES SEPT COUPES DU JUGEMENT
Apocalypse 11:19-19:21


 
Voici maintenant l’expression circonstanciée de la grande fureur, du jugement qui mettra fin aux esprits destructeurs qui mènent l’humanité. Sept coupes de jugement vont être déversées sur la terre. Lorsque ces événements seront achevés, à la Septième Coupe, "le mystère de Dieu sera terminé" (10:7), le mystère de son silence face à la culpabilité accumulée par des hommes sans foi ni loi que nous constatons dans l’histoire jusqu’à nos jours. La fin du "silence de Dieu", constant parfois lancinant pour bien des croyants.

Voici, ceux-ci sont des méchants,
    et ils prospèrent dans le monde,
    ils augmentent leurs richesses. 
Certainement c'est en vain
    que j'ai purifié mon cœur et que
    j'ai lavé mes mains dans l'innocence.  
J'ai été battu tout le jour, et
    mon châtiment revenait chaque matin.
Si j'avais dit : Je parlerai ainsi,
    voici, j'aurais été infidèle
    à la génération de tes fils. 
Quand j'ai médité pour connaître cela,
    ce fut un travail pénible à mes yeux,
Jusqu'à ce que je fusse entré
    dans les sanctuaires de Dieu... :
    j'ai compris leur fin."

        (Psaume 73:12-17)

Gardons-nous de penser toutefois que ce temps de jugement a commencé, car il est assuré que ce jour-là ne viendra pas que l'apostasie ne soit arrivée auparavant et que l'homme de péché n'ait été révélé, le fils de perdition  (2 Thessaloniciens 2:3).
 
Le sujet de cette portion du livre est bien évidemment le jugement lui-même, les "Sept Coupes" déversées sur la terre. Au préalable, l’état du monde est dépeint, afin que soit comprise la nécessité du jugement ; et cette parenthèse est suivie du rappel des paroles du Seigneur touchant la Moisson et la Vendange, cette dernière introduisant alors le déploiement des jugements.
 
Telle est la première partie de la section, mais il en est une seconde, tant il importait que soit développée la question de Babylone la Grande. Que représente cette figure exceptionnelle, quelle est sa culpabilité particulière, que signifie sa chute évoquée plus haut (14:8) et quelles leçons en tirer pour le lecteur et l’auditeur du livre ?


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 11:01 Les deux Témoins