30/06/2012

11:19 - La femme et le dragon


 

Le monde à la veille du jugement
Apocalypse 11:19-14:20

Alors que la septième trompette vient de retentir, la dernière, et que les coupes du jugement de Dieu sont prêtes à être déversées sur la terre, la vision s’interrompt pour que soient présentés au voyant des tableaux importants pour la compréhension de ce qui va arriver, semblablement à ce que nous avons vue avant que ne soit ouvert le Septième Sceau (7:1-17). C’est ici un tryptique où nous trouvons, au premier volet, ce qui régit le monde, c’est-à-dire l’esprit du mal en action, ensuite le renouvellement de l’Alliance et enfin la venue du Messie.

 
La femme et le dragon – 11:19-12:18
 
Le sanctuaire de Dieu est ouvert, l’arche d’alliance apparaît. Ce tableau est d’une importance essentielle car il atteste, dès l’entrée, la permanence du dessein divin en relation avec Israël, le peuple choisi pour être son serviteur sur la terre (Esaïe 41:8, Romains 9:4, 11:28-29). L’arche d’alliance, symbole de l’alliance autrefois disposée dans le Saint des Saints, coffret de bois imputrescible entièrement plaqué d’or et contenant les tables de la loi, avait été emportée par les flammes lorsque le Temple de Salomon fut incendié par les armées de Nabuchodonosor. Jamais retrouvée, elle est vue dans le ciel ; une vision qui atteste que l’alliance n’est pas oubliée de Dieu.

19 Le sanctuaire de Dieu dans le ciel fut ouvert, et l'arche de son alliance apparut dans son sanctuaire. Il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, un tremblement de terre et une grosse grêle.

"Une femme vêtue de soleil…"  Il est bien significatif que ce lien marital de l’Éternel avec son peuple réapparaisse après qu’Israël ait été déclaré "adultère", tant le royaume des dix tribus que, par après, le royaume de Juda (Jérémie 3:8-11). Rien, en effet, ne pouvait altérer le conseil de Dieu. Avant que vienne la rupture de l’alliance, le Messie avait été annoncée : "Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix. À l'accroissement de son empire, et à la paix, il n'y aura pas de fin, sur le trône de David et dans son royaume, pour l'établir et le soutenir en jugement et en justice, dès maintenant et à toujours. Les soins jaloux de l'Éternel des armées accompliront cela."  (Ésaïe 9:5-6). Par la suite, il fut annoncé que le Messie devait être rejeté de la terre : "Après les soixante-deux semaines, le Messie sera retranché et n'aura rien ; et le peuple du prince qui viendra, détruira la ville et le lieu saint, et la fin en sera avec débordement ; et jusqu'à la fin il y aura guerre, un décret de désolations.  (Daniel 9:26). Toutes ces choses sont venues, et "Son enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son trône."  (12:5).
 
La "femme vêtue de soleil" apparait dans la vision comme signe de la restauration de l’alliance, concrétisée déjà par la vision des cent quarante-quatre mille d’Israël, symbole d’une vaste compagnie qui se tournera vers le Christ "à la consommation du présent siècle."  Rétablissement de l’alliance ancienne, ou plutôt "la nouvelle alliance"  annoncée par les prophètes (Jérémie 31:31). Paul y faisait écho lorsqu’il écrivit : "Car si leur réjection est la réconciliation du monde, quelle sera leur réception, sinon la vie d'entre les morts" (Romains 11:15). Et il ajoutait : "Et c'est ainsi que tout Israël sera sauvé, comme il est écrit : Le libérateur viendra de Sion, il détournera de Jacob les impiétés ; et telle sera mon alliance avec eux, lorsque j’ôterai leurs péchés"  (Romains 11:26, Ésaïe 59:20-21, 27:9).   "Tout Israël", comme nous voyons ici "la couronne aux douze étoiles" après avoir lu "de toute tribu d’Israël" (7:4). Nous sommes donc devant la nation d’Israël, présente en ce monde et "un reste de la descendance de la femme", ces fidèles appartenant aux douze tribus d’Israël (7:4, 12:17), conformément à la parole d’Esaïe : "Et il arrivera, en ce jour-là, que le résidu d'Israël et les réchappés de la maison de Jacob ne s'appuieront plus sur celui qui les a frappés ; mais ils s'appuieront sur l'Éternel, le Saint d'Israël, en vérité. Le résidu reviendra, le résidu de Jacob, au Dieu fort ; car ton peuple Israël fût-il comme le sable de la mer, un résidu seulement reviendra ; la consomption décrétée débordera en justice."  (Ésaïe 10:20-22).
 
Le temps annoncé par Ésaïe est venu…

12  1 Un grand signe apparut dans le ciel. Une femme vêtue du soleil, la lune sous ses pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles. 2 Elle était enceinte et criait dans les douleurs et les tourments de l’enfantement. 3 Et un autre signe apparut dans le ciel, un grand dragon rouge-feu qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes ; 4 sa queue entraînaît le tiers des étoiles du ciel, et il les jeta sur la terre. Le dragon se posta devant la femme qui allait enfanter, en vue de dévorer son enfant dès qu’elle aurait enfanté. 5 Elle mit au monde un fils, un enfant mâle qui doit paître toutes les nations avec un sceptre de fer. Son enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son trône. 6 Quant à la femme, elle s'enfuit au désert où Dieu lui avait préparé un lieu pour qu’elle soit nourrie pendant mille deux cent soixante jours.

Mais quel est donc ce dragon rouge-feu  qui s’échine à vouloir dévorer l’enfant ? Ici encore, Esaïe nous vient en aide, lorsqu’il écrit : "En ce jour-là, le Seigneur fera rendre des comptes, avec son épée acérée, grande et puissante, à Léviathan, le serpent fuyard, à Léviathan, le serpent tortueux ; et Il tuera le dragon qui est dans la mer"  (Esaïe 27:1).
Léviathan, le dragon qui est dans la mer. Cet être mystérieux des récits mythiques de la région de Canaan désigne un monstre marin à sept têtes. Le dragon Léviathan est notamment mentionné dans la littérature d’Ougarit, nation antique sur la côte méditerranéenne orientale, face à Chypre, un royaume araméen dont l’apogée se situe au XIIIème siècle avant notre ère. Autres mentions de Léviathan en Job 3.8 et 40.20 ainsi qu’aux Psaumes 74 et 104.

Sous cette apparence du dragon, nous pouvons discerner tout ce qui, au monde, s’oppose à la foi, à l’attachement à Dieu. Nous trouvons cette réalité du monde dans son caractère de puissance, "le dragon", mais aussi de ruse pernicieuse, "le serpent ancien" (Genèse 3:1-14, Nombres 21:6-9), "le diable et le satan", traduction du terme hébreu pour "l’accusateur".
"L’accusateur."  Souvent traduit "Satan", ce terme est en fait un nom commun qui s’exprime comme "le satan", un adversaire. Les occurrences dans la Bible hébraïque sont les suivantes : 
• Nombres 22:22,32. L’Ange du Seigneur, adversaire de Balaam.
• 1 Samuel 29:4, 2 Samuel 19:22, 1 Rois 5:4, 11:14,23,25, Psaume 109:6. Des ennemis, personnes ou nations, qui font la guerre à Israël ou au fidèle.
• 1 Chroniques 21:1. Le seul passage où terme "le satan" est utilisé dans le sens d’une puissance qui induit à mal faire ; mais le passage parallèle, et plus ancien, de 2 Samuel 24:1, indique que la tentation de faire un dénombrement vient de l’Éternel lui-même, ce qui exclut l’idée d’un être démoniaque particulier.
• Zacharie 3:1-2 ainsi que Job 1:6-12 et 2:1-7. Le terme y est utilisé dans le sens de l’accusateur public dans une cour de justice. Remarquons que tout au long du livre de Job, un doute est émis par les interlocuteurs de Job ; mais à la fin ils ont tous la bouche fermée et sont poussés à se rendre auprès de Job pour constater que "L'Éternel tint Job pour agréable" (Job 42:9).
 
"Le serpent", dans la Bible hébraïque. Substantif qui dérive d’un verbe exprimant la pratique de la divination (Lévitique 19:26, 1 Rois 20:33, 2 Rois 17:17, 21:6). Le nom lui-même évoque le pouvoir de séduction (Genèse 1:3). L’apôtre exploite d’ailleurs cette image de la séduction d’Eve pour parler du danger de laisser la corruption s’introduire dans les pensées, et ceci sans introduire de puissance extérieure à l’homme (2 Corinthiens 11:3).

Remarquons que c’est sous une forme proche d’une parabole que "le diable" est présenté tout au long des Evangiles comme une puissance effective, agissant de l’extérieur pour conduire l’homme dans un chemin réprouvé ; un être malfaisant et intrigant, séducteur. Et dans cette ligne, vient alors l’image du combat mené par Michaël, le champion au service du peuple de Dieu.
A propos de Michaël. Une vision antérieure nous ouvre un regard sur un autre combat, lorsque l’archange combattit auprès du roi de Perse : "le chef du royaume de Perse m'a résisté vingt et un jours, et voici, Michaël, un des premiers chefs, vint à mon secours : et je restai là, auprès des rois de Perse." (Daniel 10:13)
 
Dans l’épître de Jude, nous trouvons une autre mention de Michaël : "Mais Michaël l’archange, quand, discutant avec le diable, il contestait touchant le corps de Moïse, n’osa pas proférer de jugement injurieux contre lui ; mais il dit : Que le Seigneur te censure !"  (Jude 9). La sépulture de Moïse n’est pas connue, ainsi que nous le lisons  (Deutéronome 34:6). L’assertion faite ici par Jude est assurément induite par une tradition juive non biblique connue en ce premier siècle de la chrétienté. Jude évoque manifestement cette tradition juive non comme article de foi, mais comme enseignement à l’égard de ceux qui s’écartent de la vérité pour introduire leurs propres pensées.
 
La fin du livre de Daniel doit être lue avec attention, car il y est parlé des temps de la fin : "Et en ce temps-là se lèvera Michaël, le grand chef, qui tient pour les fils de ton peuple ; et ce sera un temps de détresse tel, qu'il n'y en a pas eu depuis qu'il existe une nation jusqu'à ce temps-là. Et en ce temps-là ton peuple sera délivré : quiconque sera trouvé écrit dans le livre. Et plusieurs qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l'opprobre, pour être un objet d'horreur éternelle. Et les sages brilleront comme la splendeur de l'étendue, et ceux qui ont enseigné la justice à la multitude, comme les étoiles, à toujours et à perpétuité. Et toi, Daniel, cache les paroles et scelle le livre jusqu'au temps de la fin. Plusieurs courront çà et là ; et la connaissance sera augmentée." (Daniel 12:1-4).

Le combat de Michaël face au satan paraît bien l’expression non de personnalités qui s’affrontent, mais d’une vue du  bien qui s’oppose au  mal. Une clarification sur la terre, une séparation entre les tenants de ce qui est droit devant Dieu d’une part et les hommes qui se complaisent dans l’injustice de l’autre  (22:11). Un conflit ouvert tel que les hommes des deux bords ne peuvent plus faire même quelques pas ensemble, contrairement à ce qui se passe depuis que le monde est monde. Cette forme de clarification produit au ciel une louange d’une rare puissance.

7 Il y eut un combat dans le ciel. Michaël et ses anges combattirent le dragon. 8 Et le dragon combattit, lui et ses anges, mais il ne fut pas le plus fort, et il ne se trouva plus de place pour eux dans le ciel. 9 Il fut jeté en bas, le grand dragon, le serpent ancien, celui qui est appelé le diable et le satan, celui qui égare la terre habitée tout entière ; il fut précipité sur la terre, et ses anges avec lui. 10 Alors j’entendis dans le ciel une voix forte qui disait : Maintenant sont venus le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, et le pouvoir de son Christ ; car l'accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit, a été précipité. 11 Mais eux l’ont vaincu à cause du sang de l'Agneau et à cause de la parole de leur témoignage ; ils n'ont pas aimé leur vie, même face à la mort. 12 Aussi, réjouissez-vous, cieux, et vous qui y avez votre demeure. Mais quel malheur pour vous, terre et mer, car le diable est descendu vers vous en grande fureur, sachant qu'il a peu de temps.
 
13 Quand le dragon vit qu'il avait été précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait enfanté l’enfant mâle. 14 Alors les deux ailes du grand aigle furent données à la femme, afin qu'elle s'envole au désert, vers ce lieu où elle devait être nourrie un temps, des temps et la moitié d'un temps, loin du serpent. 15 De sa bouche, le serpent vomit de l'eau comme un fleuve après la femme, pour que le fleuve l’emporte. 16 Mais la terre secourut la femme ; elle ouvrit sa bouche et engloutit le fleuve que le dragon avait vomit de sa bouche. 17 Etant en colère contre la femme, le dragon s'en alla faire la guerre au reste de la descendance de la femme, à ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui portent le témoignage de Jésus.

Le combat mystique de Michaël contre le serpent, et donc en pratique la séparation des témoins de Dieu d’avec les hommes qui mènent le monde, produit la colère et la soif de vengeance. "L’enfant mâle" demeure sans qu’il put lui être fait aucun mal, "la femme" subsiste toujours en ceux qui sont nommé ici "le reste de la descendance de la femme" (12:17, Ésaïe 10:20-22). La persécution fait rage, mais le temps de ce drame est déterminé, "mille deux cent soixante jours" (11:3, 12:6), ou, autrement exprimé, "un temps, des temps et la moitié d'un temps" (12:14, Daniel 12:7) ou encore "quarante-deux mois" (11:2, 13:5).

La même durée est mentionnée en années (des temps), en mois puis en jours. Sans prétendre fournir d’explication à ce que nous pouvons appeler des variantes, reprenons-les dans l’ordre où elles paraissent au livre de l’Apocalypse :
• "Quarante-deux mois." C’est le temps durant lequel les nations foulent la cité sainte (11:2), et durant lequel  la bête montée de la mer, ayant dix cornes et sept têtes, profère des paroles arrogantes et des blasphèmes  (13:5).
• "Mille deux cent soixante jours", le temps de la puissance des deux témoins parlant en prophètes, vêtus de sacs (11:3), tandis que la femme ayant donné naissance à l’enfant mâle est gardée en un lieu désert, à l’abri (12:6).
• Un temps, des temps et la moitié d'un temps  est donné pour la même scène, la femme gardée et nourrie dans un désert, loin du serpent  (12:14). Jusqu’à l’achèvement de toutes choses, comme il est écrit dans la vision du livre de Daniel (Daniel 12:7)

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 11:19 La Femme et le Dragon

29/06/2012

13:1 - La bête et le faux prophète


 

La bête et le faux prophète – 13:1-18
 
Après ce regard porté sur les cieux ouverts, et l’arche de l’alliance qui réapparut, le voyant se tient "sur le sable de la mer", la plage d’où il considère l’immensité des eaux, la mer des peuples. Une "bête effrayante" va surgir devant lui, tandis qu’une autre montera de la terre, "parlant comme un dragon." Un tableau saisissant de ce que l’humanité manifestera de plus fort à la "consommation du siècle" (Matthieu 24 :3). Que sont ces bêtes ? Des explications seront données plus loin dans le livre (17:1-8), mais, pour la compréhension des événements qui doivent venir sur le monde, savoir les Sept Coupes de jugement, ce qui est donné ici est suffisant.

 
Une bête montant de la mer – 13:1-10

Le "dragon" précipité du ciel, expression du mal répandu sur la terre, donne sa puissance à une "bête" effrayante, un être bien vivant, mais sans aucune référence à Celui qui donne le vie ! "Sept têtes et dix cornes" pour le dragon, "Dix cornes et sept têtes" pour la bête ! La relation est étroite entre ces deux figures. Le  mal sur la terre est puissant, mais avant tout il séduit, œuvre de l’esprit illustrée par les sept têtes citées en premier pour le dragon ; tandis que les cornes sont citées en premier pour la "bête", car il s’agira d’une puissance temporelle qui sera admirée par de grandes foules (13:2). Quelle est cette puissance qui émergera ainsi et assoira son autorité maléfique sur les peuples ?

13  1 Alors je me tins sur le sable de la mer et je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes ; sur ses cornes il y avait dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. 2 La bête que je vis était semblable à un léopard, ses pattes comme celles d'un ours et sa bouche comme la bouche d'un lion. Le dragon lui donna sa puissance, son trône et un grand pouvoir. 3 Et je vis l'une de ses têtes comme frappée à mort, mais sa blessure avait été guérie.
 
   Tout la terre était dans l'admiration de la bête.
4 On rendit hommage au dragon parce qu'il avait donné le pouvoir à la bête, et on rendit hommage à la bête en disant : Qui est semblable à la bête et qui peut lui faire la guerre ?
 
5 Il lui fut donné une bouche qui proférait des paroles arrogantes et des blasphèmes et elle reçut le pouvoir d'agir pendant quarante-deux mois. 6 Et elle ouvrit la bouche pour proférer des blasphèmes contre Dieu, pour calomnier son nom, sa demeure et ceux qui ont leur demeure au ciel.

Nous nous trouvons directement en phase avec une prophétie du Livre de Daniel (Daniel 7:3-8). Il s’y trouve la vision de quatre bêtes, des puissances impériales successives, telles que vues aussi dans la "Statue aux pieds d’argile" (Daniel 2:31-35). Nous constatons ici que les caractères de la puissance de la "bête" rassemblent les attributs des trois premiers empires : lion, ours et léopard (13:2, Daniel 7:4,5,6). Mais, dira-t-on, ces quatre empires sont passés maintenant, même que la vision eût lieu dans le cours du quatrième d’entre eux ! Objection rejetée, répondra-t-on, car il s’agit ici explicitement d’une forme de restauration ; "frappé à mort", certes, mais "la blessure avait été guérie" (13:3). Soulignons qu’il s’agit ici de filiation morale, de l’esprit qui se manifestera… Tous les habitants de la terre lui rendent hommage… Et cela peut se comprendre, au vu de l’autorité retrouvée après le désordre dans lequel se trouvait le monde lorsque le Sixième Sceau fut ouvert : "le soleil devint noir comme un sac de crin, la lune devint tout entière comme du sang, et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre…"  (6:12-13).

7 Il lui fut donné de faire la guerre aux saints et de les vaincre. Le pouvoir lui fut donné sur toute tribu, peuple, langue et nation ; 8 tous les habitants de la terre, ceux dont le nom n'a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l'Agneau immolé, lui rendront hommage.
 
9 Si quelqu'un a des oreilles, qu'il entende ! 10 Si quelqu'un mène en captivité, il ira en captivité ; si quelqu'un tue avec l'épée, il faut qu'il soit tué par l'épée. C'est ici la persévérance et la foi des saints.

Cette bête prononce des paroles arrogantes et des blasphèmes, de grandes choses est-il écrit (13:5, Daniel 7:8,20). Et elle "fit la guerre contre les saints, et prévalut contre eux" (Daniel 7:21), à ceux donc qui sont moralement séparés de cette puissance qui les poursuivra, faute de pouvoir faire la guerre à Dieu lui-même. Ceci fournit un éclairage complémentaire à ce que nous avions lu plus tôt à propos des martyrs de cette période vus devant le trône de Dieu : "Ceux-ci, vêtus de longues robes blanches, qui sont-ils et d'où viennent-ils ? … Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation. Ils ont lavé leur robe, ils l’ont blanchie dans le sang de l'Agneau" (7:13-14).
 
"Si quelqu'un a des oreilles !" Un avertissement, autre que ceux aux assemblées d’Asie, mais introduit de la même manière (2:7…). Pour les hommes, alors, il n’y aura qu’un chemin, écouter la parole, la recevoir en vérité, et attendre la fin de cette période effroyable, dans la confiance que ce temps d’épreuve est mesuré, un délai est fixé. "Il y aura une grande tribulation, telle qu'il n'y en a point eu depuis le commencement du monde jusqu'à maintenant, et qu'il n'y en aura jamais. Et si ces jours-là n'eussent été abrégés, nulle chair n'eût été sauvée ; mais, à cause des élus, ces jours-là seront abrégés." (Matthieu 24:21-22).

 
La bête qui parle comme un dragon – 13:11-18

L’apparence d’un agneau, un langage de dragon... Toute l’apparence d’un faux-prophète se faisant passer pour le Messie, l’Agneau de Dieu (Matthieu 7:15,22, 24:11,24) ! Un humain qui développe de façon éhontée le culte de la personnalité, comme l’histoire en a montré en diverses occasions, pour que soient adulés comme des dieux les tyrans de tous bords ; des êtres qui ont généré à leur égard une dévotion quasi religieuse, alors qu’ils incarnèrent des projets politiques odieux.
 
Quel est-il, ce faux-prophète qui monte de la terre (16:13, 19:20, 20:10) ? Et de quelle terre est-il ici question ? Est-ce la terre d’Israël ou plus directement l’empire établi par la première bête qui a donné une nouvelle stabilité au monde après les désordres illustrés par la  mer d’où elle a émergé, image du monde qui était devenu ingouvernable (6:12-13) ? Et que peuvent être ces prodiges qu’elle manifeste ? Elle imite manifestement les prodiges des Deux Témoins nantis de la puissance d’Elie (11:5, 1 Rois 18:38 ; 2 Rois 1:10).

11 Alors je vis monter de la terre une autre bête. Elle avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et elle parlait comme un dragon. 12 Elle exerce tout le pouvoir de la première bête devant elle et elle fait que la terre et ses habitants rendent hommage à la première bête dont la blessure avait été guérie. 13 Elle produit de grands miracles, jusqu’à faire descendre le feu du ciel sur la terre à la vue des hommes. 14 Elle égare les habitants de la terre par les miracles qu'il lui fut donné de produire devant la bête, disant aux habitants de la terre de faire une image à la bête qui a été blessée par l'épée et qui a repris vie.

L’hommage à rendre à la Première Bête ! Nous retrouvons la statue d’or de Nabuchodonosor, et la menace pesant sur quiconque ne se prosternerait pas devant elle (Daniel 3:1-7). Mais Jean connaît combien le culte de l’empereur est suivi dans tout l’Empire… Ici, les manifestations sont plus impressionnantes : la statue est animée, et même elle parle.

15 Il lui fut donné d’animer l'image de la bête de telle sorte que l'image de la bête parle ; et tous ceux qui ne se prosterneraient pas devant l'image de la bête devaient être mis à mort.

Les croyants savaient que des prophètes se manifesteraient "en habits de brebis" (Matthieu 7:15), et ils furent nombreux depuis cette parole et encore de nos jours, mais ici il s’agit d’une personne particulière qui dépassera les succès des faux-prophètes qui l’auront précédé, et cela aussi est connu des disciples. Jean n’écrivait-il pas : "Mes enfants, c'est la dernière heure; vous avez entendu dire qu'un antichrist vient… Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Le voilà, l'antichrist, celui qui renie le Père et le Fils." (1 Jean 2:18,22). Ils ont lu cette lettre de Paul, où il leur parle de "l’homme sans-lois, le fils de perdition, qui s’élève au-dessus de tout ce qui est appelé dieu, de tout ce qu’on vénère et qui va jusqu’à s’asseoir dans le sanctuaire de Dieu et à se présenter lui-même comme étant Dieu… l’homme sans-lois que le seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, qu’il réduira à rien par l'apparition de sa présence, l'inique dont la présence reflétera l’opération de l’adversaire en toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et en toutes tromperies d’injustice pour ceux qui vont à leur perte, parce qu’ils n’ont pas accepté l’amour de la vérité pour être sauvés" (2 Thessaloniciens 2:3,8-10).

Que sera ce  sanctuaire  au temps de l’apostasie lors de la consommation du siècle ? Lorsque Paul écrivait, le temple à Jérusalem existait encore, certes, mais non plus lors de la vision de Jean. Sera-t-il dès lors reconstruit ? Quelques commentateurs le pensent, mais non pas tous. La question est assez déterminante pour la compréhension de cette page du livre, car la pensée d’un faux-prophète à Jérusalem pourrait conduire à restreindre son champ d’action à la nation juive, tandis que de considérer le sanctuaire de Dieu au sens plus général soulignerait l’idée d’un assujettissement du monde entier. Il s’agit de comprendre aussi ce qu’est la terre d’où le faux-prophète monte : l’empire restauré sous la houlette de la première bête ou la terre d’Israël vue ici en contraste avec  la mer des peuples.
 
Lisant Zacharie, nous comprenons qu’un état juif existera bien à la fin, et se placera sans réserve (Esaïe 57:1-13) sous la férule d’un mauvais berger : "Car voici, je suscite un berger dans le pays, qui ne visitera pas ce qui va périr, qui ne cherchera pas ce qui est dispersé, qui ne pansera pas ce qui est blessé, et ne nourrira pas ce qui est en bon état ; mais il mangera la chair de ce qui est gras, et rompra la corne de leurs pieds. Malheur au pasteur de néant qui abandonne le troupeau ! L'épée tombera sur son bras et sur son œil droit. Son bras sera entièrement desséché, et son œil droit sera entièrement obscurci."  (Zacharie 11:16-17).

L’humanité aura vu, alors, les Deux Témoins, et pourra assurément comprendre ce qui arrive, à savoir la parole du "faux-prophète", un homme qui sera réputé providentiel, et la reprise en main politique par la "bête" qui reproduira, en quelque sorte, la "Pax Romana" après des temps de bouleversement pour un monde ingouvernable,
 
En ce temps, l’assujettissement économique sera absolu. Une marque sur la main droite ou sur le front, les uns se soumettant, sans plus, tandis que d’autres adhéreront en pensée à ce courant ; l’antithèse de ceux qui ont "le nom de l’Agneau et de son Père écrits sur le front" (14:1), ce signe d’une relation vraie avec Dieu, comme il en fut du "tau" marquant les fidèles avant la destruction de Jérusalem (Ezéchiel 9:4). Il faudra alors une détermination exceptionnelle, une foi inébranlable, pour ne pas se soumettre, car la refuser, ce sera s’exclure des circuits commerciaux…

16 Elle fait qu'on impose à tous, petits et grands, riches et pauvres, hommes libres et esclaves, une marque sur la main droite ou sur le front, 17 et que personne ne puisse acheter ou vendre, à moins qu’il n’ait la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom.

Suit une énigme sur laquelle tant de personnes se sont interrogées, et qui en est venu à une quête mythique bien vaine aujourd’hui, car il sera évident alors…

18 Ici est la sagesse. Que celui qui a de l'intelligence calcule le nombre de la bête, car c'est un nombre d'homme ; son nombre est six cent soixante-six.

Ce nombre est  un nombre d’homme et, selon plusieurs, le nombre d’un homme, selon que l’on pouvait l’établir en comptabilisant les valeurs numériques de son nom. Le décodage de cette énigme a généré une bonne centaine de solutions…

Parmi les commentateurs sérieux, plusieurs s’attachent au décompte des lettres grecques du mot "LATEINOS", d’autres pensent au décompte des lettres hébraïque de "ROMIITH",  Royaume romain, et encore, toujours suivant le décompte en hébreu de Néron César, "NRWN QSR". Le premier de ces trois décodages était notamment présenté par Irénée de Lyon, dans les dernières années du deuxième siècle de notre ère, et il faut comprendre que pour ce chrétien d’entre les nations, le décompte des lettres d’une appellation grecque ait été considéré. Les deux autres décodages tendent à mettre en avant la résurgence d’une entité juive en Judée, "à la consommation du siècle." Rappelons-nous que les Deux Témoins y opèrent un temps (11:1-13). La dernière, faisant mention de Néron décédé à l’époque de la vision de Jean, pourrait mettre en avant ce sinistre empereur comme la représentation la plus forte du cynisme de la "première bête", avec ceci en plus que la forme de son suicide, il s’est tranché la gorge le 9 juin 68, s’apparente avec ceci : "la bête qui a la plaie de l'épée et qui a repris vie" (13:14). Mais ce  nombre  peut revêtir une toute autre signification, et ceux qui traverseront ce temps d’épreuve, "la grande tribulation", ne s’y tromperont pas.

Mais il faut surtout ne pas perdre de vue ce que cela représentera comme difficulté pour les croyants qui auront à refuser cette marque, et à résister au "culte de la personnalité" induit par le faux-prophète, des pressions quasi idolâtres. Nous pouvons comprendre pourquoi la durée de cette période est si souvent rappelée, mille deux cent soixante jours, car la mention de ce délai pourra être un soutien pour les fidèles ; ils pourront décompter les jours… Mais combien sera-t-il difficile d’éviter qu’un doute s’insinue, et qu’un questionnement s’introduise : le temps mentionné est-il absolu ou symbolique ? Les fidèles seront confortés par le troisième volet de ce tryptique.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 13:01 La Bête et le faux prophète

28/06/2012

14:1 - L'Agneau et les rachetés


 

L'Agneau et les rachetés – 14:1-5
 
Les rachetés sur la terre, une nouvelle complétude symbolique, cent quarante-quatre milliers, non plus du seul peuple d’Israël (7:4-8), mais "de toutes nations, tribus, peuples et langues" ; et plusieurs vont connaître le martyre (7:9-12). Ils se tiennent sur la "montagne de Sion", symbole majeur de la marche avec le Seigneur comme il en est aussi aujourd’hui : "Vous êtes venus à la montagne de Sion ; et à la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste ; et à des myriades d'anges, l'assemblée universelle ; et à l'assemblée des premiers-nés écrits dans les cieux ; et à Dieu, juge de tous ; et aux esprits des justes consommés ; et à Jésus, médiateur d'une nouvelle alliance…" (Hébreux 12:22-24).
 
Le "cantique nouveau" est chanté au ciel (5:9), relayé sur la terre par les fidèles attachés au Seigneur, car ils sont des rachetés.

14  1 Je vis l'Agneau se tenant sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre milliers qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur leur front. 2 J’entendis du ciel une voix, comme le bruit de grandes eaux, comme le bruit d’un fort tonnerre ; ce son que j'entendis était comme celui de joueurs de harpe jouant de leurs instruments. 3 Ils chantent un cantique nouveau devant le trône et devant les quatre Vivants et les anciens. Personne ne pouvait apprendre ce cantique, sinon les cent quarante-quatre milliers qui ont été achetés de la terre. 4 Ce sont ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes, ils sont vierges ; ils suivent l'Agneau où qu'il aille. Ils ont été achetés d'entre les hommes comme prémices pour Dieu et pour l'Agneau, 5 et dans leur bouche, il ne s’est pas trouvé de mensonge ; ils sont irréprochables.

Dans la conscience de leur rédemption (Tite 2:14, 1 Pierre 1:18), ces fidèles ont leurs pensées tournées résolument vers le Seigneur ; c’est ainsi que nous pouvons comprendre cette "marque au front", laquelle n’est pas à proprement parler un sceau apposé mais l’expression de la détermination de leur foi. Dans cette confiance, ils se montrent fidèles : ils se gardent de la souillure de l’impiété, posant résolument leurs pas dans le chemin du Seigneur, "ils suivent l’Agneau où qu’il aille" (Matthieu 16:24).

L’assertion "ils ne se sont pas souillés avec des femmes" doit être lue en référence avec l’image commune dans l’Ecriture de la fornication relativement à Dieu (Nombres 25:1 et 1 Corinthiens 10:1-8), laquelle ne représente pas l’impiété, l’absence de morale (Ezéchiel 16:26, Osée 4:18, 5:3) – quoique ces choses aillent souvent de paire. Chacun aura compris le contraste avec "Babylone la Grande" dont la faute essentielle est fornication relativement à Dieu (14:8, 17:4, 19:2).

Tous ces fidèles qui traverseront ainsi la "grande tribulation", suivent ainsi leur Seigneur (Esaïe 53:10-12 ; Ephésiens 5:25-27) et sont véritablement les prémices du Royaume (Jacques 1:18) qui est en passe d’être érigé sous "le sceptre de droiture" (Psaume 45:6) de celui dont le nom sera "Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix" (Ésaïe 9:5).
 
Ils sont  irréprochables !  "Le résidu d'Israël ne pratiquera pas l'iniquité, et ne dira pas de mensonge, et une langue trompeuse ne se trouvera pas dans leur bouche ; car ils paîtront et se coucheront, et il n'y aura personne qui les effraye"  (Sophonie 3:13). La conscience de la grâce et l’engagement de la vertu se rencontrent, comme le célèbre le Psalmiste : "Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée, dont le péché est couvert ! Bienheureux l'homme à qui l'Éternel ne compte pas l'iniquité, et dans l'esprit duquel il n'y a point de fraude"  (Psaume 32:1-2).
 
Rappelons-nous que cette fidélité annoncée sera vécue au prix de grandes souffrances, et que nombre de fidèles connaîtront le martyre. En ce temps là, il ne paraît plus de demi-mesures ; soit on marche avec l’Agneau, soit on est lié à la Bête et son acolyte, le faux-prophète, ces puissances de méchanceté et de blasphème qui auront séduit le grand nombre. Une fidélité telle que tôt dans la vision, avant que cette période ne soit déployée dans la vision de ce livre, elle a été soulignée : "Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation. Ils ont lavé leur robe, ils l’ont blanchie dans le sang de l'Agneau" (7:14).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 14:01 L'Agneau et les rachetés

27/06/2012

14:6 - La moisson et la vendange


 

La Moisson et la Vendange
Apocalypse 14:6-20

Le "Septième ange" vient de sonner de la trompette. Des voix se sont fait entendre proclamant qu’est venu "Le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ" (11:15). Si le regard de Jean a été porté sur l’état du monde présenté en un tryptique (11:29-14:5), c’est afin de pouvoir comprendre le cours des événements annoncés. Celui-ci reprend donc ici par l’apparition d’un autre ange, avant qu’en paraissent d’autres encore (14:6-20) ; ils sont porteurs des jugements. C’est alors "la grande tribulation" qui précède le règne (7:14, Matthieu 24:21,29).

 
L’évangile éternel – 14:6-13
 
Trois anges vont se succéder. Le premier d’entre eux porte "l’évangile éternel", et nous pouvons reconnaître là une bonne nouvelle pour tout homme, hors de toute alliance, à savoir l’expression du dessein de Dieu pour tout homme, le propos fondamental du Créateur. Le second ange se réjouit de la chute de Babylone la Grande, dont c’est la première mention ici ; remarquons qu’il s’agit de sa chute – en fait, un événement politique – et non pas encore de son jugement par Dieu lui-même (16:19). Le troisième ange proclame l’imminence du jugement, mettant en contraste les deux corporations sur la terre : ceux qui se sont soumis à la bête et au faux-prophète, recevant la marque sur le front ou la main (13:16) et ceux qui marchent avec l’Agneau (14:1).

6 Je vis un autre ange qui volait au milieu du ciel ; il avait l’évangile éternel à annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, tribu, langue et peuple. 7 Il disait à haute voix : Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue ; et prosternez vous devant celui qui a fait le ciel, la terre, la mer et les sources d'eau.

L’évangile éternel. Reprenons les premières pages de la Bible. La responsabilité sur tout ce qui se meut sur la terre est confiée à l’administration de l’être humain, "Faisons l'être humain (Adam) à notre image, selon notre ressemblance…"  (Genèse 1:26), et les lois qui régissent son autorité sont données à Noé, autre figure mythique d’un enseignement essentiellement moral, notamment pas cette parole : "Qui aura versé le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé ; car à l'image de Dieu, il a fait l'homme." (Genèse 9:6). Et vient alors cette parole : "Quoi, Dieu a dit… ?" (Genèse 3:1). Ainsi voyons-nous comment la gestion du monde, confiée par Dieu à l’homme créé libre et responsable, s’est tournée en manifestations d’indépendance, voire d’insoumission. Mais il est une bonne nouvelle. L’évangile éternel n’est-il pas cette bonne nouvelle du pardon accordé gratuitement ! Voyons cette parole, encore dans les premières pages de la Genèse : "Si tu fais bien, ne seras-tu pas agréé ? Et si tu ne fais pas bien, le (sacrifice pour le) péché est couché à la porte"  (Genèse 4:7). Pierre atteste que le projet de la rédemption précède l’histoire de l’humanité, il est antérieur à la création elle-même : "Christ… un agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde…" (1 Pierre 1:19-20).
 
"Cet évangile du royaume sera prêché sur la terre habitée tout entière, en témoignage à toutes les nations ; et alors viendra la fin" (Matthieu 24:14). Cette annonce de l’ange est donc un dernier appel aux hommes sur la terre, une bonne nouvelle en vérité car il atteste qu’il y a encore une voie de salut ; mais il est temps de choisir. Et le choix est difficile tant est forte la pression du faux-prophète et l’opprobre attendue pour ceux qui ne portent pas l’image de la bête sur leur front ou sur leur main.
 
Un deuxième ange. Nous trouvons pour la première fois mentionnée "Babylone la Grande".  L’image est tirée de l’orgueil de Nabuchodonosor citant la ville qu’il a rendu grandiose en vue d’étaler "la gloire de sa magnificence" (Daniel 4:30). Sa chute, sujet de réjouissance de l’ange, n’est pas encore le jugement divin, mais la perte de sa puissance de séduction. Elle se trouve brutalement privée de ses appuis politiques…

8 Suivit un autre ange, un deuxième, qui disait : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, elle qui a fait boire à toutes les nations du vin de la fureur de sa prostitution.

Quelle est-elle, cette cité magnifique, emblème de la prostitution spirituelle, séductrice des nations au point d’être célébrée comme lumière du monde ? Il faudra attendre quelques pages encore avant de discerner avec plus de clarté la réponse à cette question. Toutefois nous pouvons comprendre, par les prophètes, ce que signifie la prostitution. N’est-elle pas de prétendre parler, enseigner, conduire les hommes vers Dieu en les menant en réalité sur des voies d’égarement ? Voyons les "prostitutions de Jésabel" et "de la maison d’Achab", son mari (2 Rois 9:22, 2 Chroniques 21:13). Et encore cette parole du prophète : "Et l'Éternel me dit dans les jours du roi Josias : As-tu vu ce qu'a fait Israël, l'infidèle ? Elle s'en est allée sur toute haute montagne et sous tout arbre vert, et elle s'y est prostituée." (Jérémie 3:6). Du vin de Babylone la Grande, toutes les nations en auront bu !
 
Le troisième ange. Ce n’est plus l’annonce de la bonne nouvelle. Les hommes paraissent s’être positionnés, la marque sur le font ou sur la main est établie (13:4), autrement dit l’adhésion ou la soumission à cet esprit du mal qui gouvernera le monde. Cette adhésion portera sa propre récompense, un jugement dont l’image est bien connue (Genèse 19:24, Psaume 11:6).

9 Un autre ange, un troisième, suivit ceux-là. Il disait d’une forte voix : Si quelqu'un rend hommage à la bête et à son image, et reçoit une marque sur le front ou sur ma main, 10 il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère ; et il sera tourmenté dans le feu et le soufre devant les saints anges et devant l'Agneau. 11 La fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles. Ils n'ont aucun repos ni le jour ni la nuit, ceux qui rendent hommage à la bête et à son image, et quiconque reçoit la marque de son nom. 12 C’est ici la persévérance des saints, ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus.

Ceux qui gardent la foi sont soutenus par cette confiance en l’issue du choix de vie qu’ils ont fait, et la vision de l’avenir effroyable de ceux qui se sont laissé manipuler par les paroles du faux-prophète (Jérémie 25:15-16 ; Esaïe 51:17 ; Psaume 75:8).
 
Deux actes vont être accompli incessamment. Il sera procédé à "la moisson" d’abord et "la vendange" ensuite. Et nous comprenons que nous approchons de la fin de cette terrible période appelée "la grande tribulation", durant laquelle la Bête exercera un pouvoir étroit sur les âmes, sur les vies.
 
Avant ces événements, Jean est appelé à écrire à propos du repos prochain de ceux qui "meurent dans le Seigneur", que ce soit de mort naturelle ou en traversant le martyre. Un écho à la proclamation : "ta colère est venue, ainsi que le temps de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, petits et grands, et de détruire ceux qui corrompent la terre" (11:18). Et en ce jour, leur œuvre de foi, leur travail d'amour, et leur patience d'espérance (1 Thessaloniciens 1:3) feront place au repos dans la présence même du Seigneur, car loin de se soumettre aux pressions terribles de ces temps, ils auront mis toute leur énergie, tout le courage, à suivre le chemin qui s’impose à eux, la foi en l’Agneau de Dieu.

13 J’entendis une voix venant du ciel, me disant Écris : Heureux, dès maintenant,  les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l'Esprit, qu'ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent.

Une voix vient du ciel, comme nous l’avons lu déjà en plusieurs circonstances, et qu’il s’en trouvera encore (10:4,8, 12:10, 14:2,13, 18:4, 21:3). Sept fois, comme il y a sept sceaux, sept trompettes et encore sept coupes.

 
La moisson – 14:14-16
 
"Quelqu’un qui ressemblait au Fils de l’homme." Nous le voyons ici portant une  couronne d’or  (14:14) et tous les signes de l’autorité, selon cette parole de l’Evangile : "Il lui a donné autorité de juger aussi, parce qu'il est fils de l'homme" (Jean 5:27). Celui qui est venu en ce monde manifester une vie d’homme parfait et recevoir à ce titre l’autorité sur le monde, ainsi que nous lisons : "… quant au Fils : Ton trône, ô Dieu, est aux siècles des siècles ; c'est un sceptre de droiture que le sceptre de ton règne ; tu as aimé la justice et haï l'iniquité ; c'est pourquoi Dieu, ton Dieu, t'a oint d'une huile de joie au-dessus de tes compagnons" (Hébreux 1:8-9).

14 Je vis une nuée blanche, et voici, sur la nuée était assis quelqu'un qui ressemblait au Fils de l'homme. Il avait une couronne d'or sur sa tête et une faucille acérée à la main. 15 Un autre ange sortit du sanctuaire en criant d’une forte voix à celui qui était assis sur la nuée : Lance ta faucille et moissonne, car l'heure est venue de moissonner, car la moisson de la terre est mûre. 16 Et celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre, et la terre fut moissonnée.

Dans cette position de Fils de l’homme, soumis au Père, nous voyons qu’il attend cet appel venant "du sanctuaire de Dieu", car le jour et l’heure ne sont connus que du Père (Matthieu 24:36). Et le premier acte de jugement, celui posé ici, n’est autre que le rassemblement des rachetés. "Il a son van dans sa main, et il nettoiera entièrement son aire et assemblera son froment dans le grenier ; mais il brûlera la balle au feu inextinguible"  (Matthieu 3:12, 13:30-39).

 
La vendange – 14:17-20
 
Le rassemblement des rachetés "dans le grenier de Dieu" étant achevé, paraît alors "un autre ange", sortant du sanctuaire, mais le cri déclenchant son activité lui vient non du sanctuaire mais de l’autel (14:15,18), et nous pensons ici à l’autel d’airain, celui où brûle le feu du jugement (8:5). "Le fils de l'homme enverra ses anges, et ils cueilleront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l'iniquité" (Matthieu 13:41). Ceci introduit la suite ; ce sont des anges qui sont là en action.

17 Un autre ange sortit du sanctuaire qui est dans le ciel, il avait, lui aussi, une faucille acérée. 18 Un autre ange, celui qui avait pouvoir sur le feu, sortit de l'autel et cria à celui qui avait la faucille acérée : Lance ta faucille acérée, et vendange les grappes de la vigne, car ses raisins sont mûrs. 19 L'ange jeta sa faucille sur la terre. Il vendangea la vigne de la terre et jeta les grappes dans la grande cuve du courroux de Dieu. 20 La cuve fut foulée hors de la ville ; de la cuve il sortit du sang jusqu'aux mors des chevaux, sur un espace de mille six cents stades.

Fouler au pressoir est une activité de jugement impressionnante, un geste exprimant le rejet absolu (Esaïe 63:3, Jérémie 25:30, Lamentations 1:15). Et de la cuve foulée "hors de la ville", symboliquement de Jérusalem, le sang se répand sur toute la longueur de la Terre d’Israël. Il y a en effet mille six cent stades, ou trois cent kilomètre du nord au sud, de Dan à Beer-Sheba. La scène est impressionnante ! Mais quel est celui qui "foulera la cuve" hors de la ville ? Nous le verrons plus loin (19:12-16).
 
La "vendange" est donc un acte de justice. Il est présenté plus largement sous l’image des "Sept coupes du jugement" versées sur le monde, un jugement implacable qui touchera toutes les nations.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 14:01 L'Agneau et les rachetés

26/06/2012

15:1 - Les sept coupes


 

Le Jugement d’un monde impie
Apocalypse 15:1-16:21

Dès que l’ange "jeta sa faucille sur la terre" (14:19), une nouvelle scène se présente : Sept anges tenant sept fléaux…

15  1 Alors je vis dans le ciel un autre signe, grand et saisissant : sept anges tenant sept fléaux ; les derniers, car c’est par eux que s’accomplit la colère de Dieu.

Avant que ceux-ci ne se mettent en action, Jean discerne à nouveau les vainqueurs de la Bête, ceux qui auront traversé le temps de l’épreuve en tenant ferme (13:10).

 
Introduction du Jugement – 15:2-8
 
Les fidèles, ceux qui suivent l’Agneau (14:4), sont vus ici associés ici à une "mer de verre mêlée de feu", image de la stabilité de leur position au travers de la "grande tribulation" (14:12). Ils ont vaincu la bête, la puissance séculière qui domine le monde, celle qui a repris vie (13:3) ; ils ont résisté aux pressions du faux-prophète qui installa l’image de la bête (13:15) ; ils n’ont pas accepté d’être marqués par  le nombre  (13:17-18, 14:9). Nous pouvons comprendre combien leur résistance à toutes ces pressions fut éprouvante, en sachant que beaucoup d’entre eux auront connus le martyre en raison de leur foi. En passant, pensons à nombre de chrétiens qui, aujourd’hui, connaissent des circonstances locales comparables, et qui résistent au péril de leur vie. Le monde n’aura pas changé alors, mais alors les pouvoirs mauvais n’auront plus de freins (2 Thessaloniciens 2:6-7).

2 Je vis comme une mer de verre, mêlée de feu, et les vainqueurs de la bête, de son image et du nombre de son nom, debout sur la mer de verre et tenant les harpes de Dieu. 3 Ils chantent le cantique de Moïse, serviteur de Dieu, et le cantique de l'Agneau : Grandes et merveilleuses sont tes œuvres, Seigneur Dieu, Tout-puissant ! Justes et vraies sont tes voies, Roi des nations ! 4 Qui ne te craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom ? Toi seul es saint. En effet, toutes les nations viendront et se prosterneront devant toi, parce que ta justice a été manifestée.

Ceux qui chantent "le cantique nouveau" qu’eux seuls ont pu apprendre, à la gloire de l’Agneau rédempteur digne d’établir son autorité sur le monde (5:9, 14:3), chantent comme Moïse lorsque le peuple fut délivré de la puissance du pharaon (Exode 15:1-19). "Qui est comme toi parmi les dieux, ô Éternel ? Qui est comme toi, magnifique en sainteté, terrible en louanges, opérant des merveilles ?" (Exode 15:11, voir aussi Jérémie 10:7). Le cantique célèbre ainsi, dans la conscience de la délivrance, imminente ou acquise, ce grand fait que les jugements de Dieu, sa justice, sont désormais manifestés.
 
Les sept anges qui tenaient les sept fléaux paraissent maintenant. Ils sortent "du sanctuaire de la tente du témoignage", une allusion au tabernacle du désert. Ils sont vêtus des attributs judiciaires, la robe de lin et la ceinture d’or…

5 Après cela, je regardai. Le sanctuaire de la tente du témoignage fut ouvert dans le ciel. 6 Les sept anges qui tenaient les sept fléaux sortirent du sanctuaire ; ils étaient revêtus d'un lin pur, resplendissant, et ils portaient une ceinture d’or autour de la poitrine. 7 L'un des quatre Vivants donna aux sept anges sept coupes d'or pleines de la colère de Dieu qui vit aux siècles des siècles. 8 Le sanctuaire fut rempli de fumée à cause de la gloire de Dieu et de sa puissance, et personne ne pouvait entrer dans le sanctuaire, jusqu'à ce que les sept fléaux des sept anges aient été achevés.

Les décrets divins viennent du Trône (4:5, 16:17, 19:5), tandis que la puissance est manifestée par les Vivants "pleins d'yeux devant et derrière" (4:6-8). Dès qu’un des Vivants eut confié les coupes aux anges, toute la terre se trouva comme en suspens jusqu’à ce qu’elles furent déversées. La gloire de Dieu se manifeste, mais elle demeure voilée sous une nuée intense, comme il se doit (Exode 13:21-22, 40:34-38, 1 Rois 8:10-12, Esaïe 6:4, Ezéchiel 10:4).

 
Les Sept Coupes – 16:1-21
 
Venant du sanctuaire, l’ordre est lancé de déverser les coupes du jugement, l’une après l’autre.
 
Les quatre premières touchent la population du monde, et en particulier les hommes qui ont  la marque de la bête.  Non plus "le tiers" caractéristique des appels des trompettes (8:7 à 9:18), des avertissements, mais des fléaux qui font peser sur les hommes le résultat de leur soumission ou de leur adhésion à la puissance de destruction. Et se succèdent ces fléaux : des ulcères malins et douloureux, la mer devenant du sang, les fleuves et sources d’eau par la suite, et enfin une chaleur torride par laquelle les hommes sont brûlés.

16  1 J'entendis, venant du sanctuaire, une forte voix qui disait aux sept anges : Allez, répandez sur la terre les sept coupes de la colère de Dieu.

Que penser de ces fléaux bien semblables aux plaies d’Egypte (Exode 7 à 10) ? Il n’est sans doute pas utile aujourd’hui de disséquer ces événements, alors que ceux qui les traverseront connaîtront les faits. Quoiqu’il en soit, la première plaie, un ulcère évoque la sixième plaie d’Egypte (Exode 9:8-12), elle touche "les hommes qui avaient la marque de la bête" (16:2) ; ce sera une atteinte sélective donc, montrant que la recherche de tranquillité, la peur de se trouver exclu des circuits économiques, le manque de courage, "la lâcheté" (21:8) face aux pressions des autorités se tourne en un réel cauchemar, pour ceux qui pensaient avoir trouvé dans la soumission une certaine paix.

2 Le premier partit et répandit sa coupe sur la terre. Un ulcère malain et douloureux vint sur les hommes qui avaient la marque de la bête et qui rendaient hommage à son image.

La mer, cette mer d’où a émergé la Bête qui avait dix cornes et sept têtes  (13:1), devint du sang… La mer des peuples perdit toute espèce de vie, réduite à se laisser aller au gré des circonstances. C’est bien ce que toute civilisation décadente a connu : du pain, des jeux, et l’abandon de tout esprit critique face au pouvoir…

3 Le second répandit sa coupe sur la mer. Celle-ci devint du sang, comme celui d’un mort, et tout ce qui vivait dans la mer mourut.

Ce qui communique la vie, les sources d’eau et les fleuves, ne transmet plus que la mort intellectuelle. Tous les moyens de communications, les media comme nous disons aujourd’hui, ne font qu’annihiler la réflexion des hommes… Ils avaient répandu le sang des saints et des prophètes (13:7, 11:7-11), et ceux-ci ne peuvent être oubliés de Dieu (6:9-11).

4 Le troisième répandit sa coupe sur les fleuves et les sources d’eau ; tout devint sang. 5 J'entendis l'ange des eaux dire : Tu es juste, toi qui es et qui étais, le Saint, puisque tu as jugé ainsi. 6 En effet, ils ont répandu le sang des saints et des prophètes, et tu leur as donné du sang à boire ; ils le méritent. 7 J'entendis l'autel dire : Oui, Seigneur Dieu, Tout-puissant, tes jugements sont vrais et justes !
"L’ange des eaux", figure emblématique s’il en est, comme celui qui veille sur la qualité des eaux au bénéfice des humains voit le domaine qui est sous sa garde atteint par une corruption irrépressible. Il n’y a plus d’eau potable (Exode 7:14-25). Et il déclare combien ce qui se produit est juste, ce en quoi il est relayé par le ciel même. Cette figure explicite l’attention de Dieu sur le monde, afin que celui-ci demeure vivable. Nous trouvons des figures semblables : l’ange "qui a le pouvoir sur le feu" (14:18) ou encore ces quatre anges "debout aux quatre coins de la terre, retenant les quatre vents de la terre" (7:1).

Le soleil, le pouvoir en ce monde, vire au despotisme, fait peser sur les hommes une pression désastreuse, alors qu’ils avaient adhéré pour beaucoup à son gouvernement, et que les autres s’étaient soumis par faiblesse… Pensons aux régimes totalitaires qui ont émergé, dès les temps reculés de l’antiquité et aux jours de la révélation de ce livre, pensons aux folies démagogiques de Néron, mais aussi aux totalitarismes du vingtième siècle et d’aujourd’hui… Les souffrances endurées ne se traduisent alors par des accents de blasphème… Une situation pire encore que ce que nous avons vu plus tôt lors de l’avertissement donné par la sixième trompette (9:20-21). Car les hommes sont sous le coup "d’une séduction d'injustice… parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés. Et à cause de cela, Dieu leur envoie une énergie d'erreur pour qu'ils croient au mensonge, afin que tous ceux-là soient jugés qui n'ont pas cru la vérité, mais qui ont pris plaisir à l'injustice" (2 Thessaloniciens 2:10-12).

8 Le quatrième répandit sa coupe sur le soleil. Il lui fut donné de brûler les hommes par le feu, 9 et les hommes furent brûlés par une chaleur torride. Ils blasphémèrent le nom de Dieu qui a pouvoir sur ces fléaux, et ils ne se repentirent pas pour lui donner gloire.

A la Cinquième Coupe, c’est le trône de la bête lui-même qui est touché, le siège du pouvoir. Les ténèbres morales se répandent sur tout le royaume. Les hommes, refusant de discerner les véritables causes, rendent Dieu lui-même responsable de toutes les douleurs.

10 Le cinquième répandit sa coupe sur le trône de la bête. Son royaume devint ténébres ; de douleur, les gens se mordaient la langue. 11 Ils blasphémèrent le Dieu du ciel à cause de leurs douleurs et de leurs ulcères, et ils ne se repentirent pas de leurs œuvres.

Tous ces événements conduisent le monde dans un chao indescriptible ; les tensions sont telles qu’une grande guerre se déclare, un événement mondial qui trouvera son expression en Terre d’Israël. Pour cela, des émissaires sont envoyés par toute la terre afin de rassembler leurs armées au lieu dit "Vallée de Meggido", un nom bien évocateur de grands conflits, dont le nom déjà parle de rassemblement de foules.
Armagédon, la vallée de Meggido, du hébreu  lieu de rassemblement, dans le territoire de Manassé (Josué 17:11), sur la route menant d’Egypte en Assyrie. C’est un lieu de guerres depuis la plus haute antiquité, depuis la guerre du pharaon Thoutmosis Ier contre des Cananéens (15ème siècle avant notre ère) jusqu’à la première guerre mondiale lorsque la coalition alliée sous le commandement du général britannique Allenby défit en 1918 l’armée Ottomane déforcée par la révolte arabe animée par Lawrence d’Arabie. Salomon y construit une forteresse (1 Rois 9:15). C’est là, en 609 avant notre ère, que mourut Josias, dernier roi fidèle de Juda, lorsqu’il voulut arrêter les armées du Pharaon Neco II en route pour s’attaquer au reste de l’empire assyrien (2 Rois 23:29). Un siècle plus tard, après l’exil, on se souvenait de la grande lamentation qu’engendra ce deuil national (Zacharie 12:11)

Serait-ce la débâcle morale et matérielle suivant la cinquième coupe, le terrible désarroi lors de la chute du pouvoir de la bête, qui produit cette action pour ainsi dire désespérée d’envoyer des ambassades dans nombre de pays, afin de rassembler une armée capable de faire face au danger ? L’esprit du mal qui régente notre monde, représenté sous l’image du dragon (12:3), et ses deux représentants les plus éminents sont unis dans cette entreprise ultime. Et ils réussissent dans cette grande entreprise, leur acheminement se produisant sans nulle entrave… symboliquement les eaux de l’Euphrate sont taries…

12 Le sixième répandit sa coupe sur le grand fleuve, l’Euphrate. L’eau en tarit pour que soit préparée la voie des rois qui viennent de l'Orient. 13 Je vis sortir de la bouche du dragon, de la bouche de la bête et de la bouche du prophète de mensonge, trois esprits immondes semblables à des grenouilles. 14 Ce sont des esprits de démons qui produisent des miracles et qui s'en vont vers les rois de la terre habitée tout entière afin de les rassembler pour le combat du grand jour de Dieu, le Tout-puissant.

Le combat du grand jour de Dieu ! Il n’y a plus de délai, et manifestement plus d’occasion de changer de bord, pour ceux qui se sont laissé entraîner par la bête et par le faux-prophète. Aussi vient ici un avertissement pour les lecteurs, et celui-ci peut être lu par tous bien avant que ce temps des jugements ne soit là, à une date dont personne ne peut avoir connaissance (24:36). Rappelons-nous des paroles déjà entendues dans l’Evangile : "Mais sachez ceci, que si le maître de la maison eût su à quelle veille le voleur devait venir, il eût veillé, et n'eût pas laissé percer sa maison" (Matthieu 24:43). Pierre ajoute : "Or le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; et, dans ce jour-là, les cieux passeront avec un bruit sifflant, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les œuvres qui sont en elles seront brûlées entièrement. Toutes ces choses devant donc se dissoudre, quelles gens devriez-vous être…" (2 Pierre 3:10-11). Pensons aussi à la lettre adressée à Sardes (3:3).

15 Je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille et garde ses vêtements afin de ne pas marcher nu, afin qu’on ne voie pas sa honte.

Cet encart destiné au lecteur étant achevé, le sujet est repris, à savoir le rassemblement d’une armée impressionnante au cœur de la Terre d’Israël.

16 Ils se rassemblèrent au lieu appelé en hébreu Armagédon.

C’est maintenant la fin ! La Septième Coupe de jugement. Rappelons-nous la parole de l’apôtre : "Mais pour ce qui est des temps et des saisons, frères, vous n'avez pas besoin qu'on vous en écrive ; car vous savez vous-mêmes parfaitement que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand ils diront Paix et sûreté, alors une subite destruction viendra sur eux, comme les douleurs sur celle qui est enceinte, et ils n'échapperont point."  (1 Thessaloniciens 5:1-3).
 
Et du sanctuaire vient une voix forte disant : "C’est fait !"  Et ce cri ne peut que nous rappeler le "C’est accompli !" de la Croix (Jean 19:30), la sixième parole prononcée par le Seigneur à Golgotha. Celui-ci souligne l’accomplissement de l’œuvre de la rédemption, tandis qu’ici vient le dernier acte du jugement divin sur le monde. Un bouleversement tel que nul n’en a jamais connu, et de nouveaux blasphèmes, car il tombe sur des personnes incapables de repentir, et qui l’ont prouvé dans tous les avertissements et toutes les épreuves endurées jusque là…

17 Le septième répandit sa coupe dans l'air. Il sortit du sanctuaire une voix forte venant du trône disant : C'est fait ! 18 Et il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres et un grand tremblement de terre tel qu’il n'y en a jamais eu de semblable depuis qu’il y a des hommes sont sur la terre. 19 La grande ville fut divisée en trois parties, les villes des nations tombèrent et la grande Babylone vint en mémoire devant Dieu pour lui donner la coupe du vin de sa colère ardente. 20 Toutes les îles s'enfuirent, et les montagnes ne furent plus trouvées. 21 Une grosse grêle, des grelons de près d’un talent, tomba du ciel sur les hommes ; et les hommes blasphémèrent Dieu à cause du fléau de la grêle, parce que c’était un très grand fléau.

La "grande ville" citée ici est selon toute vraisemblance la seule ville citée jusqu’ici, Jérusalem, où les Deux Témoins auront œuvré, seront morts et auront ressuscité, laquelle est désignée moralement "Sodome et Egypte, où aussi le Seigneur a été crucifié" (11:3,8). Cette ville connaîtra un tremblement de terre destructeur (11:13) et par la suite, lors de la vendange, un carnage tel que nous lisons cette terrible image d’un flot de sang s’écoulant du pressoir et se répandant sur un espace long comme la Terre d’Israël, mille six cents stades (14:20).
 
La ville est divisée en trois parties (16:19). Sans rien pouvoir affirmer, il peut être envisagé dans cette mention des trois parties de la ville, une allusion à la prophétie touchant cette période de la consommation du siècle : " Et il arrivera dans tout le pays, dit l'Éternel, que deux parties y seront retranchées et expireront ; mais un tiers y demeurera de reste. Et le tiers, je l'amènerai dans le feu, et je les affinerai comme on affine l'argent, et je les éprouverai comme on éprouve l'or. Ils invoqueront mon nom, et moi, je leur répondrai ; je dirai : C'est ici mon peuple ; et lui, dira : L'Éternel est mon Dieu."  (Zacharie 13:8-9).
 
Après la mention de Jérusalem, viennent les cités des nations – le désastre est mondial – et enfin la grande Babylone. Celle-ci avait perdu sa puissance, "elle était tombée", donnant occasion à une louange particulière (14:8) car elle avait apporté la corruption parmi toutes les nations de la terre… La mention particulière qui en est faite en montre toute l’importance qu’elle doit avoir pour les auditeurs et lecteurs du livre de l’Apocalypse. Qui est-elle, d’où vient-elle ? Cela fera l’objet d’une explication particulière (17:1-18:24). Mais la mention est faite ici, lors de l’action de la dernière coupe de jugement, car au-delà de sa chute, elle sera au centre de la colère de Dieu, justifiant une mention particulière. Ses méfaits, "sa fornication" (14:8) sont des faits gravissimes, ce qui rejoint la parole de l’apôtre lorsqu’il parlait de l’apostasie qui devait se manifester avant "le Jour du Seigneur" (2 Thessaloniciens 2:1-3) dépeint dans ce livre de l’Apocalypse (6:17).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 15:01 Les sept Coupes

25/06/2012

17:1 - Babylone la grande (1)


 

La chute de Babylone la grande – 18:1-20
 
Babylone la grande
Apocalypse 17:1-19:5

L’importance de "Babylone la grande" dans le développement du jugement de la terre n’est pas passé inaperçu (16:19), pas plus que la mention de sa chute (14:8). Il était temps maintenant d’apporter au voyant les clés de lecture. Comment, en effet, aurait-il pu comprendre ce qui est ainsi annoncé ? Qu’est cette Babylone la grande que ne peut être la grande ville de Mésopotamie où Pierre séjourna quelques années plus tôt (1 Pierre 5:13) ?
 
Un des anges portant les coupes prend le voyant à part et lui explique de quoi il s’agit. Le cours des événements reprendra plus tard par de nouvelles visions : des grandes voix, la vue du trône, la prosternation des Vivants et des vingt-quatre anciens… (19:1-5).

 
La prostituée et la bête – 17:1-7
 
La première page est descriptive. Ce que nous avons lu jusqu’à présent, c’est la satisfaction au ciel lorsque la bête a précipité Babylone la Grande dans sa chute, et ensuit lors du jugement de la part de Dieu.
 
Pour un lecteur de la Bible hébraïque, Babylone est une icône de l’orgueil et de la corruption qui sévissent en ce monde (1 Jean 2:16-17). Nabuchodonosor II, s’était enorgueilli disant : "N'est-ce pas ici Babylone la grande, que j'ai bâtie pour être la maison de mon royaume, par la puissance de ma force et pour la gloire de ma magnificence ?" (Daniel 4:30). Et l’appel est venu, par la plume du prophète cinq siècles avant notre ère : "Fuyez du milieu de Babylone… Subitement Babylone est tombée, et elle a été brisée…" (Jérémie 51:6-8, voir aussi Esaïe 21:9 ). Il s’agissait alors de la chute de Babylone sous les coups de l’armée des Mèdes et des Perses. Pour tout lecteur de la Bible hébraïque, les caractères de cette ville à l’apogée de sa gloire, la veille de sa chute, servent de toile de fond à une autre réalité, celle devant laquelle se trouve Jean. Un des sept anges l’invite à recevoir l’explication…

17  1 Alors l'un des sept anges qui tenaient les sept coupes vint parler avec moi. Il me dit : Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui est assise sur de grandes eaux. 2 Les rois de la terre se sont prostitués avec elle, et les habitants de la terre sont ivres du vin de sa prostitution.

D’emblée l’ange parle-t-il de "la prostituée", elle qui a fait boire "du vin de la fureur de sa fornication" (14:8) à toutes les nations, ces grandes eaux sur lesquelles elle est assise… Si son aura s’étendra au loin, sur toutes les nations de la terre, elle trouve son appui sur la bête impériale, cette bête montée de la mer, "qui avait dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème"  (13:1).

3 Et il m'emporta en esprit dans un désert. Je vis alors une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes et dix cornes. 4 Cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate, parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or pleine d'abominations et des impuretés de sa prostitution. 5 Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre. 6 Je vis cette femme enivrée du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. À sa vue, je fus saisi d'un grand étonnement.
 
7 L'ange me dit : Pourquoi es-tu étonné ? Je vais t’expliquer le mystère de la femme et de la bête qui la porte, celle qui a les sept têtes et les dix cornes.

Elle-même porte des attributs de gloire et d’autorité, "pourpre, écarlate, or, pierres précieuses, perles." Son nom s’étalant sur son front exprime ce qu’elle est en elle-même, et que nul ne peut ignorer… Nous comprenons qu’elle ne puisse supporter les "témoins de Jésus", et qu’elle contribue à cette "guerre faite aux saints" (13:7). Temps épouvantables introduits par l’apostasie, la prostitution… Dont l’apôtre avait déjà conscience bien des années avant cette vision de Jean à la fin du siècle, lorsqu’il écrivit vers l’an 52 : "Que personne ne vous séduise en aucune manière, car ce jour-là ne viendra pas que l'apostasie ne soit arrivée auparavant…" (2 Thessaloniciens 2:3).
 
Le  voyant  comprend maintenant ce qu’il voit, et lui, témoin de la vie des assemblées – nous l’avons suivi dans ses lettres aux sept assemblées d’Asie – est saisi devant ce tableau qui illustre l’aboutissement du développement de l’apostasie dont il constate les racines.
 
"Pourquoi es-tu étonné ?", lui est-il demandé. La question nous atteint aujourd’hui, pour que nous tentions d’y répondre pour nous-mêmes : Pouvons-nous être à notre tour étonnés comme Jean le fut ?

 
Le mystère de la bête – 17:8-14
 
En vue de répondre à l’étonnement du  voyant , l’ange fournit ici une explication circonstanciée, évoquant la bête d’abord, celle sur laquelle s’appuie la femme prostituée, avant d’exposer la déchéance de celle-ci, haïe par la puissance politique sur laquelle elle voulait s’appuyer.
 
De la bête, il a été dit plus tôt : "Il lui fut donné de faire la guerre aux saints et de les vaincre. Le pouvoir lui fut donné sur toute tribu, peuple, langue et nation ; tous les habitants de la terre, ceux dont le nom n'a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l'Agneau immolé, lui rendront hommage" (13:7-8). Et revient ce fait qu’une de ses "têtes, blessée à mort, a repris vie" (13:3). Et nous voyons qu’en ce surgissement une puissance politique impressionnante est établie à nouveau sur une partie du monde. Un sujet d’étonnement.

8 La bête que tu as vue, elle était, elle n'est plus et elle va monter de l'abîme et s’en aller à la perdition. Les habitants de la terre, ceux dont le nom n’a pas été écrit dans le livre de la vie dès la fondation du monde, seront étonnés à la vue de la bête, car elle était, elle n'est plus et elle réapparaîtra.

Remarquons que l’étonnement touchera essentiellement ceux qui n’ont pas la connaissance des Ecritures. La lecture permettra de comprendre les événements lorsque se manifestera cette autorité politique décrite ici comme une "bête écarlate", cette puissance agissant comme bon lui semble, sans frein qui fera "la guerre aux saints" (13:7) et sur laquelle s’appuie Babylone, expression de ce qui professe l’attachement à la tradition chrétienne, mais dans un état de prostitution, entièrement vouée à ce qui conduit le monde, comme Israël dans ses époques les plus sombres, qui poursuivait le culte à Jérusalem en ne regardant que les fastes des peuples idolâtres qui l’entouraient, jusqu’à faire transformer le temple de Salomon sur le modèle de temples d’idoles (Esaïe 1:21, Jérémie 3:6, 13:27, 2 Rois 16:10-12). Et elle ne peut supporter les fidèles, attachés en vérité à la Parole du Seigneur, elle est "enivrée de leur sang" (17:6).

9 Et ici la compréhension qui a de la sagesse. Les sept têtes sont sept montagnes où la femme est assise ; 10 ce sont aussi sept rois, cinq sont tombés, l'un est, le dernier n'est pas encore venu et, quand il sera venu, il faut qu'il demeure un peu de temps. 11 La bête qui était et qui n'est plus est, elle aussi, un huitième ; elle est d'entre les sept et elle s'en va à la perdition.

Assise sur sept montagnes, ce qui désigne naturellement la ville de Rome dont la fondation sur sept collines était célébrée avec faste chaque année.
Sept montagnes. Cette indication était alors sans ambiguïté dans l'empire, car déjà la ville de Rome était célébrée dans son établissement sur sept collines. Le Septimontium ("sept monts" en latin) était une fête romaine qui se déroulait début janvier, durant laquelle on sacrifiait sept animaux, à sept moments et à sept endroits différents à l'intérieur des murs de la ville à proximité des sept collines. C'était un jour de fête où les empereurs faisaient des libéralités. Cette fête très ancienne, daterait de plusieurs siècles avant notre ère. D’abord réservée aux Latins, elle deviendra, sous l’empire, une fête commune à tous les habitants de Rome.

Les sept têtes figurant les collines représentent aussi sept rois dont cinq sont tombés. En lisant ce mot "tombé", nous pouvons comprendre qu’il ne s’agit pas ici d’une succession naturelle au gouvernement de Rome, mais de bouleversements politiques, de chutes de l’autorité régnante. Disséquer l’histoire de Rome, évaluer les grandes périodes, identifier les renversements de pouvoir n’apporterait pas grand-chose sans doute. Mais constater qu’à l’époque de la révélation à Jean, l’empire était bien établi – ce  roi  dont il est écrit : "l’un est" (17:10), que l’empereur s’appelle Domitien, Nerva ou Trajan. Le pouvoir romain aura pris une dernière forme avant de s’en aller à sa fin. Depuis, la "bête" a été blessée d’une plaie mortelle. Mais elle réapparaîtra, à l’étonnement général (17:8).
 
Et cette forme de résurrection aura comme origine dix royaumes qui se fédéreront pour lui donner le pouvoir…

12 Les dix cornes que tu as vues sont dix rois qui n'ont pas encore reçu de royaume mais qui reçoivent pouvoir comme rois pendant une seule heure avec la bête. 13 Ils ont une seule et même pensée : donner leur puissance et leur pouvoir à la bête. 14 Ces rois combattront contre l'Agneau, et l'Agneau les vaincra, car il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois, et, avec Lui, ceux qui sont appelés, élus et fidèles.

Voici donc ce mystère des dix cornes de la bête qui surgit de la mer, un ensemble de nations fédérées sur lequel la "femme prostituée" tendra de s’appuyer. Leur volonté est cependant de s’opposer au pouvoir religieux, "ils combattront contre l’Agneau." 

 
La prostituée haïe de le bête – 17::15-18
 
Cette explication donnée, le regard est à nouveau tourné sur Babylone la Grande, la prostituée. Ceci pour exposer l’importance qu’elle revêt dans le monde, et nous montrer la détermination des royaumes à en rejeter la puissance.

15 Ensuite il me dit : Les eaux que tu as vues, sur lesquelles la prostituée est assise, sont des peuples, des foules, des nations et des langues.
 
16 Quant aux dix cornes que tu as vues sur la bête, elles se mettront à haïr la prostituée. Elles la dépouilleront, la mettront à nu, en mangeront la chair et la brûleront au feu, 17 car Dieu leur a mis au cœur d'exécuter son dessein, et d'exécuter un seul et même dessein, de donner leur royauté à la bête jusqu'à ce que les paroles de Dieu soient accomplies.
 
18 Et la femme que tu as vue est la grande ville qui a la royauté sur les rois de la terre.

La femme assise sur la bête écarlate, vêtue de pourpre et d’écarlate, enivrée du sang des saints, cette femme dont le mystère vient d’être révélé (17:3,4,6,7), cette femme tellement liée à la ville où elle est établie que la femme et la ville se confondent l’une à l’autre… Nous nous trouvons devant une forme de synthèse qui ne peut qu’impressionner, car nous comprenons que la  prostituée  (17:1,5,15,16) représente l’aboutissement du processus d’apostasie que Jean a constaté déjà de son temps, en écrivant les lettres qu’il allait adresser aux sept assemblées d’Asie. Rappelons-nous en particulier de la lettre à Thyatire : "Mais j'ai contre toi, que tu laisses faire la femme Jésabel qui se dit prophétesse ; et elle enseigne et égare mes esclaves en les entraînant à commettre la fornication et à manger des choses sacrifiées aux idoles" (2:20). Nous pouvons nous poser cette question. Pourquoi la "femme prostituée" qui est l’objet de l’attention de tant de nations dans le monde (17:15) se trouve-t-elle l’objet d’une haine si profonde des "dix cornes", ces "royaumes" qui donnent le pouvoir à la "bête écarlate, pleine de noms de blasphème" (17:3) ? Elles n’ont de cesse de réduire ce phare spirituel à rien, une haine qui ne rencontrera alors plus aucun obstacle…

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 17:01 Babylone la grande (1)

24/06/2012

18:1 - Babylone la grande (2)


 

La chute de Babylone la grande – 18:1-20
 
Babylone la grande ! C’est un chemin bien paradoxal que celui de cette institution devenue si grande que "les oiseaux du ciel vinrent et demeurèrent dans ses branches" (Matthieu 13:32). Un rayonnement exceptionnel, mais aussi des conséquences graves, car les nations ont "bu du vin de la fureur de sa prostitution" (18:3). Nous ne pouvons que comprendre l’étonnement du  voyant  (17:6), en cette fin du premier siècle de notre ère, alors qu’il commençait à pressentir qu’il s’agissait là de l’aboutissement d’un processus d’apostasie annoncée (2 Thessaloniciens 2:3). Il en avait constaté lui-même les germes, alors qu’il avait eu à écrire les lettres aux sept assemblées.
 
L’autre face de cette réalité ne se lit pas avec un œil politique, mais d’un regard spirituel, dans le souvenir de cet avertissement : "Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel a perdu sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors et à être foulé aux pieds par les hommes." (Matthieu 5:13).

 
Consolation au ciel après sa chute – 18:1-3

"Elle est tombée, Babylone la grande…"  En la "consommation du siècle", elle sera devenue une demeure de démons ! Ce n’était pas ainsi à l’origine, et nous le comprenons bien, mais voilà où conduit la prétention religieuse sans la foi… Un désert spirituel et l’appui du pouvoir politique… Mais celui-ci lui échappe car les dix rois qui ont donné le pouvoir à la  bête écarlate  n’en veulent plus !

18  1 Après cela, je vis descendre du ciel un autre ange qui avait un grand pouvoir. La terre fut illuminée de sa gloire. 2 Et il cria d’une forte voix : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande ! Elle est devenue une demeure de démons, un repaire de tout esprit immonde, un repaire de tout oiseau immonde et exécrable, 3 parce que toutes les nations ont bu du vin de la fureur de sa prostitution, parce que les rois de la terre se sont prostitués avec elle, et parce que les marchands de la terre se sont enrichis par la puissance de son luxe.

Les dirigeants de la terre l’ont courtisée, les nations se sont prostituées, et les marchands se sont enrichis… Le tableau du monde ne pouvait être plus complet ! A ce qui en avait déjà été dit plus haut (14:8, 17:2), s’ajoute ici la part des marchands et du commerce de luxe. Quel chemin parcouru depuis le commencement, lorsque les disciples ont pu entendre : "Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des demeures ; mais le fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête." La suite de l’histoire a vu des oiseaux trouver leur demeure dans les branches de ce grand arbre ! (Matthieu 8:20, 13:32).

 
Exhortation aux croyants – 18:4-5

Si nul ne pouvait envisager un tel développement après l’annonce de l’Evangile dans le monde, nous constatons que ce mal est en germe, car il se trouve dans l’homme. Souvenons-nous de Simon le magicien qui, avant de s’en repentir, aurait aimé acquérir par de l’argent le pouvoir manifesté par Pierre (Actes 8:18-24). Toute institution religieuse draine des richesses, et produit des occasions de s’enrichir ; voyons les motifs du trouble mené par Démétrius à Ephèse (Actes 19:25). Ainsi de l’évolution de la chrétienté.
 
Ainsi vient une exhortation dont tout donne à penser qu’elle s’adresse au lecteur du livre, dès le temps de Jean. N’a-t-il pas été conduit à écrire aux assemblées d’Asie, ce tableau saisissant de ce qui devait être un témoignage de Dieu sur la terre, la lumière du monde (Matthieu 5:14).

4 Et j'entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin que vous ne soyez pas associés à ses péchés et que vous ne receviez pas une part de ses fléaux. 5 Car ses péchés se sont accumulés jusqu'au ciel, et Dieu s'est souvenu de ses iniquités.

Les croyants sont ainsi exhortés à se tenir à l’écart lorsque se manifeste une dérive telle que le manifestera ce système appelé Babylone la grande. Se retirer, sortir ! Remarquons qu’il n’y a pas d’injonction à combattre, à réformer ! Ce combat n’appartient pas aux hommes, il s’y engagerait en vain… Et voici bien, au milieu du livre de la "Révélation de Jésus Christ" une parole à garder précieusement, autrement dit une ligne de conduite à suivre. Voici qui assure au lecteur la bénédiction annoncée (1:3, 22:7).
 
Si lointaine soit la perspective des temps de la fin, l’homme est l’homme, et ce que nous lisons dans les lettres des premières années après la résurrection du Christ nous montre que le processus qui conduit à l’apostasie était en route dès lors. Il ne pouvait en être autrement. Déjà, après avoir combattu les dérives dans les jeunes assemblées, l’apôtre devait constater la nécessité d’une marche séparée du grand nombre, voyons l’exhortation donnée à Timothée : "Or, dans une grande maison, il n'y a pas seulement des vases d'or et d'argent, mais aussi de bois et de terre ; et les uns à honneur, les autres à déshonneur. Si donc quelqu'un se purifie de ceux-ci, il sera un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre. Mais fuis les convoitises de la jeunesse, et poursuis la justice, la foi, l'amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d'un cœur pur…" (2 Timothée 2:20-22). La question n’était pas de combattre ce mal rongeant, de faire de grandes proclamations, de prononcer des excommunications, car il n’y avait pas là de victoire possible ; l’exhortation vise à marcher dans la fidélité avec ceux qui ont la même détermination. Nous ne voyons pas autre chose dans la lettre à l’assemblée de Thyatire, alors en pleine dérive, où il est dit : "je ne vous impose pas d'autre charge, mais seulement, ce que vous avez, tenez-le ferme jusqu'à ce que je vienne" (Apocalypse 2:24-25).
 
Alors reviennent ces paroles touchant le désert moral qu’était Babylone historique, figure des milieux prétendument religieux d’où la vie s’est éteinte… "Dans le désert, préparez le chemin de l'Éternel, aplanissez dans le lieu stérile une route pour notre Dieu… Sortez de Babylone, fuyez du milieu des Chaldéens, avec une voix de chant de joie !" (Ésaïe 40:3, 48:20).

 
Babylone la grande jetée au feu... – 18:6-8

Rien ne peut arrêter ce courant initié par les  dix royaumes  qui établissent le pouvoir de la "bête écarlate", et le ciel est loin d’y apporter un frein. Tout au contraire, une voix est entendue engageant ces autorités publiques à plonger dans la ruine celle qui les a introduites dans toutes ses prostitutions. Et se trouve rappelée ici la parole dite plus haut touchant la ruine de Babylone perpétrée par les dix cornes : "Elles la dépouilleront, la mettront à nu, en mangeront la chair et la brûleront au feu, car Dieu leur a mis au cœur d'exécuter son dessein…" (17:16-17).

6 Donnez-lui comme elle vous a donné, et rendez-lui au double de ses œuvres ! Dans la coupe qu'elle a mixtionnée, versez-lui le double. 7 Autant elle s'est complu dans la gloire et le luxe, autant donnez-lui de tourment et de deuil. Parce qu'elle se dit en son cœur "Je suis assise en reine, et je ne suis point veuve, et je ne verrai point de deuil", 8 à cause de cela en un seul jour ses fléaux viendront, mort, deuil et famine, et elle sera jetée au feu. Car il est puissant, le Seigneur Dieu qui l'a jugée !

De même que c’est "au double" que la bénédiction est rendue à celui qui a souffert dans la foi (Job 42:10, Esaïe 61:7, Zacharie 9:12), c’est "au double" que les actes coupables doivent être rétribués (Esaïe 40:2, Jérémie 16:18, 17:18).
 
Voyons le tableau que présentera la religion qui se réclame de Celui que les psalmistes ont chanté : "Et moi, je suis affligé et pauvre." (Psaume 40:17). Et Babylone la grande s’est complu "dans la gloire et le luxe" Remarquons que ce n’est ni la dérive doctrinale, ni même l’abandon de la foi qui sont ici mises en avant ; ce sont des réalités bien perceptibles par tous qui rendent compte de l’abandon du message de l’Evangile, des pratiques opposées ! Et la pratique, comme l’écrivait Jacques, exprimait la réalité : "Mes frères, quel profit y a-t-il si quelqu'un dit qu'il a la foi, et qu'il n'ait pas d'œuvres ? La foi peut-elle le sauver ?" (Jacques 2:14).
 
"Babylone la grande", confiante de son assise sur "la bête écarlate", "assise en reine", est abandonnée, et même rejetée par les "dix cornes", comme les puissances qui, au temps des royaumes de Juda et de Samarie s’étaient trouvées, sans en avoir conscience, être le bras de Dieu (Jérémie 25:9).

 
Les lamentations des nations – 18:9-20

Les nations, les autres, celles qui ont vu la chute de "Babylone la grande" sans y avoir contribué, se lamenteront... "Quel malheur !" 

9 Tous les rois de la terre, qui, avec elle, se sont prostitués et se sont complu dans le luxe, pleureront et se lamenteront à son sujet quand ils verront la fumée de son embrasement. 10 Se tenant à distance par crainte de son tourment, ils diront : Quel malheur ! Quel malheur ! La grande ville, Babylone, la ville forte ! En une seule heure est venu son jugement !

"Quel malheur !" Les grands commerçants, et ceux qui assurent le transport des biens seront désolés... Le grand commerce mondial est touché, car de même qu’une grande part des biens du monde entier convergeaient vers le cœur de l’Empire romain, il en sera de même dans ces temps à venir… Et nous voyons ici quelle part importante prennent les produits de luxe !

11 Aussi, les marchands de la terre pleurent et mènent deuil sur elle, parce que personne n'achète plus leurs cargaisons, 12 cargaisons d'or, d'argent, de pierres précieuses, de perles, de fin lin, de pourpre, de soie, d'écarlate, de tout bois de thuya, de tout article d'ivoire, de tous objets de bois précieux, d’airain, de fer et de marbre ; 13 cannelle, aromates, parfums, huiles aromatiques, encens, vin, huile, fleur de farine, froment, gros bétail, brebis, chevaux, chariots, esclaves et âmes d'hommes.
 
14 Le fruit mûr que tu désirais s’est éloigné de toi, et toutes ces choses délicates et splendides sont perdues pour toi, et on ne les trouvera plus jamais. 15 Les marchands qui se sont enrichis par elle se tiendront à distance par crainte de son tourment, ils pleureront et mèneront deuil ; 16 ils diront : Quel malheur ! Quel malheur ! La grande ville vêtue de fin lin, de pourpre et d'écarlate, parée d'or, de pierres précieuses et de perles ! En une seule heure, tant de richesses ont été changées en désolation !
 
17 Tous les pilotes, tous ceux qui naviguaient vers quelque lieu, les matelots et les travailleurs de la mer, se tenaient loin. 18 Voyant la fumée de son embrasement, ils s'écriaient : Quelle ville était semblable à la grande ville ! 19 Ils se jettaient de la poussière sur la tête, ils pleuraient, ils menaient deuil et criaient : Quel malheur ! Quel malheur ! La grande ville dont l’opulence a enrichi tous ceux qui ont des navires sur la mer ! En une seule heure elle est devenue un désert !

"Quel malheur !" La ville opulente est transformée en désert… Alors vient une proclamation au ciel :

20 Ô ciel, réjouis-toi sur elle, et vous les saints, les apôtres et les prophètes ! Dieu vous a fait justice en la jugeant.

Non, il ne s’agit pas d’un cri de vengeance, d’une victoire remportée contre des hommes, mais la louange du Seigneur Dieu quand il aura "fait justice" à ceux qui ont vécu dans le chemin de la foi, qui auront vu les désordres introduits dans ce qui, sur la terre, est appelée la "Maison de Dieu" (Ephésiens 2:19, 1 Pierre 4:17) et qui auront "tenu ferme" dans le chemin (2:25, 2 Timothée 2:19-21).

 

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06:00 Écrit par Eric dans 18:01 Babylone la grande (2)

23/06/2012

18:21 - Babylone la grande (3)


 

Le jugement divin de Babylone la Grande – 18:21-19:5
 
La "chute de Babylone" paraît bien être un événement politique, et un juste retournement après la corruption qu’elle aura répandu parmi les nations. Les puissants de ce monde se sont débarrassés de ce qu’ils estimaient un contre-pouvoir, ils ont revendiqué pour eux-mêmes l’autorité sur la conscience des hommes, conduits en cela par le faux-prophète (13:11-18, 19:20). Mais ce n’est pas encore la sanction divine touchant le mal fait aux  petits  dans le monde, qui se sont laissé séduire… En effet, que de gens modestes ne se laissent-ils pas embarquer dans des doctrines mensongères ! Et les tenants de ces voies douteuses sont pourtant prévenus, alors que le Seigneur en avait lui-même parlé, disant : "Quiconque est une occasion de chute pour un de ces petits qui croient en moi, il serait avantageux pour lui qu'on lui eût pendu au cou une meule d'âne et qu'il eût été noyé dans les profondeurs de la mer." (Matthieu 18:6, Marc 9:42, Luc 17:2). Ces paroles du Seigneur étaient dans les mémoires, dès les commencements, et, citées dans les Evangiles ; elles ne peuvent être oubliées… Et pourtant !

 
Le jugement divin – 18:21-24

Vient alors le jugement divin lui-même, lorsque la Septième Coupe est déversée sur la terre :  "La grande ville fut divisée en trois parties, les villes des nations tombèrent et la grande Babylone vint en mémoire devant Dieu pour lui donner la coupe du vin de sa colère ardente"  (16:19). Voilà ce qui est évoqué maintenant par un symbole bien significatif, une meule jetée dans la mer (Matthieu 18:6), comme la lettre de jugement écrite par Jérémie qui, lestée d’une pierre, fut jetée dans l’Euphrate (Jérémie 51:63-64).

21 Alors un ange puissant prit une pierre semblable à une grande meule, et il la jeta dans la mer en disant : Ainsi sera jetée avec violence Babylone la grande ville, et on ne la trouvera plus jamais. 22 On n’entendra plus jamais chez toi les joueurs de harpe, les musiciens, les joueurs de flûte ou de trompette. On ne trouvera plus jamais chez toi aucun artisan de quelque métier que ce soit ; on n’entendra plus jamais chez toi le bruit de la meule ; 23 la lumière de la lampe ne brillera plus jamais chez toi ; on n’entendra plus jamais chez toi la voix du marié et de la mariée… Parce que tes marchands étaient les dignitaires de la terre, parce que toutes les nations ont été égarées par ta sorcellerie. 24 Et chez elle a été trouvé le sang des prophètes, des saints et de tous ceux qui ont été immolés sur la terre.

Plus jamais de musique, pas plus que d’artisans, ni lumière, ni mariages… Parce que "Babylone la grande" a égaré les nations, parce qu’elle s’est rendu coupable de tant de méfaits… Et remarquons que ce ne sont ni la gloire, ni le luxe perdus, ces vanités de la vie, qui sont cités ici, car ce ne peut être considéré comme une perte, mais ce qui fait le vrai bonheur de l’homme, la simplicité de la vie : l’artisan qui fait son œuvre, le cultivateur qui se réjouit de sa récolte lorsque le grain est moulu, la joie de l’aimée et de l’aimé au jour de leur mariage… Ces réalités ont disparu et ce monde est transformé en désert (Jérémie 7:34, 16:9, 25:10). La grande ville avait égaré les nations, et, sommet de la honte, elle s’est rendu coupable d’avoir versé le sang, celui des prophètes, des fidèles et d’autres encore…
 
Certes, Babylone la grande n’est pas, elle est à venir, mais que de silences coupables et parfois complices d’autorités religieuses lors d’odieux bains de sang ! L’apôtre ne disait-il pas que "le mystère d’iniquité opère déjà" (2 Thessaloniciens 2:7). Dieu s’est tu, entendons-nous, mais ici nous entendons qu’il y aura des comptes à rendre, que justice sera rendue ! (17:6, 18:20, Matthieu 23:35).

 
Louange céleste – 19:1-5

La coupe est déversée, et certes ce n’est pas ici le dernier acte de jugement, car le Seigneur devra rencontrer encore les princes de ce monde coupable. Mais déjà retentissent les chants de louange autour du trône dans le ciel. Des louanges à propos de la main de Dieu qui vient de s’appesantir sur Babylone la grande. Non des paroles de vengeance, mais la reconnaissance de la justice de Dieu, la joie de constater que justice a été rendue aux petits, aux faibles, ceux qui avaient été trompés sous la pression de "la grande prostituée."

19  1 Après cela, j’entendis la voix forte d’une grande foule dans le ciel. Elle disait : Alléluia ! Le salut, la gloire et la puissance de notre Dieu ! 2 Car ses jugements sont vrais et justes. Il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par sa prostitution, et il a vengé le sang de ses serviteurs, en le lui réclamant de sa main. 3 Et ils dirent une seconde fois : Alléluia ! Sa fumée monte aux siècles des siècles. 4 Les vingt-quatre anciens et les quatre Vivants tombèrent sur leur face et rendirent hommage à Dieu, assis sur le trône. Ils disaient : Amen ! Alléluia !

Une grande foule dans le ciel célèbre le jugement de la "prostituée" ; nous l’avions déjà rencontrée plus tôt pour célébrer la défaite du dragon (12:10). Les anciens avec les Quatre Vivants confirment cette louange, célèbrent la justice de Dieu, ses "jugements vrais et justes" (15:3, 16:7, Psaume 19:9, Esaïe 61:8). Le grand mystère du silence de Dieu en notre temps (10:7) sera alors complètement dévoilé.
 
Alors, pour les lecteurs du livre de l’Apocalypse, vient du ciel une exhortation à laquelle tous doivent faire attention, les petits comme les grands (11:18, 13:16).

5 Du trône sortit une voix qui disait : Louez notre Dieu, vous tous, ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands.

Pierre ne dit pas autre chose lorsque dans sa lettre il s’écrie : "Toutes ces choses devant donc se dissoudre, quels devriez-vous être en sainte conduite et en piété, attendant et hâtant la venue du jour de Dieu, à cause duquel les cieux en feu seront dissous et les éléments embrasés se fondront" (2 Pierre 3:11-12). Ce qu’évoquait Pierre n’est pas ce que nous lisons ici, mais bien en phase… Voyant que la justice de Dieu sera manifestée, il convient de la considérer avec foi et vivre dans la perspective de cet avenir. La conduite s’en ressent alors, et ici, dans notre lecture de l’Apocalypse, les croyants sont exhortés à la louange.
 
Ainsi pouvons-nous comprendre combien il est heureux de garder au cœur la parole prophétique de ce livre (1:3, 22:7), à tenir la distance d’avec ce qui est source de souffrance et louer Dieu, sachant que tout viendra en lumière, en particulier tout ce qui trouble le croyant, les prémices de Babylone la grande (18:4, 19:5). Avec cette exhortation semble s’achever la vision particulière touchant Babylone la grande, l’horreur qu’elle suscitera et le jugement vers laquelle elle courra. Le cours général de la vision reprend aussitôt, les actions liées à la septième coupe de jugement (16:17-21).


 

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06:00 Écrit par Eric dans 18:21 Babylone la grande (3)

21/06/2012

19:11 - La vendange de la terre


 

La vendange de la terre – 19:11-21
 
Lors du retentissement de la  Septième Trompette, nous avons été placés devant deux événements particuliers, la Moisson et la Vendange (14:17-20). A la Moisson sont liées les Noces de l’Agneau. Et ici que nous voyons s’accomplir la Vendange, un jugement sévère du monde, la fin du mystère de Dieu (10:7).
 
Nous avions vu la porte du ciel s’ouvrir (4:1), puis le temple du ciel (11:19, 15:5). La porte et le temple ouverts étaient une invitation à Jean afin qu’il voie ; mais ici le ciel lui-même s’ouvre pour que paraisse le Christ en gloire, lui "le témoin fidèle et vrai" (3:14, 19:11). Une vision de guerre menée par Celui qui a pour nom "La Parole de Dieu" (Jean 1:1,14). Et une entreprise bien exceptionnelle, "son travail inaccoutumé" disait déjà le prophète (Ésaïe 28:21), car le dessein de Dieu est le bien des hommes, et non le malheur ! Le jugement n’est pas une fin en soi, il est l’extraction au monde de ce qui nuit au bonheur des hommes.
 
Une guerre a été déclarée par les "dix cornes qui ont donné le pouvoir à la bête", un mouvement sans repentir, car une énergie d’erreur les anime sans réserve, "car ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés" (2 Thessaloniciens 2:10-11). La victoire de l’Agneau était annoncée (17:14). C’est sous la figure d’un cavalier drapé de gloire, montant un cheval blanc, que Celui-ci paraît, accompagné d’une grande armée (Matthieu 16:27, 25:31). Des diadèmes, et un nom que nul ne connaît, car sa gloire ne peut être discernée avant qu’elle ne paraisse… Le sang qui marque son vêtement illustre sa victoire implacable (14:19-20, 2 Thessaloniciens 2:7-8, Esaïe 63:3).

11 Alors je vis le ciel ouvert, et un cheval blanc apparut. Celui qui le monte s’appelle Fidèle et Vrai ; il juge et combat avec justice. 12 Ses yeux sont comme un feu flamboyant ; sur sa tête il y a beaucoup de diadèmes et il porte un nom écrit que nul ne connaît que lui seul ; 13 il est vêtu d'un vêtement trempé de sang. Son nom s'appelle : La Parole de Dieu. 14 Les armées qui sont dans le ciel le suivaient sur des chevaux blancs revêtus de fin lin, blanc et pur.
 
15 De sa bouche sort une épée acérée à deux tranchants avec laquelle il doit frapper les nations ; c’est lui qui les fera paître avec un sceptre de fer, c’est lui qui foule la cuve du vin de la colère ardente de Dieu, le Tout-puissant. 16 Il a sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : Roi des rois, et Seigneur des seigneurs.

Le temps est venu, celui du combat par l’épée à deux tranchants (1:16, 2:12, 19:15), la parole de Dieu (Ephésiens 6:17, Hébreux 4:12), celui de la vendange et du pressoir (14:20). Et un ange paraît "debout dans le soleil", afin que tous le voient engage à un terrible carnage (Comparer Ezéchiel 39:17-20).

17 Je vis un ange debout dans le soleil. Il cria d’une forte voix à tous les oiseaux qui volaient au milieu du ciel : Venez, rassemblez-vous pour le grand dîner de Dieu, 18 afin de manger la chair des rois, la chair des chiliarques, la chair des puissants, la chair des chevaux et de ceux qui les montent et la chair de tous, hommes libres et esclaves, petits et grands.
 
19 Je vis la bête, les rois de la terre et leurs armées rassemblés pour livrer combat à celui qui monte le cheval et à son armée. 20 La bête fut prise, et avec elle le prophète de mensonge qui avait produit devant elle les miracles par lesquels il avait égaré ceux qui avaient reçu la marque de la bête et qui se prosternaient devant son image. Tous deux furent jetés vifs dans l'étang de feu embrasé par le soufre. 21 Les autres furent tués par l’épée qui sortait de la bouche de celui qui montait le cheval, et tous les oiseaux se rassasièrent de leur chair.

Les armées de la bête et de ses alliés, à commencer par les "dix cornes", sont rassemblées à "Armagédon" (16:16). Nous pouvons bien comprendre qu’il s’agit d’une victoire du bien sur le mal, par la "Parole de Dieu", l’épée à deux tranchants. "La bête et le faux prophète", la puissance politique et son inspirateur au mal ont dès lors perdu tout ascendant sur les hommes… Et même, ils ne sont plus.
L’étang de feu embrasé par le soufre (19:20, 20:10,15), répond à l’image du jugement de Sodome et Gomorrhe (Genèse 19:24), villes qui ne se sont pas relevées, comme aussi le feu ne peut s’éteindre (Matthieu 5.22 ; Luc 16.23, Apocalypse 20.10,15)

Les autres, leurs armées, les forces qui en leur nom dominent sur les peuples pour les détourner de Dieu, disparaissent également de la scène de ce monde, afin que le Christ règne sur une terre purifiée.


 

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06:00 Écrit par Eric dans 19:06 Les Noces de l'Agneau

19:6 - Les Noces de l'Agneau


 

LE REGNE DU MESSIE
Apocalypse 19:6-21:8


Après qu’eût été brisé le septième sceau (8:1), après le retentissement de la septième trompette (11:15), c’est ici la septième coupe du jugement de Dieu, la dernière (16:17). Celle du jugement de Babylone la grande, mais aussi de toutes les nations de la terre. La "prostituée" (17:1) revendiquant l’héritage de l’enseignement du Christ, aura trouvé sa juste fin, mais est-ce pour autant que ce message de l’Evangile conduira à un échec ? Absolument pas ! Et ce qui suit établit l’aboutissement de l’œuvre de la rédemption.


 
L’avènement du Christ
Apocalypse 19:6-21

Alors vient un cri de joie au ciel, "car les noces de l’Agneau sont venues". Ce cri sitôt prononcé, les événements semblent se précipiter. Les puissants sont abattus dans une conflagration radicale et le Christ entre alors dans son règne, accomplissement de la parole du psalmiste :

Pourquoi s'agitent les nations,
    et les peuples méditent-ils la vanité ?
Les rois de la terre se lèvent,
    et les princes consultent ensemble
    contre l'Éternel et contre son Oint :
Rompons leurs liens, et
    jetons loin de nous leurs cordes !
    (…)
Je raconterai le décret :
    l'Éternel m'a dit : Tu es mon Fils ;
    aujourd'hui, je t'ai engendré.
Demande-moi, et je te donnerai
    les nations pour héritage, et, pour
    ta possession, les bouts de la terre ;
Tu les briseras avec un sceptre de fer ;
    comme un vase de potier
    tu les mettras en pièces."

        (Psaume 2:1-3,7-9).

 
Les noces de l'Agneau – 19:6-10
 
La victoire de la Croix a conduit à rassembler tous les humains qui n’ont pas rejeté la parole de la grâce ; ils sont unis à Christ par des liens indestructibles. Ne fallait-il pas que la réalité de cette victoire soit affirmée avant que vienne le jugement de la terre ? Et pour que ceux qui ont "marché avec le Christ" sur la terre soient visiblement associés à son règne ? "Si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui" (2 Timothée 2:12, voir aussi 5:10, 20:6).
 
Dans le cours du livre, nous avons été placé devant la "moisson", lorsque le bon grain a été porté dans les greniers célestes (14:14-16), ce fruit qui réjouit Celui qui s’est livré en sacrifice (Ésaïe 53:10-11, 1 Pierre 1:18-19). Viennent alors les "noces de l’agneau." L’aboutissement ultime du dessein de Dieu (Ephésiens 5:27). Et une louange vient alors au ciel, célébrant le commencement du règne de Dieu, comme nous le lisions plus tôt de la bouche des vingt-quatre anciens (11:17).

6 Et j'entendis la voix forte d’une grande foule dans le ciel, comme la voix de grandes eaux et comme le bruit de forts tonnerres. Elle disait : Alléluia ! Car le Seigneur, notre Dieu, le Tout-puissant, est entré dans son règne. 7 Réjouissons-nous, soyons transportés d’allégresse et donnons-lui gloire, car les noces de l'Agneau sont venues, et son épouse s'est préparée. 8 Il lui a été donné d'être vêtue de fin lin, resplendissant et pur ; le fin lin, ce sont les actes justes des saints.

Les noces de l’Agneau ! Une figure d’harmonie incomparable, bien au-delà de la notion d’Alliance. Cette image est introduite par les prophètes dès avant l’exil à Babylone, et bien évidemment par la suite (Osée 2:16, Ezéchiel 16:8, Esaïe 54:6) comme dans l’enseignement néotestamentaire. Qui est dont "l’épouse de l’Agneau" ? Pour y répondre, Jean sera mené sur une haute montagne (21:10). Voyons le contraste avec "la femme prostituée" décrite au milieu d’un désert…
 
La parure de l’épouse ! Elle ne reflète pas, ici, l’œuvre de la rédemption, le "vêtement blanc" reçu par grâce (4:4, 6:11, 7:13-14, voir aussi Luc 15:22), car nous lisons que l’épouse s’est préparée elle-même ! Le fin lin, "les actes justes des saints" est en soi une exhortation forte sans qu’elle ne soit exprimée, un motif de vie pour les croyants… N’est-ce pas aussi pour cela qu’il est écrit "heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre !"  (22:7) ?
 
Suit une nouvelle parole à l’adresse du lecteur de ce livre :

9 Il me dit : Écris : Heureux ceux qui sont invités au banquet des noces de l'Agneau.
 
   Puis il me dit : Ce sont ici les vraies paroles de Dieu.
10 Je tombai à ses pieds pour me prosterner devant lui, mais il me dit : Garde-toi de faire cela ! Je ne suis que ton compagnon d'esclavage et celui de tes frères qui portent le témoignage de Jésus. Rends hommage à Dieu ! Car l'esprit de la prophétie est le témoignage de Jésus.

"Les vraies paroles de Dieu !" Le voyant tombe sur sa face. La vision est solennelle, et il paraît associer l’ange qui lui parle au Seigneur lui-même, celui qui est  La Parole  (Jean 1:1,14, 3:34). Mais l’ange se récrie, car il est lui-même aussi un serviteur de Dieu (22:8-9, Hébreux 1:14). Et il lui dit "Rends hommage à Dieu !" Et d’ajouter que "l’esprit de la prophétie" conduit à rendre témoignage à Jésus. Et nous comprenons par là que celui qui lirait ce livre sans être conduit au témoignage de Jésus n’en possède absolument pas le "souffle" ou "l’esprit". Un exemple est donné par Paul qui, face au dessein de Dieu dont il évoquait quelques points essentiels, laisse jaillir cette doxologie : "Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies incompréhensibles ! En effet, qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ? Qui lui a donné le premier, pour devoir être payé de retour ? Tout est de lui, par lui et pour lui ! A lui la gloire pour toujours ! Amen !" (Romains 11:33-36).

 

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06:00 Écrit par Eric dans 19:06 Les Noces de l'Agneau

20/06/2012

20:1 - Du Royaume à l'Eternité


 

Du Royaume à l'Eternité
Apocalypse 20:1-21:8

Dans cette vision, Jean a vu le monde devenu ingouvernable jusqu’à ce qu’émerge un homme providentiel qui recevra un pouvoir tel que l’on pourra y voir comme la résurrection de l’empire romain, celui qui garantit durant tant de siècles la "Pax Romana"… Et sur celui-ci s’appuyait alors ce qui restera alors de la chrétienté, des formes et des prétentions, mais nulle véritable vie, "Babylone la grande". Un appui qui sera bien vite rejeté, la  bête  trouvant dans un  faux-prophète une ligne philosophique bien mieux appropriée à ses propres ambitions ; et ce fut la chute de  Babylone, jointe à l’affirmation d’un pouvoir qui méprisera le Créateur, pensons à la mythique Babel. Tel est dépeint l’état de l’humanité avant que vienne la grande remise en ordre de ce monde, sa purification, et la fin du "mystère de Dieu", ce mystère d’un monde qui évolue librement dans la rébellion, face à Dieu, le Tout-Puissant.
 
La moisson achevée, les rachetés unis au Christ apparaîtront dans la gloire, comme l’épouse de l’Agneau, lors des "noces de l’Agneau", avant que vienne l’achèvement de l’œuvre de purification, et le règne du Christ sur une terre où l’esprit du mal est tenue prisonnier, où la justice est exercée avec un sceptre de fer.
 
Cette page extraordinaire de la "révélation de Jésus Christ" a fait couler beaucoup d’encre. La question est si difficile que les commentateurs se sont engagé de bonne foi sur des voies parfois contradictoires… Que dire ? Les paroles touchant le règne sont-elles à prendre littéralement, notamment la durée du règne, alors que le livre est à ce point marqué par les expressions symboliques ? Et quelle forme pourrait prendre ce règne affirmé par les prophètes et attendu par les croyants ?
 
Vient une réflexion. Conclure en un avenir, développer un tracé quasi géopolitique, est-ce plausible ? Et surtout, est-ce utile aujourd’hui ? Le but de ce livre est-il de nourrir nos esprits de supputations ? En fait, l’objectif du livre est décrit : "Heureux qui garde les paroles de la prophétie de ce livre !" Rendre heureux ceux qui écoutent, qui gardent ces paroles, dès ce temps si éloigné déjà où elles furent lues pour la première fois… Le livre devait, nous semble-t-il, répondre au trouble qui pouvait s’insinuer dans les esprits dès ce temps-là, au tournant du premier siècle de notre ère. Les chrétiens avaient subi des persécutions, locales souvent mais tellement éprouvantes, comme après l’incendie de Rome ; et les juifs parmi eux étaient sous le coup de la destruction du temple de Jérusalem ; et, de plus, les fidèles étaient confrontés aux dérives qui apparaissaient dans plusieurs rassemblements… Ne fallait-il pas leur donner l’assurance que ce qui les troublait n’était en rien des entraves au développement du plan divin, et qu’ils pouvaient poursuivre la route confiants et apaisés La vision leur donnait à comprendre que le monde n’allait pas être transformé par la diffusion de l’Evangile… Et il fallait aussi que les générations suivantes l’apprennent, car lorsque les assemblées deviendraient importantes, elles allaient être courtisées par le pouvoir politique soucieux d’appui, un courant qui devint manifeste deux siècles plus tard.
 
Revenant à la question initiale de la forme que prendrait le règne, qui pourrait l’anticiper ? Le livre nous conduit à cette leçon essentielle : il faut que ce qui conduit le monde dans l’égarement soit jugé, que l’esprit de rébellion, le satan, soit jugulé, et que le Christ ait le pouvoir sur un monde purifié de toutes ses infamies. Ce sera une réponse à la cruelle domination des puissants sur les faibles, une réalité historique dont nous pouvons mesurer aujourd’hui plus que jamais l’abominable scandale. Mais là n’est pas encore le dessein ultime de Dieu ; celui-ci est l’établissement d’un monde nouveau où rayonnera son amour pour les hommes.


 
L'autorité du Christ – 20:1-6
 
Dernier acte de l’instauration du règne du Messie. Ce règne annoncé et attendu depuis si longtemps s’étendra à toute l’humanité (Ésaïe 49:6-8, 1 Corinthiens 15:25) ; un règne de paix et de justice (Psaumes 9:8, 45:6, 89:14…). Sa puissance se manifestera notamment par la retenue du mal. Ce qui est aujourd’hui dans le monde, savoir l’esprit malin qui lutte contre Dieu, la séduction qui pousse des hommes à s’égarer, le "grand dragon, le serpent ancien  précipité du ciel" (12:9), n’aura plus de puissance, et la paix règnera sur la terre sous l’égide de Celui qui sera alors nommé : "Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix." (9:5).

20  1 Alors je vis descendre du ciel un ange qui tenait à la main la clef de l'abîme et une grande chaîne. 2 Il saisit le dragon, le serpent d’autrefois, qui est le diable et le satan, et le lia pour mille ans. 3 Il le jeta dans l'abîme, l’enferma et mit un sceau au-dessus de lui pour qu'il n’égare plus les nations jusqu'à ce que les mille ans soient accomplis. Après cela, il faut qu'il soit relâché pour un peu de temps.
 
4 Je vis des trônes et ceux qui s’y assirent ; le jugement leur fut donné. Je vis aussi les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et de la parole de Dieu, et de ceux qui n'avaient pas rendu hommage à la bête ni à son image et qui n'avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils reprirent vie et régnèrent avec le Christ pendant mille ans. 5 Les autres morts ne reprirent pas vie, jusqu'à ce que les mille ans soient accomplis. C'est ici la première résurrection.

L’humanité est remise en ordre ! Et avant tout, une cour judiciaire est établie pour désigner avec solennité la place qu’occuperont, dans le royaume, ceux qui ont connu le martyre durant la "grande tribulation". Il avait été dit d’eux : "Heureux, dès maintenant,  les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l'Esprit, qu'ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent."  (14:13). Ils se trouveront dans la gloire autour du Roi pour régner avec Lui, marque de reconnaissance de leurs souffrances et approbation morale de la part du Seigneur. Pour tout croyant il en sera ainsi, comme Paul l’a bien écrit : "Cette parole est certaine ; car si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui ; si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui" (2 Timothée 2:11-12).
 
Pour les autres, ceux qui se précipitèrent avec ferveur à la suite des puissances de destruction (19:21), ils attendront la comparaison devant le tribunal de Dieu (20:11-12).
 
Nous voyons ici cette explosion de joie touchant tous ceux qui auront eu part à la première résurrection.

6 Heureux et saint celui qui a part à la première résurrection ! Sur ceux-là la seconde mort n'a pas de pouvoir, mais ils seront prêtres de Dieu et du Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans.

Manifestement, nous nous trouvons devant les rachetés, les fidèles ; qu’ils aient traversé la mort pour revivre, ou qu’ils en aient été préservés. C’est ici la "première résurrection", les martyrs de la "grande tribulation" sont réunis à tous les ressuscités, ceux qui sont du Christ avec aussi ceux qui auront connu l’élévation dans sa présence sans passer par la mort.
 
La réalité des deux résurrections, après celle du Christ, est présentée par l’apôtre dans sa lettre aux chrétiens de Corinthe : "car, comme dans l'Adam tous meurent, de même aussi dans le Christ tous seront rendus vivants ; mais chacun dans son propre rang : les prémices, Christ ; puis ceux qui sont du Christ, à sa venue ; ensuite la fin, quand il aura remis le royaume à Dieu le Père, quand il aura aboli toute principauté, et toute autorité, et toute puissance." (1 Corinthiens 15:22-24). Le caractère de cette première résurrection est donné par ses diverses appellations : résurrection des justes (Luc 14:14, Actes 24:15), résurrection d’entre les morts (Actes 4:2, Philippiens 3:11), et encore la résurrection de vie (Jean 5:29). Sur ceux qui auront part à la première résurrection, la seconde mort, autrement dit l’éloignement éternel de Dieu, n’aura aucun pouvoir, car leurs noms "sont écrits dans le livre de vie de l'Agneau" (21:27).
 
Pour tous les rachetés, il est une réalité attendue, "ils régneront avec Lui", autrement dit, ils ne seront plus soumis aux conditions de ce monde (1 Corinthiens 4:11-13), mais dans la quiétude parfaite, dans le repos annoncé par Jésus lui-même (Matthieu 11:28). Et aussi "prêtres de Dieu et du Christ" (20:6). C’est déjà ce dont ont conscience les croyants dans le monde (1 Pierre 2:9), mais aussi pour l’éternité, alors qu’ils sont adoptés pour Dieu "à la louange de la gloire de sa grâce dans laquelle il nous a rendus agréables dans le Bien-aimé" (Éphésiens 1:5-6).


 
Fin des puissances malignes – 20:7-10
 
Le royaume "de notre Seigneur et de son Christ" (11:15) a une fin, ainsi que l’écrivait Paul, "quand Christ aura remis le royaume à Dieu le Père, quand il aura aboli toute principauté, et toute autorité, et toute puissance." (1 Corinthiens 15:24). Non l’affaiblissement du règne, mais une marque d’autorité et aussi la dernière épreuve pour l’homme.

7 Quand les mille ans seront accomplis, le satan sera relâché de sa prison, 8 et il sortira pour égarer les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre. Leur nombre est comme le sable de la mer. 9 Ils montèrent sur toute la largeur de la terre et ils investirent le camp des saints et la cité bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel de la part de Dieu et les dévora. 10 Le diable qui les avait égarés fut jeté dans l'étang de feu et de soufre où sont la bête et le prophète de mensonge. Ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles.

Sous le sceptre de fer, le mal ne pouvait se manifester, mais dans cette condition inconnue jusqu’ici, il s’avère que l’homme n’est pas changé pour autant. En effet, l’adhésion au Christ est un acte personnel, quelle que soit la situation d’une personne, et si nombre seront engagés dans le chemin de Dieu, le "camp des saints" (20:9), d’autres ne feront que se soumettre, malgré eux, à son autorité…
 
Le satan délivré, c’est, dans le cœur de l’homme, la liberté qu’aura le mal de se déployer. Alors que les hommes auront connu le règne de paix sous le sceptre de Christ, il y aura toujours ce choix de vie à faire ; l’appel antique est toujours actuel : "Choisis la vie, afin que tu vives…" (Deutéronome 30:19). Incorrigibles humains que seule la foi peut transformer en brebis ! Gog, chef de Magog, un peuple du nord lointain, au-delà de la mer Noire, figure ici le cœur de la contradiction ; il avait déjà été cité par le prophète Ezéchiel, lequel faisait en outre référence à Méshec et Tubal, en quoi des commentateurs ont vu la racine de Moscou et Tobolsk (Ezéchiel 38:1-23). Cette scène démontre, et peut-être en est-ce le rôle essentiel, que l’homme n’est pas amendable ; celui qui désire le bien le pratique, et celui qui se laisse dominer par des aspirations funestes s’y laisse aller dès qu’il en a l’occasion. Il se laisse conduire par "ce qui est dans le monde : la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie" (1 Jean 2:16).
 
Retenons avant tout la leçon morale que cette scène nous apporte. Comme nous pouvions comprendre que bien des personnes ont accepté la marque de la bête sur la main, sans la porter sur la tête, le siège des pensées (13:16), inversement, nombreuses sont les personnes qui s’astreignent à un service religieux sans que ce soit une démarche de foi… Ce qui paraît ici en perspective dans un temps futur peut se vérifier dans l’histoire depuis qu’il y a des hommes.


 
Le jugement des morts – 20:11-15
 
Une dernière révolte, aussi impétueuse que vaine… Un carnage, telle peut être décrite la dernière révolte contre Dieu, et contre le "camp des saints" ! Des morts…
 
Mais tous doivent ressusciter ! "Dans le Christ tous seront rendus vivants ; mais chacun dans son propre rang : les prémices, Christ ; puis ceux qui sont du Christ, à sa venue ; ensuite la fin, quand il aura remis le royaume à Dieu le Père…" (1 Corinthiens 15:23-24). Et doit s’accomplir aussi cette parole : "Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point" (Matthieu 24:35). Le Seigneur confirmait alors cette conviction de foi de tout vrai Israélite (Jean 1:48) :

Tu as jadis fondé la terre,
    et les cieux sont l'ouvrage de tes mains ;
Eux, ils périront,
    mais toi, tu subsisteras ; et
    ils vieilliront tous comme un vêtement ;
Tu les changeras comme un habit,
    et ils seront changés ;
Mais toi, tu es le Même,
    et tes années ne finiront pas.
Les fils de tes serviteurs demeureront,
    et leur semence sera établie devant toi."

        (Psaume 102:25-28, Hébreux 1:10-12).

Les morts, tous les hommes qui n’ont pas eu part à la première résurrection devront connaître le jugement divin… Cette réalité ne peut être décrite, elle est hors du champ de la sagesse humaine, attachée à une terre qui ne saurait subsister… Mais il fallait qu’elle soit affirmée. Alors en un tableau, une image, se trouve devant le voyant, une scène judiciaire, et le juge assis sur un "grand trône blanc", marque de puissance et de pureté …

11 Alors je vis un grand trône blanc, et celui qui y était assis. La terre et le ciel s’enfuirent devant lui, et il ne se trouva plus de place pour eux. 12 Alors je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône. Des livres furent ouverts, et un autre livre fut ouvert, qui est celui de la vie. Les morts furent jugés d'après ce qui était écrit dans les livres, selon leurs œuvres. 13 La mer rendit les morts qui étaient en elle, la mort et le hadès rendirent les morts qui étaient en eux, et ils furent jugés, chacun selon ses œuvres.
 
14 La mort et le hadès furent jetés dans l'étang de feu. L’étang de feu, c'est la seconde mort. 15 Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l'étang de feu.

Le Tribunal de Dieu (Romains 14:10), et de tous les morts, ceux qui n’ont pas eu part à la première résurrection (1 Corinthiens 15:22-24). Ils ne sont pas inscrits dans le livre de la vie, là où sont inscrits les rachetés (13:8, 17:8, Daniel 12:1, Luc 10:20, Philippiens 4.3) ; certains peuvent avoir cru y être inscrit, mais c’était là au regard de l’homme (3:5, Psaume 69:28) seulement. A qui la responsabilité de cette "inscription" ? C’est la grâce qui opère, et elle peut effacer toute tache (1:5, 7:14), à moins qu’un homme ait délibérément rejeté le message de Dieu dans les œuvres de création ou dans sa Parole, chacun selon le témoignage qu’il a reçu (Romains 1:16-3:20). Ainsi, pour tout homme qui aura rejeté l’offre du pardon viendra le temps de rendre des comptes, selon les œuvres accomplies dans la vie (Matthieu 16.27, 2 Corinthiens 5.10). Et suit alors la rétribution, la seconde mort (2:11, 20:6,14, 21:8).
 
Il n’y a pas de doctrine nouvelle dans ces paroles, mais les années passant, combien était-il nécessaire de rappeler par cette vision l’enseignement des apôtres.
 
"Mais les cieux et la terre de maintenant sont réservés par sa parole pour le feu, gardés pour le jour du jugement et de la destruction des hommes impies. Mais n’ignorez pas cette chose, bien-aimés, c’est qu’un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas pour ce qui concerne la promesse, comme quelques-uns estiment qu’il y a du retardement ; mais il est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance.
Or le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; et, dans ce jour-là, les cieux passeront avec un bruit sifflant, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les œuvres qui sont en elles seront brûlés entièrement. Toutes ces choses devant donc se dissoudre, quelles gens devriez-vous être en sainte conduite et en piété, attendant et hâtant la venue du jour de Dieu, à cause duquel les cieux en feu seront dissous et les éléments embrasés se fondront. Mais, selon sa promesse, nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite."
(2 Pierre 3:7-13).


 
Les nouveaux cieux et la nouvelle terre – 21:1-8
 
La vision touche à sa fin. Et le regard se porte sur la nouvelle création, un cadre de vie nouveau où l’épreuve et la souffrance ne sont plus ; tout y sera paix et repos. Un nouveau ciel et une nouvelle terre… La première est altérée par l’homme, alors qu’il l’avait reçue pour y veiller ; en effet, il y a autorité. Dans ce sens nous comprenons bien que l’homme a été "créé à l’image de Dieu" (Genèse 1:26-27, 9:6). La suite, nous la constatons aujourd’hui, même si nous pouvons voir tant de belles œuvres accomplies tous les jours.
 
Dans la vision, le premier ciel, la première terre ne sont plus, et pas d’avantage la mer, symbole d’une humanité en proie à l’agitation… Et paraît alors la sainte citée parée pour son mari. Les noces de l’Agneau avaient été célébrées loin de la terre, mais ici l’épouse paraît au centre de cette nouvelle terre voulue de Dieu.

21  1 Alors je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'est plus.

Comment ces choses paraîtront-elles ? Qu’en sera-t-il de la présente création ? Ou seront les myriades de rachetés durant l’éternité ? Beaucoup de suppositions, et des affirmations… Mais qui peut le dire en vérité, exposer valablement la réalité cachée derrière ces images de la vision de Jean ? Il n’est pas même pensable de traduire en nos langages les "paroles ineffables" qui se prononcent au "troisième ciel", c’est-à-dire dans la présence de Dieu (2 Corinthiens 12:2-4).
 
Une réalité s’impose : les croyants, dès avant la révélation de ce livre, avaient la pleine assurance cette nouvelle création, "de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite" (2 Pierre 3:13). Et Paul parle même d’un soupir profond émanant de la terre d’aujourd’hui : "Car la vive attente de la création attend la révélation des fils de Dieu. Car la création a été assujettie à la vanité, non de sa volonté mais à cause de celui qui l'a assujettie, dans l'espérance que la création elle-même aussi sera délivrée de la servitude de la corruption, pour la glorieuse liberté des enfants de Dieu." (Romains 8:19-21). Cette liberté de ceux qui auront part à la première résurrection ; "car il faut que ce corruptible revête l'incorruptibilité, et que ce mortel revête l'immortalité. Or quand ce corruptible aura revêtu l'incorruptibilité, et que ce mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie en victoire." (1 Corinthiens 15:53-54). L’apôtre citait ici le prophète Esaïe : "Il engloutira la mort en victoire ; et le Seigneur, l'Éternel, essuiera les larmes de dessus tout visage, et il ôtera l'opprobre de son peuple de dessus toute la terre ; car l'Éternel a parlé." (Ésaïe 25:8).

2 Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son mari. 3 J'entendis une grande voix venant du ciel, elle dit : La demeure de Dieu est avec les hommes ! Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple et Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu. 4 Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux ; la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses sont passées.

Et voici l’aboutissement de dessein de Dieu : être parmi les hommes sans nulle entrave et dans la joie de les voir sans nulle douleur. Pour eux, le temps des épreuves sera terminé, tout sera paix et félicité ; pour Dieu, l’accomplissement du plan défini, "selon qu'il nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui en amour…" (Éphésiens 1:4). Le temps des annonces et des figures aura pris fin (Lévitique 26:11-12, Jérémie 24 :7, 31:33, Ezéchiel 37:27) pour donner essor à la plénitude de la réalité. Déjà pour le croyant, la malédiction illustrée par la sortie d’Eden, les chérubins en fermant l’entrée (Genèse 3:24), a pris fin en vertu de l’œuvre de la croix (Matthieu 27:51, Marc 15:38, Luc 23 :45).
 
"Car je crée un ciel nouveau et une terre nouvelle ; on ne se souviendra plus du passé, il ne viendra plus au cœur. Egayez-vous plutôt et soyez pour toujours dans l'allégresse à cause de ce que je crée ; car je crée Jérusalem pour l'allégresse et son peuple pour la gaieté. Je ferai de Jérusalem mon allégresse et de mon peuple ma joie ; on n'y entendra plus de pleurs ni de cris." (Esaïe 65.17-19, voir aussi 66:22).
 
Vient une parole adressée à Jean, la vision étant achevée, pour confirmer tout ce que nous venons de voir. Une conclusion en quelque sorte. Jean est interpellé par la voix de Celui qui était assis sur le trône, et qui prononce la finale : "Voici, je fais toutes choses nouvelles !" Une parole propre à donner des forces nouvelles aux auditeurs, aux croyants, alors que les temps étaient difficiles, même au sein des rassemblements chrétiens, comme nous l’avons lu dans les lettres aux Sept assemblées d’Asie. Et des questions étaient posées ! Quarante ans auparavant déjà, quelques-uns pensaient, au vu de la persécution qu’ils enduraient, que le "Jour du Seigneur" était venu (2 Thessaloniciens 2:2) ; d’autres, épris de raisonnements d’homme venaient à douter de la résurrection (1 Corinthiens 15:35) ; et les années passant, l’idée que le Seigneur tardait à venir germait dans les esprits (2 Pierre 3:9).

5 Et celui qui était assis sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il me dit : Écris, car ces paroles sont certaines et vraies. 6 Il me dit : C'est fait ! Moi, je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin ; à celui qui a soif, je donnerai, moi, gratuitement, de la source de l'eau de la vie. 7 Celui qui vaincra héritera de ces choses, et je lui serai Dieu, et lui me sera fils. 8 Mais pour les lâches, les incrédules, ceux qui se sont souillés avec des abominations, les meurtriers, ceux qui se prostituent, les sorciers, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang brûlant de feu et de soufre, la seconde mort.

Le temps n’était pas encore venu pour "le rétablissement de toutes choses" (Actes 3:21). Mais une chose devait être affirmée pour ces chrétiens d’alors comme pour toutes les générations qui viendraient, à savoir que la promesse de Dieu est assurée. La succession des visions est donnée pour que se fixent dans les esprits ces promesses, car une image est parfois plus parlante qu’un simple exposé…
 
Et Dieu lui-même parle, celui qui est l’alpha et l’oméga (1:8, 21:6, 22:13), le premier et le dernier (1:17, Esaïe 44:6), Celui qui, par sa parole, a créé le monde selon son propre dessein et qui, par sa parole, achèvera son œuvre et introduisant le repos (Genèse 2:2). "C’est fait !" est-il écrit, comme nous l’avons lu plus haut, lorsque le septième ange sonna de la trompette, car là était le dernier acte de jugement ; ici, il s’agit de l’établissement de l’éternité de paix (16:17). Cette expression n’est pas sans rappeler le "C’est accompli !" prononcé par le Christ à la croix, après avoir rencontré le jugement divin (Jean 19:30).
 
Et revient alors pour tous les auditeurs du livre, la parole de la grâce, "je donnerai gratuitement de l’eau de la vie" (22:17, Esaïe 55:1, Jean 4:10-14, 6:35, 7:37). La parole donnée à propos des fidèles traversant la grande tribulation (7:16-17) est pour tous, en tout temps !
 
Une fois de plus, nous lisons que la foi est personnelle ; chacun doit réfléchir pour lui-même, et à celui qui croit il est dit "Je lui serai Dieu" autrement dit il connaîtra avec qui il marchera ! Et immédiatement se trouve le lien assuré : "Lui me sera fils", la part de tous les fidèles. Cette parole est véritablement l’emblème du lien établi en réponse à la foi (Genèse 17:8, Exode 6:7, Jérémie 7:23, Ezéchiel 11:20, Zacharie 8:8…). Hélas, il s’en trouve qui rejettent les eaux vives, soit qu’ils adhèrent résolument à ce que le prophète appelait "des citernes crevassées"" (Jérémie 2:13, 17:13), soit qu’ils soient craintifs face aux prophètes de malheurs ou qu’ils soient dominés par le doute, et nommés ici "les lâches et les incrédules."


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 20:01 Du Royaume à l'Eternité

18/06/2012

21:9 - La Jérusalem céleste (1)


 

EPILOGUE
Apocalypse 21:9-22:21


Face au désordre qui s’introduit dans les assemblées, face à l’influence croissante de certains courants dévastateurs qui annoncent l’apostasie, à Thyatire notamment, la vision de la  consommation du siècle  (Matthieu 24:3, 28:20), déployée dans ces pages doit redonner courage aux fidèles ; ces tableaux si évocateurs doivent les rassurer, leur faire comprendre que le silence de Dieu n’est pas cécité ! Ils doivent comprendre que rien ne peut altérer le plan divin. Et l’on pourrait alors clôturer le livre par quelques exhortations, et enfin la signature… Ils auront compris les appels à la patience (14:12), le chemin à suivre, lorsqu’il leur est dit "Tiens ferme ce que tu as" (3:11), un chemin indiqué déjà par l’apôtre, lorsqu’il parle de ce qui est à poursuivre comme de ce qui est à fuir (1 Timothée 6:11, 2 Timothée 2:15-26,et aussi Romains 14:19, 1 Corinthiens 14:1, 1 Thessaloniciens 5:15…). Et, il est important de s’en souvenir, ceci exclut les guerres parmi ceux qui professent croire en Jésus, qui est devenu "une grande maison" (2 Timothée 2:20).
 
Alors, hors de la fresque de la consommation du siècle, vient une vision essentielle, "la Jérusalem céleste". C’est un grand encouragement pour les fidèles, car ce tableau hautement symbolique va leur fournir des images inoubliables…
 
Aux chrétiens d’entre les Hébreux, attachés bien justement à la foi de leurs pères, il avait été dit de regarder en haut, de considérer avec plus d’attention ce qu’ils avaient entendus, ce qu’ils avaient reçu (Hébreux 2:1) et il leur est dit qu’en s’étant tourné vers Christ, ils étaient venus "à la montagne de Sion et à la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste…" (Hébreux 12:22). Et, en effet, tous, chrétiens d’entre les juifs comme d’entre les nations, étaient nourris de ce lien nouveau établi avec leur Seigneur "élevé dans le ciel" (Luc 24:51). La part des rachetés, aujourd’hui, avait été dépeinte par l’apôtre, disant qu’ils sont "bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ" (Éphésiens 1:3), cette bénédiction étant déjà l’accomplissement du projet de Dieu, pour lequel il a créé les cieux et la terre, ayant pour finalité d’adopter les hommes, de leur donner cette position "d’enfants de Dieu" (Romains 8:16, 1 Jean 3:2), et de les rassembler autour de lui pour l’éternité et que leur félicité soit telle qu’elle produira "la louange de la gloire de sa grâce" (Ephésiens 1:6). C’était déjà près d’un demi-siècle plus tôt.
 
Lorsque Jean est à Patmos, les temps étaient devenus bien difficiles (2 Timothée 3:1), et voici cette vision destinée à conforter les fidèles. Le but premier de ce livre, affirmé dès les premières lignes : "Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites…" (1:3).


 
LA JERUSALEM CELESTE
Apocalypse 21:9-22:5


 
"Viens ici, je te montrerai..." Nous arrivons ainsi à la vision essentielle pour le fidèle, car elle illustre l’essence même de ce à quoi il a été appelé par la grâce. Et qui justifie pleinement l’apport de cette "révélation de Jésus-Christ", à savoir combien celui qui s’y attache en est "heureux" (1:3, 22:7).

9 Puis, un des sept anges qui tenaient les sept coupes pleines des sept derniers fléaux vint me parler. Il me dit : Viens ici, je te montrerai la mariée, l’épouse de l'Agneau. 10 Il m'emporta, en esprit, sur une grande et haute montagne, et il me montra la sainte cité, Jérusalem, qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu.

Le voyant est mené sur "une grande et haute montagne." ; notons le contraste avec Babylone la grande, la profession sans vie, vue dans le désert (17:3). Et il voit la Jérusalem céleste, établie aujourd’hui dans les lieux célestes, qui va venir au cœur de la nouvelle création, "l’épouse de Christ" (19:7, 21:2, 22:17).
 
La gloire de la cité frappe au premier regard. Jean va l’appréhender par l’extérieur, les portes, les murailles et leurs fondements, avant de s’arrêter sur les composants de cette muraille et la rue de la cité. L’attention sera portée ensuite sur un point important : il n’y a pas de sanctuaire, et aucun besoin de luminaires… Des portes jamais fermées, et un fleuve aux eaux limpides venant du Trône de Dieu et de l’Agneau complètent alors la vision, soulignant la paix parfaite et la jouissance de la grâce.

 
La gloire de Dieu repose sur la cité – 21:10b-11
 
La gloire doit nous être révélée, "la gloire des enfants de Dieu" écrivait l’apôtre (Romains 8:18,21). Cette assertion se trouve ici représentée en une image saisissante, pour la fixer à l’esprit.

10b Elle avait la gloire de Dieu, 11 son éclat était comme celui d’une pierre très-précieuse, une pierre de jaspe transparente comme du cristal.

Un éclat tel une pierre de jaspe qui serait transparente comme du cristal ! La gloire essentielle de Dieu lui-même (4:3), tel est l’éclat de la sainte cité, la transparence permettant d’y discerner le reflet de toutes les couleurs, de toutes les gloires. Le contraste avec les révélations de la gloire dans les visions de l’Ecriture est manifeste, celle-ci étant alors cachée dans "la nuée" (Genèse 9:13, Exode 13:21, Ezéchiel 1:4, Matthieu 17:5, Actes 1:9…).

 
La cité, sa muraille et ses portes – 21:12-21
 
Le regard attiré par la cité, Jean en voit d’abord la grande et haute muraille, et les portes…

12 Elle avait une grande et haute muraille, et douze portes ; aux portes, douze anges sur lesquelles étaient écrits des noms, ceux des douze tribus des Israélites, 13 à l’orient trois portes, au nord trois portes, au midi trois portes et à l'occident trois portes. 14 La muraille de la cité avait douze fondations qui portaient les douze noms des douze apôtres de l'Agneau.

Le nom des douze tribus, le nom aussi des douze apôtres, les uns sur les portes, les autres sur les fondations. Voici réunies les bases mêmes du témoignage de Dieu en ce monde. Israël demeure le peuple choisi, et ce n’est pas "l’endurcissement partiel" d’aujourd’hui qui change le propos divin, car "les dons de grâce et l'appel de Dieu sont sans repentir." (Romains 11:29). C’est dans le réveil d’Israélites, des douze tribus, que se formera ce témoignage de Dieu sur la terre nous l’avons vu dans la mention des "cent quarante-quatre mille scellés de toute tribu des fils d'Israël" (7:4), un grand nombre d’homme recevant alors leur témoignage (7:9).
 
Quant aux fondations, elles s’appuient sur le témoignage des douze apôtres de l’Agneau, ainsi que nous lisons : "vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'au bout de la terre" (Actes 1:8). Paul revient sur cette réalité en s’adressant aux chrétiens d’Ephèse : "Ainsi donc vous n'êtes plus étrangers ni forains, mais vous êtes concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu, ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin" (Éphésiens 2:19-20).
 
Des mesures sont prises. La ville est un cube parfait, comme l’était le Saint des Saints dans le tabernacle du désert comme dans le temple de Salomon (Exode 26 :15-25, 1 Rois 6:20), cet espace où le seul mobilier était l’arche du témoignage avec le saint propitiatoire qui la couvrait (Hébreux 9:3-5). Là, le prêtre n’entrait qu’une fois l’an (Hébreux 9:7), mais en vertu de l’œuvre de la croix, le "voile de séparation" est désormais ouvert (Matthieu 27:51, Marc 15:38, Luc 23:45). La cité est l’habitation de tous ceux dont le nom figure dans le livre de vie (21:27).

15 Celui qui me parlait avait une mesure, un roseau d'or, pour mesurer la cité, ses portes et sa muraille. 16 La cité avait la forme d’un carré, sa longueur était égale à sa largeur. Il mesura la cité avec le roseau, douze mille stades ; la longueur, la largeur et la hauteur étaient égales. 17 Il mesura la muraille, cent quarante-quatre coudées, mesure d'homme, c'est-à-dire d'ange.

Des dimensions exprimant avec force la réalité mystique, car ces douze mille stades de périmètre nous font considérer un cube de trois mille stades d’arête, soit environ cinq cent cinquante-cinq kilomètres… en longueur, en largeur, mais aussi en hauteur. Association en figure du ciel et de la terre !
 
La muraille de cent quarante-quatre mille coudées de hauteur, plus de soixante-dix mètres, douze fois douze pour en souligner l’absolue perfection ! Mais là n’est pas encore l’expression de sa beauté… Les dimensions appréciées, le regard se porte sur la ville elle-même, toute d’or pur comme l’était le Saint des Saints dans le Temple, et, est-il ajouté, "comme du verre pur", car la gloire et la justice divine sont pleinement révélées. Entourée de cette muraille de jaspe, cette pierre très précieuse qui représente la sainteté de Dieu (4:3), et déterminant ainsi que l’ouvrage, la sainte cité, est la cité de Dieu, ce qu’Il réalise pour le bonheur de l’homme et que nul ne peut altérer.

18 La muraille était construite en jaspe, et la cité était d'or pur, semblable à du verre pur. 19 Les fondations de la muraille de la cité étaient ornés de toutes pierres précieuses : la première fondation était de jaspe, la deuxième de saphir, la troisième de calcédoine, la quatrième d'émeraude, 20 la cinquième de sardonyx, la sixième de sardoine, la septième de chrysolithe, la huitième de béril, la neuvième de topaze, la dixième de chrysoprase, la onzième d'hyacinthe, la douzième d'améthyste. 21 Les douze portes étaient douze perles, chacune des portes était d'une seule perle. La rue de la cité était d'or pur, comme du verre transparent.

Nous avions vu sur les fondations de la muraille le nom des douze apôtres. Et nous savons qu’ils furent mis à part par le Seigneur lui-même pour présenter ces bases de la foi, à savoir les gloires variées de Christ, selon qu’ils furent instruits par l’Esprit de vérité (Jean 16:13-14). Le Seigneur leur dit avant de les quitter : "vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'au bout de la terre." (Actes 1:8). Et considérant les pierres précieuses, celles qui étaient aussi disposées sur le pectoral du grand prêtre (Exode 28:17-20), exprimant les gloires de Dieu et l’attention miséricordieuse qu’il porte sur le peuple choisi.
Les pierres, vues trois par trois, pourraient être signes d’abord de la gloire divine, suivie de la révélation, et pour suivre la justice exercée et enfin la paix accomplie. Le jaspe, impénétrable, les gloires insondables de Dieu ; il est suivi du saphir, couleur du ciel et de la calcédoine, pourpre, couleur du pouvoir, de la souveraineté. L’émeraude, verte, symbole de rédemption et de paix, l’ondée bienfaisante de la grâce nourrissant les terres (Matthieu 14:19), est associé à la sardonyx, couleur mêlée sang et chair, figure d’incarnation, et à la sardoine, rouge sang, couleur du sacrifice. La pierre de chrysolithe est toute d’or, expression de la justice divine, le béril, aigue-marine, couleur des abysses de l’abandon (Romains 10:7), et la topaze jaune d’or, éclatant, exprimant la justice manifestée. Viennent la chrysoprase, pierre brillante aux reflets vert pâle, l’hyacinthe, rouge orangée et l’améthyste, violette ; nous pourrions penser à la quiétude de la cité, le souvenir de l’œuvre de la rédemption et la gloire révélée.

Les couleurs de ces pierres précieuses nous font parcourir toute la révélation de Dieu, de la  lumière inaccessible  (1 Timothée 6:16) jusqu’à la gloire manifestée en passant par le mystère de l’incarnation, les souffrances et la mort de l’Agneau de Dieu, la justice manifestée à la croix, la victoire remportée… Les portes portant le nom des douze tribus sont des perles, soulignant ainsi l’accomplissement de la promesse rappelée par les prophètes (Ezéchiel 47:13). Quant à la rue, ce lieu de passage, elle est tout d’or, comme du verre transparent. Aucune aspérité, tout un parcours empreint de paix, dans la lumière… La réponse à bien des aspirations !

 

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06:00 Écrit par Eric dans 21:09 La Jérusalem céleste (1)

17/06/2012

21:22 - La Jérusalem céleste (2)


 

La lumière de la cité – 21:22-27
 
Qu’il n’y ait pas de sanctuaire est aussi une bénédiction, car cela souligne la présence de Dieu, comme il en était du temple. Là, une présence cachée, derrière une enceinte, mais ce que nous lisons ici est la proximité immédiate de Dieu.

22 Je n’y vis pas de sanctuaire, car le Seigneur Dieu, le Tout-puissant, et l'Agneau, en sont le sanctuaire. 23 La cité n'a besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer, car la gloire de Dieu l'éclaire et sa lampe est l'Agneau.

Sans doute est-ce là une scène d’avenir, mais il est écrit pour le croyant: "Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté ; nous savons que quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est." (1 Jean 3:2). Un accomplissement déjà annoncé, une joie promise : "Le soleil ne sera plus ta lumière, de jour, et la clarté de la lune ne t'éclairera plus ; mais l'Éternel sera ta lumière à toujours, et ton Dieu, ta gloire. Ton soleil ne se couchera plus, et ta lune ne se retirera pas ; car l'Éternel sera ta lumière à toujours, et les jours de ton deuil seront finis." (Ésaïe 60:19-20).

24 Les nations marcheront à sa lumière et les rois de la terre y apporteront leur gloire. 25 Ses portes ne seront jamais fermées pendant le jour ; et, là, il n'y aura pas de nuit. 26 On y apportera la gloire et l'honneur des nations. 27 Il n'y entrera jamais rien qui soit souillée, ni faiseur d’abomination ou de mensonge, mais ceux-là seuls qui sont inscrits dans le livre de vie de l'Agneau.

Quelle image de paix ! Et voilà ce que le Seigneur Dieu veut pour les hommes. Une image aussi du "royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ" (11:15). Un accomplissement de la parole des prophètes : "Et tes portes seront continuellement ouvertes, elles ne seront fermées ni de jour ni de nuit, pour que te soient apportées les richesses des nations, et pour que leurs rois te soient amenés." (Ésaïe 60:11, voir aussi Ésaïe 35.8, 52.1, Ezéchiel 44.9).

 
Le fleuve d’eau vive – 22:1-4
 
"Un fleuve d’eau vive..." Une des représentations les plus fortes de la grâce, celle même présentée par Ezéchiel dans sa vision du temple, alors qu’en figure il est conduit à y marcher et se trouve bientôt dans la nécessité de nager, tant est profond le lit du fleuve, "des eaux où il fallait nager, une rivière qu'on ne pouvait traverser" (Ézéchiel 47:1-12). Cette pensée est au cœur de la vision prophétique (Joël 3:18, Zacharie 14:8), et déjà dans la présentation du Jardin de Dieu, l’Eden (Genèse 2:10).
 
Les fontaines de l’eau de la vie sont abondantes et gratuites (7:17, 21:6). Pensons à l’eau du rocher, dans le désert ; tous ont bu du même breuvage spirituel, car ils buvaient "d'un rocher spirituel qui les suivait : et le rocher était le Christ"  (Exode 17:6, 1 Corinthiens 10:4). Et encore, la parole de l’Evangile : "Et en la dernière journée, la grande journée de la fête, Jésus se tint là et cria, disant : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive." (Jean 7:37).

22  1 Il me montra un fleuve d'eau vive, limpide comme du cristal, sortant du trône de Dieu et de l'Agneau. 2 Au milieu de la rue et sur les deux rives du fleuve, l'arbre de vie, portant douze récoltes, donnant son fruit chaque mois. Les feuilles de l'arbre sont pour la guérison des nations.
Une sphère de bénédiction, telle est la Jérusalem céleste. Le fruit y est abondant chaque mois, produit en toute saison pouvons-nous dire. Fruit de la lumière, fruit de l’Esprit. "Le fruit de la lumière consiste en toute bonté, et justice, et vérité" (Éphésiens 5:9). "Le fruit de l'Esprit est l'amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la fidélité" (Galates 5:22). C’est là ce qui caractérise la vie dans la présence de Dieu, et c’est là ce que le croyant doit poursuivre (1 Timothée 6;11, 2 Timothée 2:22, voir aussi Romains 14:19, 1 Corinthiens 14:1, 1 Thessaloniciens 5:15).
 
Les feuilles pour la guérison des nations ! La parure extérieure, le témoignage porté… Une vie qui manifeste ce qui répond à la pensée de Dieu est le premier témoignage porté au monde, et celui qui interpelle tout homme. A réfléchir. Pensons au contraste. D’une part, ce qui émane de la vie divine, reflets de la Jérusalem céleste, des assemblées ferventes au témoignage empreint de vérité et de grâce, ce qu’apporta le Seigneur (Jean 1:17), et d’autre part la profession sans vie de Babylone la grande, avide de pouvoir séculier et bientôt rejetée des nations sur lesquelles elle s’appuie…

 
La cité éternelle 22:3-5
 
La description de la cité céleste est terminée. Ce lieu de gloire abrite tous les hommes cités dans le livre de vie, et elle dispense sur le monde aujourd’hui comme au temps du règne de Christ la lumière de Dieu et sa grâce, un fleuve dont la puissance avait été révélé déjà à Ezéchiel, lorsqu’il était en exil à Babylone. Des images propre à soutenir la mémoire des paroles de Jésus-Christ (Jean 3:16-17, 8:12, 12:46…).
 
Et vient ici l’expression du propos éternel de Dieu, et l’affirmation de la victoire remportée à la croix : jamais plus de malédiction ! "On y habitera, il n'y aura plus d'anathème, et Jérusalem habitera en sécurité" (Zacharie 14:11). Mais ce n’est pas cela seulement, car le don de Dieu dépasse infiniment l’extinction du jugement…
 
Le propos était annoncé, ainsi que Paul en avait parlé déjà, parlant de l’adoption comme enfants de tous les rachetés : "selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce dans laquelle il nous a rendus agréables dans le Bien-aimé ; en qui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des fautes selon les richesses de sa grâce : laquelle il a fait abonder envers nous en toute sagesse et intelligence, nous ayant fait connaître le mystère de sa volonté selon son bon plaisir, qu'il s'est proposé en lui-même pour l'administration de la plénitude des temps : réunir en un toutes choses dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre…" (Éphésiens 1:6-10).

3 Il n'y aura plus de malédiction. Le trône de Dieu et de l'Agneau sera 4 ils verront sa face et son nom sera sur leur front.
 
5 La nuit ne sera plus, et ils n’auront besoin ni d'une lampe ni de la lumière du soleil, car le Seigneur Dieu fera briller sa lumière sur eux. Et et ils régneront aux siècles des siècles.

Déjà nous avons lu : "La demeure de Dieu est avec les hommes ! Il aura sa demeure avec eux" (21:3), et Il répandra éternellement sa lumière sur eux (21:11,23). Et là, l’Agneau sera vu dans sa gloire, comme nous le lisons déjà "Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté ; nous savons que quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est." (1 Jean 3:2).
 
Telle est la vie éternelle, "les siècles des siècles". Régner paraît bien devoir être lu comme l’expression de la liberté, de l’absence de dominateur, et donc la paix promise, "Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix" (Jean 14:27). Et avec ce regard nous pouvons mieux comprendre le  repos de Dieu  annoncé à la première page de la Bible (Genèse 2:1-3) comme la valeur que devait avoir, pour les Israélites, le repos du shabbat (Exode 20:11). Vue majestueuse d’une félicité inaltérable !


 

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06:00 Écrit par Eric dans 21:22 La Jérusalem céleste (2)

16/06/2012

22:6 - Exhortations et Signature


 

EXHORTATIONS ET SIGNATURE
Apocalypse 22:6-21


 
Cette "Révélation de Jésus-Christ" s’est donc achevée sur la description de la bénédiction des rachetés aujourd’hui et pour l’éternité, la "Jérusalem céleste" ; une réalité connue des croyants, une réalité spirituelle intemporelle, l’expression de ce que le Seigneur Dieu a conçu pour que les hommes, ses créatures, puissent goûter la paix éternelle introduite en justice par l’œuvre de la croix. Cette vision sublime touche à des réalités actuellement vécues par les croyants, mais aussi à venir lorsque, comme "épouse de Christ", elle "régnera avec lui" (5:10, 20:6, Romains 5:17, 2 Timothée 2:12), et encore l’état éternel, lorsqu’elle sera établie au cœur de la nouvelle création (21:10).
 
Et viennent quelques paroles qui clôturent le livre, les derniers mots prononcés dans la vision elle-même, des paroles d’un ange, des mots de Jean, une exhortation prononcée par le Seigneur, et enfin la réponse attendue de la foi, ce que l’Esprit de Dieu produit dans les croyants.

 
Des paroles certaines et vraies - 22:6-11
 
La beauté de la Jérusalem céleste ayant été déployée, il est rappelé que ce témoignage vient de Dieu lui-même, des paroles "certaines et vraies" (19:9, 21:5).

6 Et il me dit : Ces paroles sont certaines et vraies ; le Seigneur, Dieu des esprits des prophètes, a envoyé son ange, pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bien vite. 7 Je viens bientôt. Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre.

Une parole de conclusion pour souligner l’importance de saisir ce message, se réjouir de l’annonce et considérer comme très proche la venue du Seigneur. Nous savons que des doutes s’étaient insinués parmi les croyants ; Pierre a du rappeler qu’il n’y a pas de "retardement", expliquant que le temps qui courrait était lui-même une manifestation de la grâce (2 Pierre 3:9). L’attente des croyants était vive, car ils étaient exhortés à être prêts à voir paraître le Seigneur de leur vivant ; Paul écrivait d’ailleurs : "puis nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l'air ; et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur." (1 Thessaloniciens 4:17). Pierre et Paul ont-ils fait erreur ? Posons-nous cette question : l’un et l’autre, et tous ceux qui après eux se sont "endormis dans le Seigneur" (1 Corinthiens 15:51, 2 Pierre 3 :4) ne sont-ils pas entrés en un instant dans l’éternité ? Et alors cette parole "Je viens bientôt" n’est-elle pas toujours actuelle pour tout homme ? Ainsi est-il heureux, celui qui vit ayant à l’esprit les paroles de ce livre. Ne sont-elles pas destinées à donner au cœur la confiance en Dieu en affrontant les difficultés de la vie ?
 
Jean signe ce livre ; il souligne avoir vu lui-même cette vision ; la finale est comparable à la fin de l’Evangile (Jean 21:24). Et il tombe aux pieds de l’ange qui lui parle, c’est bien là sa modestie (19:10).

8 C'est moi, Jean, qui ai entendu et vu ces choses. Quand j’ai entendu et vu, je suis tombé aux pieds de l’ange qui me les montrait, pour me prosterner devant lui. 9 Mais il me dit : Garde-toi de faire cela ! Je suis ton compagnon d'esclavage et celui de tes frères, les prophètes, et de ceux qui gardent les paroles de ce livre. Prosterne-toi devant Dieu !
 
10 Puis il me dit : Ne tiens pas secrètes les paroles de la prophétie de ce livre, car le temps est proche. 11 Que celui qui est injuste pratique encore l’injustice, que celui qui est souillé se souille encore, que celui qui est juste pratique encore la justice et que celui qui est saint demeure toujours sanctifié.

Le voyant n’est pas seulement encouragé à communiquer la révélation qu’il vient de recevoir. C’est une véritable pression exercée sur cet homme modeste.
 
La parole énigmatique "Que celui qui est injuste…" pourrait donner à penser que dès ce temps tout homme est figé dans son comportement, les uns pour la perdition et les autres pour la bénédiction… Et nous savons que cela n’est pas ainsi que nous pouvons la comprendre. La lettre de Pierre nous montre bien que la patience de Dieu est une occasion pour tous les hommes de changer de cap et saisir la grâce offerte (2 Pierre 3:9). Ainsi cette parole paraît clairement adressée à Jean et transmise pour que l’on comprenne son attitude. La mission qui lui est donnée est la communication de cette révélation et non une quelconque injonction à mener un combat contre les désordres au sein de la profession chrétienne. Un écho bien clair à cet enseignement donné plus tôt aux assemblées : "Tiens ferme ce que tu as !" (2:13,25, 3:11).

 
La voie pour être heureux – 22:12-17
 
Une voix se fait à nouveau entendre, celle de l’Agneau. Pour redire encore sa venue prochaine et souligner l’accomplissement du conseil divin. Remarquons que le titre "l’alpha et l’oméga" donné à Dieu (1:8, Esaïe 44:6) est, bien évidemment, repris ici pour Christ lui-même (1:17, 2:8, 21:6, 22:13).

12 Je viens bientôt ! Et avec moi, ma récompense pour rendre à chacun selon son œuvre. 13 Moi, je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.

Cette voix se fait entendre pour rappeler qu’il y a une conséquence essentielle au choix de vie personnel (22:12, Esaïe 40:10, Psaume 62:12), mais surtout pour exhorter, pour encourager les croyants à persévérer dans le chemin, car ils ont droit à l’arbre de vie, ils ont leur entrée dans la sainte cité.

14 Heureux ceux lavent leur robe pour avoir droit à l’arbre de vie et pour entrer par ses portes dans la cité. 15 Dehors les chiens, les sorciers, les prostitués, les meurtriers, les idolâtres et quiconque aime et fait le mensonge.

Laver sa robe, quitter son ancien état, changer de vie ; il ne s’agit pas de profession ou de croyance, mais de vie… Et celui qui prend cette route entre dans la liberté (Romains 8:21), ayant le droit de saisir ce qui lui est donné, car son nom est inscrit dans le livre de vie (21:27).

16 Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange pour vous apporter ce témoignage dans les assemblées. Moi, je suis la racine et la postérité de David, l'étoile resplendissante du matin.

Celui qui a dit "je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la consommation du siècle" (Matthieu 28:20) se manifeste encore au voyant, manifestant ainsi son attention, et sa présence en fait, pour les rachetés.
 
"Racine et postérité de David", lui, "le Germe", la descendance de David (Jérémie 23:5, 33:15, Jean 7:42, Matthieu 22:42), qui pouvait poser cette question à ses contradicteurs : "Comment donc David, en Esprit, l'appelle-t-il seigneur, disant Le Seigneur a dit à mon seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je mette tes ennemis sous tes pieds ?  Si donc David l'appelle seigneur, comment est-il son fils ?" (Matthieu 22:43-45). Il accomplit les promesses à l’aube d’un jour nouveau, lorsque brille l’étoile brillante du matin dont Pierre parlait : "Et nous avons la parole prophétique plus ferme, à laquelle vous faites bien d'être attentifs, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour ait commencé à luire et que l'étoile du matin se soit levée dans vos cœurs" (2 Pierre 1:19).
 
Le déploiement de la grâce, ce que nous voyons dans la présentation de la Jérusalem céleste et les exhortations lues conduisent à suggérer la réponse de la foi. Elle tient en un mot, "Viens !", induit par l’Esprit à l’épouse, l’ensemble des croyants. Le racheté nourri par la parole de Dieu dit "Viens !" avec la même assurance que, conduit par l’Esprit de Dieu, il se sait "Enfant de Dieu" (Romains 8:15-16, Galates 4:6).

17 L'Esprit et l’épouse disent Viens. Que celui qui entend dise Viens, que celui qui a soif vienne, que celui qui veut prenne gratuitement de l'eau de la vie.

Ces lignes s’adressent à tous les lecteurs, afin qu’ils viennent à la source et qu’ils boivent de l’eau de la vie (Jean 4:13-14, 7:37, Esaïe 55:1).

 
Avertissement – 22:18-19
 
Recevoir un tel enseignement, lire une telle vision, considérer à ce point la grandeur de Dieu, cela engage au respect, à l’humilité, même si l’extraordinaire de la vision est tel que la lecture sincère du livre ne conduit pas à en comprendre toutes les lignes. Mais autre est la disposition d’esprit qui conduirait à apporter des enseignements personnels, à utiliser les paroles de ce livre pour attirer des âmes dans un courant sectaire ? Tel était déjà l’avertissement à la suite du don de la Loi (Deutéronome 4:2, 12:32). Un avertissement sévère est donné à quiconque travestit le texte volontairement…

18 Moi, j’atteste à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre, que si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu lui ajoutera les fléaux écrits dans ce livre, 19 et que si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l'arbre de vie et de la sainte cité décrits dans ce livre.

Ajouter des fléaux ou retrancher la part de l’arbre de vie… Altérer sciemment les paroles du livre, c’est s’engager dans un chemin de déception ; c’est bien ce que signifie cette mise en garde. Tout est ainsi dit à cet égard. Il se trouve clairement le prononcé d’un anathème, comme le fit Paul touchant l’annonce de l’Evangile (Galates 1:8-12). Et une telle démarche, coupable, revient à priver les petits, les humbles, qui seraient séduits, des bénédictions attachées à l’attente confiante de la venue du Seigneur que nous trouvons dans cette parole : "Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre." Pensons à la déception de tant de personnes qui se sont laissé séduire par des annonces mensongères d’une date de "fin du présent siècle" ! Revenons à cette parole du Seigneur : "Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. Mais, quant à ce jour-là et à l'heure, personne n'en a connaissance, pas même les anges des cieux, si ce n'est mon Père seul. […] Veillez donc ; car vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur vient." (Matthieu 24:35-36,42).

 
Signature – 22:20-21
 
Une dernière parole, lapidaire, fournit la certification du livre tout entier ; elle est suivie de la réponse de la foi, une réelle adhésion à ce qui est écrit, un "Amen !" 

20 Celui qui rend témoignage de ces choses dit Oui, je viens bientôt. Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! 21 Que la grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec tous les saints.

Telle est bien la réalité à cultiver parmi les croyants. Nous avons vu ces exhortations à "Tenir ferme !"  et l’absence saisissante d’engagement à combattre ce qui est en train de quitter le chemin du commencement. C’est la recherche de la paix qui doit conduire le croyant (Romains 14:19, Hébreux 12:14), dans un esprit de grâce (Colossiens 4:6, 2 Jean 2-3).


 

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06:00 Écrit par Eric dans 22:06 Exhortations et signature