25/06/2012

17:1 - Babylone la grande (1)


 

La chute de Babylone la grande – 18:1-20
 
Babylone la grande
Apocalypse 17:1-19:5

L’importance de "Babylone la grande" dans le développement du jugement de la terre n’est pas passé inaperçu (16:19), pas plus que la mention de sa chute (14:8). Il était temps maintenant d’apporter au voyant les clés de lecture. Comment, en effet, aurait-il pu comprendre ce qui est ainsi annoncé ? Qu’est cette Babylone la grande que ne peut être la grande ville de Mésopotamie où Pierre séjourna quelques années plus tôt (1 Pierre 5:13) ?
 
Un des anges portant les coupes prend le voyant à part et lui explique de quoi il s’agit. Le cours des événements reprendra plus tard par de nouvelles visions : des grandes voix, la vue du trône, la prosternation des Vivants et des vingt-quatre anciens… (19:1-5).

 
La prostituée et la bête – 17:1-7
 
La première page est descriptive. Ce que nous avons lu jusqu’à présent, c’est la satisfaction au ciel lorsque la bête a précipité Babylone la Grande dans sa chute, et ensuit lors du jugement de la part de Dieu.
 
Pour un lecteur de la Bible hébraïque, Babylone est une icône de l’orgueil et de la corruption qui sévissent en ce monde (1 Jean 2:16-17). Nabuchodonosor II, s’était enorgueilli disant : "N'est-ce pas ici Babylone la grande, que j'ai bâtie pour être la maison de mon royaume, par la puissance de ma force et pour la gloire de ma magnificence ?" (Daniel 4:30). Et l’appel est venu, par la plume du prophète cinq siècles avant notre ère : "Fuyez du milieu de Babylone… Subitement Babylone est tombée, et elle a été brisée…" (Jérémie 51:6-8, voir aussi Esaïe 21:9 ). Il s’agissait alors de la chute de Babylone sous les coups de l’armée des Mèdes et des Perses. Pour tout lecteur de la Bible hébraïque, les caractères de cette ville à l’apogée de sa gloire, la veille de sa chute, servent de toile de fond à une autre réalité, celle devant laquelle se trouve Jean. Un des sept anges l’invite à recevoir l’explication…

17  1 Alors l'un des sept anges qui tenaient les sept coupes vint parler avec moi. Il me dit : Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui est assise sur de grandes eaux. 2 Les rois de la terre se sont prostitués avec elle, et les habitants de la terre sont ivres du vin de sa prostitution.

D’emblée l’ange parle-t-il de "la prostituée", elle qui a fait boire "du vin de la fureur de sa fornication" (14:8) à toutes les nations, ces grandes eaux sur lesquelles elle est assise… Si son aura s’étendra au loin, sur toutes les nations de la terre, elle trouve son appui sur la bête impériale, cette bête montée de la mer, "qui avait dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème"  (13:1).

3 Et il m'emporta en esprit dans un désert. Je vis alors une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes et dix cornes. 4 Cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate, parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or pleine d'abominations et des impuretés de sa prostitution. 5 Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre. 6 Je vis cette femme enivrée du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. À sa vue, je fus saisi d'un grand étonnement.
 
7 L'ange me dit : Pourquoi es-tu étonné ? Je vais t’expliquer le mystère de la femme et de la bête qui la porte, celle qui a les sept têtes et les dix cornes.

Elle-même porte des attributs de gloire et d’autorité, "pourpre, écarlate, or, pierres précieuses, perles." Son nom s’étalant sur son front exprime ce qu’elle est en elle-même, et que nul ne peut ignorer… Nous comprenons qu’elle ne puisse supporter les "témoins de Jésus", et qu’elle contribue à cette "guerre faite aux saints" (13:7). Temps épouvantables introduits par l’apostasie, la prostitution… Dont l’apôtre avait déjà conscience bien des années avant cette vision de Jean à la fin du siècle, lorsqu’il écrivit vers l’an 52 : "Que personne ne vous séduise en aucune manière, car ce jour-là ne viendra pas que l'apostasie ne soit arrivée auparavant…" (2 Thessaloniciens 2:3).
 
Le  voyant  comprend maintenant ce qu’il voit, et lui, témoin de la vie des assemblées – nous l’avons suivi dans ses lettres aux sept assemblées d’Asie – est saisi devant ce tableau qui illustre l’aboutissement du développement de l’apostasie dont il constate les racines.
 
"Pourquoi es-tu étonné ?", lui est-il demandé. La question nous atteint aujourd’hui, pour que nous tentions d’y répondre pour nous-mêmes : Pouvons-nous être à notre tour étonnés comme Jean le fut ?

 
Le mystère de la bête – 17:8-14
 
En vue de répondre à l’étonnement du  voyant , l’ange fournit ici une explication circonstanciée, évoquant la bête d’abord, celle sur laquelle s’appuie la femme prostituée, avant d’exposer la déchéance de celle-ci, haïe par la puissance politique sur laquelle elle voulait s’appuyer.
 
De la bête, il a été dit plus tôt : "Il lui fut donné de faire la guerre aux saints et de les vaincre. Le pouvoir lui fut donné sur toute tribu, peuple, langue et nation ; tous les habitants de la terre, ceux dont le nom n'a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l'Agneau immolé, lui rendront hommage" (13:7-8). Et revient ce fait qu’une de ses "têtes, blessée à mort, a repris vie" (13:3). Et nous voyons qu’en ce surgissement une puissance politique impressionnante est établie à nouveau sur une partie du monde. Un sujet d’étonnement.

8 La bête que tu as vue, elle était, elle n'est plus et elle va monter de l'abîme et s’en aller à la perdition. Les habitants de la terre, ceux dont le nom n’a pas été écrit dans le livre de la vie dès la fondation du monde, seront étonnés à la vue de la bête, car elle était, elle n'est plus et elle réapparaîtra.

Remarquons que l’étonnement touchera essentiellement ceux qui n’ont pas la connaissance des Ecritures. La lecture permettra de comprendre les événements lorsque se manifestera cette autorité politique décrite ici comme une "bête écarlate", cette puissance agissant comme bon lui semble, sans frein qui fera "la guerre aux saints" (13:7) et sur laquelle s’appuie Babylone, expression de ce qui professe l’attachement à la tradition chrétienne, mais dans un état de prostitution, entièrement vouée à ce qui conduit le monde, comme Israël dans ses époques les plus sombres, qui poursuivait le culte à Jérusalem en ne regardant que les fastes des peuples idolâtres qui l’entouraient, jusqu’à faire transformer le temple de Salomon sur le modèle de temples d’idoles (Esaïe 1:21, Jérémie 3:6, 13:27, 2 Rois 16:10-12). Et elle ne peut supporter les fidèles, attachés en vérité à la Parole du Seigneur, elle est "enivrée de leur sang" (17:6).

9 Et ici la compréhension qui a de la sagesse. Les sept têtes sont sept montagnes où la femme est assise ; 10 ce sont aussi sept rois, cinq sont tombés, l'un est, le dernier n'est pas encore venu et, quand il sera venu, il faut qu'il demeure un peu de temps. 11 La bête qui était et qui n'est plus est, elle aussi, un huitième ; elle est d'entre les sept et elle s'en va à la perdition.

Assise sur sept montagnes, ce qui désigne naturellement la ville de Rome dont la fondation sur sept collines était célébrée avec faste chaque année.
Sept montagnes. Cette indication était alors sans ambiguïté dans l'empire, car déjà la ville de Rome était célébrée dans son établissement sur sept collines. Le Septimontium ("sept monts" en latin) était une fête romaine qui se déroulait début janvier, durant laquelle on sacrifiait sept animaux, à sept moments et à sept endroits différents à l'intérieur des murs de la ville à proximité des sept collines. C'était un jour de fête où les empereurs faisaient des libéralités. Cette fête très ancienne, daterait de plusieurs siècles avant notre ère. D’abord réservée aux Latins, elle deviendra, sous l’empire, une fête commune à tous les habitants de Rome.

Les sept têtes figurant les collines représentent aussi sept rois dont cinq sont tombés. En lisant ce mot "tombé", nous pouvons comprendre qu’il ne s’agit pas ici d’une succession naturelle au gouvernement de Rome, mais de bouleversements politiques, de chutes de l’autorité régnante. Disséquer l’histoire de Rome, évaluer les grandes périodes, identifier les renversements de pouvoir n’apporterait pas grand-chose sans doute. Mais constater qu’à l’époque de la révélation à Jean, l’empire était bien établi – ce  roi  dont il est écrit : "l’un est" (17:10), que l’empereur s’appelle Domitien, Nerva ou Trajan. Le pouvoir romain aura pris une dernière forme avant de s’en aller à sa fin. Depuis, la "bête" a été blessée d’une plaie mortelle. Mais elle réapparaîtra, à l’étonnement général (17:8).
 
Et cette forme de résurrection aura comme origine dix royaumes qui se fédéreront pour lui donner le pouvoir…

12 Les dix cornes que tu as vues sont dix rois qui n'ont pas encore reçu de royaume mais qui reçoivent pouvoir comme rois pendant une seule heure avec la bête. 13 Ils ont une seule et même pensée : donner leur puissance et leur pouvoir à la bête. 14 Ces rois combattront contre l'Agneau, et l'Agneau les vaincra, car il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois, et, avec Lui, ceux qui sont appelés, élus et fidèles.

Voici donc ce mystère des dix cornes de la bête qui surgit de la mer, un ensemble de nations fédérées sur lequel la "femme prostituée" tendra de s’appuyer. Leur volonté est cependant de s’opposer au pouvoir religieux, "ils combattront contre l’Agneau." 

 
La prostituée haïe de le bête – 17::15-18
 
Cette explication donnée, le regard est à nouveau tourné sur Babylone la Grande, la prostituée. Ceci pour exposer l’importance qu’elle revêt dans le monde, et nous montrer la détermination des royaumes à en rejeter la puissance.

15 Ensuite il me dit : Les eaux que tu as vues, sur lesquelles la prostituée est assise, sont des peuples, des foules, des nations et des langues.
 
16 Quant aux dix cornes que tu as vues sur la bête, elles se mettront à haïr la prostituée. Elles la dépouilleront, la mettront à nu, en mangeront la chair et la brûleront au feu, 17 car Dieu leur a mis au cœur d'exécuter son dessein, et d'exécuter un seul et même dessein, de donner leur royauté à la bête jusqu'à ce que les paroles de Dieu soient accomplies.
 
18 Et la femme que tu as vue est la grande ville qui a la royauté sur les rois de la terre.

La femme assise sur la bête écarlate, vêtue de pourpre et d’écarlate, enivrée du sang des saints, cette femme dont le mystère vient d’être révélé (17:3,4,6,7), cette femme tellement liée à la ville où elle est établie que la femme et la ville se confondent l’une à l’autre… Nous nous trouvons devant une forme de synthèse qui ne peut qu’impressionner, car nous comprenons que la  prostituée  (17:1,5,15,16) représente l’aboutissement du processus d’apostasie que Jean a constaté déjà de son temps, en écrivant les lettres qu’il allait adresser aux sept assemblées d’Asie. Rappelons-nous en particulier de la lettre à Thyatire : "Mais j'ai contre toi, que tu laisses faire la femme Jésabel qui se dit prophétesse ; et elle enseigne et égare mes esclaves en les entraînant à commettre la fornication et à manger des choses sacrifiées aux idoles" (2:20). Nous pouvons nous poser cette question. Pourquoi la "femme prostituée" qui est l’objet de l’attention de tant de nations dans le monde (17:15) se trouve-t-elle l’objet d’une haine si profonde des "dix cornes", ces "royaumes" qui donnent le pouvoir à la "bête écarlate, pleine de noms de blasphème" (17:3) ? Elles n’ont de cesse de réduire ce phare spirituel à rien, une haine qui ne rencontrera alors plus aucun obstacle…

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 17:01 Babylone la grande (1)