18/06/2012

21:9 - La Jérusalem céleste (1)


 

EPILOGUE
Apocalypse 21:9-22:21


Face au désordre qui s’introduit dans les assemblées, face à l’influence croissante de certains courants dévastateurs qui annoncent l’apostasie, à Thyatire notamment, la vision de la  consommation du siècle  (Matthieu 24:3, 28:20), déployée dans ces pages doit redonner courage aux fidèles ; ces tableaux si évocateurs doivent les rassurer, leur faire comprendre que le silence de Dieu n’est pas cécité ! Ils doivent comprendre que rien ne peut altérer le plan divin. Et l’on pourrait alors clôturer le livre par quelques exhortations, et enfin la signature… Ils auront compris les appels à la patience (14:12), le chemin à suivre, lorsqu’il leur est dit "Tiens ferme ce que tu as" (3:11), un chemin indiqué déjà par l’apôtre, lorsqu’il parle de ce qui est à poursuivre comme de ce qui est à fuir (1 Timothée 6:11, 2 Timothée 2:15-26,et aussi Romains 14:19, 1 Corinthiens 14:1, 1 Thessaloniciens 5:15…). Et, il est important de s’en souvenir, ceci exclut les guerres parmi ceux qui professent croire en Jésus, qui est devenu "une grande maison" (2 Timothée 2:20).
 
Alors, hors de la fresque de la consommation du siècle, vient une vision essentielle, "la Jérusalem céleste". C’est un grand encouragement pour les fidèles, car ce tableau hautement symbolique va leur fournir des images inoubliables…
 
Aux chrétiens d’entre les Hébreux, attachés bien justement à la foi de leurs pères, il avait été dit de regarder en haut, de considérer avec plus d’attention ce qu’ils avaient entendus, ce qu’ils avaient reçu (Hébreux 2:1) et il leur est dit qu’en s’étant tourné vers Christ, ils étaient venus "à la montagne de Sion et à la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste…" (Hébreux 12:22). Et, en effet, tous, chrétiens d’entre les juifs comme d’entre les nations, étaient nourris de ce lien nouveau établi avec leur Seigneur "élevé dans le ciel" (Luc 24:51). La part des rachetés, aujourd’hui, avait été dépeinte par l’apôtre, disant qu’ils sont "bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ" (Éphésiens 1:3), cette bénédiction étant déjà l’accomplissement du projet de Dieu, pour lequel il a créé les cieux et la terre, ayant pour finalité d’adopter les hommes, de leur donner cette position "d’enfants de Dieu" (Romains 8:16, 1 Jean 3:2), et de les rassembler autour de lui pour l’éternité et que leur félicité soit telle qu’elle produira "la louange de la gloire de sa grâce" (Ephésiens 1:6). C’était déjà près d’un demi-siècle plus tôt.
 
Lorsque Jean est à Patmos, les temps étaient devenus bien difficiles (2 Timothée 3:1), et voici cette vision destinée à conforter les fidèles. Le but premier de ce livre, affirmé dès les premières lignes : "Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites…" (1:3).


 
LA JERUSALEM CELESTE
Apocalypse 21:9-22:5


 
"Viens ici, je te montrerai..." Nous arrivons ainsi à la vision essentielle pour le fidèle, car elle illustre l’essence même de ce à quoi il a été appelé par la grâce. Et qui justifie pleinement l’apport de cette "révélation de Jésus-Christ", à savoir combien celui qui s’y attache en est "heureux" (1:3, 22:7).

9 Puis, un des sept anges qui tenaient les sept coupes pleines des sept derniers fléaux vint me parler. Il me dit : Viens ici, je te montrerai la mariée, l’épouse de l'Agneau. 10 Il m'emporta, en esprit, sur une grande et haute montagne, et il me montra la sainte cité, Jérusalem, qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu.

Le voyant est mené sur "une grande et haute montagne." ; notons le contraste avec Babylone la grande, la profession sans vie, vue dans le désert (17:3). Et il voit la Jérusalem céleste, établie aujourd’hui dans les lieux célestes, qui va venir au cœur de la nouvelle création, "l’épouse de Christ" (19:7, 21:2, 22:17).
 
La gloire de la cité frappe au premier regard. Jean va l’appréhender par l’extérieur, les portes, les murailles et leurs fondements, avant de s’arrêter sur les composants de cette muraille et la rue de la cité. L’attention sera portée ensuite sur un point important : il n’y a pas de sanctuaire, et aucun besoin de luminaires… Des portes jamais fermées, et un fleuve aux eaux limpides venant du Trône de Dieu et de l’Agneau complètent alors la vision, soulignant la paix parfaite et la jouissance de la grâce.

 
La gloire de Dieu repose sur la cité – 21:10b-11
 
La gloire doit nous être révélée, "la gloire des enfants de Dieu" écrivait l’apôtre (Romains 8:18,21). Cette assertion se trouve ici représentée en une image saisissante, pour la fixer à l’esprit.

10b Elle avait la gloire de Dieu, 11 son éclat était comme celui d’une pierre très-précieuse, une pierre de jaspe transparente comme du cristal.

Un éclat tel une pierre de jaspe qui serait transparente comme du cristal ! La gloire essentielle de Dieu lui-même (4:3), tel est l’éclat de la sainte cité, la transparence permettant d’y discerner le reflet de toutes les couleurs, de toutes les gloires. Le contraste avec les révélations de la gloire dans les visions de l’Ecriture est manifeste, celle-ci étant alors cachée dans "la nuée" (Genèse 9:13, Exode 13:21, Ezéchiel 1:4, Matthieu 17:5, Actes 1:9…).

 
La cité, sa muraille et ses portes – 21:12-21
 
Le regard attiré par la cité, Jean en voit d’abord la grande et haute muraille, et les portes…

12 Elle avait une grande et haute muraille, et douze portes ; aux portes, douze anges sur lesquelles étaient écrits des noms, ceux des douze tribus des Israélites, 13 à l’orient trois portes, au nord trois portes, au midi trois portes et à l'occident trois portes. 14 La muraille de la cité avait douze fondations qui portaient les douze noms des douze apôtres de l'Agneau.

Le nom des douze tribus, le nom aussi des douze apôtres, les uns sur les portes, les autres sur les fondations. Voici réunies les bases mêmes du témoignage de Dieu en ce monde. Israël demeure le peuple choisi, et ce n’est pas "l’endurcissement partiel" d’aujourd’hui qui change le propos divin, car "les dons de grâce et l'appel de Dieu sont sans repentir." (Romains 11:29). C’est dans le réveil d’Israélites, des douze tribus, que se formera ce témoignage de Dieu sur la terre nous l’avons vu dans la mention des "cent quarante-quatre mille scellés de toute tribu des fils d'Israël" (7:4), un grand nombre d’homme recevant alors leur témoignage (7:9).
 
Quant aux fondations, elles s’appuient sur le témoignage des douze apôtres de l’Agneau, ainsi que nous lisons : "vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'au bout de la terre" (Actes 1:8). Paul revient sur cette réalité en s’adressant aux chrétiens d’Ephèse : "Ainsi donc vous n'êtes plus étrangers ni forains, mais vous êtes concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu, ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin" (Éphésiens 2:19-20).
 
Des mesures sont prises. La ville est un cube parfait, comme l’était le Saint des Saints dans le tabernacle du désert comme dans le temple de Salomon (Exode 26 :15-25, 1 Rois 6:20), cet espace où le seul mobilier était l’arche du témoignage avec le saint propitiatoire qui la couvrait (Hébreux 9:3-5). Là, le prêtre n’entrait qu’une fois l’an (Hébreux 9:7), mais en vertu de l’œuvre de la croix, le "voile de séparation" est désormais ouvert (Matthieu 27:51, Marc 15:38, Luc 23:45). La cité est l’habitation de tous ceux dont le nom figure dans le livre de vie (21:27).

15 Celui qui me parlait avait une mesure, un roseau d'or, pour mesurer la cité, ses portes et sa muraille. 16 La cité avait la forme d’un carré, sa longueur était égale à sa largeur. Il mesura la cité avec le roseau, douze mille stades ; la longueur, la largeur et la hauteur étaient égales. 17 Il mesura la muraille, cent quarante-quatre coudées, mesure d'homme, c'est-à-dire d'ange.

Des dimensions exprimant avec force la réalité mystique, car ces douze mille stades de périmètre nous font considérer un cube de trois mille stades d’arête, soit environ cinq cent cinquante-cinq kilomètres… en longueur, en largeur, mais aussi en hauteur. Association en figure du ciel et de la terre !
 
La muraille de cent quarante-quatre mille coudées de hauteur, plus de soixante-dix mètres, douze fois douze pour en souligner l’absolue perfection ! Mais là n’est pas encore l’expression de sa beauté… Les dimensions appréciées, le regard se porte sur la ville elle-même, toute d’or pur comme l’était le Saint des Saints dans le Temple, et, est-il ajouté, "comme du verre pur", car la gloire et la justice divine sont pleinement révélées. Entourée de cette muraille de jaspe, cette pierre très précieuse qui représente la sainteté de Dieu (4:3), et déterminant ainsi que l’ouvrage, la sainte cité, est la cité de Dieu, ce qu’Il réalise pour le bonheur de l’homme et que nul ne peut altérer.

18 La muraille était construite en jaspe, et la cité était d'or pur, semblable à du verre pur. 19 Les fondations de la muraille de la cité étaient ornés de toutes pierres précieuses : la première fondation était de jaspe, la deuxième de saphir, la troisième de calcédoine, la quatrième d'émeraude, 20 la cinquième de sardonyx, la sixième de sardoine, la septième de chrysolithe, la huitième de béril, la neuvième de topaze, la dixième de chrysoprase, la onzième d'hyacinthe, la douzième d'améthyste. 21 Les douze portes étaient douze perles, chacune des portes était d'une seule perle. La rue de la cité était d'or pur, comme du verre transparent.

Nous avions vu sur les fondations de la muraille le nom des douze apôtres. Et nous savons qu’ils furent mis à part par le Seigneur lui-même pour présenter ces bases de la foi, à savoir les gloires variées de Christ, selon qu’ils furent instruits par l’Esprit de vérité (Jean 16:13-14). Le Seigneur leur dit avant de les quitter : "vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'au bout de la terre." (Actes 1:8). Et considérant les pierres précieuses, celles qui étaient aussi disposées sur le pectoral du grand prêtre (Exode 28:17-20), exprimant les gloires de Dieu et l’attention miséricordieuse qu’il porte sur le peuple choisi.
Les pierres, vues trois par trois, pourraient être signes d’abord de la gloire divine, suivie de la révélation, et pour suivre la justice exercée et enfin la paix accomplie. Le jaspe, impénétrable, les gloires insondables de Dieu ; il est suivi du saphir, couleur du ciel et de la calcédoine, pourpre, couleur du pouvoir, de la souveraineté. L’émeraude, verte, symbole de rédemption et de paix, l’ondée bienfaisante de la grâce nourrissant les terres (Matthieu 14:19), est associé à la sardonyx, couleur mêlée sang et chair, figure d’incarnation, et à la sardoine, rouge sang, couleur du sacrifice. La pierre de chrysolithe est toute d’or, expression de la justice divine, le béril, aigue-marine, couleur des abysses de l’abandon (Romains 10:7), et la topaze jaune d’or, éclatant, exprimant la justice manifestée. Viennent la chrysoprase, pierre brillante aux reflets vert pâle, l’hyacinthe, rouge orangée et l’améthyste, violette ; nous pourrions penser à la quiétude de la cité, le souvenir de l’œuvre de la rédemption et la gloire révélée.

Les couleurs de ces pierres précieuses nous font parcourir toute la révélation de Dieu, de la  lumière inaccessible  (1 Timothée 6:16) jusqu’à la gloire manifestée en passant par le mystère de l’incarnation, les souffrances et la mort de l’Agneau de Dieu, la justice manifestée à la croix, la victoire remportée… Les portes portant le nom des douze tribus sont des perles, soulignant ainsi l’accomplissement de la promesse rappelée par les prophètes (Ezéchiel 47:13). Quant à la rue, ce lieu de passage, elle est tout d’or, comme du verre transparent. Aucune aspérité, tout un parcours empreint de paix, dans la lumière… La réponse à bien des aspirations !

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 21:09 La Jérusalem céleste (1)

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