20/06/2012

20:1 - Du Royaume à l'Eternité


 

Du Royaume à l'Eternité
Apocalypse 20:1-21:8

Dans cette vision, Jean a vu le monde devenu ingouvernable jusqu’à ce qu’émerge un homme providentiel qui recevra un pouvoir tel que l’on pourra y voir comme la résurrection de l’empire romain, celui qui garantit durant tant de siècles la "Pax Romana"… Et sur celui-ci s’appuyait alors ce qui restera alors de la chrétienté, des formes et des prétentions, mais nulle véritable vie, "Babylone la grande". Un appui qui sera bien vite rejeté, la  bête  trouvant dans un  faux-prophète une ligne philosophique bien mieux appropriée à ses propres ambitions ; et ce fut la chute de  Babylone, jointe à l’affirmation d’un pouvoir qui méprisera le Créateur, pensons à la mythique Babel. Tel est dépeint l’état de l’humanité avant que vienne la grande remise en ordre de ce monde, sa purification, et la fin du "mystère de Dieu", ce mystère d’un monde qui évolue librement dans la rébellion, face à Dieu, le Tout-Puissant.
 
La moisson achevée, les rachetés unis au Christ apparaîtront dans la gloire, comme l’épouse de l’Agneau, lors des "noces de l’Agneau", avant que vienne l’achèvement de l’œuvre de purification, et le règne du Christ sur une terre où l’esprit du mal est tenue prisonnier, où la justice est exercée avec un sceptre de fer.
 
Cette page extraordinaire de la "révélation de Jésus Christ" a fait couler beaucoup d’encre. La question est si difficile que les commentateurs se sont engagé de bonne foi sur des voies parfois contradictoires… Que dire ? Les paroles touchant le règne sont-elles à prendre littéralement, notamment la durée du règne, alors que le livre est à ce point marqué par les expressions symboliques ? Et quelle forme pourrait prendre ce règne affirmé par les prophètes et attendu par les croyants ?
 
Vient une réflexion. Conclure en un avenir, développer un tracé quasi géopolitique, est-ce plausible ? Et surtout, est-ce utile aujourd’hui ? Le but de ce livre est-il de nourrir nos esprits de supputations ? En fait, l’objectif du livre est décrit : "Heureux qui garde les paroles de la prophétie de ce livre !" Rendre heureux ceux qui écoutent, qui gardent ces paroles, dès ce temps si éloigné déjà où elles furent lues pour la première fois… Le livre devait, nous semble-t-il, répondre au trouble qui pouvait s’insinuer dans les esprits dès ce temps-là, au tournant du premier siècle de notre ère. Les chrétiens avaient subi des persécutions, locales souvent mais tellement éprouvantes, comme après l’incendie de Rome ; et les juifs parmi eux étaient sous le coup de la destruction du temple de Jérusalem ; et, de plus, les fidèles étaient confrontés aux dérives qui apparaissaient dans plusieurs rassemblements… Ne fallait-il pas leur donner l’assurance que ce qui les troublait n’était en rien des entraves au développement du plan divin, et qu’ils pouvaient poursuivre la route confiants et apaisés La vision leur donnait à comprendre que le monde n’allait pas être transformé par la diffusion de l’Evangile… Et il fallait aussi que les générations suivantes l’apprennent, car lorsque les assemblées deviendraient importantes, elles allaient être courtisées par le pouvoir politique soucieux d’appui, un courant qui devint manifeste deux siècles plus tard.
 
Revenant à la question initiale de la forme que prendrait le règne, qui pourrait l’anticiper ? Le livre nous conduit à cette leçon essentielle : il faut que ce qui conduit le monde dans l’égarement soit jugé, que l’esprit de rébellion, le satan, soit jugulé, et que le Christ ait le pouvoir sur un monde purifié de toutes ses infamies. Ce sera une réponse à la cruelle domination des puissants sur les faibles, une réalité historique dont nous pouvons mesurer aujourd’hui plus que jamais l’abominable scandale. Mais là n’est pas encore le dessein ultime de Dieu ; celui-ci est l’établissement d’un monde nouveau où rayonnera son amour pour les hommes.


 
L'autorité du Christ – 20:1-6
 
Dernier acte de l’instauration du règne du Messie. Ce règne annoncé et attendu depuis si longtemps s’étendra à toute l’humanité (Ésaïe 49:6-8, 1 Corinthiens 15:25) ; un règne de paix et de justice (Psaumes 9:8, 45:6, 89:14…). Sa puissance se manifestera notamment par la retenue du mal. Ce qui est aujourd’hui dans le monde, savoir l’esprit malin qui lutte contre Dieu, la séduction qui pousse des hommes à s’égarer, le "grand dragon, le serpent ancien  précipité du ciel" (12:9), n’aura plus de puissance, et la paix règnera sur la terre sous l’égide de Celui qui sera alors nommé : "Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix." (9:5).

20  1 Alors je vis descendre du ciel un ange qui tenait à la main la clef de l'abîme et une grande chaîne. 2 Il saisit le dragon, le serpent d’autrefois, qui est le diable et le satan, et le lia pour mille ans. 3 Il le jeta dans l'abîme, l’enferma et mit un sceau au-dessus de lui pour qu'il n’égare plus les nations jusqu'à ce que les mille ans soient accomplis. Après cela, il faut qu'il soit relâché pour un peu de temps.
 
4 Je vis des trônes et ceux qui s’y assirent ; le jugement leur fut donné. Je vis aussi les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et de la parole de Dieu, et de ceux qui n'avaient pas rendu hommage à la bête ni à son image et qui n'avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils reprirent vie et régnèrent avec le Christ pendant mille ans. 5 Les autres morts ne reprirent pas vie, jusqu'à ce que les mille ans soient accomplis. C'est ici la première résurrection.

L’humanité est remise en ordre ! Et avant tout, une cour judiciaire est établie pour désigner avec solennité la place qu’occuperont, dans le royaume, ceux qui ont connu le martyre durant la "grande tribulation". Il avait été dit d’eux : "Heureux, dès maintenant,  les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l'Esprit, qu'ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent."  (14:13). Ils se trouveront dans la gloire autour du Roi pour régner avec Lui, marque de reconnaissance de leurs souffrances et approbation morale de la part du Seigneur. Pour tout croyant il en sera ainsi, comme Paul l’a bien écrit : "Cette parole est certaine ; car si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui ; si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui" (2 Timothée 2:11-12).
 
Pour les autres, ceux qui se précipitèrent avec ferveur à la suite des puissances de destruction (19:21), ils attendront la comparaison devant le tribunal de Dieu (20:11-12).
 
Nous voyons ici cette explosion de joie touchant tous ceux qui auront eu part à la première résurrection.

6 Heureux et saint celui qui a part à la première résurrection ! Sur ceux-là la seconde mort n'a pas de pouvoir, mais ils seront prêtres de Dieu et du Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans.

Manifestement, nous nous trouvons devant les rachetés, les fidèles ; qu’ils aient traversé la mort pour revivre, ou qu’ils en aient été préservés. C’est ici la "première résurrection", les martyrs de la "grande tribulation" sont réunis à tous les ressuscités, ceux qui sont du Christ avec aussi ceux qui auront connu l’élévation dans sa présence sans passer par la mort.
 
La réalité des deux résurrections, après celle du Christ, est présentée par l’apôtre dans sa lettre aux chrétiens de Corinthe : "car, comme dans l'Adam tous meurent, de même aussi dans le Christ tous seront rendus vivants ; mais chacun dans son propre rang : les prémices, Christ ; puis ceux qui sont du Christ, à sa venue ; ensuite la fin, quand il aura remis le royaume à Dieu le Père, quand il aura aboli toute principauté, et toute autorité, et toute puissance." (1 Corinthiens 15:22-24). Le caractère de cette première résurrection est donné par ses diverses appellations : résurrection des justes (Luc 14:14, Actes 24:15), résurrection d’entre les morts (Actes 4:2, Philippiens 3:11), et encore la résurrection de vie (Jean 5:29). Sur ceux qui auront part à la première résurrection, la seconde mort, autrement dit l’éloignement éternel de Dieu, n’aura aucun pouvoir, car leurs noms "sont écrits dans le livre de vie de l'Agneau" (21:27).
 
Pour tous les rachetés, il est une réalité attendue, "ils régneront avec Lui", autrement dit, ils ne seront plus soumis aux conditions de ce monde (1 Corinthiens 4:11-13), mais dans la quiétude parfaite, dans le repos annoncé par Jésus lui-même (Matthieu 11:28). Et aussi "prêtres de Dieu et du Christ" (20:6). C’est déjà ce dont ont conscience les croyants dans le monde (1 Pierre 2:9), mais aussi pour l’éternité, alors qu’ils sont adoptés pour Dieu "à la louange de la gloire de sa grâce dans laquelle il nous a rendus agréables dans le Bien-aimé" (Éphésiens 1:5-6).


 
Fin des puissances malignes – 20:7-10
 
Le royaume "de notre Seigneur et de son Christ" (11:15) a une fin, ainsi que l’écrivait Paul, "quand Christ aura remis le royaume à Dieu le Père, quand il aura aboli toute principauté, et toute autorité, et toute puissance." (1 Corinthiens 15:24). Non l’affaiblissement du règne, mais une marque d’autorité et aussi la dernière épreuve pour l’homme.

7 Quand les mille ans seront accomplis, le satan sera relâché de sa prison, 8 et il sortira pour égarer les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre. Leur nombre est comme le sable de la mer. 9 Ils montèrent sur toute la largeur de la terre et ils investirent le camp des saints et la cité bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel de la part de Dieu et les dévora. 10 Le diable qui les avait égarés fut jeté dans l'étang de feu et de soufre où sont la bête et le prophète de mensonge. Ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles.

Sous le sceptre de fer, le mal ne pouvait se manifester, mais dans cette condition inconnue jusqu’ici, il s’avère que l’homme n’est pas changé pour autant. En effet, l’adhésion au Christ est un acte personnel, quelle que soit la situation d’une personne, et si nombre seront engagés dans le chemin de Dieu, le "camp des saints" (20:9), d’autres ne feront que se soumettre, malgré eux, à son autorité…
 
Le satan délivré, c’est, dans le cœur de l’homme, la liberté qu’aura le mal de se déployer. Alors que les hommes auront connu le règne de paix sous le sceptre de Christ, il y aura toujours ce choix de vie à faire ; l’appel antique est toujours actuel : "Choisis la vie, afin que tu vives…" (Deutéronome 30:19). Incorrigibles humains que seule la foi peut transformer en brebis ! Gog, chef de Magog, un peuple du nord lointain, au-delà de la mer Noire, figure ici le cœur de la contradiction ; il avait déjà été cité par le prophète Ezéchiel, lequel faisait en outre référence à Méshec et Tubal, en quoi des commentateurs ont vu la racine de Moscou et Tobolsk (Ezéchiel 38:1-23). Cette scène démontre, et peut-être en est-ce le rôle essentiel, que l’homme n’est pas amendable ; celui qui désire le bien le pratique, et celui qui se laisse dominer par des aspirations funestes s’y laisse aller dès qu’il en a l’occasion. Il se laisse conduire par "ce qui est dans le monde : la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie" (1 Jean 2:16).
 
Retenons avant tout la leçon morale que cette scène nous apporte. Comme nous pouvions comprendre que bien des personnes ont accepté la marque de la bête sur la main, sans la porter sur la tête, le siège des pensées (13:16), inversement, nombreuses sont les personnes qui s’astreignent à un service religieux sans que ce soit une démarche de foi… Ce qui paraît ici en perspective dans un temps futur peut se vérifier dans l’histoire depuis qu’il y a des hommes.


 
Le jugement des morts – 20:11-15
 
Une dernière révolte, aussi impétueuse que vaine… Un carnage, telle peut être décrite la dernière révolte contre Dieu, et contre le "camp des saints" ! Des morts…
 
Mais tous doivent ressusciter ! "Dans le Christ tous seront rendus vivants ; mais chacun dans son propre rang : les prémices, Christ ; puis ceux qui sont du Christ, à sa venue ; ensuite la fin, quand il aura remis le royaume à Dieu le Père…" (1 Corinthiens 15:23-24). Et doit s’accomplir aussi cette parole : "Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point" (Matthieu 24:35). Le Seigneur confirmait alors cette conviction de foi de tout vrai Israélite (Jean 1:48) :

Tu as jadis fondé la terre,
    et les cieux sont l'ouvrage de tes mains ;
Eux, ils périront,
    mais toi, tu subsisteras ; et
    ils vieilliront tous comme un vêtement ;
Tu les changeras comme un habit,
    et ils seront changés ;
Mais toi, tu es le Même,
    et tes années ne finiront pas.
Les fils de tes serviteurs demeureront,
    et leur semence sera établie devant toi."

        (Psaume 102:25-28, Hébreux 1:10-12).

Les morts, tous les hommes qui n’ont pas eu part à la première résurrection devront connaître le jugement divin… Cette réalité ne peut être décrite, elle est hors du champ de la sagesse humaine, attachée à une terre qui ne saurait subsister… Mais il fallait qu’elle soit affirmée. Alors en un tableau, une image, se trouve devant le voyant, une scène judiciaire, et le juge assis sur un "grand trône blanc", marque de puissance et de pureté …

11 Alors je vis un grand trône blanc, et celui qui y était assis. La terre et le ciel s’enfuirent devant lui, et il ne se trouva plus de place pour eux. 12 Alors je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône. Des livres furent ouverts, et un autre livre fut ouvert, qui est celui de la vie. Les morts furent jugés d'après ce qui était écrit dans les livres, selon leurs œuvres. 13 La mer rendit les morts qui étaient en elle, la mort et le hadès rendirent les morts qui étaient en eux, et ils furent jugés, chacun selon ses œuvres.
 
14 La mort et le hadès furent jetés dans l'étang de feu. L’étang de feu, c'est la seconde mort. 15 Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l'étang de feu.

Le Tribunal de Dieu (Romains 14:10), et de tous les morts, ceux qui n’ont pas eu part à la première résurrection (1 Corinthiens 15:22-24). Ils ne sont pas inscrits dans le livre de la vie, là où sont inscrits les rachetés (13:8, 17:8, Daniel 12:1, Luc 10:20, Philippiens 4.3) ; certains peuvent avoir cru y être inscrit, mais c’était là au regard de l’homme (3:5, Psaume 69:28) seulement. A qui la responsabilité de cette "inscription" ? C’est la grâce qui opère, et elle peut effacer toute tache (1:5, 7:14), à moins qu’un homme ait délibérément rejeté le message de Dieu dans les œuvres de création ou dans sa Parole, chacun selon le témoignage qu’il a reçu (Romains 1:16-3:20). Ainsi, pour tout homme qui aura rejeté l’offre du pardon viendra le temps de rendre des comptes, selon les œuvres accomplies dans la vie (Matthieu 16.27, 2 Corinthiens 5.10). Et suit alors la rétribution, la seconde mort (2:11, 20:6,14, 21:8).
 
Il n’y a pas de doctrine nouvelle dans ces paroles, mais les années passant, combien était-il nécessaire de rappeler par cette vision l’enseignement des apôtres.
 
"Mais les cieux et la terre de maintenant sont réservés par sa parole pour le feu, gardés pour le jour du jugement et de la destruction des hommes impies. Mais n’ignorez pas cette chose, bien-aimés, c’est qu’un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas pour ce qui concerne la promesse, comme quelques-uns estiment qu’il y a du retardement ; mais il est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance.
Or le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; et, dans ce jour-là, les cieux passeront avec un bruit sifflant, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les œuvres qui sont en elles seront brûlés entièrement. Toutes ces choses devant donc se dissoudre, quelles gens devriez-vous être en sainte conduite et en piété, attendant et hâtant la venue du jour de Dieu, à cause duquel les cieux en feu seront dissous et les éléments embrasés se fondront. Mais, selon sa promesse, nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite."
(2 Pierre 3:7-13).


 
Les nouveaux cieux et la nouvelle terre – 21:1-8
 
La vision touche à sa fin. Et le regard se porte sur la nouvelle création, un cadre de vie nouveau où l’épreuve et la souffrance ne sont plus ; tout y sera paix et repos. Un nouveau ciel et une nouvelle terre… La première est altérée par l’homme, alors qu’il l’avait reçue pour y veiller ; en effet, il y a autorité. Dans ce sens nous comprenons bien que l’homme a été "créé à l’image de Dieu" (Genèse 1:26-27, 9:6). La suite, nous la constatons aujourd’hui, même si nous pouvons voir tant de belles œuvres accomplies tous les jours.
 
Dans la vision, le premier ciel, la première terre ne sont plus, et pas d’avantage la mer, symbole d’une humanité en proie à l’agitation… Et paraît alors la sainte citée parée pour son mari. Les noces de l’Agneau avaient été célébrées loin de la terre, mais ici l’épouse paraît au centre de cette nouvelle terre voulue de Dieu.

21  1 Alors je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'est plus.

Comment ces choses paraîtront-elles ? Qu’en sera-t-il de la présente création ? Ou seront les myriades de rachetés durant l’éternité ? Beaucoup de suppositions, et des affirmations… Mais qui peut le dire en vérité, exposer valablement la réalité cachée derrière ces images de la vision de Jean ? Il n’est pas même pensable de traduire en nos langages les "paroles ineffables" qui se prononcent au "troisième ciel", c’est-à-dire dans la présence de Dieu (2 Corinthiens 12:2-4).
 
Une réalité s’impose : les croyants, dès avant la révélation de ce livre, avaient la pleine assurance cette nouvelle création, "de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite" (2 Pierre 3:13). Et Paul parle même d’un soupir profond émanant de la terre d’aujourd’hui : "Car la vive attente de la création attend la révélation des fils de Dieu. Car la création a été assujettie à la vanité, non de sa volonté mais à cause de celui qui l'a assujettie, dans l'espérance que la création elle-même aussi sera délivrée de la servitude de la corruption, pour la glorieuse liberté des enfants de Dieu." (Romains 8:19-21). Cette liberté de ceux qui auront part à la première résurrection ; "car il faut que ce corruptible revête l'incorruptibilité, et que ce mortel revête l'immortalité. Or quand ce corruptible aura revêtu l'incorruptibilité, et que ce mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie en victoire." (1 Corinthiens 15:53-54). L’apôtre citait ici le prophète Esaïe : "Il engloutira la mort en victoire ; et le Seigneur, l'Éternel, essuiera les larmes de dessus tout visage, et il ôtera l'opprobre de son peuple de dessus toute la terre ; car l'Éternel a parlé." (Ésaïe 25:8).

2 Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son mari. 3 J'entendis une grande voix venant du ciel, elle dit : La demeure de Dieu est avec les hommes ! Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple et Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu. 4 Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux ; la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses sont passées.

Et voici l’aboutissement de dessein de Dieu : être parmi les hommes sans nulle entrave et dans la joie de les voir sans nulle douleur. Pour eux, le temps des épreuves sera terminé, tout sera paix et félicité ; pour Dieu, l’accomplissement du plan défini, "selon qu'il nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui en amour…" (Éphésiens 1:4). Le temps des annonces et des figures aura pris fin (Lévitique 26:11-12, Jérémie 24 :7, 31:33, Ezéchiel 37:27) pour donner essor à la plénitude de la réalité. Déjà pour le croyant, la malédiction illustrée par la sortie d’Eden, les chérubins en fermant l’entrée (Genèse 3:24), a pris fin en vertu de l’œuvre de la croix (Matthieu 27:51, Marc 15:38, Luc 23 :45).
 
"Car je crée un ciel nouveau et une terre nouvelle ; on ne se souviendra plus du passé, il ne viendra plus au cœur. Egayez-vous plutôt et soyez pour toujours dans l'allégresse à cause de ce que je crée ; car je crée Jérusalem pour l'allégresse et son peuple pour la gaieté. Je ferai de Jérusalem mon allégresse et de mon peuple ma joie ; on n'y entendra plus de pleurs ni de cris." (Esaïe 65.17-19, voir aussi 66:22).
 
Vient une parole adressée à Jean, la vision étant achevée, pour confirmer tout ce que nous venons de voir. Une conclusion en quelque sorte. Jean est interpellé par la voix de Celui qui était assis sur le trône, et qui prononce la finale : "Voici, je fais toutes choses nouvelles !" Une parole propre à donner des forces nouvelles aux auditeurs, aux croyants, alors que les temps étaient difficiles, même au sein des rassemblements chrétiens, comme nous l’avons lu dans les lettres aux Sept assemblées d’Asie. Et des questions étaient posées ! Quarante ans auparavant déjà, quelques-uns pensaient, au vu de la persécution qu’ils enduraient, que le "Jour du Seigneur" était venu (2 Thessaloniciens 2:2) ; d’autres, épris de raisonnements d’homme venaient à douter de la résurrection (1 Corinthiens 15:35) ; et les années passant, l’idée que le Seigneur tardait à venir germait dans les esprits (2 Pierre 3:9).

5 Et celui qui était assis sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il me dit : Écris, car ces paroles sont certaines et vraies. 6 Il me dit : C'est fait ! Moi, je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin ; à celui qui a soif, je donnerai, moi, gratuitement, de la source de l'eau de la vie. 7 Celui qui vaincra héritera de ces choses, et je lui serai Dieu, et lui me sera fils. 8 Mais pour les lâches, les incrédules, ceux qui se sont souillés avec des abominations, les meurtriers, ceux qui se prostituent, les sorciers, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang brûlant de feu et de soufre, la seconde mort.

Le temps n’était pas encore venu pour "le rétablissement de toutes choses" (Actes 3:21). Mais une chose devait être affirmée pour ces chrétiens d’alors comme pour toutes les générations qui viendraient, à savoir que la promesse de Dieu est assurée. La succession des visions est donnée pour que se fixent dans les esprits ces promesses, car une image est parfois plus parlante qu’un simple exposé…
 
Et Dieu lui-même parle, celui qui est l’alpha et l’oméga (1:8, 21:6, 22:13), le premier et le dernier (1:17, Esaïe 44:6), Celui qui, par sa parole, a créé le monde selon son propre dessein et qui, par sa parole, achèvera son œuvre et introduisant le repos (Genèse 2:2). "C’est fait !" est-il écrit, comme nous l’avons lu plus haut, lorsque le septième ange sonna de la trompette, car là était le dernier acte de jugement ; ici, il s’agit de l’établissement de l’éternité de paix (16:17). Cette expression n’est pas sans rappeler le "C’est accompli !" prononcé par le Christ à la croix, après avoir rencontré le jugement divin (Jean 19:30).
 
Et revient alors pour tous les auditeurs du livre, la parole de la grâce, "je donnerai gratuitement de l’eau de la vie" (22:17, Esaïe 55:1, Jean 4:10-14, 6:35, 7:37). La parole donnée à propos des fidèles traversant la grande tribulation (7:16-17) est pour tous, en tout temps !
 
Une fois de plus, nous lisons que la foi est personnelle ; chacun doit réfléchir pour lui-même, et à celui qui croit il est dit "Je lui serai Dieu" autrement dit il connaîtra avec qui il marchera ! Et immédiatement se trouve le lien assuré : "Lui me sera fils", la part de tous les fidèles. Cette parole est véritablement l’emblème du lien établi en réponse à la foi (Genèse 17:8, Exode 6:7, Jérémie 7:23, Ezéchiel 11:20, Zacharie 8:8…). Hélas, il s’en trouve qui rejettent les eaux vives, soit qu’ils adhèrent résolument à ce que le prophète appelait "des citernes crevassées"" (Jérémie 2:13, 17:13), soit qu’ils soient craintifs face aux prophètes de malheurs ou qu’ils soient dominés par le doute, et nommés ici "les lâches et les incrédules."


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 20:01 Du Royaume à l'Eternité

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