26/06/2012

15:1 - Les sept coupes


 

Le Jugement d’un monde impie
Apocalypse 15:1-16:21

Dès que l’ange "jeta sa faucille sur la terre" (14:19), une nouvelle scène se présente : Sept anges tenant sept fléaux…

15  1 Alors je vis dans le ciel un autre signe, grand et saisissant : sept anges tenant sept fléaux ; les derniers, car c’est par eux que s’accomplit la colère de Dieu.

Avant que ceux-ci ne se mettent en action, Jean discerne à nouveau les vainqueurs de la Bête, ceux qui auront traversé le temps de l’épreuve en tenant ferme (13:10).

 
Introduction du Jugement – 15:2-8
 
Les fidèles, ceux qui suivent l’Agneau (14:4), sont vus ici associés ici à une "mer de verre mêlée de feu", image de la stabilité de leur position au travers de la "grande tribulation" (14:12). Ils ont vaincu la bête, la puissance séculière qui domine le monde, celle qui a repris vie (13:3) ; ils ont résisté aux pressions du faux-prophète qui installa l’image de la bête (13:15) ; ils n’ont pas accepté d’être marqués par  le nombre  (13:17-18, 14:9). Nous pouvons comprendre combien leur résistance à toutes ces pressions fut éprouvante, en sachant que beaucoup d’entre eux auront connus le martyre en raison de leur foi. En passant, pensons à nombre de chrétiens qui, aujourd’hui, connaissent des circonstances locales comparables, et qui résistent au péril de leur vie. Le monde n’aura pas changé alors, mais alors les pouvoirs mauvais n’auront plus de freins (2 Thessaloniciens 2:6-7).

2 Je vis comme une mer de verre, mêlée de feu, et les vainqueurs de la bête, de son image et du nombre de son nom, debout sur la mer de verre et tenant les harpes de Dieu. 3 Ils chantent le cantique de Moïse, serviteur de Dieu, et le cantique de l'Agneau : Grandes et merveilleuses sont tes œuvres, Seigneur Dieu, Tout-puissant ! Justes et vraies sont tes voies, Roi des nations ! 4 Qui ne te craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom ? Toi seul es saint. En effet, toutes les nations viendront et se prosterneront devant toi, parce que ta justice a été manifestée.

Ceux qui chantent "le cantique nouveau" qu’eux seuls ont pu apprendre, à la gloire de l’Agneau rédempteur digne d’établir son autorité sur le monde (5:9, 14:3), chantent comme Moïse lorsque le peuple fut délivré de la puissance du pharaon (Exode 15:1-19). "Qui est comme toi parmi les dieux, ô Éternel ? Qui est comme toi, magnifique en sainteté, terrible en louanges, opérant des merveilles ?" (Exode 15:11, voir aussi Jérémie 10:7). Le cantique célèbre ainsi, dans la conscience de la délivrance, imminente ou acquise, ce grand fait que les jugements de Dieu, sa justice, sont désormais manifestés.
 
Les sept anges qui tenaient les sept fléaux paraissent maintenant. Ils sortent "du sanctuaire de la tente du témoignage", une allusion au tabernacle du désert. Ils sont vêtus des attributs judiciaires, la robe de lin et la ceinture d’or…

5 Après cela, je regardai. Le sanctuaire de la tente du témoignage fut ouvert dans le ciel. 6 Les sept anges qui tenaient les sept fléaux sortirent du sanctuaire ; ils étaient revêtus d'un lin pur, resplendissant, et ils portaient une ceinture d’or autour de la poitrine. 7 L'un des quatre Vivants donna aux sept anges sept coupes d'or pleines de la colère de Dieu qui vit aux siècles des siècles. 8 Le sanctuaire fut rempli de fumée à cause de la gloire de Dieu et de sa puissance, et personne ne pouvait entrer dans le sanctuaire, jusqu'à ce que les sept fléaux des sept anges aient été achevés.

Les décrets divins viennent du Trône (4:5, 16:17, 19:5), tandis que la puissance est manifestée par les Vivants "pleins d'yeux devant et derrière" (4:6-8). Dès qu’un des Vivants eut confié les coupes aux anges, toute la terre se trouva comme en suspens jusqu’à ce qu’elles furent déversées. La gloire de Dieu se manifeste, mais elle demeure voilée sous une nuée intense, comme il se doit (Exode 13:21-22, 40:34-38, 1 Rois 8:10-12, Esaïe 6:4, Ezéchiel 10:4).

 
Les Sept Coupes – 16:1-21
 
Venant du sanctuaire, l’ordre est lancé de déverser les coupes du jugement, l’une après l’autre.
 
Les quatre premières touchent la population du monde, et en particulier les hommes qui ont  la marque de la bête.  Non plus "le tiers" caractéristique des appels des trompettes (8:7 à 9:18), des avertissements, mais des fléaux qui font peser sur les hommes le résultat de leur soumission ou de leur adhésion à la puissance de destruction. Et se succèdent ces fléaux : des ulcères malins et douloureux, la mer devenant du sang, les fleuves et sources d’eau par la suite, et enfin une chaleur torride par laquelle les hommes sont brûlés.

16  1 J'entendis, venant du sanctuaire, une forte voix qui disait aux sept anges : Allez, répandez sur la terre les sept coupes de la colère de Dieu.

Que penser de ces fléaux bien semblables aux plaies d’Egypte (Exode 7 à 10) ? Il n’est sans doute pas utile aujourd’hui de disséquer ces événements, alors que ceux qui les traverseront connaîtront les faits. Quoiqu’il en soit, la première plaie, un ulcère évoque la sixième plaie d’Egypte (Exode 9:8-12), elle touche "les hommes qui avaient la marque de la bête" (16:2) ; ce sera une atteinte sélective donc, montrant que la recherche de tranquillité, la peur de se trouver exclu des circuits économiques, le manque de courage, "la lâcheté" (21:8) face aux pressions des autorités se tourne en un réel cauchemar, pour ceux qui pensaient avoir trouvé dans la soumission une certaine paix.

2 Le premier partit et répandit sa coupe sur la terre. Un ulcère malain et douloureux vint sur les hommes qui avaient la marque de la bête et qui rendaient hommage à son image.

La mer, cette mer d’où a émergé la Bête qui avait dix cornes et sept têtes  (13:1), devint du sang… La mer des peuples perdit toute espèce de vie, réduite à se laisser aller au gré des circonstances. C’est bien ce que toute civilisation décadente a connu : du pain, des jeux, et l’abandon de tout esprit critique face au pouvoir…

3 Le second répandit sa coupe sur la mer. Celle-ci devint du sang, comme celui d’un mort, et tout ce qui vivait dans la mer mourut.

Ce qui communique la vie, les sources d’eau et les fleuves, ne transmet plus que la mort intellectuelle. Tous les moyens de communications, les media comme nous disons aujourd’hui, ne font qu’annihiler la réflexion des hommes… Ils avaient répandu le sang des saints et des prophètes (13:7, 11:7-11), et ceux-ci ne peuvent être oubliés de Dieu (6:9-11).

4 Le troisième répandit sa coupe sur les fleuves et les sources d’eau ; tout devint sang. 5 J'entendis l'ange des eaux dire : Tu es juste, toi qui es et qui étais, le Saint, puisque tu as jugé ainsi. 6 En effet, ils ont répandu le sang des saints et des prophètes, et tu leur as donné du sang à boire ; ils le méritent. 7 J'entendis l'autel dire : Oui, Seigneur Dieu, Tout-puissant, tes jugements sont vrais et justes !
"L’ange des eaux", figure emblématique s’il en est, comme celui qui veille sur la qualité des eaux au bénéfice des humains voit le domaine qui est sous sa garde atteint par une corruption irrépressible. Il n’y a plus d’eau potable (Exode 7:14-25). Et il déclare combien ce qui se produit est juste, ce en quoi il est relayé par le ciel même. Cette figure explicite l’attention de Dieu sur le monde, afin que celui-ci demeure vivable. Nous trouvons des figures semblables : l’ange "qui a le pouvoir sur le feu" (14:18) ou encore ces quatre anges "debout aux quatre coins de la terre, retenant les quatre vents de la terre" (7:1).

Le soleil, le pouvoir en ce monde, vire au despotisme, fait peser sur les hommes une pression désastreuse, alors qu’ils avaient adhéré pour beaucoup à son gouvernement, et que les autres s’étaient soumis par faiblesse… Pensons aux régimes totalitaires qui ont émergé, dès les temps reculés de l’antiquité et aux jours de la révélation de ce livre, pensons aux folies démagogiques de Néron, mais aussi aux totalitarismes du vingtième siècle et d’aujourd’hui… Les souffrances endurées ne se traduisent alors par des accents de blasphème… Une situation pire encore que ce que nous avons vu plus tôt lors de l’avertissement donné par la sixième trompette (9:20-21). Car les hommes sont sous le coup "d’une séduction d'injustice… parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés. Et à cause de cela, Dieu leur envoie une énergie d'erreur pour qu'ils croient au mensonge, afin que tous ceux-là soient jugés qui n'ont pas cru la vérité, mais qui ont pris plaisir à l'injustice" (2 Thessaloniciens 2:10-12).

8 Le quatrième répandit sa coupe sur le soleil. Il lui fut donné de brûler les hommes par le feu, 9 et les hommes furent brûlés par une chaleur torride. Ils blasphémèrent le nom de Dieu qui a pouvoir sur ces fléaux, et ils ne se repentirent pas pour lui donner gloire.

A la Cinquième Coupe, c’est le trône de la bête lui-même qui est touché, le siège du pouvoir. Les ténèbres morales se répandent sur tout le royaume. Les hommes, refusant de discerner les véritables causes, rendent Dieu lui-même responsable de toutes les douleurs.

10 Le cinquième répandit sa coupe sur le trône de la bête. Son royaume devint ténébres ; de douleur, les gens se mordaient la langue. 11 Ils blasphémèrent le Dieu du ciel à cause de leurs douleurs et de leurs ulcères, et ils ne se repentirent pas de leurs œuvres.

Tous ces événements conduisent le monde dans un chao indescriptible ; les tensions sont telles qu’une grande guerre se déclare, un événement mondial qui trouvera son expression en Terre d’Israël. Pour cela, des émissaires sont envoyés par toute la terre afin de rassembler leurs armées au lieu dit "Vallée de Meggido", un nom bien évocateur de grands conflits, dont le nom déjà parle de rassemblement de foules.
Armagédon, la vallée de Meggido, du hébreu  lieu de rassemblement, dans le territoire de Manassé (Josué 17:11), sur la route menant d’Egypte en Assyrie. C’est un lieu de guerres depuis la plus haute antiquité, depuis la guerre du pharaon Thoutmosis Ier contre des Cananéens (15ème siècle avant notre ère) jusqu’à la première guerre mondiale lorsque la coalition alliée sous le commandement du général britannique Allenby défit en 1918 l’armée Ottomane déforcée par la révolte arabe animée par Lawrence d’Arabie. Salomon y construit une forteresse (1 Rois 9:15). C’est là, en 609 avant notre ère, que mourut Josias, dernier roi fidèle de Juda, lorsqu’il voulut arrêter les armées du Pharaon Neco II en route pour s’attaquer au reste de l’empire assyrien (2 Rois 23:29). Un siècle plus tard, après l’exil, on se souvenait de la grande lamentation qu’engendra ce deuil national (Zacharie 12:11)

Serait-ce la débâcle morale et matérielle suivant la cinquième coupe, le terrible désarroi lors de la chute du pouvoir de la bête, qui produit cette action pour ainsi dire désespérée d’envoyer des ambassades dans nombre de pays, afin de rassembler une armée capable de faire face au danger ? L’esprit du mal qui régente notre monde, représenté sous l’image du dragon (12:3), et ses deux représentants les plus éminents sont unis dans cette entreprise ultime. Et ils réussissent dans cette grande entreprise, leur acheminement se produisant sans nulle entrave… symboliquement les eaux de l’Euphrate sont taries…

12 Le sixième répandit sa coupe sur le grand fleuve, l’Euphrate. L’eau en tarit pour que soit préparée la voie des rois qui viennent de l'Orient. 13 Je vis sortir de la bouche du dragon, de la bouche de la bête et de la bouche du prophète de mensonge, trois esprits immondes semblables à des grenouilles. 14 Ce sont des esprits de démons qui produisent des miracles et qui s'en vont vers les rois de la terre habitée tout entière afin de les rassembler pour le combat du grand jour de Dieu, le Tout-puissant.

Le combat du grand jour de Dieu ! Il n’y a plus de délai, et manifestement plus d’occasion de changer de bord, pour ceux qui se sont laissé entraîner par la bête et par le faux-prophète. Aussi vient ici un avertissement pour les lecteurs, et celui-ci peut être lu par tous bien avant que ce temps des jugements ne soit là, à une date dont personne ne peut avoir connaissance (24:36). Rappelons-nous des paroles déjà entendues dans l’Evangile : "Mais sachez ceci, que si le maître de la maison eût su à quelle veille le voleur devait venir, il eût veillé, et n'eût pas laissé percer sa maison" (Matthieu 24:43). Pierre ajoute : "Or le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; et, dans ce jour-là, les cieux passeront avec un bruit sifflant, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les œuvres qui sont en elles seront brûlées entièrement. Toutes ces choses devant donc se dissoudre, quelles gens devriez-vous être…" (2 Pierre 3:10-11). Pensons aussi à la lettre adressée à Sardes (3:3).

15 Je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille et garde ses vêtements afin de ne pas marcher nu, afin qu’on ne voie pas sa honte.

Cet encart destiné au lecteur étant achevé, le sujet est repris, à savoir le rassemblement d’une armée impressionnante au cœur de la Terre d’Israël.

16 Ils se rassemblèrent au lieu appelé en hébreu Armagédon.

C’est maintenant la fin ! La Septième Coupe de jugement. Rappelons-nous la parole de l’apôtre : "Mais pour ce qui est des temps et des saisons, frères, vous n'avez pas besoin qu'on vous en écrive ; car vous savez vous-mêmes parfaitement que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand ils diront Paix et sûreté, alors une subite destruction viendra sur eux, comme les douleurs sur celle qui est enceinte, et ils n'échapperont point."  (1 Thessaloniciens 5:1-3).
 
Et du sanctuaire vient une voix forte disant : "C’est fait !"  Et ce cri ne peut que nous rappeler le "C’est accompli !" de la Croix (Jean 19:30), la sixième parole prononcée par le Seigneur à Golgotha. Celui-ci souligne l’accomplissement de l’œuvre de la rédemption, tandis qu’ici vient le dernier acte du jugement divin sur le monde. Un bouleversement tel que nul n’en a jamais connu, et de nouveaux blasphèmes, car il tombe sur des personnes incapables de repentir, et qui l’ont prouvé dans tous les avertissements et toutes les épreuves endurées jusque là…

17 Le septième répandit sa coupe dans l'air. Il sortit du sanctuaire une voix forte venant du trône disant : C'est fait ! 18 Et il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres et un grand tremblement de terre tel qu’il n'y en a jamais eu de semblable depuis qu’il y a des hommes sont sur la terre. 19 La grande ville fut divisée en trois parties, les villes des nations tombèrent et la grande Babylone vint en mémoire devant Dieu pour lui donner la coupe du vin de sa colère ardente. 20 Toutes les îles s'enfuirent, et les montagnes ne furent plus trouvées. 21 Une grosse grêle, des grelons de près d’un talent, tomba du ciel sur les hommes ; et les hommes blasphémèrent Dieu à cause du fléau de la grêle, parce que c’était un très grand fléau.

La "grande ville" citée ici est selon toute vraisemblance la seule ville citée jusqu’ici, Jérusalem, où les Deux Témoins auront œuvré, seront morts et auront ressuscité, laquelle est désignée moralement "Sodome et Egypte, où aussi le Seigneur a été crucifié" (11:3,8). Cette ville connaîtra un tremblement de terre destructeur (11:13) et par la suite, lors de la vendange, un carnage tel que nous lisons cette terrible image d’un flot de sang s’écoulant du pressoir et se répandant sur un espace long comme la Terre d’Israël, mille six cents stades (14:20).
 
La ville est divisée en trois parties (16:19). Sans rien pouvoir affirmer, il peut être envisagé dans cette mention des trois parties de la ville, une allusion à la prophétie touchant cette période de la consommation du siècle : " Et il arrivera dans tout le pays, dit l'Éternel, que deux parties y seront retranchées et expireront ; mais un tiers y demeurera de reste. Et le tiers, je l'amènerai dans le feu, et je les affinerai comme on affine l'argent, et je les éprouverai comme on éprouve l'or. Ils invoqueront mon nom, et moi, je leur répondrai ; je dirai : C'est ici mon peuple ; et lui, dira : L'Éternel est mon Dieu."  (Zacharie 13:8-9).
 
Après la mention de Jérusalem, viennent les cités des nations – le désastre est mondial – et enfin la grande Babylone. Celle-ci avait perdu sa puissance, "elle était tombée", donnant occasion à une louange particulière (14:8) car elle avait apporté la corruption parmi toutes les nations de la terre… La mention particulière qui en est faite en montre toute l’importance qu’elle doit avoir pour les auditeurs et lecteurs du livre de l’Apocalypse. Qui est-elle, d’où vient-elle ? Cela fera l’objet d’une explication particulière (17:1-18:24). Mais la mention est faite ici, lors de l’action de la dernière coupe de jugement, car au-delà de sa chute, elle sera au centre de la colère de Dieu, justifiant une mention particulière. Ses méfaits, "sa fornication" (14:8) sont des faits gravissimes, ce qui rejoint la parole de l’apôtre lorsqu’il parlait de l’apostasie qui devait se manifester avant "le Jour du Seigneur" (2 Thessaloniciens 2:1-3) dépeint dans ce livre de l’Apocalypse (6:17).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
ACCEDER
AU SITE

 
 

06:00 Écrit par Eric dans 15:01 Les sept Coupes

Les commentaires sont fermés.