13/07/2012

5:1 - L'Agneau et le livre scellé


 

L'Agneau et le livre scellé – 5:1-14
 
La louange ne pouvait s’arrêter à l’évocation de la création (4:11), elle ne serait pas complète sans aller au-delà, aux motifs mêmes de l’œuvre, et à son accomplissement ultime. L’humanité a été maîtresse de son destin jusqu’à une certaine limite, ce que nous voyons en figure lorsque Adam donne un nom aux différents animaux, un acte d’autorité en soi (Genèse 2:19), et que nous considérons en fait lorsqu’il appartient à l’homme d’établir la justice, lorsque nous lisons : "Qui aura versé le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé ; car à l'image de Dieu, il a fait l'homme." (Genèse 9:6). Mais elle a à rendre compte de sa gestion, de son gouvernement. Et le livre "dans la droite de celui qui est sur le trône" (5:1) expose la rétribution de la part de Celui qui a donné à l’humanité une telle responsabilité. Jusque là, une réalité à venir qui reste à dévoiler, car l’homme agit sans frein et ne rencontre pas de jugement… Il subsiste aujourd’hui un mystère (10:7). Une question est alors posée d’une voix forte…

5  1 Alors je vis, dans la droite de celui qui était assis sur le trône, un livre écrit au dedans et sur le revers, scellé de sept sceaux. 2 Je vis aussi un ange puissant qui proclamait d’une voix forte : Qui est digne d'ouvrir le livre et d'en rompre les sceaux ?

Le livre pourrait-il demeurer scellé ? Telle paraît la douleur de Jean, et il pleure beaucoup. Penserait-il se trouver dans la situation de Daniel, entendant cette parole : "Et toi, Daniel, cache les paroles et scelle le livre jusqu'au temps de la fin" (Daniel 12:4) ? Se pourrait-il que Jean se trouve devant l’évolution du monde, et des assemblées, sans aucune perspective ? Il est manifestement mis à l’épreuve par cette question posée par l’ange : "Qui est digne…" ?  Et, dans la solennité de la vision, il ne peut envisager lui-même une réponse, il attend, craignant ne pas recevoir la réponse. Pensait-il que l’Agneau de Dieu puisse ne pas paraître ? Nous ne le savons pas, bien évidemment, mais il reçoit rapidement une réponse à son angoisse.

3 Mais personne, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, ne pouvait ouvrir le lire ni le regarder. 4 Et moi, je pleurais beaucoup, parce que personne n'était trouvé digne d'ouvrir le livre ni de le regarder. 5 Mais l'un des anciens me dit : Ne pleure pas ; le lion qui est de la tribu de Juda, la racine de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux.
 
6 Alors je vis, au milieu du trône et des quatre Vivants et au milieu des anciens, un Agneau qui se tenait là, comme immolé. Il avait sept cornes et sept yeux qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre. 7 Il vint et prit le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône.

C’est quand Jean est en larmes que ses yeux sont ouverts. Que pensait-il ? Lui, qui a foi en l’avènement du Seigneur, aurait-il douté un instant que nul ne serait digne de prendre le livre scellé des sept sceaux ? Il a vu le Fils de l’homme (1:13) le regard porté sur les assemblées (1 Pierre 4 :17)… Jean vient de considérer le cours du monde, et celui de la chrétienté qui se développe, forcément, "là où est le trône du satan" (2:13). Et il sait que plusieurs qui se disent chrétiens s’accommodent de l’esprit de ce monde (1 Jean 2:16), en particulier à Thyatire. Toutefois il a reçu des paroles consolantes et cette affirmation qu’il y a toujours un chemin pour la victoire personnelle. Mais après ?
 
Alors, les yeux en larmes, il voit "un Agneau qui se tenait là, comme immolé." Et à celui qui a répondu aux exigences de la gloire divine à la croix est confié le jugement ; rappelons-nous cette parole : "le Père ne juge personne, mais il a donné tout le jugement au Fils" (Jean 5:22). L’Agneau se trouve dès lors au cœur de la vision ; c’est Lui, connu comme le Messie et le Rédempteur, qui est maintenant révélé comme Juge de toute la terre. Telle est la "Révélation de Jésus-Christ" annoncée (1:1).
 
L’Agneau de Dieu. Les sages des temps anciens avaient conscience du don de Dieu, lorsqu’ils lisaient cette page de la ligature d’Isaac, et cette ligne : "Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste." (Genèse 22:8). Et le prophète, annonçant son sacrifice dit de lui : "Il a été opprimé et affligé, et il n'a pas ouvert sa bouche. Il a été amené comme un agneau à la boucherie, et a été comme une brebis muette devant ceux qui la tondent ; et il n'a pas ouvert sa bouche" (Ésaïe 53:7). Lorsque le temps fut venu, Jean le baptiseur dit de Lui : "Voilà l'agneau de Dieu qui ôte le péché du monde !" (Jean 1:29), et Pierre ajouta : "un agneau sans défaut et sans tache" (1 Pierre 1:19). Quelques mots aisés à comprendre pour toute âme simple, et qui montrent que la vérité essentielle de l’Ecriture ne demande pas beaucoup de paroles, car n’est-il pas écrit "Heureux les pauvres en esprit, car c'est à eux qu'est le royaume des cieux" (Matthieu 5:3).
 
L’Agneau, s’étant offert lui-même en sacrifice (Ephésiens 5:2, lire aussi 1 Corinthiens 6:20, 1 Pierre 1:18-19), est révélé ainsi comme juge, portant les symboles de la clairvoyance et de la puissance divines. Il est présent tout au long du livre de l’Apocalypse : proche de ceux qui souffrent (7:17), au milieu des rachetés (14:1), prêt à sceller l’union éternelle (19:7) et encore illuminant la Jérusalem céleste (21:23).
 
Lorsque le livre-rouleau est entre les mains de l’Agneau, et donc au moment où les desseins de Dieu vont être dévoilés, un cantique nouveau est entendu, et la louange prononcée par les quatre Vivants et les vingt-quatre anciens dans le halo d’émeraude s’étend aux anges avant d’animer toutes les créatures.

8 Quand il eut pris le livre, les quatre Vivants et les vingt-quatre anciens tombèrent sur leurs faces devant l'Agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints. 9 Ils chantent un cantique nouveau, disant : Tu es digne de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux, car tu as été immolé et tu as acheté pour Dieu, par ton sang, de toute tribu, langue, peuple et nation ; 10 tu as fait d’eux pour notre Dieu un royaume et des prêtres, et ils régneront sur la terre.

Un cantique nouveau, parce qu’il célèbre l’Agneau non seulement dans la grandeur de son sacrifice, mais aussi dans la dignité qu’il revêt en prenant le livre-rouleau ; car alors il va déployer le conseil divin et mettre fin ainsi au temps de la responsabilité des hommes. Et ce cantique rassemble les "prières des saints" exprimées par les harpes et les coupes d’or ; des  saints  émanant de toute tribu, langue, peuple et nation, car l’évangile aura été adressé par toute la terre, selon que le Seigneur avait annoncé : "Cet évangile du royaume sera prêché dans la terre habitée tout entière, en témoignage à toutes les nations ; et alors viendra la fin." (Matthieu 24:14). Et cette "fin", c’est bien le sujet de cette "Révélation de Jésus-Christ."
 
Les auditeurs sont appelés à se souvenir de leur appel, tel qu’il avait été souligné plus tôt par Pierre : "vous êtes une race élue, une sacrificature royale, une nation sainte, un peuple acquis", l’apôtre poursuivant immédiatement par l’exposé d’une mission essentielle "pour que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière" (1 Pierre 2:9).
 
Suit alors la louange de la cohorte si grande des anges, "envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut" (Hébreux 1:14), des témoins de premier plan de ce qui se passe aujourd’hui parmi les hommes (1 Corinthiens 4:9, 11:10, 1 Pierre 1:12) comme ils le furent de la vie et de la mort de Jésus-Christ (1 Timothée 3:16).

11 Je vis, et j’entendis la voix de beaucoup d'anges autour du trône avec celle des Vivants et des anciens. Leur nombre était des myriades de myriades, des milliers de milliers. 12 Ils disaient d’une forte voix : Digne est l'Agneau qui a été immolé de recevoir puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et bénédiction.

Toutes les créatures sont vues, la vision de Jean le menant vers cet aspect essentiel de l’accomplissement des paroles du livre qui va se dérouler, lorsque les sceaux seront l’un après l’autre brisés. "Car la vive attente de la création attend la révélation des fils de Dieu. Car la création a été assujettie à la vanité – non de sa volonté, mais à cause de celui qui l'a assujettie – dans l'espérance que la création elle-même aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour jouir de la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Car nous savons que toute la création ensemble soupire et est en travail jusqu'à maintenant…" (Romains 8:19-22).

13 Toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre et sur la mer, tout ce qui s’y trouve, je les entendis qui disaient : À celui qui est assis sur le trône et à l'Agneau, bénédiction, honneur, gloire, et force aux siècles des siècles !
 
14 Et les quatre Vivants disaient : Amen ! Et les anciens tombèrent sur leurs faces et rendirent hommage.

Un  Amen  retentit alors, exprimant l’harmonie de tous les êtres qui se trouvent autour du trône, tournés vers l’Agneau qui a connu l’humiliation de la croix et accompli l’œuvre de la réconciliation. Et qui va manifester maintenant le fruit de sa victoire en conduisant l’humanité à l’harmonie autour de Lui. Un chemin dans lequel il sera fait face aux folies d’hommes qui ont rejeté "le saint et le juste" (Actes 3:14) pour établir, comme l’annoncera le son éclatant de la septième trompette, "le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ" (11:15) sous le sceptre de celui qui est annoncé comme "Prince de Paix" (Esaïe 9:6).

 

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:19 Écrit par Eric dans 05:01 L'Agneau et le Livre scellé

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