24/07/2012

1:1 - Introduction


 

Livre de l'Apocalypse
La nuit ne sera plus, et ils n'auront plus besoin
ni de la lumière d'une lampe, ni de la lumière du soleil ;
car le Seigneur Dieu fera briller sa lumière sur eux...

Apocalypse 22:5


 
"Révélation de Jésus-Christ". C’est ainsi qu’est intitulé ce livre si particulier des Ecritures, le dernier en date.
 
Car, en effet, le livre a circulé dans ces années de fin de siècle ou tout au début du siècle suivant ; un témoignage de première valeur en est donné par Irénée de Lyon, "surveillant" parmi les chrétiens de la capitale des Gaules, né vers l’an 130 à Smyrne, une des sept assemblées d’Asie ; il fut disciple de Polycarpe, croyant éminent de cette ville. Irénée atteste que l’auteur de l’Apocalypse est bien l’apôtre Jean.
 
Environ soixante-dix ans se sont écoulés depuis la résurrection du Seigneur, et les chrétiens ont vécu sans cette "révélation" jusque là ! Pensons-nous qu’ils furent lésés, que ces pages leurs manquaient ?
 
Ce n’est certes pas en ces termes qu’il faut se poser la question. Ce n’est pas la révélation qui a changé, mais ceux qui la reçoivent. L’élan des premiers jours paraît s’être refroidi. C’est alors que se lèvent des prophètes, comme il en fut dans l’histoire d’Israël. Pour ranimer l’espérance, encourager à la patience, redonner de la vie là où la chaleur s’est tempérée.
 
Ainsi, à Patmos, lieu d’exil pour les personnes qui dérangent le pouvoir romain, Jean reçoit ces visions touchant ce que le Seigneur appelait "la consommation du siècle", c’est-à-dire la fin du cours de ce monde, tel que nous le connaissons aujourd’hui.
 
En prologue, le ciel est ouvert, et Jean voit le Fils de l’homme, Celui qui a reçu toute autorité. Il est chargé de cette mission si particulière, de commettre aux assemblées cette vision qu’il va reçevoir. Mais avant d’entrer dans le sujet essentiel du livre, des missives doivent être écrites, lequelles donnent un aperçu de l’état de la chrétienté dès ce temp. Des lettres d’avertissement mais surtout d’encouragement, exposé de situations heureuses ou difficiles, et stimulations à une foi personnelle. Réfléchissons à la réception de ce livre parmi les chrétiens de l’époque !  
 
Après ces lettres aux sept assemblées d’Asie, vient le sujet essentiel du livre, "la consommation du siècle". Des pages qui fourniront aux croyants des images saisissantes de ce qu’ils connaissaient sans doute déjà par l’enseignement des apôtres. Confirmation et illustration, pour que ces images se fixent dans les esprits et animent leur propre vie de foi. Après la vision du trône de la gloire de Dieu, le voyant voit se dérouler de scènes terrestres touchant ces temps de la fin : le monde dévasté, des puissances politiques, des témoins du Seigneur… Et enfin le jugement de la terre ; et notamment Babylone la grande, un développement extraordinaire et déroutant de ce qui se trouvait en germe déjà dans la chrétienté de l’époque. Mais l’accomplissement des voies de Dieu est déployé dans toutes ces pages, pour montrer la puissance de la grâce : la Jérusalem céleste apparaît, dans la scène si belle des noces de l’Agneau.
 
Mais la finalité de ces pages, est-elle de fournir un enseignement à propos d’un avenir lointain qui ne concernait pas les lecteurs du livre à cette époque ? La vision en vient à son objet essentiel, ranimer la foi des croyants ! Cet épilogue du livre leur donne à contempler leur situation actuelle devant Dieu, car, en veant à Jésus-Christ, n’étaient-ils pas venus à la Jérusalem céleste ? A l’instar d’un Israélite qui montait à Jérusalem pour la fête, le croyant aujourd’hui est monté à cette Cité dont toutes les bénédictions sont actuelles, car il est "béni de toute bénédiction dans les lieux célestes".


 
PROLOGUE
Apocalypse 1:1-20

Après quelques lignes touchant les circonstances de Jean, nous le voyons saisis par une voix qui vient du ciel.
 
Se tournant vers la source de ces paroles, le voyant se trouve devant le Fils de l’homme. Des attibuts de gloire, l’attitude d’un juge font qu’il se prosterne visage contre terre. Mais aussitôt il entend ces paroles : "Ne crains pas, c’est moi, le premier et le dernier, le vivant. J'ai été mort, et voici, je suis vivant aux siècles des siècles." Et c’est encore le Fils de l’homme qui, dans la vision même, prononcera ces mots : "Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre." Aussi, en prenant la plume, Jean écrira d’emblée cette même parole, forçant ainsi l’attention des lecteurs.
 
Ainsi sommes-nous conduits à considérer cette lecture avec attention, pour que ces pages, ces tableaux, nourrissent la foi.


 
INTRODUCTION
Apocalypse 1:1-8

L’accent du livre est donné dans le titre même : "Révélation de Jésus Christ."  Celui qui se lève pour la lecture publique du livre, et ceux qui se préparent à l’entendre s’attendent à prendre connaissance, touchant le Christ, d’une réalité qui ne leur est pas familière jusque là, et pourtant ils connaissent le Seigneur, et le don qu’Il a fait de lui-même dans l’œuvre de la rédemption. Dès lors, ils ne peuvent qu’être saisis par cette parole communiquée quelque soixante-dix ans après la résurrection de Jésus Christ ; soixante-dix ans qui ont apporté, hélas, un certain affaiblissement de la foi ; nous pouvons le lire dans les "lettres aux sept assemblées d’Asie." 

 
Révélation de Jésus Christ – 1:1-3
 
Nous pouvons penser à la préoccupation de Jean touchant l’avènement en gloire du Seigneur Jésus, et son souci touchant l’état des assemblées chrétiennes. Les soucis d’un berger… C’est à un tel homme que la vision est donnée. Et Jean agit alors comme prophète. Un prophète, car il va mettre les âmes face au Seigneur, comme il en a été des prophètes d’Israël ; en effet, c’est là l’essence même du service du prophète, bien plus de d’annoncer quelque événement qui devra se produire.
 
Les croyants vivent-ils alors dans la conscience de la venue du Seigneur, sa seconde venue ? Rappelons-nous que cette attente caractérisait leurs premiers pas dans la foi. Depuis le commencement de l’annonce de l’Evangile, ne sont-ils pas exhortés à aimer l’avènement du Seigneur (Tite 2:13, 2 Timothée 4:1,8) et comprendre que des jugements doivent fondre sur l’impiété dans ce monde (2 Thessaloniciens 2:8), tout en sachant qu’ils seront épargnés de ces tourments à venir (1 Thessaloniciens 1:10) ? C’est bien là le sujet essentiel du livre.

1  1 Révélation de Jésus Christ, que Dieu lui a donnée pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bien vite. Il l'a donnée à connaître en envoyant son ange à son serviteur Jean 2 qui a transmis la parole de Dieu, le témoignage de Jésus Christ et ce qu’il a vu.

Dans cette vision, un ange va accompagner Jean. Et ce dernier, lorsque la vision sera complète, mû par une émotion extrême, va se prosterner devant cet ange, sur quoi l’ange se récriera lui disant n’être qu’un compagnon des croyants, de Jean comme de ceux qui comme lui font œuvre de prophète (1 Corinthiens 12.28, Ephésiens 2.20) et "de tous ceux gardent les paroles de ce livre"  (22:9).
 
Toute l’assistance est appelée à porter une attention particulière. Et nous pourrons nous arrêter sur le bonheur qu’il y a, pour quiconque aura pris connaissance de ces paroles, à les garder avec attention.

3 Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites, car le temps est proche !

"Car le temps est proche." Et pourtant les événements de ce livre ne sont pas advenus, et ceci près de deux millénaires après leur annonce ! Pour ces chrétiens du premier siècle, déjà le temps paraissait long, et le temps qui s’écoule produit plutôt un assoupissement. Trente ans plus tôt, Pierre avait même du écrire : "Le Seigneur ne tarde pas pour ce qui concerne la promesse, comme quelques-uns estiment qu’il y a du retardement…"    (2 Pierre 3:9). Et d’expliquer qu’il s’agit là d’une disposition de la grâce.
 
Pourquoi encourager ce sentiment d’imminence parmi les croyants ? La réponse ne nous appartient pas, mais pensons seulement à ce qu’il en serait pour de tels qui verraient ces événements comme une perspective si lointaine qu’ils n’en pourraient jamais rien voir eux-mêmes ? Souvenons-nous de la parole du Seigneur : "Veillez donc ; car vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur vient." (Matthieu 24:42). Dans le message divin, qu’est-ce d’ailleurs que le temps, alors que "un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et mille ans comme un jour" (2 Pierre 3:8, Psaume 90:4). Et quel est le dessein de Dieu en communiquant cette "Révélation de Jésus Christ", sinon fortifier la foi des auditeurs ? Par ailleurs, pensons que, pour chaque homme, le temps est réellement court, le temps d’une vie est bien court, et lorsqu’un tel aura quitté sa condition d’homme, lorsqu’il aura "déposé sa tente" (2 Pierre 1:13-14, 2 Corinthiens 5:1-4), étant libéré de l’enveloppe humaine marquée par les années qui s’écoulent, il n’y aura plus de temps qui passe car alors "le mortel aura revêtu l'immortalité" (1 Corinthiens 15:53) ? Alors, n’est-il pas important de veiller ?
 
Le livre se terminera par un rappel qui souligne combien cette parole est essentielle : "Je viens bientôt. Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre" (22:7). Et c’est bien là le caractère de celui qui veille, comme y exhortait Paul, bien des années auparavant car, écrivait-il, "c'est déjà l'heure de nous réveiller du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru…" (Romains 13:11). Gardons à l’esprit cette promesse en vue d’examiner tout au long de la lecture cette réalité qui lui donne sens.

Aux sept assemblées qui sont en Asie – 1:4-6
 
Le livre paraît a priori adressé aux sept assemblées d’Asie, mais bien évidemment il s’adresse à tous les croyants. Des paroles, bien sévères parfois, sont adressées à ces sept assemblées, mais à chacune aussi de chaleureuses exhortations. Si le nombre "sept" exprime bien un ensemble fini, et ici l’ensemble des croyants, nous lirons combien les différentes situations dépeintes dans les adresses à chacune de ces assemblées sont lisibles aujourd’hui dans les communautés chrétiennes si variées de notre temps. Et remarquons qu’aux sept, il est adressé des vœux de paix… La grâce toujours opérante ! Et l’homme de foi a l’esprit rempli de la bonté de Dieu.

4 Jean, aux sept assemblées qui sont en Asie : Grâce et paix à vous, de la part de Celui qui est, qui était et qui vient, et de la part des sept esprits qui sont devant son trône, 5 et de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts et le prince des rois de la terre !

Jean salue les assemblées de la part de Dieu lui-même, "Celui qui est, qui était et qui vient." C’est au nom de Dieu, présenté ici comme depuis les temps anciens, lorsque nous lisons "Je suis celui qui suis" (Exode 3:14 ; Ésaïe 41:4) ; celui qui est à l’origine de toutes choses (Jean 8:58) et doit paraître (Esaïe 40:10, 60:1,2, 1 Jean 2:28, 3:2 ). Et il s’y ajoute "Les sept esprits qui sont devant son trône", soit le déploiement de la connaissance et de l’action de Dieu qui discerne tout ce se produit sur la terre (Genèse 1:2, Zacharie 3.9 ; 4:2,6,10). Quant à Jésus, il est désigné comme "le témoin fidèle", reconnaissance de la perfection de son ministère (Jean 18:37), "le premier-né d’entre les morts", son titre de préséance, car il a vaincu la mort (Romains 8:29, 1 Corinthiens 15:20, Colossiens 1:18, Hébreux 13:20, 1 Pierre 1:3, 3:18), et "le prince des rois de la terre", évocation de l’accomplissement de la promesse (Psaumes 45:6, 89.27, Esaïe 9:6, Matthieu 28:18, Philippiens 2:9-11, Ephésiens 1:20-22).
 
Suite à la reconnaissance de ces titres de gloire, la louange surgit alors avec une spontanéité magnifique. L’auteur ne peut écrire ces mots touchant le Seigneur Dieu sans être remué par la réalité de la grâce offerte, par la réponse donnée à la croix aux rigueurs de la justice divine. Et ainsi l’exposé est interrompu par une parole de louange à la gloire du Seigneur Dieu…

5b À celui qui nous aime, qui nous a lavés de nos péchés dans son sang 6 et qui a fait de nous un royaume, des prêtres pour son Dieu et Père, à lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen.

Il faut nous arrêter sur ces paroles, comme Jean s’est arrêté dans le cours de l’écriture de la vision. "A celui qui nous aime" (Jean 15:9, Ephésiens 5:2), "et nous a lavés de nos péchés" (Romains 3:24-25, Ephésiens 1:7, Hébreux 9:14, 1 Jean 1:7), "qui fait de nous un royaume, des prêtres pour son Dieu et Père" (Exode 19.6, Romains 12.1, 2 Timothée 2.12, 1 Pierre 2.5-9), "A Lui soit la gloire…" C’est ici la dernière des quatorze doxologies du Nouveau Testament, la dernière des paroles de louange à la gloire de Dieu que nous y lisons (Romains 11:36, 16:25-27, Galates 1:5, Ephésiens 3:20-21, Philippiens 4:20, 1 Timothée 1:17, 6:16, 2 Timothée 4:18, Hébreux 13:21, 1 Pierre 4:11, 5:11, 2 Pierre 3:18, Jude 24-25, Apocalypse 1:6).


 
Il vient, et tout œil le verra - 1:7-8
 
Sitôt l’adresse donnée, "aux sept assemblées d’Asie", l’objet de cette longue lettre est donné : la venue en gloire de Jésus Christ, après qu’il ait été "percé", comme le prophète l’annonçait six siècles auparavant : "et ils regarderont vers moi, celui qu’ils auront percé, et ils se lamenteront sur lui, comme on se lamente sur un fils unique, et il y aura de l’amertume pour lui, comme on a de l’amertume pour un premier-né" (Zacharie 12:10, Jean 19:37).

7 Voici, il vient avec les nuées et tout œil le verra, même ceux qui l'ont percé ; et toutes les tribus de la terre se lamenteront à cause de lui. Oui, amen !

Il serait long de parcourir les passages qui annoncent que "tout œil le verra", mais nous pouvons constater combien cette réalité à venir était présente à l’esprit tout au long de l’histoire de la foi (Job 19.26-27, Nombres 24.17) comme dans la pensée des disciples de la première heure, conscients de sa gloire à venir (Romains 14.11, Philippiens 2.9-11, Hébreux 2.8). Tous doivent voir sa gloire ; dans la joie de l’événement attendu pour beaucoup, mais pour plusieurs dans les pleurs, comme le Seigneur le disait lui-même avant la croix (Matthieu 26:64, 24:30).
 
Vient alors cette parole forte, le condensé de toute la révélation de Dieu, affirmant que Lui est à l’origine de la création et de la révélation de Lui-même, et qu’il accomplira son propos jusqu’à la fin, "l’alpha et l’oméga", première et dernière lettre de l’alphabet grec. Une vérité rappelée avec force par la voix prophétique aux exilés, au cœur de l’appel à quitter Babylone et s’en aller "préparer le chemin de l’Éternel" (Esaïe 40:3, 41:4, 44:6, 48:12).

8 Moi, je suis l'alpha et l'oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-puissant.

Et ce dessein de Dieu, œuvre de création et de réconciliation, est manifesté en Jésus Christ, expression de Dieu lui-même, l’Emmanuel annoncé par le prophète Esaïe (Esaïe 7:14, 8:8, Matthieu 1:23), lui dont l’apôtre dit qu’Il est "sur toutes choses Dieu béni éternellement" (Romains 9:5), et encore "en lui habite toute la plénitude de la déité corporellement" (Colossiens 2:9).
 
"Par lui ont été créées toutes choses, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, les visibles et les invisibles, soit trônes, ou seigneuries, ou principautés, ou autorités : toutes choses ont été créées par lui et pour lui… et, par lui, à réconcilier toutes choses avec elle-même, ayant fait la paix par le sang de sa croix, par lui, soit les choses qui sont sur la terre, soit les choses qui sont dans les cieux" (Colossiens 1:16,20).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 01:01 Introduction

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