24/06/2012

18:1 - Babylone la grande (2)


 

La chute de Babylone la grande – 18:1-20
 
Babylone la grande ! C’est un chemin bien paradoxal que celui de cette institution devenue si grande que "les oiseaux du ciel vinrent et demeurèrent dans ses branches" (Matthieu 13:32). Un rayonnement exceptionnel, mais aussi des conséquences graves, car les nations ont "bu du vin de la fureur de sa prostitution" (18:3). Nous ne pouvons que comprendre l’étonnement du  voyant  (17:6), en cette fin du premier siècle de notre ère, alors qu’il commençait à pressentir qu’il s’agissait là de l’aboutissement d’un processus d’apostasie annoncée (2 Thessaloniciens 2:3). Il en avait constaté lui-même les germes, alors qu’il avait eu à écrire les lettres aux sept assemblées.
 
L’autre face de cette réalité ne se lit pas avec un œil politique, mais d’un regard spirituel, dans le souvenir de cet avertissement : "Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel a perdu sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors et à être foulé aux pieds par les hommes." (Matthieu 5:13).

 
Consolation au ciel après sa chute – 18:1-3

"Elle est tombée, Babylone la grande…"  En la "consommation du siècle", elle sera devenue une demeure de démons ! Ce n’était pas ainsi à l’origine, et nous le comprenons bien, mais voilà où conduit la prétention religieuse sans la foi… Un désert spirituel et l’appui du pouvoir politique… Mais celui-ci lui échappe car les dix rois qui ont donné le pouvoir à la  bête écarlate  n’en veulent plus !

18  1 Après cela, je vis descendre du ciel un autre ange qui avait un grand pouvoir. La terre fut illuminée de sa gloire. 2 Et il cria d’une forte voix : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande ! Elle est devenue une demeure de démons, un repaire de tout esprit immonde, un repaire de tout oiseau immonde et exécrable, 3 parce que toutes les nations ont bu du vin de la fureur de sa prostitution, parce que les rois de la terre se sont prostitués avec elle, et parce que les marchands de la terre se sont enrichis par la puissance de son luxe.

Les dirigeants de la terre l’ont courtisée, les nations se sont prostituées, et les marchands se sont enrichis… Le tableau du monde ne pouvait être plus complet ! A ce qui en avait déjà été dit plus haut (14:8, 17:2), s’ajoute ici la part des marchands et du commerce de luxe. Quel chemin parcouru depuis le commencement, lorsque les disciples ont pu entendre : "Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des demeures ; mais le fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête." La suite de l’histoire a vu des oiseaux trouver leur demeure dans les branches de ce grand arbre ! (Matthieu 8:20, 13:32).

 
Exhortation aux croyants – 18:4-5

Si nul ne pouvait envisager un tel développement après l’annonce de l’Evangile dans le monde, nous constatons que ce mal est en germe, car il se trouve dans l’homme. Souvenons-nous de Simon le magicien qui, avant de s’en repentir, aurait aimé acquérir par de l’argent le pouvoir manifesté par Pierre (Actes 8:18-24). Toute institution religieuse draine des richesses, et produit des occasions de s’enrichir ; voyons les motifs du trouble mené par Démétrius à Ephèse (Actes 19:25). Ainsi de l’évolution de la chrétienté.
 
Ainsi vient une exhortation dont tout donne à penser qu’elle s’adresse au lecteur du livre, dès le temps de Jean. N’a-t-il pas été conduit à écrire aux assemblées d’Asie, ce tableau saisissant de ce qui devait être un témoignage de Dieu sur la terre, la lumière du monde (Matthieu 5:14).

4 Et j'entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin que vous ne soyez pas associés à ses péchés et que vous ne receviez pas une part de ses fléaux. 5 Car ses péchés se sont accumulés jusqu'au ciel, et Dieu s'est souvenu de ses iniquités.

Les croyants sont ainsi exhortés à se tenir à l’écart lorsque se manifeste une dérive telle que le manifestera ce système appelé Babylone la grande. Se retirer, sortir ! Remarquons qu’il n’y a pas d’injonction à combattre, à réformer ! Ce combat n’appartient pas aux hommes, il s’y engagerait en vain… Et voici bien, au milieu du livre de la "Révélation de Jésus Christ" une parole à garder précieusement, autrement dit une ligne de conduite à suivre. Voici qui assure au lecteur la bénédiction annoncée (1:3, 22:7).
 
Si lointaine soit la perspective des temps de la fin, l’homme est l’homme, et ce que nous lisons dans les lettres des premières années après la résurrection du Christ nous montre que le processus qui conduit à l’apostasie était en route dès lors. Il ne pouvait en être autrement. Déjà, après avoir combattu les dérives dans les jeunes assemblées, l’apôtre devait constater la nécessité d’une marche séparée du grand nombre, voyons l’exhortation donnée à Timothée : "Or, dans une grande maison, il n'y a pas seulement des vases d'or et d'argent, mais aussi de bois et de terre ; et les uns à honneur, les autres à déshonneur. Si donc quelqu'un se purifie de ceux-ci, il sera un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre. Mais fuis les convoitises de la jeunesse, et poursuis la justice, la foi, l'amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d'un cœur pur…" (2 Timothée 2:20-22). La question n’était pas de combattre ce mal rongeant, de faire de grandes proclamations, de prononcer des excommunications, car il n’y avait pas là de victoire possible ; l’exhortation vise à marcher dans la fidélité avec ceux qui ont la même détermination. Nous ne voyons pas autre chose dans la lettre à l’assemblée de Thyatire, alors en pleine dérive, où il est dit : "je ne vous impose pas d'autre charge, mais seulement, ce que vous avez, tenez-le ferme jusqu'à ce que je vienne" (Apocalypse 2:24-25).
 
Alors reviennent ces paroles touchant le désert moral qu’était Babylone historique, figure des milieux prétendument religieux d’où la vie s’est éteinte… "Dans le désert, préparez le chemin de l'Éternel, aplanissez dans le lieu stérile une route pour notre Dieu… Sortez de Babylone, fuyez du milieu des Chaldéens, avec une voix de chant de joie !" (Ésaïe 40:3, 48:20).

 
Babylone la grande jetée au feu... – 18:6-8

Rien ne peut arrêter ce courant initié par les  dix royaumes  qui établissent le pouvoir de la "bête écarlate", et le ciel est loin d’y apporter un frein. Tout au contraire, une voix est entendue engageant ces autorités publiques à plonger dans la ruine celle qui les a introduites dans toutes ses prostitutions. Et se trouve rappelée ici la parole dite plus haut touchant la ruine de Babylone perpétrée par les dix cornes : "Elles la dépouilleront, la mettront à nu, en mangeront la chair et la brûleront au feu, car Dieu leur a mis au cœur d'exécuter son dessein…" (17:16-17).

6 Donnez-lui comme elle vous a donné, et rendez-lui au double de ses œuvres ! Dans la coupe qu'elle a mixtionnée, versez-lui le double. 7 Autant elle s'est complu dans la gloire et le luxe, autant donnez-lui de tourment et de deuil. Parce qu'elle se dit en son cœur "Je suis assise en reine, et je ne suis point veuve, et je ne verrai point de deuil", 8 à cause de cela en un seul jour ses fléaux viendront, mort, deuil et famine, et elle sera jetée au feu. Car il est puissant, le Seigneur Dieu qui l'a jugée !

De même que c’est "au double" que la bénédiction est rendue à celui qui a souffert dans la foi (Job 42:10, Esaïe 61:7, Zacharie 9:12), c’est "au double" que les actes coupables doivent être rétribués (Esaïe 40:2, Jérémie 16:18, 17:18).
 
Voyons le tableau que présentera la religion qui se réclame de Celui que les psalmistes ont chanté : "Et moi, je suis affligé et pauvre." (Psaume 40:17). Et Babylone la grande s’est complu "dans la gloire et le luxe" Remarquons que ce n’est ni la dérive doctrinale, ni même l’abandon de la foi qui sont ici mises en avant ; ce sont des réalités bien perceptibles par tous qui rendent compte de l’abandon du message de l’Evangile, des pratiques opposées ! Et la pratique, comme l’écrivait Jacques, exprimait la réalité : "Mes frères, quel profit y a-t-il si quelqu'un dit qu'il a la foi, et qu'il n'ait pas d'œuvres ? La foi peut-elle le sauver ?" (Jacques 2:14).
 
"Babylone la grande", confiante de son assise sur "la bête écarlate", "assise en reine", est abandonnée, et même rejetée par les "dix cornes", comme les puissances qui, au temps des royaumes de Juda et de Samarie s’étaient trouvées, sans en avoir conscience, être le bras de Dieu (Jérémie 25:9).

 
Les lamentations des nations – 18:9-20

Les nations, les autres, celles qui ont vu la chute de "Babylone la grande" sans y avoir contribué, se lamenteront... "Quel malheur !" 

9 Tous les rois de la terre, qui, avec elle, se sont prostitués et se sont complu dans le luxe, pleureront et se lamenteront à son sujet quand ils verront la fumée de son embrasement. 10 Se tenant à distance par crainte de son tourment, ils diront : Quel malheur ! Quel malheur ! La grande ville, Babylone, la ville forte ! En une seule heure est venu son jugement !

"Quel malheur !" Les grands commerçants, et ceux qui assurent le transport des biens seront désolés... Le grand commerce mondial est touché, car de même qu’une grande part des biens du monde entier convergeaient vers le cœur de l’Empire romain, il en sera de même dans ces temps à venir… Et nous voyons ici quelle part importante prennent les produits de luxe !

11 Aussi, les marchands de la terre pleurent et mènent deuil sur elle, parce que personne n'achète plus leurs cargaisons, 12 cargaisons d'or, d'argent, de pierres précieuses, de perles, de fin lin, de pourpre, de soie, d'écarlate, de tout bois de thuya, de tout article d'ivoire, de tous objets de bois précieux, d’airain, de fer et de marbre ; 13 cannelle, aromates, parfums, huiles aromatiques, encens, vin, huile, fleur de farine, froment, gros bétail, brebis, chevaux, chariots, esclaves et âmes d'hommes.
 
14 Le fruit mûr que tu désirais s’est éloigné de toi, et toutes ces choses délicates et splendides sont perdues pour toi, et on ne les trouvera plus jamais. 15 Les marchands qui se sont enrichis par elle se tiendront à distance par crainte de son tourment, ils pleureront et mèneront deuil ; 16 ils diront : Quel malheur ! Quel malheur ! La grande ville vêtue de fin lin, de pourpre et d'écarlate, parée d'or, de pierres précieuses et de perles ! En une seule heure, tant de richesses ont été changées en désolation !
 
17 Tous les pilotes, tous ceux qui naviguaient vers quelque lieu, les matelots et les travailleurs de la mer, se tenaient loin. 18 Voyant la fumée de son embrasement, ils s'écriaient : Quelle ville était semblable à la grande ville ! 19 Ils se jettaient de la poussière sur la tête, ils pleuraient, ils menaient deuil et criaient : Quel malheur ! Quel malheur ! La grande ville dont l’opulence a enrichi tous ceux qui ont des navires sur la mer ! En une seule heure elle est devenue un désert !

"Quel malheur !" La ville opulente est transformée en désert… Alors vient une proclamation au ciel :

20 Ô ciel, réjouis-toi sur elle, et vous les saints, les apôtres et les prophètes ! Dieu vous a fait justice en la jugeant.

Non, il ne s’agit pas d’un cri de vengeance, d’une victoire remportée contre des hommes, mais la louange du Seigneur Dieu quand il aura "fait justice" à ceux qui ont vécu dans le chemin de la foi, qui auront vu les désordres introduits dans ce qui, sur la terre, est appelée la "Maison de Dieu" (Ephésiens 2:19, 1 Pierre 4:17) et qui auront "tenu ferme" dans le chemin (2:25, 2 Timothée 2:19-21).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 18:01 Babylone la grande (2)