23/06/2012

18:21 - Babylone la grande (3)


 

Le jugement divin de Babylone la Grande – 18:21-19:5
 
La "chute de Babylone" paraît bien être un événement politique, et un juste retournement après la corruption qu’elle aura répandu parmi les nations. Les puissants de ce monde se sont débarrassés de ce qu’ils estimaient un contre-pouvoir, ils ont revendiqué pour eux-mêmes l’autorité sur la conscience des hommes, conduits en cela par le faux-prophète (13:11-18, 19:20). Mais ce n’est pas encore la sanction divine touchant le mal fait aux  petits  dans le monde, qui se sont laissé séduire… En effet, que de gens modestes ne se laissent-ils pas embarquer dans des doctrines mensongères ! Et les tenants de ces voies douteuses sont pourtant prévenus, alors que le Seigneur en avait lui-même parlé, disant : "Quiconque est une occasion de chute pour un de ces petits qui croient en moi, il serait avantageux pour lui qu'on lui eût pendu au cou une meule d'âne et qu'il eût été noyé dans les profondeurs de la mer." (Matthieu 18:6, Marc 9:42, Luc 17:2). Ces paroles du Seigneur étaient dans les mémoires, dès les commencements, et, citées dans les Evangiles ; elles ne peuvent être oubliées… Et pourtant !

 
Le jugement divin – 18:21-24

Vient alors le jugement divin lui-même, lorsque la Septième Coupe est déversée sur la terre :  "La grande ville fut divisée en trois parties, les villes des nations tombèrent et la grande Babylone vint en mémoire devant Dieu pour lui donner la coupe du vin de sa colère ardente"  (16:19). Voilà ce qui est évoqué maintenant par un symbole bien significatif, une meule jetée dans la mer (Matthieu 18:6), comme la lettre de jugement écrite par Jérémie qui, lestée d’une pierre, fut jetée dans l’Euphrate (Jérémie 51:63-64).

21 Alors un ange puissant prit une pierre semblable à une grande meule, et il la jeta dans la mer en disant : Ainsi sera jetée avec violence Babylone la grande ville, et on ne la trouvera plus jamais. 22 On n’entendra plus jamais chez toi les joueurs de harpe, les musiciens, les joueurs de flûte ou de trompette. On ne trouvera plus jamais chez toi aucun artisan de quelque métier que ce soit ; on n’entendra plus jamais chez toi le bruit de la meule ; 23 la lumière de la lampe ne brillera plus jamais chez toi ; on n’entendra plus jamais chez toi la voix du marié et de la mariée… Parce que tes marchands étaient les dignitaires de la terre, parce que toutes les nations ont été égarées par ta sorcellerie. 24 Et chez elle a été trouvé le sang des prophètes, des saints et de tous ceux qui ont été immolés sur la terre.

Plus jamais de musique, pas plus que d’artisans, ni lumière, ni mariages… Parce que "Babylone la grande" a égaré les nations, parce qu’elle s’est rendu coupable de tant de méfaits… Et remarquons que ce ne sont ni la gloire, ni le luxe perdus, ces vanités de la vie, qui sont cités ici, car ce ne peut être considéré comme une perte, mais ce qui fait le vrai bonheur de l’homme, la simplicité de la vie : l’artisan qui fait son œuvre, le cultivateur qui se réjouit de sa récolte lorsque le grain est moulu, la joie de l’aimée et de l’aimé au jour de leur mariage… Ces réalités ont disparu et ce monde est transformé en désert (Jérémie 7:34, 16:9, 25:10). La grande ville avait égaré les nations, et, sommet de la honte, elle s’est rendu coupable d’avoir versé le sang, celui des prophètes, des fidèles et d’autres encore…
 
Certes, Babylone la grande n’est pas, elle est à venir, mais que de silences coupables et parfois complices d’autorités religieuses lors d’odieux bains de sang ! L’apôtre ne disait-il pas que "le mystère d’iniquité opère déjà" (2 Thessaloniciens 2:7). Dieu s’est tu, entendons-nous, mais ici nous entendons qu’il y aura des comptes à rendre, que justice sera rendue ! (17:6, 18:20, Matthieu 23:35).

 
Louange céleste – 19:1-5

La coupe est déversée, et certes ce n’est pas ici le dernier acte de jugement, car le Seigneur devra rencontrer encore les princes de ce monde coupable. Mais déjà retentissent les chants de louange autour du trône dans le ciel. Des louanges à propos de la main de Dieu qui vient de s’appesantir sur Babylone la grande. Non des paroles de vengeance, mais la reconnaissance de la justice de Dieu, la joie de constater que justice a été rendue aux petits, aux faibles, ceux qui avaient été trompés sous la pression de "la grande prostituée."

19  1 Après cela, j’entendis la voix forte d’une grande foule dans le ciel. Elle disait : Alléluia ! Le salut, la gloire et la puissance de notre Dieu ! 2 Car ses jugements sont vrais et justes. Il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par sa prostitution, et il a vengé le sang de ses serviteurs, en le lui réclamant de sa main. 3 Et ils dirent une seconde fois : Alléluia ! Sa fumée monte aux siècles des siècles. 4 Les vingt-quatre anciens et les quatre Vivants tombèrent sur leur face et rendirent hommage à Dieu, assis sur le trône. Ils disaient : Amen ! Alléluia !

Une grande foule dans le ciel célèbre le jugement de la "prostituée" ; nous l’avions déjà rencontrée plus tôt pour célébrer la défaite du dragon (12:10). Les anciens avec les Quatre Vivants confirment cette louange, célèbrent la justice de Dieu, ses "jugements vrais et justes" (15:3, 16:7, Psaume 19:9, Esaïe 61:8). Le grand mystère du silence de Dieu en notre temps (10:7) sera alors complètement dévoilé.
 
Alors, pour les lecteurs du livre de l’Apocalypse, vient du ciel une exhortation à laquelle tous doivent faire attention, les petits comme les grands (11:18, 13:16).

5 Du trône sortit une voix qui disait : Louez notre Dieu, vous tous, ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands.

Pierre ne dit pas autre chose lorsque dans sa lettre il s’écrie : "Toutes ces choses devant donc se dissoudre, quels devriez-vous être en sainte conduite et en piété, attendant et hâtant la venue du jour de Dieu, à cause duquel les cieux en feu seront dissous et les éléments embrasés se fondront" (2 Pierre 3:11-12). Ce qu’évoquait Pierre n’est pas ce que nous lisons ici, mais bien en phase… Voyant que la justice de Dieu sera manifestée, il convient de la considérer avec foi et vivre dans la perspective de cet avenir. La conduite s’en ressent alors, et ici, dans notre lecture de l’Apocalypse, les croyants sont exhortés à la louange.
 
Ainsi pouvons-nous comprendre combien il est heureux de garder au cœur la parole prophétique de ce livre (1:3, 22:7), à tenir la distance d’avec ce qui est source de souffrance et louer Dieu, sachant que tout viendra en lumière, en particulier tout ce qui trouble le croyant, les prémices de Babylone la grande (18:4, 19:5). Avec cette exhortation semble s’achever la vision particulière touchant Babylone la grande, l’horreur qu’elle suscitera et le jugement vers laquelle elle courra. Le cours général de la vision reprend aussitôt, les actions liées à la septième coupe de jugement (16:17-21).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 18:21 Babylone la grande (3)