27/06/2012

14:6 - La moisson et la vendange


 

La Moisson et la Vendange
Apocalypse 14:6-20

Le "Septième ange" vient de sonner de la trompette. Des voix se sont fait entendre proclamant qu’est venu "Le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ" (11:15). Si le regard de Jean a été porté sur l’état du monde présenté en un tryptique (11:29-14:5), c’est afin de pouvoir comprendre le cours des événements annoncés. Celui-ci reprend donc ici par l’apparition d’un autre ange, avant qu’en paraissent d’autres encore (14:6-20) ; ils sont porteurs des jugements. C’est alors "la grande tribulation" qui précède le règne (7:14, Matthieu 24:21,29).

 
L’évangile éternel – 14:6-13
 
Trois anges vont se succéder. Le premier d’entre eux porte "l’évangile éternel", et nous pouvons reconnaître là une bonne nouvelle pour tout homme, hors de toute alliance, à savoir l’expression du dessein de Dieu pour tout homme, le propos fondamental du Créateur. Le second ange se réjouit de la chute de Babylone la Grande, dont c’est la première mention ici ; remarquons qu’il s’agit de sa chute – en fait, un événement politique – et non pas encore de son jugement par Dieu lui-même (16:19). Le troisième ange proclame l’imminence du jugement, mettant en contraste les deux corporations sur la terre : ceux qui se sont soumis à la bête et au faux-prophète, recevant la marque sur le front ou la main (13:16) et ceux qui marchent avec l’Agneau (14:1).

6 Je vis un autre ange qui volait au milieu du ciel ; il avait l’évangile éternel à annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, tribu, langue et peuple. 7 Il disait à haute voix : Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue ; et prosternez vous devant celui qui a fait le ciel, la terre, la mer et les sources d'eau.

L’évangile éternel. Reprenons les premières pages de la Bible. La responsabilité sur tout ce qui se meut sur la terre est confiée à l’administration de l’être humain, "Faisons l'être humain (Adam) à notre image, selon notre ressemblance…"  (Genèse 1:26), et les lois qui régissent son autorité sont données à Noé, autre figure mythique d’un enseignement essentiellement moral, notamment pas cette parole : "Qui aura versé le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé ; car à l'image de Dieu, il a fait l'homme." (Genèse 9:6). Et vient alors cette parole : "Quoi, Dieu a dit… ?" (Genèse 3:1). Ainsi voyons-nous comment la gestion du monde, confiée par Dieu à l’homme créé libre et responsable, s’est tournée en manifestations d’indépendance, voire d’insoumission. Mais il est une bonne nouvelle. L’évangile éternel n’est-il pas cette bonne nouvelle du pardon accordé gratuitement ! Voyons cette parole, encore dans les premières pages de la Genèse : "Si tu fais bien, ne seras-tu pas agréé ? Et si tu ne fais pas bien, le (sacrifice pour le) péché est couché à la porte"  (Genèse 4:7). Pierre atteste que le projet de la rédemption précède l’histoire de l’humanité, il est antérieur à la création elle-même : "Christ… un agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde…" (1 Pierre 1:19-20).
 
"Cet évangile du royaume sera prêché sur la terre habitée tout entière, en témoignage à toutes les nations ; et alors viendra la fin" (Matthieu 24:14). Cette annonce de l’ange est donc un dernier appel aux hommes sur la terre, une bonne nouvelle en vérité car il atteste qu’il y a encore une voie de salut ; mais il est temps de choisir. Et le choix est difficile tant est forte la pression du faux-prophète et l’opprobre attendue pour ceux qui ne portent pas l’image de la bête sur leur front ou sur leur main.
 
Un deuxième ange. Nous trouvons pour la première fois mentionnée "Babylone la Grande".  L’image est tirée de l’orgueil de Nabuchodonosor citant la ville qu’il a rendu grandiose en vue d’étaler "la gloire de sa magnificence" (Daniel 4:30). Sa chute, sujet de réjouissance de l’ange, n’est pas encore le jugement divin, mais la perte de sa puissance de séduction. Elle se trouve brutalement privée de ses appuis politiques…

8 Suivit un autre ange, un deuxième, qui disait : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, elle qui a fait boire à toutes les nations du vin de la fureur de sa prostitution.

Quelle est-elle, cette cité magnifique, emblème de la prostitution spirituelle, séductrice des nations au point d’être célébrée comme lumière du monde ? Il faudra attendre quelques pages encore avant de discerner avec plus de clarté la réponse à cette question. Toutefois nous pouvons comprendre, par les prophètes, ce que signifie la prostitution. N’est-elle pas de prétendre parler, enseigner, conduire les hommes vers Dieu en les menant en réalité sur des voies d’égarement ? Voyons les "prostitutions de Jésabel" et "de la maison d’Achab", son mari (2 Rois 9:22, 2 Chroniques 21:13). Et encore cette parole du prophète : "Et l'Éternel me dit dans les jours du roi Josias : As-tu vu ce qu'a fait Israël, l'infidèle ? Elle s'en est allée sur toute haute montagne et sous tout arbre vert, et elle s'y est prostituée." (Jérémie 3:6). Du vin de Babylone la Grande, toutes les nations en auront bu !
 
Le troisième ange. Ce n’est plus l’annonce de la bonne nouvelle. Les hommes paraissent s’être positionnés, la marque sur le font ou sur la main est établie (13:4), autrement dit l’adhésion ou la soumission à cet esprit du mal qui gouvernera le monde. Cette adhésion portera sa propre récompense, un jugement dont l’image est bien connue (Genèse 19:24, Psaume 11:6).

9 Un autre ange, un troisième, suivit ceux-là. Il disait d’une forte voix : Si quelqu'un rend hommage à la bête et à son image, et reçoit une marque sur le front ou sur ma main, 10 il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère ; et il sera tourmenté dans le feu et le soufre devant les saints anges et devant l'Agneau. 11 La fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles. Ils n'ont aucun repos ni le jour ni la nuit, ceux qui rendent hommage à la bête et à son image, et quiconque reçoit la marque de son nom. 12 C’est ici la persévérance des saints, ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus.

Ceux qui gardent la foi sont soutenus par cette confiance en l’issue du choix de vie qu’ils ont fait, et la vision de l’avenir effroyable de ceux qui se sont laissé manipuler par les paroles du faux-prophète (Jérémie 25:15-16 ; Esaïe 51:17 ; Psaume 75:8).
 
Deux actes vont être accompli incessamment. Il sera procédé à "la moisson" d’abord et "la vendange" ensuite. Et nous comprenons que nous approchons de la fin de cette terrible période appelée "la grande tribulation", durant laquelle la Bête exercera un pouvoir étroit sur les âmes, sur les vies.
 
Avant ces événements, Jean est appelé à écrire à propos du repos prochain de ceux qui "meurent dans le Seigneur", que ce soit de mort naturelle ou en traversant le martyre. Un écho à la proclamation : "ta colère est venue, ainsi que le temps de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, petits et grands, et de détruire ceux qui corrompent la terre" (11:18). Et en ce jour, leur œuvre de foi, leur travail d'amour, et leur patience d'espérance (1 Thessaloniciens 1:3) feront place au repos dans la présence même du Seigneur, car loin de se soumettre aux pressions terribles de ces temps, ils auront mis toute leur énergie, tout le courage, à suivre le chemin qui s’impose à eux, la foi en l’Agneau de Dieu.

13 J’entendis une voix venant du ciel, me disant Écris : Heureux, dès maintenant,  les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l'Esprit, qu'ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent.

Une voix vient du ciel, comme nous l’avons lu déjà en plusieurs circonstances, et qu’il s’en trouvera encore (10:4,8, 12:10, 14:2,13, 18:4, 21:3). Sept fois, comme il y a sept sceaux, sept trompettes et encore sept coupes.

 
La moisson – 14:14-16
 
"Quelqu’un qui ressemblait au Fils de l’homme." Nous le voyons ici portant une  couronne d’or  (14:14) et tous les signes de l’autorité, selon cette parole de l’Evangile : "Il lui a donné autorité de juger aussi, parce qu'il est fils de l'homme" (Jean 5:27). Celui qui est venu en ce monde manifester une vie d’homme parfait et recevoir à ce titre l’autorité sur le monde, ainsi que nous lisons : "… quant au Fils : Ton trône, ô Dieu, est aux siècles des siècles ; c'est un sceptre de droiture que le sceptre de ton règne ; tu as aimé la justice et haï l'iniquité ; c'est pourquoi Dieu, ton Dieu, t'a oint d'une huile de joie au-dessus de tes compagnons" (Hébreux 1:8-9).

14 Je vis une nuée blanche, et voici, sur la nuée était assis quelqu'un qui ressemblait au Fils de l'homme. Il avait une couronne d'or sur sa tête et une faucille acérée à la main. 15 Un autre ange sortit du sanctuaire en criant d’une forte voix à celui qui était assis sur la nuée : Lance ta faucille et moissonne, car l'heure est venue de moissonner, car la moisson de la terre est mûre. 16 Et celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre, et la terre fut moissonnée.

Dans cette position de Fils de l’homme, soumis au Père, nous voyons qu’il attend cet appel venant "du sanctuaire de Dieu", car le jour et l’heure ne sont connus que du Père (Matthieu 24:36). Et le premier acte de jugement, celui posé ici, n’est autre que le rassemblement des rachetés. "Il a son van dans sa main, et il nettoiera entièrement son aire et assemblera son froment dans le grenier ; mais il brûlera la balle au feu inextinguible"  (Matthieu 3:12, 13:30-39).

 
La vendange – 14:17-20
 
Le rassemblement des rachetés "dans le grenier de Dieu" étant achevé, paraît alors "un autre ange", sortant du sanctuaire, mais le cri déclenchant son activité lui vient non du sanctuaire mais de l’autel (14:15,18), et nous pensons ici à l’autel d’airain, celui où brûle le feu du jugement (8:5). "Le fils de l'homme enverra ses anges, et ils cueilleront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l'iniquité" (Matthieu 13:41). Ceci introduit la suite ; ce sont des anges qui sont là en action.

17 Un autre ange sortit du sanctuaire qui est dans le ciel, il avait, lui aussi, une faucille acérée. 18 Un autre ange, celui qui avait pouvoir sur le feu, sortit de l'autel et cria à celui qui avait la faucille acérée : Lance ta faucille acérée, et vendange les grappes de la vigne, car ses raisins sont mûrs. 19 L'ange jeta sa faucille sur la terre. Il vendangea la vigne de la terre et jeta les grappes dans la grande cuve du courroux de Dieu. 20 La cuve fut foulée hors de la ville ; de la cuve il sortit du sang jusqu'aux mors des chevaux, sur un espace de mille six cents stades.

Fouler au pressoir est une activité de jugement impressionnante, un geste exprimant le rejet absolu (Esaïe 63:3, Jérémie 25:30, Lamentations 1:15). Et de la cuve foulée "hors de la ville", symboliquement de Jérusalem, le sang se répand sur toute la longueur de la Terre d’Israël. Il y a en effet mille six cent stades, ou trois cent kilomètre du nord au sud, de Dan à Beer-Sheba. La scène est impressionnante ! Mais quel est celui qui "foulera la cuve" hors de la ville ? Nous le verrons plus loin (19:12-16).
 
La "vendange" est donc un acte de justice. Il est présenté plus largement sous l’image des "Sept coupes du jugement" versées sur le monde, un jugement implacable qui touchera toutes les nations.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 14:01 L'Agneau et les rachetés

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