24/07/2012

1:1 - Introduction


 

Livre de l'Apocalypse
La nuit ne sera plus, et ils n'auront plus besoin
ni de la lumière d'une lampe, ni de la lumière du soleil ;
car le Seigneur Dieu fera briller sa lumière sur eux...

Apocalypse 22:5


 
"Révélation de Jésus-Christ". C’est ainsi qu’est intitulé ce livre si particulier des Ecritures, le dernier en date.
 
Car, en effet, le livre a circulé dans ces années de fin de siècle ou tout au début du siècle suivant ; un témoignage de première valeur en est donné par Irénée de Lyon, "surveillant" parmi les chrétiens de la capitale des Gaules, né vers l’an 130 à Smyrne, une des sept assemblées d’Asie ; il fut disciple de Polycarpe, croyant éminent de cette ville. Irénée atteste que l’auteur de l’Apocalypse est bien l’apôtre Jean.
 
Environ soixante-dix ans se sont écoulés depuis la résurrection du Seigneur, et les chrétiens ont vécu sans cette "révélation" jusque là ! Pensons-nous qu’ils furent lésés, que ces pages leurs manquaient ?
 
Ce n’est certes pas en ces termes qu’il faut se poser la question. Ce n’est pas la révélation qui a changé, mais ceux qui la reçoivent. L’élan des premiers jours paraît s’être refroidi. C’est alors que se lèvent des prophètes, comme il en fut dans l’histoire d’Israël. Pour ranimer l’espérance, encourager à la patience, redonner de la vie là où la chaleur s’est tempérée.
 
Ainsi, à Patmos, lieu d’exil pour les personnes qui dérangent le pouvoir romain, Jean reçoit ces visions touchant ce que le Seigneur appelait "la consommation du siècle", c’est-à-dire la fin du cours de ce monde, tel que nous le connaissons aujourd’hui.
 
En prologue, le ciel est ouvert, et Jean voit le Fils de l’homme, Celui qui a reçu toute autorité. Il est chargé de cette mission si particulière, de commettre aux assemblées cette vision qu’il va reçevoir. Mais avant d’entrer dans le sujet essentiel du livre, des missives doivent être écrites, lequelles donnent un aperçu de l’état de la chrétienté dès ce temp. Des lettres d’avertissement mais surtout d’encouragement, exposé de situations heureuses ou difficiles, et stimulations à une foi personnelle. Réfléchissons à la réception de ce livre parmi les chrétiens de l’époque !  
 
Après ces lettres aux sept assemblées d’Asie, vient le sujet essentiel du livre, "la consommation du siècle". Des pages qui fourniront aux croyants des images saisissantes de ce qu’ils connaissaient sans doute déjà par l’enseignement des apôtres. Confirmation et illustration, pour que ces images se fixent dans les esprits et animent leur propre vie de foi. Après la vision du trône de la gloire de Dieu, le voyant voit se dérouler de scènes terrestres touchant ces temps de la fin : le monde dévasté, des puissances politiques, des témoins du Seigneur… Et enfin le jugement de la terre ; et notamment Babylone la grande, un développement extraordinaire et déroutant de ce qui se trouvait en germe déjà dans la chrétienté de l’époque. Mais l’accomplissement des voies de Dieu est déployé dans toutes ces pages, pour montrer la puissance de la grâce : la Jérusalem céleste apparaît, dans la scène si belle des noces de l’Agneau.
 
Mais la finalité de ces pages, est-elle de fournir un enseignement à propos d’un avenir lointain qui ne concernait pas les lecteurs du livre à cette époque ? La vision en vient à son objet essentiel, ranimer la foi des croyants ! Cet épilogue du livre leur donne à contempler leur situation actuelle devant Dieu, car, en veant à Jésus-Christ, n’étaient-ils pas venus à la Jérusalem céleste ? A l’instar d’un Israélite qui montait à Jérusalem pour la fête, le croyant aujourd’hui est monté à cette Cité dont toutes les bénédictions sont actuelles, car il est "béni de toute bénédiction dans les lieux célestes".


 
PROLOGUE
Apocalypse 1:1-20

Après quelques lignes touchant les circonstances de Jean, nous le voyons saisis par une voix qui vient du ciel.
 
Se tournant vers la source de ces paroles, le voyant se trouve devant le Fils de l’homme. Des attibuts de gloire, l’attitude d’un juge font qu’il se prosterne visage contre terre. Mais aussitôt il entend ces paroles : "Ne crains pas, c’est moi, le premier et le dernier, le vivant. J'ai été mort, et voici, je suis vivant aux siècles des siècles." Et c’est encore le Fils de l’homme qui, dans la vision même, prononcera ces mots : "Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre." Aussi, en prenant la plume, Jean écrira d’emblée cette même parole, forçant ainsi l’attention des lecteurs.
 
Ainsi sommes-nous conduits à considérer cette lecture avec attention, pour que ces pages, ces tableaux, nourrissent la foi.


 
INTRODUCTION
Apocalypse 1:1-8

L’accent du livre est donné dans le titre même : "Révélation de Jésus Christ."  Celui qui se lève pour la lecture publique du livre, et ceux qui se préparent à l’entendre s’attendent à prendre connaissance, touchant le Christ, d’une réalité qui ne leur est pas familière jusque là, et pourtant ils connaissent le Seigneur, et le don qu’Il a fait de lui-même dans l’œuvre de la rédemption. Dès lors, ils ne peuvent qu’être saisis par cette parole communiquée quelque soixante-dix ans après la résurrection de Jésus Christ ; soixante-dix ans qui ont apporté, hélas, un certain affaiblissement de la foi ; nous pouvons le lire dans les "lettres aux sept assemblées d’Asie." 

 
Révélation de Jésus Christ – 1:1-3
 
Nous pouvons penser à la préoccupation de Jean touchant l’avènement en gloire du Seigneur Jésus, et son souci touchant l’état des assemblées chrétiennes. Les soucis d’un berger… C’est à un tel homme que la vision est donnée. Et Jean agit alors comme prophète. Un prophète, car il va mettre les âmes face au Seigneur, comme il en a été des prophètes d’Israël ; en effet, c’est là l’essence même du service du prophète, bien plus de d’annoncer quelque événement qui devra se produire.
 
Les croyants vivent-ils alors dans la conscience de la venue du Seigneur, sa seconde venue ? Rappelons-nous que cette attente caractérisait leurs premiers pas dans la foi. Depuis le commencement de l’annonce de l’Evangile, ne sont-ils pas exhortés à aimer l’avènement du Seigneur (Tite 2:13, 2 Timothée 4:1,8) et comprendre que des jugements doivent fondre sur l’impiété dans ce monde (2 Thessaloniciens 2:8), tout en sachant qu’ils seront épargnés de ces tourments à venir (1 Thessaloniciens 1:10) ? C’est bien là le sujet essentiel du livre.

1  1 Révélation de Jésus Christ, que Dieu lui a donnée pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bien vite. Il l'a donnée à connaître en envoyant son ange à son serviteur Jean 2 qui a transmis la parole de Dieu, le témoignage de Jésus Christ et ce qu’il a vu.

Dans cette vision, un ange va accompagner Jean. Et ce dernier, lorsque la vision sera complète, mû par une émotion extrême, va se prosterner devant cet ange, sur quoi l’ange se récriera lui disant n’être qu’un compagnon des croyants, de Jean comme de ceux qui comme lui font œuvre de prophète (1 Corinthiens 12.28, Ephésiens 2.20) et "de tous ceux gardent les paroles de ce livre"  (22:9).
 
Toute l’assistance est appelée à porter une attention particulière. Et nous pourrons nous arrêter sur le bonheur qu’il y a, pour quiconque aura pris connaissance de ces paroles, à les garder avec attention.

3 Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites, car le temps est proche !

"Car le temps est proche." Et pourtant les événements de ce livre ne sont pas advenus, et ceci près de deux millénaires après leur annonce ! Pour ces chrétiens du premier siècle, déjà le temps paraissait long, et le temps qui s’écoule produit plutôt un assoupissement. Trente ans plus tôt, Pierre avait même du écrire : "Le Seigneur ne tarde pas pour ce qui concerne la promesse, comme quelques-uns estiment qu’il y a du retardement…"    (2 Pierre 3:9). Et d’expliquer qu’il s’agit là d’une disposition de la grâce.
 
Pourquoi encourager ce sentiment d’imminence parmi les croyants ? La réponse ne nous appartient pas, mais pensons seulement à ce qu’il en serait pour de tels qui verraient ces événements comme une perspective si lointaine qu’ils n’en pourraient jamais rien voir eux-mêmes ? Souvenons-nous de la parole du Seigneur : "Veillez donc ; car vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur vient." (Matthieu 24:42). Dans le message divin, qu’est-ce d’ailleurs que le temps, alors que "un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et mille ans comme un jour" (2 Pierre 3:8, Psaume 90:4). Et quel est le dessein de Dieu en communiquant cette "Révélation de Jésus Christ", sinon fortifier la foi des auditeurs ? Par ailleurs, pensons que, pour chaque homme, le temps est réellement court, le temps d’une vie est bien court, et lorsqu’un tel aura quitté sa condition d’homme, lorsqu’il aura "déposé sa tente" (2 Pierre 1:13-14, 2 Corinthiens 5:1-4), étant libéré de l’enveloppe humaine marquée par les années qui s’écoulent, il n’y aura plus de temps qui passe car alors "le mortel aura revêtu l'immortalité" (1 Corinthiens 15:53) ? Alors, n’est-il pas important de veiller ?
 
Le livre se terminera par un rappel qui souligne combien cette parole est essentielle : "Je viens bientôt. Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre" (22:7). Et c’est bien là le caractère de celui qui veille, comme y exhortait Paul, bien des années auparavant car, écrivait-il, "c'est déjà l'heure de nous réveiller du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru…" (Romains 13:11). Gardons à l’esprit cette promesse en vue d’examiner tout au long de la lecture cette réalité qui lui donne sens.

Aux sept assemblées qui sont en Asie – 1:4-6
 
Le livre paraît a priori adressé aux sept assemblées d’Asie, mais bien évidemment il s’adresse à tous les croyants. Des paroles, bien sévères parfois, sont adressées à ces sept assemblées, mais à chacune aussi de chaleureuses exhortations. Si le nombre "sept" exprime bien un ensemble fini, et ici l’ensemble des croyants, nous lirons combien les différentes situations dépeintes dans les adresses à chacune de ces assemblées sont lisibles aujourd’hui dans les communautés chrétiennes si variées de notre temps. Et remarquons qu’aux sept, il est adressé des vœux de paix… La grâce toujours opérante ! Et l’homme de foi a l’esprit rempli de la bonté de Dieu.

4 Jean, aux sept assemblées qui sont en Asie : Grâce et paix à vous, de la part de Celui qui est, qui était et qui vient, et de la part des sept esprits qui sont devant son trône, 5 et de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts et le prince des rois de la terre !

Jean salue les assemblées de la part de Dieu lui-même, "Celui qui est, qui était et qui vient." C’est au nom de Dieu, présenté ici comme depuis les temps anciens, lorsque nous lisons "Je suis celui qui suis" (Exode 3:14 ; Ésaïe 41:4) ; celui qui est à l’origine de toutes choses (Jean 8:58) et doit paraître (Esaïe 40:10, 60:1,2, 1 Jean 2:28, 3:2 ). Et il s’y ajoute "Les sept esprits qui sont devant son trône", soit le déploiement de la connaissance et de l’action de Dieu qui discerne tout ce se produit sur la terre (Genèse 1:2, Zacharie 3.9 ; 4:2,6,10). Quant à Jésus, il est désigné comme "le témoin fidèle", reconnaissance de la perfection de son ministère (Jean 18:37), "le premier-né d’entre les morts", son titre de préséance, car il a vaincu la mort (Romains 8:29, 1 Corinthiens 15:20, Colossiens 1:18, Hébreux 13:20, 1 Pierre 1:3, 3:18), et "le prince des rois de la terre", évocation de l’accomplissement de la promesse (Psaumes 45:6, 89.27, Esaïe 9:6, Matthieu 28:18, Philippiens 2:9-11, Ephésiens 1:20-22).
 
Suite à la reconnaissance de ces titres de gloire, la louange surgit alors avec une spontanéité magnifique. L’auteur ne peut écrire ces mots touchant le Seigneur Dieu sans être remué par la réalité de la grâce offerte, par la réponse donnée à la croix aux rigueurs de la justice divine. Et ainsi l’exposé est interrompu par une parole de louange à la gloire du Seigneur Dieu…

5b À celui qui nous aime, qui nous a lavés de nos péchés dans son sang 6 et qui a fait de nous un royaume, des prêtres pour son Dieu et Père, à lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen.

Il faut nous arrêter sur ces paroles, comme Jean s’est arrêté dans le cours de l’écriture de la vision. "A celui qui nous aime" (Jean 15:9, Ephésiens 5:2), "et nous a lavés de nos péchés" (Romains 3:24-25, Ephésiens 1:7, Hébreux 9:14, 1 Jean 1:7), "qui fait de nous un royaume, des prêtres pour son Dieu et Père" (Exode 19.6, Romains 12.1, 2 Timothée 2.12, 1 Pierre 2.5-9), "A Lui soit la gloire…" C’est ici la dernière des quatorze doxologies du Nouveau Testament, la dernière des paroles de louange à la gloire de Dieu que nous y lisons (Romains 11:36, 16:25-27, Galates 1:5, Ephésiens 3:20-21, Philippiens 4:20, 1 Timothée 1:17, 6:16, 2 Timothée 4:18, Hébreux 13:21, 1 Pierre 4:11, 5:11, 2 Pierre 3:18, Jude 24-25, Apocalypse 1:6).


 
Il vient, et tout œil le verra - 1:7-8
 
Sitôt l’adresse donnée, "aux sept assemblées d’Asie", l’objet de cette longue lettre est donné : la venue en gloire de Jésus Christ, après qu’il ait été "percé", comme le prophète l’annonçait six siècles auparavant : "et ils regarderont vers moi, celui qu’ils auront percé, et ils se lamenteront sur lui, comme on se lamente sur un fils unique, et il y aura de l’amertume pour lui, comme on a de l’amertume pour un premier-né" (Zacharie 12:10, Jean 19:37).

7 Voici, il vient avec les nuées et tout œil le verra, même ceux qui l'ont percé ; et toutes les tribus de la terre se lamenteront à cause de lui. Oui, amen !

Il serait long de parcourir les passages qui annoncent que "tout œil le verra", mais nous pouvons constater combien cette réalité à venir était présente à l’esprit tout au long de l’histoire de la foi (Job 19.26-27, Nombres 24.17) comme dans la pensée des disciples de la première heure, conscients de sa gloire à venir (Romains 14.11, Philippiens 2.9-11, Hébreux 2.8). Tous doivent voir sa gloire ; dans la joie de l’événement attendu pour beaucoup, mais pour plusieurs dans les pleurs, comme le Seigneur le disait lui-même avant la croix (Matthieu 26:64, 24:30).
 
Vient alors cette parole forte, le condensé de toute la révélation de Dieu, affirmant que Lui est à l’origine de la création et de la révélation de Lui-même, et qu’il accomplira son propos jusqu’à la fin, "l’alpha et l’oméga", première et dernière lettre de l’alphabet grec. Une vérité rappelée avec force par la voix prophétique aux exilés, au cœur de l’appel à quitter Babylone et s’en aller "préparer le chemin de l’Éternel" (Esaïe 40:3, 41:4, 44:6, 48:12).

8 Moi, je suis l'alpha et l'oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-puissant.

Et ce dessein de Dieu, œuvre de création et de réconciliation, est manifesté en Jésus Christ, expression de Dieu lui-même, l’Emmanuel annoncé par le prophète Esaïe (Esaïe 7:14, 8:8, Matthieu 1:23), lui dont l’apôtre dit qu’Il est "sur toutes choses Dieu béni éternellement" (Romains 9:5), et encore "en lui habite toute la plénitude de la déité corporellement" (Colossiens 2:9).
 
"Par lui ont été créées toutes choses, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, les visibles et les invisibles, soit trônes, ou seigneuries, ou principautés, ou autorités : toutes choses ont été créées par lui et pour lui… et, par lui, à réconcilier toutes choses avec elle-même, ayant fait la paix par le sang de sa croix, par lui, soit les choses qui sont sur la terre, soit les choses qui sont dans les cieux" (Colossiens 1:16,20).


 

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06:00 Écrit par Eric dans 01:01 Introduction

22/07/2012

1:9 - Vision du Fils de l'homme


 

VISION DU FILS DE L'HOMME
Apocalypse 1:9-20

"Voici, il vient…"  Le sujet de ce livre est annoncé très clairement, et cette annonce ne devrait pas être une surprise alors que les croyants auxquels la lettre était adressée ne pouvaient avoir oublié cette parole : "le fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il s'assiéra sur le trône de sa gloire" (Matthieu 25:31). Et si l’attente paraissait longue pour plusieurs, cela ne rend que plus évident le fait que cette attente occupait les esprits (2 Pierre 3:9).
 
Jean est saisi par cette vision, et une voix lui ordonne d’écrire aux sept assemblées d’Asie.

9 Moi, Jean, qui suis votre frère et qui, avec vous, prends part à la tribulation, au royaume et à la persévérance en Jésus, j'étais dans l'île appelée Patmos, pour la parole de Dieu et le témoignage de Jésus Christ.

Jean, « votre frère », dit-il. Il ne se met ni au-dessus, ni même à part des croyants auquel il s’adresse, et connaît, comme eux tous, les difficultés et tribulations propres à ceux qui ne suivent pas le courant général du monde, et en particulier les cultes idolâtres de l’empire. Avec ses frères dans la foi, il persévère dans l’attachement à Jésus Christ.
 
Il va adresser des paroles d’encouragement, mais aussi des remarques bien sévères. Pensons, en lisant ces paroles et tout le livre, à cette question : Pourquoi ces lettres aux assemblées sont-elles présentées avant que ne soit abordé le sujet du livre ? Et encore à cette question-ci : En quoi recevoir les paroles de ce livre apporte-t-il une joie particulière telle qu’il est écrit « Heureux celui qui lit et ceux qui écoutent » ?
 
C’était le jour du Seigneur, le premier de la semaine, appelé ainsi par les chrétiens car c’était le jour de la résurrection (Jean 20:1, Actes 20:7, 1 Corinthiens 16 :2). Une voix forte se fait entendre, et une mission est assignée à Jean : écrire ce qu’il voit et l’adresser aux assemblées d’Asie. L’homme était comme transporté, comme hors de sa condition d’homme, comme tant d’autres prophètes avant lui (Esaïe 6:1, Ezéchiel 37:1, Amos 9:1,Zacharie 2:8, ou encore 2 Corinthiens 12:2).

10 Je fus saisis par l’Esprit, dans la journée dominicale. J'entendis derrière moi une voix, forte comme le son d'une trompette, qui disait : 11 Ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept assemblées : à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée.

Jean se retourne pour voir "la voix qui parlait" ; la voix de l’ange envoyé pour lui montrer "les choses qui doivent arriver" (1:1) ; cette voix il l’entendra encore, en particulier lorsqu’après la vision de "ce qui est", Jean sera introduit dans "les choses qui doivent arriver bien vite" (4:1). Et, se retournant, il se trouve devant le Fils de l’homme au milieu de "sept porte-lampes d’or", paré de tous les signes de l’autorité pour exercer la justice.

12 Je me retournai pour voir la voix qui me parlait. M'étant retourné, je vis sept porte-lampes d'or, 13 et au milieu des sept porte-lampes quelqu'un qui ressemblait au Fils de l'homme. Il était vêtu d'une robe qui allait jusqu'aux pieds et portait une ceinture d’or à la poitrine. 14 Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme laine blanche, comme neige, ses yeux comme un feu flamboyant, 15 ses pieds semblables à de l'airain brillant comme embrasé dans une fournaise, sa voix comme le bruit de grandes eaux. 16 De sa main droite il tenait sept étoiles, de sa bouche sortait une épée acérée à deux tranchants et son visage était comme le soleil lorsqu’il brille dans sa puissance.

La robe de juge, telle que la portaient les prêtres au temple de Jérusalem (Exode 28), dont l’ampleur était soulignée par la ceinture portée à la poitrine, contrastant avec la ceinture du service, comme nous lisons ailleurs "Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées" (Luc 12:35). La tête blanche de l’homme auquel l’expérience a conféré la sagesse. Les yeux flamboyants, signes de la clairvoyance du regard qui parcourt toute la terre sans que rien ne lui échappe (Genèse 6:12, Esaïe 1:16, Jérémie 16:17, Zacharie 4:10…). Les pieds d’airain, affirmant cette capacité d’aller sans que rien n’entrave la marche. Et la voix, marque d’autorité devant laquelle nulle contradiction ne peut se manifester.
 
Cette présentation chargée de symboles est parfaitement compréhensible pour un Israélite, car elle se réfère à la parole prophétique. Pensons aux visions prophétiques : la vision de la gloire (Ezéchiel 1), la contemplation de la sainteté de Dieu (Esaïe 6) et encore le ciel ouvert sur l’Ancien des jours (Daniel 7:9-12).
 
Les sept étoiles dans la main droite vont être expliquées par l’ange quelques lignes plus loin. Quant à l’épée acérée et au visage exprimant la puissance, nous pouvons le comprendre. Le Fils de l’homme n’est-il pas, lui, "La Parole de Dieu" (Jean 1:1,14), la lumière qui éclaire tout homme, manifestée ici dans toute sa gloire, telle qu’elle parut un instant aux disciples lors de la transfiguration (Matthieu 17:2) !
 
La réaction de Jean est immédiate, il tombe face contre terre. Mais avec quelle promptitude est-il appelé à se relever !

17 Lorsque je le vis, je tombai à ses pieds, comme mort. Alors il posa sur moi sa main droite et me dit : Ne crains pas, c’est moi, le premier et le dernier, le vivant. J'ai été mort, 18 et voici, je suis vivant aux siècles des siècles, et je tiens les clefs de la mort et du hadès. 19 Écris donc ce que tu as vu, et ce qui est, et ce qui arrivera ensuite.

Le Fils de l’homme est-il autre que Celui que Jean avait connu ? Mais pouvait-il changer ? Ne lisons-nous pas : "Jusqu'à votre vieillesse je suis le Même, et jusqu'aux cheveux blancs, je vous porterai. Moi, je l'ai fait ; moi, je porterai, et moi, je chargerai sur moi, et je délivrerai." (Ésaïe 46:4). Ainsi lisons-nous ici "Ne crains pas !"  Ce que Jean entend ici parle de soi-même ; ces paroles soulignent la victoire remportée par celui qui a donné aux hommes le signe de son amour dans l’œuvre de la rédemption. Il a remporté la victoire, ouvert l’accès au ciel ; il a vaincu la mort, elle qui est appelée "le salaire du péché" (Romains 6:23). C’est lui qui tient les clefs de la mort et du hadès, le séjour des morts ; en effet, les "portes du hadès" ne peuvent demeurer fermées, car Celui qui a vaincu à la Croix en détient lui-même les clefs, et il tient lui-même les portes ouvertes (Matthieu 16:28, 27:52, Ephésiens 4:8).
 
Ainsi, Jean se trouve face au Fils de l’homme qui a reçu le pouvoir d’exercer le jugement (Jean 5:22), tout en le retrouvant tel qu’il le connaît, Jésus Christ par qui vinrent "la grâce et la vérité" (1:4, 22:21). Une réalité essentielle : l’homme doit être placé devant l’exercice de la justice, mais là il rencontre celui qui a toutes les ressources de la grâce. Cette réalité n’est pas nouvelle pour le lecteur, car déjà Pierre avait écrit "Car le temps est venu de commencer le jugement par la maison de Dieu" (1 Pierre 4:17). Et quelle est la maison de Dieu aujourd’hui sur la terre, sinon l’ensemble de ceux qui se proclament chrétiens ? Car "vous n'êtes plus étrangers ni forains, mais vous êtes concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu" (Éphésiens 2:19).
 
Ceci nous conduit aux lettres aux sept assemblées d’Asie, des assemblées emblématiques qui nous donnent à considérer l’ensemble des chrétiens en ce monde. Mais au préalable, une précision devait être donnée :

20 Quant au mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma droite, et aux sept porte-lampes d'or : les sept étoiles sont les anges des sept assemblées, et les sept porte-lampes sont les sept assemblées.

Les sept assemblées sont sept "porte-lampes", car telle est la vocation des croyants, être "lumière du monde" (Matthieu 5:14), donnant à connaître Celui qui a proclamé : "Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde" (Jean 9:5). Et la question ici se pose : quelle lumière donnent au monde, aujourd’hui, ceux qui se réclament de Jésus Christ ? Lui, il demeure toujours "au milieu des sept porte-lampes", et en outre il "tient dans sa main les sept étoiles", les "anges des assemblées…" Mais qu’en est-il de la chrétienté ?
 
Les lettres aux sept assemblées vont être adressées aux sept étoiles, "les messagers des sept assemblées", à savoir les personnes qui agissent dans ces assemblées de la part du Seigneur pour leur communiquer sa pensée ; nous pensons aux apôtres, aux anciens et, particulièrement, à ceux qui donnent à comprendre la parole de Dieu aux fidèles et les placent ainsi en esprit devant Dieu, ceux que l’Ecriture appelle "prophètes" (Actes 13:1, 1 Corinthiens 12:28, 14:29, Ephésiens 3:5, 4:11). Ils sont "dans la main du Seigneur" pour être ses messagers au sein de l’assemblée. Et quoi de plus cohérent que d’envoyer ces sept lettres à des hommes connus pour leur engagement pour le bien des croyants au milieu desquels ils se trouvent, au milieu de ceux qu’ils servent ! 


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 01:06 Vision du Fils de l'homme

21/07/2012

2:1 - Aux assemblées d'Asie (1)


 

AUX SEPT ASSEMBLEES D'ASIE
Apocalypse 2:1-3:22

Sept lettres adressées, chacune à "l’ange d’une assemblée", un homme de confiance donc ou même plusieurs qui exercent une certaine autorité en accomplissant un réel service de la part du Seigneur dans leur propre localité, des "messagers du Seigneur." Ce sont des réelles communautés chrétiennes dont il est parlé, des hommes et des femmes qui se réclamaient de Jésus Christ dans chacune de ces localités. Quelle que soit la solidité des liens qui unissaient ces croyants, chacune de ces sept assemblées portait un témoignage, étant le "porte-lampes" appelé à porter la lumière du Christ dans sa propre localité. La question se pose alors de l’éclat de cette lumière, et avant tout, la question de savoir si elle se trouve sur le pied de lampe ou sous le boisseau (Matthieu 5:15) ?
 
Ces chrétiens devront donc entendre le message, toujours encourageant mais quelques fois sévère et leur faisant baisser la tête… Pensons à la réception de telles lettres, aux avertissements graves dans plusieurs cas, et posons-nous la question de la lettre que nous recevrions nous-mêmes aujourd’hui…
 
Les sept lettres ont la même structure. L’adresse d’abord, dans laquelle un trait remarqué de la vision du Fils de l’homme est souligné (1:12-16), étant approprié à l’état particulier de l’assemblée, ensuite le regard porté sur l’assemblée, et enfin les exhortations appropriées. L’adresse conduit à l’annonce de la bénédiction, présentée dans des termes qui répondent aux combats à mener ; une promesse qui n’est jamais collective, mais toujours personnelle, car le combat à mener est toujours individuel, et chacun peut entendre, et encore aujourd’hui, "A celui qui vaincra !" 
 
Des lettres concises et incisives, "car la parole de Dieu est vivante et opérante, et plus pénétrante qu'aucune épée à deux tranchants, et atteignant jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne les pensées et les intentions du cœur" (Hébreux 4:12).

 
A l'ange de l'assemblée à Ephèse – 2:1-7
 
Le rassemblement à Ephèse est bien connu. Quarante années plus tôt, des amis de Paul, Aquilas et Priscilla, réunirent chez eux les personnes qui se sont tournées vers le Christ (1 Corinthiens 16:19), et, peu après, Paul demeura parmi ces croyants trois années durant (Actes 18:19-19:41). De retour de Grèce, il leur fit ses adieux, alors qu’il passait près de chez eux, s’en allant à Jérusalem où il fut emprisonné, ce fut l’entrevue poignante avec les anciens au port de Milet, près d’Ephèse (Actes 20). Un moment fort émouvant, un discours important, notamment par les avertissements que Paul leur adressa : "Moi je sais qu'après mon départ il entrera parmi vous des loups redoutables qui n'épargneront pas le troupeau ; et il se lèvera d'entre vous-mêmes des hommes qui annonceront des doctrines perverses pour attirer les disciples après eux. C'est pourquoi veillez, vous souvenant que, durant trois ans, je n'ai cessé nuit et jour d'avertir chacun de vous avec larmes." (Actes 20:31). Et trois ou quatre ans plus tard encore, de sa résidence forcée à Rome, attendant son procès, Paul leur adressa une épître où l’on ne trouve aucune trace de répréhension, tant les échos qu’il recevait d’Ephèse étaient encourageants.
 
Les années ont passé, et il semble bien que les chrétiens à Ephèse poursuivent dans la fidélité et l’attachement à l’enseignement des apôtres : ils n’ont pas oublié les paroles de Paul à Milet, veillant à ne pas laisser faire ceux parmi eux qui auraient voulu introduire des doctrines douteuses, ces loups redoutables annoncés. Mais ils doivent veiller, car un danger les guette, et il est bon qu’ils demeurent dans le chemin de bonheur qu’ils connaissent…

2  1 À l'ange de l'assemblée qui est à Éphèse, écris : Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa droite, qui marche au milieu des sept porte-lampes d'or.
 
2 Je connais tes œuvres, ton travail et ta persévérance, et que tu ne peux supporter les méchants. Tu as mis à l’épreuve ceux qui se disent apôtres et ne le sont pas, et tu les as trouvés menteurs. 3 Tu as de la persévérance, tu as supporté des afflictions pour mon nom et tu ne t'es pas lassé. 4 Mais j'ai contre toi que tu as abandonné ton premier amour. 5 Souviens-toi donc d'où tu es tombé, repens-toi et reviens à tes premières œuvres ; sinon, si tu ne te repens pas, je viendrai à toi et j'ôterai ta lampe de son lieu. 6 Cependant, tu as ceci pour toi : tu détestes les œuvres des Nicolaïtes, œuvres que moi-même je détestes.

Le chemin de la foi est parcouru dans la fidélité – œuvres, travail, persévérance – mais non comme aux commencements, quand il était parlé "d’œuvre de foi, de travail d'amour et de persévérance d'espérance" (1 Thessaloniciens 1:3). Le premier amour n’est plus, même si les avertissements de Paul, touchant l’introduction de doctrines perverses (Actes 20:31), a tenu les croyants d’Ephèse en éveil ; nous voyons qu’ils les rejetaient fermement. Quelle était cette doctrine des Nicolaïtes qui avait séduit des croyants à Pergame (2:15) ? Un croyant digne de confiance en parla clairement ; il s’agit d’Irénée (130-205), ancien ou surveillant ("episkopos", cf. Tite 1:7) de l’assemblée à Lyon, capitale des Gaules ; un témoin de premier plan, car il venait de Smyrne où il fut disciple de Polycarpe de Smyrne (env.80-env.160). Il donne ce courant réprouvé comme étant une dérive grave au plan de la morale dans les relations entre hommes et femmes.
 
Pour ces croyants d’Ephèse, rien que des appréciations positives donc mais un danger les guette, car ils ont perdu le moteur essentiel de la vie de foi, "le premier amour", celui qui pourrait être résumé par cette parole de Jean : "Nous, nous l'aimons parce que lui nous a aimés le premier" (1 Jean 4:19). Aussi y a-t-il un combat à mener, à mener personnellement par chacun, dans le fond de son être, pour mesurer le privilège de la grâce. Pour revenir ainsi à l’attachement au Seigneur qui caractérisa leurs aînés, et dont le témoignage était rendu par la lettre qui leur fut destinée trente-cinq ans plus tôt, lorsque Paul était prisonnier à Rome : vous êtes "bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ" (Ephésiens 1:3). N’est-ce pas le désir du Fils de l’homme, que les croyants goûtent en vérité cette bénédiction qu’Il leur donne ? Et Il est toujours là pour leur dire : "Je donnerai…"  

7 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux assemblées. À celui qui vaincra, je lui donnerai de manger de l'arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu.

"Manger de l’arbre de vie !" De cet arbre qui donne son fruit chaque mois (22:2) et qui se trouve dans le paradis de Dieu, autrement dit le "jardin clos" du Seigneur.
Littéralement, le mot "paradis", venant du sanskrit – langue indo-européenne autrefois parlée dans le sous-continent indien – signifiait un "jardin clos"  attaché à une maison de notable – par exemple la maison du roi – planté pour l’ornementation ou l’usage, un verger. Le mot hébreu par_das qui a cette même signification dérive de la racine prd signifiant "séparé". Le terme est utilisé dans trois acceptions bien différentes dans la bible hébraïque (Cantique 4:13, Ecclésiaste 2:5 et Néhémie 2:8).

L’arbre de vie est de fait l’arbre qui apporte la vie, "ce qui est vraiment la vie" (1 Timothée 6:19), cette vraie vie que le Seigneur a voulu pour tous, et dont il a parlé disant à propos de ses brebis "je suis venu afin qu'elles aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance" (Jean 10:10). Ainsi, la mention de "l’arbre de vie"  était bien compréhensible par l’auditoire, et même bien avant la pleine révélation de la vérité par Jésus Christ (Jean 1:17), des sages d’Israël avaient bien compris cette figure. Elle évoquait pour eux les dispositions de cœur qui rendent heureux, qui donnent un réel sens à la vie, un sens qui répond au vœu du Créateur. Un sage a écrit "Heureux l'homme qui trouve la sagesse et l'homme qui obtient l'intelligence… Elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent ; et qui la tient ferme est rendu bienheureux  et encore  Le fruit du juste est un arbre de vie, et le sage gagne les âmes"  (Proverbes 3:13-18, 11:30).
 
De telles dispositions dans la vie d’un croyant aujourd’hui font rayonner une lumière irrésistible ; c’est le fait d’un chrétien qui se nourrit des fruits produits dans le  jardin clos  de Dieu, parce qu’ils répondent à la connaissance qu’il a de la nouvelle vie qui lui est donnée gratuitement, parce qu’il "mange de l'arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu."  Jésus n’a-t-il pas dit : "Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; et celui qui croit en moi n’aura jamais soif."  (Jean 6:35). Des fruits à goûter qui viennent du " jardin clos" de notre Dieu, et qui sont dispensés à ceux auxquels Il les destine… Ceci ne conduirait-il pas à revenir au premier amour ? A méditer…

 
A l'ange de l'assemblée à Smyrne – 2:8-11
 
Smyrne, une ville portuaire prospère, à soixante-dix kilomètres au nord d’Ephèse ; il s’agit de la ville actuelle d’Izmir.
 
"Sois fidèle jusqu'à la mort." La perspective est tragique, la vie même de ces croyants est en danger ! Le climat d’insécurité fut le lot des chrétiens dès le commencement, et ces mêmes dangers les guettent en ces années, semblable à ce qu’il en fut à Thessalonique (Actes 17:5-6) ou encore à Ephèse lorsque Paul s’y trouvait encore (Actes 19 :23-41). Sans oublier la haine déployée contre Paul lui-même à Jérusalem (Actes 21:27-36). Pensons au dépit que sa conversion engendra lorsque Saul de Tarse, un juif parmi les plus érudits, s’est tourné vers Jésus ! Ces manifestations de haine, et la persécution, ont été le fait tant de quelques juifs que de Grecs. Les premiers, ulcérés par cette nouvelle voie (Actes 9:2), d’autant plus qu’elle était ouverte aux nations (Actes 13:45) ; et les seconds, jaloux de leur propre religion et la crainte que la désaffection des cultes d’idoles n’entame le profit qu’ils y trouvaient, comme il en fut de Démétrius à Ephèse (Actes 19:27). Il s’ajouta, pour les gouvernants, la crainte d’une rupture de l’ordre social dans le fait de ne pas sacrifier aux idoles un geste qui assurait la cohésion de la population. Et il en résulta parfois que les croyants, se tenant à part, soient les boucs émissaires lorsque des malheurs s’abattaient sur la ville, la province ou l’empire. Pensons à l’incendie de Rome au cours du règne de Néron…
 
En fait, l’histoire nous montre plutôt des persécutions locales, comme nous le lisons de Pergame où Antipas connût le martyre (2:13), et c’est ce qui apparaît en premier dans la lecture de ces lettres aux sept assemblées d’Asie. Le petit rassemblement de chrétiens à Smyrne allait traverser une période éprouvante, et même plusieurs d’entre eux allaient connaître le martyre, ce qui n’est pas dit des autres localités citées.
 
Le Fils de l’homme met ici en exergue la part qui fut la sienne à la Croix, conduisant à considérer la "seconde mort" (2:11) sur laquelle les ennemis n’ont pas prise, ainsi qu’en avait parlé le Seigneur lui-même : "Mais je vous dis à vous, mes amis : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui après cela ne peuvent rien faire de plus" (Luc 12:4).

8 À l'ange de l'assemblée qui est à Smyrne, écris : Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui a été mort et qui a repris vie.
 
9 Je connais ta détresse et ta pauvreté – pourtant tu es riche – et les calomnies de ceux qui se disent juifs et ne le sont pas : ils sont la synagogue du satan. 10 N’aies aucune crainte de ce que tu vas souffrir. Le diable va jeter quelques-uns d'entre vous en prison et vous serez mis à l’épreuve ; vous connaîtrez la détresse pendant dix jours. Sois fidèle jusqu'à la mort et je te donnerai la couronne de vie.

Déjà les chrétiens de Smyrne connaissaient la détresse et la pauvreté, et nous pouvons penser qu’ils subissaient des pressions, et même que leurs biens leurs auraient été dérobés par une population qui les rejetait. Cette pression va s’aggraver et même plusieurs perdront la vie…
 
La pression vient ici de quelques juifs de la localité. La parole dite à leur propos ne manque pas d’interpeller ; ils fréquentent la synagogue, mais il est dit de celle-ci qu’elle est "la synagogue du satan". Soulignons que ceci n’est pas dit de toutes les synagogues, mais de celle de Smyrne à cette époque. Cette appellation sévère souligne que les membres de la synagogue étaient attachés à leurs pensées d’hommes plutôt qu’à la Parole de Dieu et à la Loi.
Nous comprendrons le sens de cette parole en examinant ce que Jésus dit une fois à Pierre : "Va arrière de moi, satan, car tes pensées ne sont pas aux choses de Dieu, mais à celles des hommes" (Marc 8:33), désignant de "satan" le pauvre Pierre qui s’était laissé remplir de pensées humaines, car il n’avait pas encore perçu combien il était inévitable que le Seigneur connaisse la souffrance et de la mort (Marc 8:31). Peu de temps avant, Jésus avait aussi dit à quelques Pharisiens qui relisaient la Loi et y ajoutaient des commandements à leur convenance : "vous annulez le commandement de Dieu afin de garder votre tradition" (Marc 7:9). Telle est la situation d’hommes, fussent-ils de la synagogue, qui, se réclamant de Dieu, avaient le cœur attaché à leurs propres traditions, des pensées d’homme, et non à la parole de Dieu. Ainsi ces paroles sont prononcées : ils sont la "synagogue du satan", le rassemblement de personnes qui sous le couvert de l’attachement à Dieu n’étaient attachées qu’à leurs propres traditions.
 
Remarquons que cela concerne ici les juifs de Smyrne, et non tous les juifs, car nous pouvons lire cette parole, sous la plume de Paul "Car je leur rends témoignage qu'ils ont du zèle pour Dieu, mais non selon la connaissance" (Romains 10:2), et aussi ce témoignage de Luc à propos des juifs de la ville de Bérée : "Or ceux-ci étaient plus nobles que ceux de Thessalonique ; et ils reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les écritures pour voir si les choses étaient ainsi" (Actes 17:11).

Plusieurs seront jetés en prison ! Un acte aussi odieux est commis par des hommes pratiquant l’injustice, conduits par leurs pulsions les plus outrageuses. Alors, à ces chrétiens de Smyrne, confrontés à ce temps d’épreuve, il leur est dit que ceux qui seront fidèles jusqu’à la mort auront "la couronne de vie." Un écho à d’autres paroles : "la couronne de vie promise à ceux qui l’aiment" (Jacques 1:12), une couronne incorruptible (1 Corinthiens 9:25), la couronne de victoire (2 Timothée 2:5), de justice (2 Timothée 4:8), de gloire (1 Pierre 5:4)… Paul nous explique ce qu’est cette couronne : "Quand le Christ qui est notre vie, sera manifesté, alors vous aussi, vous serez manifestés avec lui en gloire" (Colossiens 3:4).
 
Devant la persécution, le combat est personnel. Chacun se trouve face à ses accusateurs, ceux qui exigent l’abjuration de la foi.

11 Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux assemblées. Celui qui vaincra n’a rien à craindre de la seconde mort.

Mais le temps si éprouvant a une limite. Le combat sera très rude, mais ils sont avertis qu’il y a une fin à cette persécution, car le temps est compté : dix jours, précis ou symbolique, mais en tous cas une période limitée. Ils auront à pleurer des morts, mais ils auront une consolation dans la conscience de la paix dans laquelle reposeront les martyrs. Ils n’ont pas à craindre la seconde mort, l’éloignement éternel, la privation définitive de la présence de Dieu (20:14, 21:8).
Un demi-siècle plus tard, une nouvelle persécution touchera de plein fouet la communauté de Smyrne. L’empereur et philosophe Marc Aurèle (161-180) ne supportait pas ce qu’il appelait le fanatisme des chrétiens , et il poussa à les persécuter, jugeant qu'ils étaient une menace pour la cohésion de l'Empire, du fait notamment de ne pas brûler de l'encens devant les statues de l'empereur et de ne pas invoquer ses dieux. S’il n’y eût pas de persécution systématique, des autorités locales sévirent contre des personnes dénoncées par la population, jusqu’à en mettre à mort. Ainsi en fut-il de Polycarpe de Smyrne (env.80 à env.160) ; il fut brûlé vif à un âge très avancé, vers l’an 155 ou 167. Il avait été un des anciens ou surveillants pendant de longues années.

 
A l'ange de l'assemblée à Pergame – 2:12-17
 
Pergame, aujourd’hui appelée Bergama, est à quatre-vingts kilomètres au nord de Smyrne et vingt-cinq kilomètres de la mer Egée. Une métropole régionale prospère de la province romaine d’Asie, dotée d’une bibliothèque de deux cent mille livres qui rivalise avec celle d’Alexandrie, mais aussi un grand centre de cultes idolâtres. Et une ville dont il est écrit que « le satan y habite", tellement y étaient importantes les pratiques opposées à la justice et l’éthique. Notons que cette appréciation touchant Pergame n’est pas le fait des autres localités citées ; nous pouvons bien comprendre que le climat social et politique n’est pas le même partout en ce monde, et aussi réaliser combien difficile devait être la vie de ces chrétiens de Pergame ; plus que d’autres sans doute, ils ressentaient la force de cette parole de Pierre : "Mais, selon sa promesse, nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite" (2 Pierre 3:13). Pensons aux croyants qui en divers pays connaissent une persécution du même ordre…
 
Aussi, la première parole est un mot de compréhension, "je sais où tu habites…" Autrement dit : je connais tes difficultés. Le Fils de l’homme attestant par ces mots combien il voit les souffrances infligées, mais aussi la fermeté de ces chrétiens qui n’ont pas renié la foi, et cela même lorsqu’un des leurs a été mis à mort. D’Antipas lui-même, l’histoire n’a rien retenu, mais nous savons que des notables locaux, désireux de plaire à l’empereur, recevaient volontiers des dénonciations de citoyens concernant des chrétiens, et les prisonniers étaient pressés d’abjurer leur foi… La pression était d’autant plus forte à Pergame, ville vouée d’une manière particulière à tous les cultes idolâtres de Rome, à commencer par celui de l’empereur.

12 À l'ange de l'assemblée qui est à Pergame, écris : Voici ce que dit celui qui a l'épée acérée à deux tranchants.
 
13 Je sais où tu habites, là où est le trône du satan. Tu tiens ferme mon nom et tu n'as pas renié ma foi, même aux jours où Antipas, mon fidèle témoin, a été mis à mort parmi vous, là où le satan habite.

Mais voici, le Fils de l’homme s’y présente en mettant en exergue un attribut bien évocateur ; il s’agit de "l’épée acérée à deux tranchants", cette épée dépeinte avec force en ces mots : "la parole de Dieu, vivante et opérante, plus pénétrante qu'aucune épée à deux tranchants, atteignant jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, des jointures et des moelles ; elle discerne les pensées et les intentions du cœur" (Hébreux 4:12). Deux maux ont pénétré le milieu des croyants : des tenants de la doctrine de Balaam et des adeptes du Nicolaïsme. Ces maux sont si graves que l’avertissement est particulièrement sévère…

14 Mais j'ai contre toi quelques griefs. Tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, lequel enseignait à Balac à jeter une pierre d'achoppement devant les fils d'Israël en les incitant à manger des viandes sacrifiées aux idoles et à se livrer à la prostitution. 15 De même, tu as aussi des gens qui sont attachés à la doctrine des Nicolaïtes.

Les pages du Livre de la Loi touchant Balaam sont remarquables (Nombres 22 à 24). Nous y voyons un mauvais prophète, Balaam, soudoyé par Balak, le roi de Moab, afin qu’il maudisse le peuple d’Israël au moment où, quittant le désert, Israël devait traverser le pays de Moab pour pénétrer en terre de Canaan. Le prophète fut empêché jusqu’à quatre fois, il ne put prononcer les paroles attendues, et alors, renvoyé par Balak, il s’en alla non sans avoir incité Balak à mettre une pierre d’achoppement devant Israël, et plusieurs Israélites tombèrent dans ce piège, s’adonnant à la licence morale et aux pratiques idolâtres (Nombres 25:1-3, 2 Pierre 2:15, Jude 11). Ici, à Pergame, cette dérive avait été élevée en doctrine, et cela malgré que Paul ait déjà dû écrire à ce propos (1 Corinthiens 5:9-11, 10:20-30). Le raisonnement était simple : les idoles ne sont rien, donc les repas au temple ne représentent rien et je puis, comme chrétien, y participer sans soucis… La réalité est qu’un culte idolâtre est une marque d’adhésion à ce qui gouverne le monde, dans l’ignorance de Dieu, et ainsi radicalement opposé à la foi. Y participer, c’est cautionner de telles pratiques, un contre-témoignage absolu.
 
Autre courant gravement déviant, celui des Nicolaïtes combattu fermement à Ephèse (2:6), mais érigé en doctrine par quelques uns, poussant ainsi des croyants à des pratiques honteuses dans les relations entre hommes et femmes. Un affront au Seigneur et à tous ceux qui chérissent la parole de Dieu et retiennent les pages magnifiques de Paul touchant le mariage (Ephésiens 5:22-33, 1 Corinthiens 7:1-5).
 
A l’ange de l’assemblée, il est dit : "Repens-toi ! Afin que je ne combatte pas contre eux." Et, en effet, le messager de Dieu dans l’assemblée était trouvé en défaut en laissant faire, et il devait réagir avec force. Certes, il ne faut pas minimiser la difficulté des conducteurs face à des courants déviants, que ce soient les pratiques des Nicolaïtes ou les compromissions dans des célébrations idolâtres, cette licence donnant prétexte même à affirmer faussement que leur démarche mettait les croyants à l’abri, vu les rapports entretenus avec la population non-chrétienne de la ville. Mais ils savent que, sur une telle pente, le désastre serait bien grand. Alors ces conducteurs sont appelés à changer de route afin que n’advienne pas cette souffrance pour les chrétiens qui proclament et pratiquent ces doctrines funestes, celle de Balaam comme celle des Nicolaïtes.

16 Repens-toi donc, sinon je viendrai à toi promptement et je combattrai contre eux par l'épée de ma bouche.

"Je combattrai…" Par une seule parole, le Fils de l’homme peut donner la vie ou prononcer le jugement (Esaïe 11:4, 49:2). Mais pour le fidèle, tenir ferme, garder la route face aux fausses doctrines qui se répandent, c’est déjà vaincre ; car lorsque les voies d’égarement se font doctrines, nul n’en peut juguler le cours sinon le Seigneur, mais le combat consiste à résister aux pressions de ceux qui les propagent pour ne pas être soi-même emporté. N’étaient-ils pas avertis déjà par Jean ? "N'aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde : si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui ; parce que tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie, n'est pas du Père, mais est du monde…" (1 Jean 2:15-16).

17 Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux assemblées ! À celui qui vaincra, je lui donnerai de la manne cachée, et un caillou blanc ; sur ce caillou sera écrit un nom nouveau que nul ne connaît, sinon celui qui le reçoit.

Le Seigneur saura faire entendre son approbation à qui demeure dans le chemin qu’Il a tracé, d’abord par cette révélation de lui-même au croyant qui le recherche, cette "manne cachée" nourrissant l’âme dans le secret (Jean 6:31-35), et ensuite par une marque d’approbation, le "caillou blanc."
Dans la Grèce antique, un tel caillou était donné au justiciable en signe d’acquittement, comme aussi au champion dans les stades, une image bien connue (1 Corinthiens 9:24, 2 Timothée 2:5). Un nom gravé sur un caillou blanc était aussi comme un carton d’invitation à un banquet, et nous pouvons penser ici au repas des noces de l’Agneau… "Heureux ceux qui sont invités au banquet des noces de l'Agneau" (Apocalypse 19:9).

Pourquoi, dirons-nous, un "nouveau nom" ? Pour un monarque, attribuer un nom à un de ses sujets, est le destiner à un service, une fonction, une position particulière ; il s’agit donc bien pour celui qui vainc de réaliser une relation particulière, un lien plus intime avec le Seigneur. Dans l’éternité, toutes choses seront dans la lumière, à la connaissance de tous, mais ici la manne, comme le nom nouveau, ne sont connus que de celui qui les reçoit, indiquant la part du racheté au cours de sa vie, la conscience intime de l’approbation du Seigneur, ainsi qu’il fut remarqué à propos d’Enoch : "car, avant son enlèvement, il a reçu le témoignage d’avoir plu à Dieu" (Hébreux 11:5).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 02:01 Aux Assemblées d'Asie (1)

18/07/2012

2:18 - Aux assemblées d'Asie (2)


 

A l'ange de l'assemblée à Thyatire – 2:18-29
 
Thyatire, l’actuelle Akhisasar, à soixante kilomètres au nord-est de Smyrne et cinquante kilomètres au nord de Sardes était une ville d’artisans en poterie, en cuivres et en textiles, productrice d’étoffes teintes en pourpre venant d’une plante locale, et qui faisaient la célébrité de la ville dans tout l’empire. Souvenons-nous de "Lydie, marchande de pourpre de la ville de Thyatire, qui servait Dieu" établie dans la ville de Philippes, capitale de Macédoine (Actes 16:14).
 
Les commencements de l’assemblée locale peuvent dater du temps où Paul, basé à Ephèse, annonça l’évangile en Asie (Actes 19:26). Quarante années après ces commencements, un développement inquiétant, très grave, s’y est produit. Des "anciens", fidèles, sont dépassés par la situation car une ou plusieurs personnes ont pris le dessus parmi les chrétiens, les engageant dans un chemin clairement corrompu.
 
La situation est telle que le Fils de l’homme se présente en mettant en exergue ses attributs de juge suprême.

18 À l'ange de l'assemblée qui est à Thyatire, écris : Voici ce que dit le Fils de Dieu, qui a ses yeux comme un feu flamboyant, et dont les pieds sont semblables à de l'airain brillant.
 
19 Je connais tes œuvres, ton amour, ta foi, ton service, ta persévérance et tes dernières œuvres, plus nombreuses que les premières. 20 Cependant j'ai ceci contre toi : tu laisses faire la femme Jésabel, qui se dit prophétesse, enseigner et égarer mes serviteurs en les entraînant à se livrer à la prostitution et à manger des viandes sacrifiées aux idoles.

La référence à Jésabel est vraiment importante. Cette femme était l’épouse du roi Achab de Samarie (874-853), au temps du prophète Elie. Venant de Sidon, ville phénicienne, elle conduisit Achab à adorer Baal (1 Rois 16:31), extermina les prophètes de l’Éternel, s’opposa personnellement à Elie (1 Rois 18:4, 19:2) et perpétra des machinations odieuse contre des hommes fidèles, tel Naboth qui possédait une vigne à côté du palais royal et fut assassiné à l’initiative de Jésabel pour qu’elle puisse offrir à son faible mari la jouissance de cette vigne, objet de sa convoitise (1 Rois 21:14). La fin de cette femme fut abominable (2 Rois 9:36-37), et de son mari il fut écrit : "Certainement il n'y en eut point comme Achab, qui se vendit pour faire ce qui est mauvais aux yeux de l'Éternel, sa femme Jésabel le poussant" (1 Rois 21:25).
 
C’est dire la dérive de ces meneurs qui conduisaient ainsi les chrétiens à se prostituer dans les cultes idolâtres. Ceux que le Fils de l’homme appelle  l’ange de l’assemblée  sont des chrétiens fidèles, serviteurs reconnus pour leur grand engagement de foi, mais ils sont dépassés par "la femme Jésabel", un ou des faux prophètes qui intriguent pour mener les fidèles dans leurs propres voies d’égarement. Non seulement ils sont adeptes eux-mêmes de "la doctrine de Balaam" (2:14), mais ils s’activent à pousser les croyants dans ce funeste chemin.

21 Je lui ai donné du temps pour qu’elle change radicalement, mais elle ne veut pas revenir de sa prostitution. 22 Je vais la jeter sur un lit et dans une grande détresse, elle et ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu'ils ne reviennent de leurs œuvres. 23 Je ferai mourir ses enfants et toutes les assemblées sauront que c'est moi qui sonde les reins et les cœurs, et je vous rendrai, à chacun de vous, selon vos œuvres.

Manifestement, nombre de croyants de la localité étaient tellement avides de paraître bon citoyen qu’ils sacrifient aux idoles, participent aux repas organisés à leur honneur, évitant ainsi de se trouver en marge, limitant ainsi le risque d’être rejetés… Que doivent faire les croyants face à une telle dérive ? Ou plus exactement, que peuvent-ils y faire ? Paul avait déjà averti de cette dérive lorsqu’elle toucha les croyants de Corinthe (1 Corinthiens 5:9-11, 10:20-30), mais ici cela atteint l’impensable, ces personnes allant jusqu’à se prévaloir d’avoir connu "les profondeurs du satan"
 
Ils revendiquent avec prétention la justesse de leur comportement, arguant du fait qu’ils ont, eux, l’intelligence des choses et se permettent d’affirmer qu’ils ont la connaissance de ce qui est qualifié de satanique, clamant qu’ils savent ce que sont les "profondeurs de Satan" ! Ne seraient-ils pas à s’approprier les paroles de Paul, en les tronquant de la conclusion, se mettant donc en opposition avec l’enseignement de l’apôtre, disant haut et fort qu’une idole n’étant rien (1 Corinthiens 8:4), y sacrifier n’est en rien condamnable… Et de déclarer méprisable l’idée que sacrifier aux idoles était se prostituer… et dans la prétention de leur fausse science ils trahissaient le Christ, ayant transformé la liberté chrétienne en licence…
 
Ceux qui demeureront dans cette ornière au lieu de revenir au Christ connaîtront des jours funestes. Il n’y a qu’une seule bonne voie pour ceux qui se sont laissé enlacés par leurs filets, "changer radicalement", se repentir, faire demi-tour. Non pas fuir le monde certes, car il est heureux "s'il est possible, autant que cela dépend de nous, de vivre en paix avec tous les hommes" (Romains 12:18), mais se garder de participer à leurs "mauvaises œuvres" (Colossiens 1:21).
 
Ceci étant, plusieurs à Thyatire ne suivent pas suivi cette voie abominable. Faut-il qu’ils combattent les faux-prophètes, la femme Jésabel qui s’est mise à la tête ? Faut-il qu’ils engagent des débats, provoquent ceux qui s’égarent ?

24 Mais à tous les autres de Thyatire, autant qu'il y en a qui n'ont pas cette doctrine, qui n'ont pas connu les  profondeurs du satan , comme ils disent, je ne mets pas sur vous d’autre fardeau. 25 Seulement, ce que vous avez, tenez-le ferme jusqu'à ce que je vienne.

Il leur est dit de "tenir ferme" jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit manifesté ! Autant dire que ce courant manifesté dès ces années dans cette ville d’Asie ne pourra être jugulé, la chrétienté devra poursuivre sa route en ayant en son sein ce courant délétère… Cela pouvait étonner les croyants qui reçurent cette lettre, mais pouvons-nous aujourd’hui être étonnés de ces paroles ? "Ce que vous avez, tenez-le ferme jusqu'à ce que je vienne !"  Autrement dit, marchez dans le chemin proposé par l’apôtre : "Poursuis la justice, la foi, l'amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d'un cœur pur, mais évite les questions folles et insensées, sachant qu'elles engendrent des contestations" (2 Timothée 2:23). Le combat est personnel, et il faut savoir et accepter que tous ceux qui portent nom de chrétien ne suivent pas le Maître, et qu’un tel courant a même pris une place en vue dans la cité, dans le monde…

26 Celui qui vaincra, celui qui gardera mes œuvres jusqu'à la fin, je lui donnerai autorité sur les nations. 27 Avec un sceptre de fer il les paîtra, comme on brise les vases d’argile, ainsi que j’en ai moi-même reçu le pouvoir de mon Père. 28 Et je lui donnerai l'étoile du matin. 29 Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux assemblées.

A celui qui tient ferme, une promesse est faite touchant le règne du Fils de l’homme, comment il y sera associé (1:19), ce que Paul avait déjà fait entendre : "Si nous endurons, nous régnerons aussi avec lui" (2 Timothée 2:12). Et pour le soutenir durant son parcours terrestre, face aux courants qui ternissent l’image de la chrétienté, si oppressants aujourd’hui, il aura au cœur la joie si grande de savoir que paraîtra Celui qui est "l’étoile du matin" (22:16).
 
Pierre aussi exhortait à garder au cœur cette attente : "Et nous estimons d’autant plus ferme la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour commence à poindre et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs" (2 Pierre 1:19). Et d’ajouter : "Selon sa promesse, nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite" (2 Pierre 3:13).

 
A l'ange de l'assemblée à Sardes – 3:1-6
 
Ville de Lydie à quatre-vingt kilomètres à l’est de Smyrne, Sardes fut la très riche capitale du roi Crésus ; elle est arrosée par le fleuve Pactole où selon la légende, il suffisait de se baisser pour ramasser des paillettes d’or. Au tournant du premier siècle de notre ère, Sardes a perdu tout son luxe d’antan, et n’est même plus parmi les villes importantes. Une ville paisible, semble-t-il, où une assemblée chrétienne paraît vivre tranquillement.
 
Nous sommes bien loin de l’esprit qui régnait à Thyatire, assemblée ravagée à l’extrême par la ruine spirituelle. A Sardes nous ne voyons aucune pression de faux prophètes, ni Nicolaïtes, ni Balaamites ; des œuvres sont manifestées et l’enseignement ne présente pas de déviances… Mais est-ce suffisant pour dire qu’une assemblées est vivante ? Il en est Un à qui rien ne peut échapper ; Il a les "sept esprits de Dieu" pour discerner toutes choses (1:4). A son messager, il affirme que l’assemblée à Sardes est morte, rien de moins, une appréciation sans nuance… Pensons à ce que dut être pour les chrétiens de cette localité le coup de semonce d’une telle déclaration.

3  1 À l'ange de l'assemblée qui est à Sardes, écris : Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais tes œuvres, je sais que tu es réputé vivant, mais tu es mort.
 
2 Sois vigilant et affermis ce qui reste qui est sur le point de mourir, car je n'ai pas trouvé tes œuvres parfaites devant mon Dieu. 3 Rappelle-toi donc ce que tu as reçu et entendu, garde-le et repens-toi. Si tu ne veilles pas, je viendrai sur toi comme un voleur et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai te surprendre. 4 Cependant, tu en as quelques-uns à Sardes qui n'ont pas souillé leurs vêtements ; ils marcheront avec moi en vêtements blancs, parce qu’ils en sont dignes.

Malgré la belle apparence, la clarté de la profession chrétienne, l’assemblée paraît être en lambeaux ! Une consolation toutefois, le jugement sévère, "tu es mort", est nuancé par la reconnaissance d’un lumignon qui brûle encore (Matthieu 12 :20) : "ce qui reste et qui est sur le point de mourir." Toute cette belle réputation de l’assemblée à Sardes n’empêche pas que plusieurs ont "souillé leur vêtement.".
 
Nous voyons ici que la vie du croyant n’est pas seulement respect de règles et maintient de la doctrine, car si cela seul subsiste, le chemin est celui de l’extinction de la vie. La vraie vie ne se manifeste pas par un code de doctrine, mais par un élan, un véritable attachement au Seigneur, à l’image de celui qui veille, attendant sa venue et agissant dans son journalier en relation avec cette grande attente. Tel est l’enseignement du Seigneur (Marc 13:30-37), rappelé plus d’une fois par les apôtres (1 Corinthiens 15:34, 16:13, Ephésiens 5:14, 2 Pierre 1:13, 3:1), et encore dans la suite du livre (16:15). Les croyants avaient à se souvenir "comment ils avaient reçu" (1 Thessaloniciens 1:15, 2:1, 1 Corinthiens 2:1) pour parcourir "ce qui est vraiment la vie" (1 Timothée 6:19, Ephésiens 4:20-24, Colossiens 2:6-7). Nous lisons ici ce que représente aux yeux du Seigneur le seul respect extérieur d’une tradition face aux manifestations de la vraie vie avec Dieu.
 
En principe, tous sont écrits dans le "livre de vie", car leur profession de chrétiens n’est pas contestable aux yeux des hommes, mais Celui qui regarde au cœur connaît la réalité… Et lorsque le livre sera ouvert, certains noms attendus n’y seront pas trouvés (20:12-15, 21:27, Psaume 69:28).

5 Celui qui vaincra, celui-là sera habillé de vêtements blancs, je n'effacerai jamais son nom du livre de vie, je reconnaîtrai son nom devant mon Père et devant ses anges. 6 Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux assemblées !

Un vêtement blanc, car ils ont le vêtement lavé en vertu de l’œuvre de la Croix (1:5) ; le nom dans le livre de vie (Luc 10:20, Philippiens 4:3), car il n’a pas été effacé ; et la reconnaissance publique du lien établi et maintenu entre le Seigneur et le racheté, ainsi qu’il est écrit : "Quiconque donc me confessera devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux" (Matthieu 10:32). Et l’auteur cite ici, à côté du Père, les anges car ils sont au service du plan rédempteur (Luc 15:10, Hébreux 1:14, 12:22).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 02:18 Aux Assemblées d'Asie (2)

16/07/2012

3:7 - Aux assemblées d'Asie (3)


 

L'assemblée à Philadelphie – 3:7-13
 
Philadelphie, une petite ville fondée par un roi de Pergame qui la désigna de ce nom en vertu de la loyauté de son frère, un homme qualifié de " philadelphe", c’est-à-dire "celui qui aime son frère."  La ville se trouve à quarante-cinq kilomètres au sud-est de Sardes, sur la route qui mène de Sardes à Colosse.
 
A ces croyants qui ont "peu de force"  mais qui gardent fidèlement la parole du Seigneur, le Fils de l’homme se présente comme son garant, celui qui détient la puissance et l’autorité, le fidèle intendant qui lui-même a confié une telle autorité à des serviteurs choisis pour leur fidélité (Esaïe 22:22, Matthieu 16.19). Ici, c’est le Seigneur qui s’engage car il détient l’autorité (Matthieu 28:18). Lui-même tient la porte ouverte parce qu’il a trouvé à Philadelphie une fidélité irréprochable.

7 À l'ange de l'assemblée qui est à Philadelphie, écris : Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre et nul ne peut fermer, celui qui ferme et nul ne peut ouvrir.
 
8 Je connais tes œuvres. Voici, j'ai mis devant toi une porte ouverte que personne ne peut fermer, parce que tu as peu de force, que tu as gardé ma parole, et que tu n'as pas renié mon nom. 9 Voici, je donnerai des gens de la synagogue du satan, qui se disent être juifs et ne le sont pas, mais ils mentent. Je ferai en sorte qu’il viennent se prosterner à tes pieds et qu’ils sachent que moi je t'ai aimé. 10 Parce que tu as gardé la parole de ma persévérance, je te garderai de l'heure de l'épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière pour mettre à l’épreuve les habitants de la terre. 11 Je viens bientôt. Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne.

La fidélité est telle que des juifs se tourneront vers eux. Si la qualification de "synagogue du satan" est bien sévère, c’est en vertu de l’attachement du  peuple choisi  à ses propres traditions, l’empêchant de voir en Jésus Christ le Messie attendu. Quoique jusque là animés de "pensées d’hommes" (Marc 8:33), plusieurs réaliseront que le Messie est avec ces chrétiens humbles et fidèles, de peu de force, qui gardent la Parole (comparer Esaïe 60.14). Malgré leur peu de force, la porte demeure ouverte par la puissance du Fils de l’homme (1 Corinthiens 16:9 ; 2 Corinthiens 2:12 ; Colossiens 4:3).
 
Nous lisons que de telles assemblées se rencontreront jusqu’à ce que vienne l’heure de l’épreuve sur la terre. Le sort de ces chrétiens ne sera ni la grande détresse des chrétiens de nom à Thyatire (2:22), ni l’angoisse de ceux qui seront surpris faute d’avoir veillé, à Sardes (3:3) ; rien de cela ne les touchera, car ils seront "gardés de l’heure de l’épreuve" (3:10). Une parole d’encouragement telle celle qu’adressa le Seigneur aux disciples : "Et quand ces choses commenceront à arriver, regardez en haut, et levez vos têtes, parce que votre rédemption approche" (Luc 21:28).
 
"Que personne ne prenne ta couronne !" Nous retrouvons l’expression déjà lue à propos des fidèles à Smyrne (2:10), référence au combat mené selon les règles du stade, qui, à l’heure de la victoire, justifie l’octroi d’une couronne incorruptible (1 Corinthiens 9:25, 2 Timothée 4:8). Pierre, sans parler d’une couronne exprime la même pensée lorsqu’il écrit : "C'est pourquoi, frères, étudiez-vous d'autant plus à affermir votre appel et votre élection, car en faisant ces choses vous ne faillirez jamais ; car ainsi l'entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ vous sera richement donnée" (2 Pierre 1:10-11).
 
Quel combat doivent-ils mener ? Tenir ferme ! Telle est la seule injonction qui leur soit donnée. Veiller et garder la parole du Seigneur, ce qui signifie la mettre en pratique… Nul combat à entreprendre contre autrui…

12 Celui qui vaincra, j’en ferai une colonne dans le sanctuaire de mon Dieu, et il n’en sortira jamais plus. J'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la cité de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d'auprès de mon Dieu, ainsi que mon nouveau nom. 13 Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux assemblées !

Une  colonne  dans le sanctuaire, une place d’honneur en quelque sorte. Et la reconnaissance publique de leur fidélité dans le chemin de la foi : attachement à Dieu, persévérance dans l’espérance, attente vive de la Jérusalem céleste (Hébreux 11:10). Ils seront marqués du nouveau nom du Fils de l’homme, son nom de gloire qui n’est pas manifesté aujourd’hui (19:12,16, Esaïe 56:5).
 
A la fidélité des croyants de Philadelphie à cette époque, répond un lien particulier avec le Seigneur. Une parole qui conforte tous ceux qui parcourent le même chemin.

 
A l'ange de l'assemblée à Laodicée – 3:14-22
 
Laodicée, une ville importante d’Asie, à quatre-vingt kilomètres au sud-est de Philadelphie, près de Colosse et d’Hiérapolis, villes de Phrygie. Les chrétiens de ces trois villes ont bénéficié du ministère de Paul, lorsqu’il visitait les villes d’Asie (Actes 19:10), et surtout du service d’Epaphras, un chrétien de Colosse (Colossiens 4:13). Ils furent l’objet de l’attention de Paul tandis qu’il était prisonnier à Rome (Colossiens 2:1) ; ces croyants de Laodicée paraissent avoir reçu eux-mêmes une lettre de Paul, alors que Tychique, un chrétien d’Asie qui se trouvait avec Paul à Rome, fut chargé de porter les lettres aux croyants d’Ephèse et de Colosse ainsi qu’à Philémon (Ephésiens 6:21, Colossiens 4:7).
 
Parmi eux, la vie suit son cours, "ni froid ni bouillant", un cours tranquille sans véritable ferveur, mais sans grandes déviations ; ce n’est pas Thyatire. Un rassemblement d’où la vie a disparu, et où se poursuit cependant le cycle habituel des réunions… Aussi le Fils de l’homme est manifesté comme le "témoin fidèle et véritable" ; un réel contraste avec ce "porte-lampes" dont le flambeau ne brille plus.
 
Les croyants de Laodicée professent être en relation avec le Fils de l’homme, l'auteur de la création (Jean 1:1-3, Colossiens 1:15-18) ; mais l’extraordinaire de cette profession se conjugue avec une vie dolente, comme si cette réalité n’avait pas un si grand prix… Pourquoi manquent-t-ils à ce point de vie ? L’habitude, la facilité peut-être… Mais de toute manière il apparaît que Celui qui est "le vivant" (1:17) ne se trouve pas véritablement au milieu d’eux, car n’avait-il pas dit : "je suis venu afin qu'elles (mes brebis) aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance" (Jean 10:10) ? Il se trouve dehors et frappe à la porte… Et prononce cette parole sévère : "parce que tu n’es que tiède, je vais te vomir." Un langage dur, surprenant, terrifiant même ! Mais est-ce sans espoir ? A nous d’examiner ce que cela peut vouloir dire…

14 À l'ange de l'assemblée qui est à Laodicée, écris : Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et vrai, le commencement même de la création de Dieu.
 
15 Je connais tes œuvres ; je sais bien que tu n'es ni froid ni bouillant. Si seulement tu étais froid ou bouillant ! 16 Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n'es ni froid ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche. 17 Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, je n'ai besoin de rien, sans réaliser que tu es, toi, malheureux, pitoyable, pauvre, aveugle et nu ; 18 je te conseille de m'acheter de l'or purifié au feu, afin que tu deviennes riche, des vêtements blancs, afin que tu sois habillé et que la honte de ta nudité ne devienne pas manifeste, et un collyre pour t’en oindre les yeux, afin que tu voies. 19 Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime ; aie donc du zèle et repens-toi.

Le manque d’ardeur est bien plus inquiétant qu’il n’y paraît à première vue, il constitue un réel danger de se trouver hors de la route sans s’en être rendu compte. C’est en cela qu’il faut comprendre la gravité de la parole du Fils de l’homme, "je vais te vomir de la bouche", toutefois la suite du texte nous montre que ce n’est pas une parole de rejet, mais assurément de regret ; car aussitôt cette parole est donnée "je reprends ceux que j’aime !" Rappelons-nous qu’un amour vrai n’est pas faiblesse qui néglige la réalité, qui verrait un homme s’enfoncer dans une voie de malheur en fermant les yeux, lui trouvant toutes les excuses… L’amour vrai parle la vérité afin qu’un retour se produise pour le bien de celui à qui elle s’adresse.
 
Ces croyants de Laodicée sont donc "aimés du Seigneur", celui-ci constatant à quel point ils sont "malheureux, pitoyables, pauvres et nus", alors qu’eux sont tellement aveugles qu’ils ne s’en aperçoivent pas… Ils s’estiment "riches, n’ayant besoin de rien." Pensons aux paroles de Paul aux Corinthiens : "Déjà vous êtes rassasiés ; déjà vous êtes riches ; vous avez régné sans nous ; et je voudrais bien que vous régnassiez, afin que nous aussi nous régnassions avec vous !" (1 Corinthiens 4:8). Nous pouvons nous interroger sur ce en quoi ils sont dans une telle situation, une situation ignorée d’eux-mêmes. Que leur manque-t-il, et comment y pallier ? Trois conseils sont donnés : "acquérir de l’or passé au feu, des vêtements blancs et un onguent pour recouvrer la vue."
 
De fait, les années passant, il semble s’être manifesté un assoupissement, la vie se continuant sans élan, dans le respect de la tradition de ceux qui ont connu les premiers élans de la foi… Il s’impose alors un retour aux fondements, car la coutume seule, si heureuse puisse-t-elle être, ne couvre pas la pauvreté spirituelle qui s’installe et tend à la ruine.
 
"De l’or passé au feu", sans scorie, autrement dit revenir à ce grand fait de la justice de l’homme, "la justification", acquise par la foi en l’œuvre de Jésus et non par ses propres efforts (Romains 4:25, 1 Corinthiens 1:30) ; non que ces croyants n’aient pas la foi, mais l’extraordinaire de la justification semble avoir perdu toute sa magnificence en eux. Ils étaient loin de réaliser cette résurrection de l’âme de Jacob lorsqu’il dit : "C'est assez ! Joseph mon fils vit encore ; j'irai, et je le verrai avant que je meure" (Genèse 45:28). Loin de saisir la véritable vie (1 Timothée 6:18-19, Hébreux 12:11). Et Pierre ajoute : "afin que l'épreuve de votre foi, bien plus précieuse que celle de l'or qui périt et qui toutefois est éprouvé par le feu, soit manifestée à louange, à gloire et à honneur, dans la révélation de Jésus Christ" (1 Pierre 1:7).
 
Leur vêtement ne reflète pas le Christ, ils n’ont pas revêtu le nouvel homme (Ephésiens 4:24, Colossiens 3:9-14). La pratique est essentielle, aussi convient-il d’acquérir des vêtements blancs, "le fin lin, éclatant et pur, car le fin lin, ce sont les justices des saints" (19:8), les actes justes. Il n’y a plus qu’apparence, et cela perce inévitablement, et paraissent alors les intentions, l’état d’esprit, lorsque le vide de la foi transparaît et que "nudité devienne manifeste et conduise à la honte." Cela revient à une forme de mort spirituelle, comme il fut dit à Sardes : "tu es mort."
 
Ces croyants avaient perdu le discernement spirituel, et sans réaliser le danger ! Et pourtant ils étaient appelés à vivre, à avoir du discernement. N’est-il pas vrai que "la sagesse demeure dans le cœur de celui qui a du discernement" (Proverbes 14:33). Un collyre, une onction pour les yeux, peut s’acquérir, ainsi qu’il est écrit : "Quant à vous, vous avez une onction de celui qui est saint, et tous, vous savez… L'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas besoin que quelqu'un vous instruise ; mais comme son onction vous instruit sur tout, qu'elle est vraie et qu'elle n'est pas mensonge, demeurez en lui comme elle vous y a instruits." (1 Jean 2:20,27). Pensons à l’aveugle de l’évangile, auquel le Seigneur dit, après avoir appliqué la boue sur ses yeux : "Va te laver au bassin de Siloam, ce qui se traduit Envoyé" (Jean 9:6-7).
 
Des paroles sérieuses et graves, mais un message bien précieux : ils sont parmi ceux que le Seigneur aime (3:19, Hébreux 12:6, 1 Corinthiens 11:32). Tous ces avertissements sont donnés pour leur bien, afin qu’ils éprouvent à nouveau la joie dans le chemin de la foi. Mais Il est moralement à la porte… Et pourtant, n’avait-il pas proclamé : "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui" (Jean 14:23). Son désir le plus fort concernant tout homme est qu’il ait la vie, et plus encore "qu’il l’ait en abondance" (Jean 10:10). Alors vient cet appel plein de bonté adressé non à l’assemblée comme telle, mais à chacun personnellement :

20 Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi.
 
21 Celui qui vaincra, je lui donnerai de s'asseoir avec moi sur mon trône, comme moi aussi j'ai vaincu et je me suis assis avec mon Père sur son trône. 22 Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux assemblées !

Dans la bénédiction promise, nous voyons qu’il n’est pas tenu compte des années de somnolence, d’indifférence ; ceci nous rappelle la parabole des ouvriers de la onzième heure (Matthieu 20:1-16). Personne n’est épargné d’un combat à mener, et nous pouvons bien comprendre qu’un combat n’est pas l’autre, et que nul ne choisit le combat qu’il a à mener. Ce qui compte, c’est de le mener et de vaincre. Et l’issue est donnée ici : être avec Lui, Lui qui a vaincu la mort (Jean 17:24, Matthieu 19:28), et avoir sa demeure éternelle dans la Jérusalem céleste, là où "la nuit ne sera plus, où ils n’auront besoin ni d'une lampe ni de la lumière du soleil, car le Seigneur Dieu fera briller sa lumière sur eux, où ils régneront aux siècles des siècles" (22:5).

 
Réflexions
 
Les lettres aux sept assemblées d’Asie… Des situations qui peuvent étonner, en particulier l’exposé de ces courants déviants si tôt après l’annonce de l’Evangile, marginaux pour commencer, mais aboutis dans l’assemblée à Thyatire. S’étonner serait oublier les exhortations et les combats des apôtres aux premiers jours des assemblées. Souvenons-nous de l’assemblée à Corinthe, des lettres que dut leur adresser Paul quatre ans après que l’Evangile y ait été annoncé. S’étonner serait aussi oublier ce qu’annoncent les "similitudes du Royaume des Cieux" (Matthieu 13:24-47). Des manifestations inquiétantes, en ce tournant du premier siècle, et un grand sujet de souffrance pour les plus fidèles à l’époque. Et les fidèles, inquiets devant ces développements, auront trouvé consolation et renouvellement de forces par l’affirmation que le Seigneur demeure au milieu des "porte-lampes", quel que soit leur état, et que rien n’échappe à son regard.
 
Que les lettres concernent en premier ces "sept assemblées d’Asie" est une réalité qui ne peut être éludée ; mais aussi, le nombre de "sept" est chargé de symbolique, comme nous le voyons plus d’une fois dans le livre. Est-ce à dire que ces pages offriraient une fresque de toute l’histoire de l’Assemblée sur la terre ? Plusieurs commentateurs y ont pensé, allant jusqu’à y voir les grandes dénominations chrétiennes d’aujourd’hui, et de pointer Thyatire ici, Sardes là et ainsi de suite… Avec le danger pour les lecteurs de ne se sentir concerné que par une seule des sept Lettres, et sans doute la plus heureuse, la lettre à l’adresse de l’assemblée de Philadelphie, émoussant alors pour eux-mêmes le tranchant de la parole de Dieu adressée aux sept assemblées.
 
La symbolique nous invite naturellement à considérer ici un état des assemblées chrétiennes dans leur ensemble ; ainsi, avec ces "sept assemblées d’Asie", nous lisons l’état général des groupements de chrétiens sur la terre avec la richesse et la fraîcheur des uns, la lassitude d’autres et les trahisons de plusieurs. Aujourd’hui, les situations variées des sept assemblées d’Asie coexistent, et il appartient au lecteur d’examiner en quoi il est personnellement concerné, au vu du milieu chrétien qu’il fréquente, sans doute, mais avant tout de son propre état devant le Seigneur. Une réalité est fondamentale : le Seigneur est au milieu des rassemblements de chrétiens, ceux-ci sont des "porte-lampes" (1:20), et il apprécie la qualité de la lumière produite ; cela est vrai pour toute assemblée, pour toute église, comme cela l’était même pour l’assemblée à Thyatire où les dirigeants conduisaient leurs ouailles à une réelle apostasie, mais qu’il y demeurait des fidèles "qui n'ont pas cette doctrine" et auxquels il dit : "ce que vous avez, tenez-le ferme jusqu'à ce que je vienne" (Apocalypse 2:24-25).
 
Ainsi sommes-nous conduits à lire ici un enseignement et des exhortations pour la chrétienté aujourd’hui, d’autant plus que "c'est déjà l'heure de nous réveiller du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru" (Romains 13:11).
 
Le tableau est sévère, mais il était essentiel qu’il fût dressé avant que le lecteur ne prenne connaissance de l’enseignement central du livre, à savoir la révélation de Jésus Christ, tel qu’il sera manifesté à la fin du temps de la grâce, et l’annonce de "ce qui doit arriver bientôt !" Avant de dévoiler cet avenir de jugements et de gloire, il faut que les croyants, les serviteurs, les lecteurs du livre, s’examinent eux-mêmes, considèrent leur propre état devant Dieu, afin qu’ils puissent recevoir avec fruit cette communication et qu’ils puissent goûter la bénédiction annoncée à ceux qui "entendent les paroles de la prophétie de ce livre et qui gardent ce qui y est écrit." (1:3).

 

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 03:06 Aux Assemblées d'Asie (3)

14/07/2012

4:1 - Les cieux ouverts


 

LA CONSOMMATION DU SIECLE
Apocalypse 4:1-22:5


Ce qui n’est pas advenu aujourd’hui, et que le livre déclare cependant bien proche, est le sujet essentiel du livre, c’est ce que nous avons lu en ces termes : "Révélation de Jésus Christ, que Dieu lui a donnée pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt" (1:1). Ceci nous conduit à rappeler la parole du Seigneur, "Vous donc aussi soyez prêts ; car, à l'heure que vous ne pensez pas, le fils de l'homme vient" (Luc 12:40). Et garder à l’esprit ce qui est dit aux chrétiens, aux assemblées, aux églises par ces lettres aux sept assemblées d’Asie.
 
Dans les pages qui viennent, ce sont les cieux qui sont ouverts, non qu’en ce domaine de l’Esprit il se trouve des objets à considérer avec les yeux, mais des paroles et des images nous y donnent à connaître ce qui forge l’espérance et la confiance en Dieu dont les desseins s’accomplissent, quoique disent bien des voix en ce monde.
 
Nous y trouvons une représentation de la gloire divine en bien des points comparables aux visions relatées dans la Bible hébraïque, mais tournée ici non sur les relations de Dieu avec le peuple choisi, mais avec l’ensemble de l’humanité. Un livre est confié au Fils de l’homme, dont les sept sceaux scellent la connaissance de ce qui viendra sur la terre après le temps de la grâce. Suit ainsi, par le descellement progressif du livre, l’exposé des désastres qui se produiront sur la terre, avant que, lorsque le septième sceau sera brisé, sept anges fassent retentir, l’un après l’autre, le son éclatant d’une trompette. La septième trompette, la dernière annonce, proclame la venue du règne et introduit les jugements qui s’abattront alors sur une humanité devenue le jouet de puissances odieuses. Alors il est question de Babylone la Grande, cette puissance où nombre de gouvernements de ce monde trouvent abri, comme l’illustre déjà la parabole de la petite semence devenue un grand arbre (Matthieu 13:32), et qui est alors plongée dans une condamnation sans appel. Sur une terre purifiée vient enfin le règne du Messie, tandis que la Jérusalem céleste, lieu de félicité, est décrite en une page où sont déployées les richesses de la bénédiction éternelle des rachetés.

 

 
LES CIEUX OUVERTS
Apocalypse 4:1-5/14


D’entrée nous pouvons être saisis par l’étrangeté et la grandeur de la vision. Cet homme, Jean, a été frappé par ce qu’il vient de voir et d’entendre, il est comme transporté hors de lui-même et se laisse conduire pour ensuite rendre compte de la vision. Après avoir eu le regard tourné vers le Fils de l’homme, il est invité, par la même voix (1:10), à pénétrer dans la Ciel même…

4  1 Après cela, je vis, et voici une porte ouverte dans le ciel. Telle une trompette, la première voix que j'avais entendu parler avec moi me dit : Monte ici, et je te ferai voir ce qui doit arriver à la suite.

Après le jeune Esaïe, ou encore Ezéchiel, c’est lui, maintenant, qui est placé devant la gloire de Dieu. Et il est introduit spirituellement en ce lieu pour connaître "ce qui doit arriver" ; une vision de l’avenir de l’humanité, alors qu’il n’y aura plus sur la terre d’assemblée reconnue du Seigneur, car il est bien dit que cela vient "à la suite", alors que les croyants auront été mis à l’abri, "gardés de l’heure de l’épreuve" (3:10).
 
Le livre de Daniel recèle une vision fort comparable à celle-ci. Un trône apparaît, et l’Ancien des jours, avant que ne paraisse le Fils de l’homme. Il est écrit : "Il s'avança jusqu’à l’Ancien des jours et on le fit approcher de lui. On lui donna la domination, l’honneur, et la royauté ; tous les peuples, nations et langues se mirent à le servir. Sa domination est une domination éternelle, elle ne passera pas, et son royaume ne sera jamais détruit" (Daniel 7:13-14). Une annonce qui ne peut que nous interpeller. Cette parole annonce les angoisses qui atteindront les habitants de la terre, évoquant des croyants véritablement attachés à Dieu dont le tourment trouvera sa fin dans la paix annoncée. Le livre de Daniel évoquait déjà ce qui est au cœur du livre de l’Apocalypse.

 
Le trône de Dieu – 4:2-10
 
Jean est "saisi par l’Esprit." Et le voila face à la gloire suprême, absolue. Un trône ! Quelqu’un s’y trouve, mais nul visage n’est discernable, seulement le resplendissement de pierres très précieuses et tout autour du trône un halo couleur d’émeraude embrassant les "anciens" ; et encore les signes de puissance et de majesté.

2 Aussitôt je fus saisi par l’Esprit. Il y avait un trône placé dans le ciel, et sur le trône, quelqu'un était assis. 3 Celui qui était assis avait l’aspect d’une pierre de jaspe et de sardoine, et le trône était entouré d’un halo qui avait l’aspect d’une émeraude. 4 Autour du trône, vingt-quatre trônes. Et sur ces trônes, vingt-quatre anciens assis, habillés de vêtements blancs et coiffés de couronnes d'or.

La sardoine et le jaspe que nous voyons ici se trouvent aussi comme première et dernière pierre du pectoral de jugement porté sur le cœur du grand prêtre (Exode 28:17-20). Le jaspe, pierre opaque même en lame fine, pouvant évoquer de l’impénétrabilité de la gloire de Dieu, tandis que la sardoine, translucide, de couleur rouge sombre, évoquerait la révélation de la grâce dans le sacrifice du Christ. L’émeraude, de couleur verte, évoque pour les nations du désert la luxuriance des lieux habitables, et pour Israël le pays ruisselant de lait et de miel, et dans l’évangile, le lieu de la multiplication des pains (Matthieu 14:19). Signe d’alliance donc, et de bénédiction, qui irradie du trône de la gloire, une évocation du dessein miséricordieux de Dieu.
 
Le nombre de vingt-quatre  anciens  rappelle les vingt-quatre classes de la sacrificature aaronique (1 Chroniques 24), une double complétude. La représentation de l’ensemble de la classe sacerdotale. Il y a une analogie avec l’ensemble des rachetés, qui ont été faits  rois et prêtres  ((1 Pierre 2:5-9).

Jean se trouve face à une vue de la gloire de Dieu comparable à ce que virent Esaïe (Esaïe 6) et Ezéchiel (Ezéchiel 1). Il s’y trouve une grande différence cependant, car elle est marquée ici par la présence d’hommes auxquels Jean reconnaît la sagesse, des "anciens" (Tite 1:6-9, Matthieu 19:28). Le vêtement et la couronne ne sont pas sans évoquer "ceux qui ont vaincu" dans le temps de la grâce (2:10, 3:4,5,11,18).
 
La puissance émanant du trône et les lampes ardentes sont signes du regard de Dieu auquel rien ne peut s’opposer. Le dessein divin s’accomplira, ferme comme une mer de verre, sans altération tel du cristal. C’est ce que Zacharie avait vu, lorsqu’il entendit : "ce-sont là les yeux de l’Éternel qui parcourent toute la terre" (Zacharie 3:9-4:10). Lui aussi avait devant lui l’accomplissement du dessein de Dieu, mais discernant alors la reconstruction du temple en vue de la première venue du Messie. Ici, nous sommes placés devant sa venue en gloire.

5 Du trône sortent des éclairs, des voix et des tonnerres ; devant le trône brûlent sept lampes ardentes qui sont les sept Esprits de Dieu ; 6 et devant le trône, comme une mer de verre, semblable à du cristal. Au milieu du trône et tout autour du trône, quatre Vivants pleins d'yeux devant et derrière ; 7 le premier Vivant ressemble à un lion, le deuxième Vivant ressemble à un taurillon, le troisième Vivant a le visage d’un homme et le quatrième Vivant ressemble à un aigle en plein vol. 8 Les quatre Vivants ont chacun six ailes, et ils sont pleins d’yeux tout autour et au-dedans.
 
   Jour et nuit, ils ne cessent de dire : Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-puissant, celui qui était, qui est et qui vient.

Un tableau qui rappelle les "séraphins" que le jeune Esaïe vit, proclamant l’un à l’autre "Saint, saint, saint, est l'Éternel des armées ; toute la terre est pleine de sa gloire !" (Ésaïe 6:3). Rappel aussi de cette vision qu’eût Ezéchiel des "quatre Vivants" (Ezéchiel 1 :5-14), illustration saisissante de la puissance agissante de Dieu – la ressemblance d’hommes, de lions, de taurillons et d’aigles – allant ça et là, partout où il le fallait. "Là où l'Esprit devait aller, là ils allaient" (Ezéchiel 1).  Rien ne pouvait échapper à cette puissance.

9 Et chaque fois que les Vivants donnent gloire, honneur et action de grâces à celui qui est assis sur le trône, à celui qui vit aux siècles des siècles, 10 les vingt-quatre anciens tombent aux pieds de celui qui est assis sur le trône, se prosternent devant celui qui vit aux siècles des siècles et jettent leurs couronnes devant le trône, disant : 11 Tu es digne, notre Seigneur, notre Dieu, de recevoir la gloire, l'honneur et la puissance, car c'est toi qui as tout créé ; c'est par ta volonté que tout était et que tout a été créé.

Après les "Vivants", les "vingt-quatre anciens" proclament à leur tour la gloire de Dieu dans son œuvre de création. Et cette reconnaissance de la gloire est due, oh combien ! Mais la louange peut-elle s’arrêter à la considération de l’acte créateur ? Paul exprime cette même louange en faisant un pas de plus : "Car de lui, et par lui, et pour lui, sont toutes choses ! À lui soit la gloire éternellement ! Amen." (Romains 11:36). Il ajoute "et pour lui sont toutes choses", célébrant par là le dessein de Dieu d’être au milieu d’êtres créés, introduits dans sa propre félicité "à la louange de la gloire de sa grâce" (Éphésiens 1:6).

 

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06:00 Écrit par Eric dans 04:01 Les Cieux ouverts

13/07/2012

5:1 - L'Agneau et le livre scellé


 

L'Agneau et le livre scellé – 5:1-14
 
La louange ne pouvait s’arrêter à l’évocation de la création (4:11), elle ne serait pas complète sans aller au-delà, aux motifs mêmes de l’œuvre, et à son accomplissement ultime. L’humanité a été maîtresse de son destin jusqu’à une certaine limite, ce que nous voyons en figure lorsque Adam donne un nom aux différents animaux, un acte d’autorité en soi (Genèse 2:19), et que nous considérons en fait lorsqu’il appartient à l’homme d’établir la justice, lorsque nous lisons : "Qui aura versé le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé ; car à l'image de Dieu, il a fait l'homme." (Genèse 9:6). Mais elle a à rendre compte de sa gestion, de son gouvernement. Et le livre "dans la droite de celui qui est sur le trône" (5:1) expose la rétribution de la part de Celui qui a donné à l’humanité une telle responsabilité. Jusque là, une réalité à venir qui reste à dévoiler, car l’homme agit sans frein et ne rencontre pas de jugement… Il subsiste aujourd’hui un mystère (10:7). Une question est alors posée d’une voix forte…

5  1 Alors je vis, dans la droite de celui qui était assis sur le trône, un livre écrit au dedans et sur le revers, scellé de sept sceaux. 2 Je vis aussi un ange puissant qui proclamait d’une voix forte : Qui est digne d'ouvrir le livre et d'en rompre les sceaux ?

Le livre pourrait-il demeurer scellé ? Telle paraît la douleur de Jean, et il pleure beaucoup. Penserait-il se trouver dans la situation de Daniel, entendant cette parole : "Et toi, Daniel, cache les paroles et scelle le livre jusqu'au temps de la fin" (Daniel 12:4) ? Se pourrait-il que Jean se trouve devant l’évolution du monde, et des assemblées, sans aucune perspective ? Il est manifestement mis à l’épreuve par cette question posée par l’ange : "Qui est digne…" ?  Et, dans la solennité de la vision, il ne peut envisager lui-même une réponse, il attend, craignant ne pas recevoir la réponse. Pensait-il que l’Agneau de Dieu puisse ne pas paraître ? Nous ne le savons pas, bien évidemment, mais il reçoit rapidement une réponse à son angoisse.

3 Mais personne, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, ne pouvait ouvrir le lire ni le regarder. 4 Et moi, je pleurais beaucoup, parce que personne n'était trouvé digne d'ouvrir le livre ni de le regarder. 5 Mais l'un des anciens me dit : Ne pleure pas ; le lion qui est de la tribu de Juda, la racine de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux.
 
6 Alors je vis, au milieu du trône et des quatre Vivants et au milieu des anciens, un Agneau qui se tenait là, comme immolé. Il avait sept cornes et sept yeux qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre. 7 Il vint et prit le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône.

C’est quand Jean est en larmes que ses yeux sont ouverts. Que pensait-il ? Lui, qui a foi en l’avènement du Seigneur, aurait-il douté un instant que nul ne serait digne de prendre le livre scellé des sept sceaux ? Il a vu le Fils de l’homme (1:13) le regard porté sur les assemblées (1 Pierre 4 :17)… Jean vient de considérer le cours du monde, et celui de la chrétienté qui se développe, forcément, "là où est le trône du satan" (2:13). Et il sait que plusieurs qui se disent chrétiens s’accommodent de l’esprit de ce monde (1 Jean 2:16), en particulier à Thyatire. Toutefois il a reçu des paroles consolantes et cette affirmation qu’il y a toujours un chemin pour la victoire personnelle. Mais après ?
 
Alors, les yeux en larmes, il voit "un Agneau qui se tenait là, comme immolé." Et à celui qui a répondu aux exigences de la gloire divine à la croix est confié le jugement ; rappelons-nous cette parole : "le Père ne juge personne, mais il a donné tout le jugement au Fils" (Jean 5:22). L’Agneau se trouve dès lors au cœur de la vision ; c’est Lui, connu comme le Messie et le Rédempteur, qui est maintenant révélé comme Juge de toute la terre. Telle est la "Révélation de Jésus-Christ" annoncée (1:1).
 
L’Agneau de Dieu. Les sages des temps anciens avaient conscience du don de Dieu, lorsqu’ils lisaient cette page de la ligature d’Isaac, et cette ligne : "Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste." (Genèse 22:8). Et le prophète, annonçant son sacrifice dit de lui : "Il a été opprimé et affligé, et il n'a pas ouvert sa bouche. Il a été amené comme un agneau à la boucherie, et a été comme une brebis muette devant ceux qui la tondent ; et il n'a pas ouvert sa bouche" (Ésaïe 53:7). Lorsque le temps fut venu, Jean le baptiseur dit de Lui : "Voilà l'agneau de Dieu qui ôte le péché du monde !" (Jean 1:29), et Pierre ajouta : "un agneau sans défaut et sans tache" (1 Pierre 1:19). Quelques mots aisés à comprendre pour toute âme simple, et qui montrent que la vérité essentielle de l’Ecriture ne demande pas beaucoup de paroles, car n’est-il pas écrit "Heureux les pauvres en esprit, car c'est à eux qu'est le royaume des cieux" (Matthieu 5:3).
 
L’Agneau, s’étant offert lui-même en sacrifice (Ephésiens 5:2, lire aussi 1 Corinthiens 6:20, 1 Pierre 1:18-19), est révélé ainsi comme juge, portant les symboles de la clairvoyance et de la puissance divines. Il est présent tout au long du livre de l’Apocalypse : proche de ceux qui souffrent (7:17), au milieu des rachetés (14:1), prêt à sceller l’union éternelle (19:7) et encore illuminant la Jérusalem céleste (21:23).
 
Lorsque le livre-rouleau est entre les mains de l’Agneau, et donc au moment où les desseins de Dieu vont être dévoilés, un cantique nouveau est entendu, et la louange prononcée par les quatre Vivants et les vingt-quatre anciens dans le halo d’émeraude s’étend aux anges avant d’animer toutes les créatures.

8 Quand il eut pris le livre, les quatre Vivants et les vingt-quatre anciens tombèrent sur leurs faces devant l'Agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints. 9 Ils chantent un cantique nouveau, disant : Tu es digne de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux, car tu as été immolé et tu as acheté pour Dieu, par ton sang, de toute tribu, langue, peuple et nation ; 10 tu as fait d’eux pour notre Dieu un royaume et des prêtres, et ils régneront sur la terre.

Un cantique nouveau, parce qu’il célèbre l’Agneau non seulement dans la grandeur de son sacrifice, mais aussi dans la dignité qu’il revêt en prenant le livre-rouleau ; car alors il va déployer le conseil divin et mettre fin ainsi au temps de la responsabilité des hommes. Et ce cantique rassemble les "prières des saints" exprimées par les harpes et les coupes d’or ; des  saints  émanant de toute tribu, langue, peuple et nation, car l’évangile aura été adressé par toute la terre, selon que le Seigneur avait annoncé : "Cet évangile du royaume sera prêché dans la terre habitée tout entière, en témoignage à toutes les nations ; et alors viendra la fin." (Matthieu 24:14). Et cette "fin", c’est bien le sujet de cette "Révélation de Jésus-Christ."
 
Les auditeurs sont appelés à se souvenir de leur appel, tel qu’il avait été souligné plus tôt par Pierre : "vous êtes une race élue, une sacrificature royale, une nation sainte, un peuple acquis", l’apôtre poursuivant immédiatement par l’exposé d’une mission essentielle "pour que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière" (1 Pierre 2:9).
 
Suit alors la louange de la cohorte si grande des anges, "envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut" (Hébreux 1:14), des témoins de premier plan de ce qui se passe aujourd’hui parmi les hommes (1 Corinthiens 4:9, 11:10, 1 Pierre 1:12) comme ils le furent de la vie et de la mort de Jésus-Christ (1 Timothée 3:16).

11 Je vis, et j’entendis la voix de beaucoup d'anges autour du trône avec celle des Vivants et des anciens. Leur nombre était des myriades de myriades, des milliers de milliers. 12 Ils disaient d’une forte voix : Digne est l'Agneau qui a été immolé de recevoir puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et bénédiction.

Toutes les créatures sont vues, la vision de Jean le menant vers cet aspect essentiel de l’accomplissement des paroles du livre qui va se dérouler, lorsque les sceaux seront l’un après l’autre brisés. "Car la vive attente de la création attend la révélation des fils de Dieu. Car la création a été assujettie à la vanité – non de sa volonté, mais à cause de celui qui l'a assujettie – dans l'espérance que la création elle-même aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour jouir de la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Car nous savons que toute la création ensemble soupire et est en travail jusqu'à maintenant…" (Romains 8:19-22).

13 Toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre et sur la mer, tout ce qui s’y trouve, je les entendis qui disaient : À celui qui est assis sur le trône et à l'Agneau, bénédiction, honneur, gloire, et force aux siècles des siècles !
 
14 Et les quatre Vivants disaient : Amen ! Et les anciens tombèrent sur leurs faces et rendirent hommage.

Un  Amen  retentit alors, exprimant l’harmonie de tous les êtres qui se trouvent autour du trône, tournés vers l’Agneau qui a connu l’humiliation de la croix et accompli l’œuvre de la réconciliation. Et qui va manifester maintenant le fruit de sa victoire en conduisant l’humanité à l’harmonie autour de Lui. Un chemin dans lequel il sera fait face aux folies d’hommes qui ont rejeté "le saint et le juste" (Actes 3:14) pour établir, comme l’annoncera le son éclatant de la septième trompette, "le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ" (11:15) sous le sceptre de celui qui est annoncé comme "Prince de Paix" (Esaïe 9:6).

 

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:19 Écrit par Eric dans 05:01 L'Agneau et le Livre scellé

12/07/2012

6:1 - Les six premiers sceaux


 

L'OUVERTURE DU LIVRE
LES SEPT SCEAUX

Apocalypse 6:1-8:5


Le livre-rouleau sitôt pris en main, l’Agneau en brise les sceaux, l’un après l’autre, permettant que se déroule le livre, étape par étape, et que soient exposés les décrets pour l’humanité.
 
Quatre sceaux introduisent la vision de chevaux qui s’élancent, couvrant la terre de fléaux. Le cinquième atteste que le sang des martyrs n’est pas oublié du Seigneur, tandis qu’à la rupture du sixième les puissants de ce monde prennent conscience d’un jugement à venir, "la colère de l’Agneau" après ce si long temps de la patience de Dieu (Romains 9:22, Colossiens 3:6, Psaume 2).
 
Avant l’ouverture du septième sceau vient un moment d’interruption,  les quatre vents de la terre  sont retenus. Et paraissent deux visions, l’une sur la terre et l’autre dans le ciel ; d’une part, sur la terre, des âmes des douze tribus d’Israël, scellées du sceau de Dieu, et d’autre part, devant le trône, une foule venant de toutes les nations, des âmes introduites dans la paix et chantant la louange de l’Agneau.
 
La situation et ainsi brossée à grands traits : les fléaux qui ont touchés et toucheront encore la terre, "un commencement de douleurs" (Matthieu 24:8), la relation de Dieu avec des Israélites sur la terre et l’affirmation que le martyre des fidèles aura sa conclusion dans la félicité éternelle. Alors vient l’ouverture du septième sceau et la vision des anges qui vont sonner de la trompette, annonçant de la part du Seigneur les événements de la terre, confirmant la crainte de ceux qui pressentaient "la colère de l’Agneau" (6:16); lorsque le sixième sceau avait été brisé.

*
*   *

Avant d’aller plus loin, il est utile de s’arrêter sur ce qui est connu par les premiers auditeurs du livre, et de Jean naturellement, touchant "la consommation du siècle", la fin de notre ère, ce  temps de la grâce  où l’évangile est annoncé tandis que le monde poursuit sa course dans l’indépendance du Créateur. Ce temps a une fin ; les disciples en ont été enseignés par le Seigneur lui-même peu avant sa Passion.
 
"Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres ; prenez garde que vous ne soyez troublés, car il faut que tout arrive ; mais la fin n'est pas encore. Car nation s'élèvera contre nation, et royaume contre royaume ; et il y aura des famines, et des pestes, et des tremblements de terre en divers lieux. Mais toutes ces choses sont un commencement de douleurs." (Matthieu 24:6-8).
 
Des guerres et autres désastres, il y en avait eu, et cela dès que l’homme fut sur la terre. Mais la parole de Jésus Christ paraît bien évoquer des réalités plus dramatiques encore, tout en exprimant que ce ne sera là qu’un "commencement de douleurs."  Il est annoncé qu’avant que vienne la fin de cette ère, et "l’avènement de notre seigneur Jésus Christ", le monde connaîtra donc une aggravation des douleurs. Et déjà aujourd’hui les souffrances de tant d’hommes, de femmes et d’enfants, paraissent dépasser toutes limites… Que dire lorsque que nulle force ne pourra plus retenir cette puissance de la méchanceté et de l’indifférence en ce monde ?
 
Une vingtaine d’années après que Jésus ait ainsi enseigné ses disciples, Paul écrit aux chrétiens de Thessalonique, jeunes encore dans la foi : "Nous vous le demandons, frères, pour l’avènement de notre seigneur Jésus Christ et notre rassemblement auprès de lui, de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre pensée, ni alarmer en esprit, que se soit par parole ou par lettre venant prétendument de nous, comme si le jour du Seigneur était venu. Que personne ne vous trompe d’aucune manière, car il faut que d’abord vienne l’apostasie, et que se révèle l’homme sans-lois, le fils de perdition, qui s’élève au-dessus de tout ce qui est appelé dieu, de tout ce qu’on vénère et qui va jusqu’à s’asseoir dans le sanctuaire de Dieu et à se présenter lui-même comme étant Dieu." (2 Thessalocinicens 2:1-4).
 
Les Thessaloniciens étaient ainsi armés pour comprendre que les événements annoncés ne viendront pas avant que la chrétienté elle-même n’ait déchu de sa vocation pour n’être globalement plus qu’un corps sans vie, dans l’apostasie. Et ici nous pouvons revenir à l’évolution des assemblées décrite dans les lettres aux sept assemblées.
 
En poursuivant sa lettre, l’apôtre affirme alors que le cours des temps n’est pas laissé seulement aux errements des hommes, qu’il y a une retenue, jusqu’à ce que vienne ce développement désastreux. "Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais cela lorsque j’étais encore auprès de vous ? Or maintenant vous savez ce qui retient pour qu’il se révèle en son temps. Le mystère de l’iniquité est à l’œuvre ; mais celui qui retient opère, jusqu’à ce qu’il soit enlevé. Alors sera mis à découvert l’homme sans-lois que le seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, qu’il réduira à rien par l'apparition de sa présence, l'inique dont la présence reflétera l’opération de l’adversaire en toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et en toutes tromperies d’injustice pour ceux qui vont à leur perte, parce qu’ils n’ont pas accepté l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu envoie sur eux une opération d’égarement, pour qu’ils croient le mensonge, pour que soient jugés tous ceux qui n’ont pas cru la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice." (2 Thessaloniciens 2:5-12).
 
Ces lignes de l’Evangile et ces enseignements de l’apôtre ont suffit, semble-t-il pour soutenir la foi des premiers chrétiens ; mais avec le temps qui s’écoule, lorsque la faiblesse se manifeste, les croyants doivent être réveillés, les apôtres eux-mêmes en ont eu conscience (Romains 13:11, 1 Corinthiens 15:34, Ephésiens 5:14, 2 Pierre 1:13, 3:1). Il en fut de même dans la vie du peuple d’Israël ; c’est en des temps de déclin que furent suscités les prophètes.

 
Les cinquième et sixième sceaux - 6:9-17
 
Que les fléaux de la terre soient connus de Jean avant qu’il ne se trouve à Patmos et qu’il y fut saisi en esprit et placé devant cette extraordinaire vision, c’est assurément une évidence ; des invasions armées et des guerres civiles, il en a connu lui-même. N’a-t-il pas connaissance de l’extension militaire de la puissance romaine, des révoltes locales de peuples conquis, et de la chute de Jérusalem en l’an soixante-dix, le temple réduit en cendres, suivie trois ans plus tard de la chute des juifs rebelles à la forteresse de Massada ! Les famines et épidémies, il ne peut les ignorer non plus (Actes 7:11, 11:28). Par cette vision, il reçoit l’assurance que ces terribles épreuves des hommes sont vues du Trône de Dieu, mais aussi que de telles épreuves déborderont en intensité aux jours de la fin.
 
Alors il lui reçoit deux nouvelles visions pour lesquelles deux seaux sont successivement brisés. Deux visions complémentaires.
 
Le cinquième sceau.
 
Il annonce que la cohorte des martyrs n’est pas encore au complet. Autres souffrances, autres martyrs, jusqu’à la fin…

9 Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été égorgés à cause de la parole de Dieu, pour le témoignage qu'ils avaient rendu. 10 Et ils criaient à haute voix : Jusques à quand, ô Souverain, saint et véritable, n’exerceras-tu pas le jugement et ne nous rendras-tu pas droit à l’égard de notre sang sur les habitants de la terre ? 11 Une longue robe blanche fut donnée à chacun d’eux, et il leur fut dit de se tenir en repos quelques temps encore, jusqu'à ce que fussent au complet leurs compagnons d'esclavage et leurs frères qui allaient être mis à mort comme eux.

Nulle souffrance pour le témoignage ne peut être oubliée, même s’il paraît aujourd’hui l’impunité des coupables. Et pour ceux-ci, sans oublier qu’il y a pour tous une voie de pardon (Luc 23:34), nous ne devons pas oublier qu’il s’en trouve qui s’enferrent dans une telle voie d’iniquité, refusant d’en changer. Jusques à quand… La question n’est manifestement pas une attente de vengeance au sens commun, mais l’attente que s’exprime la justice (2 Timothée 4:14). Et il est manifeste que la réponse est favorable ; ils reçoivent l’assurance que la justice sera manifestée, que le jugement viendra, et que leur droit sera établi (comp. Luc 18:3). Toutefois le temps n’est pas encore venu. Des événements doivent encore se produire dans ces temps de la fin, et une guerre sans frein sera faite aux croyants sur la terre. Toutefois ils ont déjà revêtu la robe blanche de la rédemption (3:4-5,18, lire aussi 2 Corinthiens 5:3-4).
 
Sixième sceau.
 
Des puissances conquérantes, un débordement de violence… Si grandes soient les ambitions des hommes qui produit sur la terre de tels ravages, il paraîtra alors un tel désordre que la peur commencera à s’installer parmi les grands de ce monde. Le pressentiment d'un désastre planétaire saisira les puissants.
12 Et voici ce que je vis quand il ouvrit le sixième sceau : il y eût un grand tremblement de terre, le soleil devint noir comme un sac de crin, la lune devint tout entière comme du sang, 13 et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme lorsqu’un figuier secoué par un grand vent jette loin ses figues tardives. 14 Le ciel se retira tel un livre qui s'enroule, toute montagne et toute île fut transportée de sa place.
 
15 Les rois de la terre, les grands, les chiliarques, les riches, les puissants, tous, esclaves et hommes libres, allèrent se cacher dans les cavernes et dans les rochers des montagnes. 16 Et ils disent aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, cachez-nous de celui qui est assis sur le trône et de la colère de l'Agneau ; 17 car le grand jour de sa colère est venu, et qui pourrait subsister ?

Ce temps annoncé n’est pas encore, mais la crainte paraît bien toucher ceux qui ont le pouvoir sur le monde, et en abusent. Ils craignent que ne soit venu le "Jour de la colère" (Sophonie 2:3, Nahum 1:6). Comment en serait-il autrement ?
 
Soleil, lune, étoiles représentent les puissances de ce monde, et toutes paraissent vaciller : tremblement de terre, éclipse du soleil et de lune (Esaïe 13:10, 50:3, Joël 2:10,30,31, 3:15,16), étoiles précipitées en terre "comme lorsqu’un figuier secoué par un grand vent jette loin ses figues tardives" (Esaïe 34:4, Nahum 3:12). Des annonces déjà faites par le Seigneur, face au Temple de Jérusalem, sur le coteau du Mont des Oliviers. "Et aussitôt après la tribulation de ces jours-là, le soleil sera obscurci, et la lune ne donnera pas sa lumière, et les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. Et alors paraîtra le signe du fils de l'homme dans le ciel : et alors toutes les tribus de la terre se lamenteront et verront le fils de l'homme venant sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire." (Matthieu 24:29-30, lire aussi Marc 13:24, Luc 21:25-26).
 
Alors les puissants en viennent-ils à chercher un abri "dans les cavernes des montagnes", ainsi que le Seigneur en avait dit quelques mots déjà aux femmes de Jérusalem qui pleuraient au bord du chemin qui conduisait à Golgotha : "Alors ils se mettront à dire aux montagnes "Tombez sur nous", et aux coteaux "Couvrez-nous"" (Luc 23:28-30, lire aussi Esaïe 2:10,19,21, Osée 10:8).


 

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06:00 Écrit par Eric dans 06:01 Les six premiers Sceaux

09/07/2012

7:1 - Les 144 000 et les Martyrs


 

Avant l'ouverture du Septième Sceau
Apocalypse 7:1-17

"La colère de l’Agneau"  n’était pas encore, mais une crainte bien justifiée gagne les puissants de la terre. Quatre vents puissants, "aux quatre coins de la terre", sont prêts à fondre sur l’humanité. Et des anges les retiennent un temps.

7  1 Après cela, je vis quatre anges debout aux quatre coins de la terre. Ils retenaient les quatre vents de la terre, afin qu'aucun vent ne soufflât sur la terre, ni sur la mer, ni sur aucun arbre. 2 Et je vis un autre ange qui montait du levant, et qui tenait le sceau du Dieu vivant. Il criait à haute voix aux quatre anges auxquels il avait été donné de nuire à la terre et à la mer. 3 Il disait : Ne faites de mal ni à la terre, ni à la mer, ni aux arbres jusqu'à ce que nous ayons scellé au front les serviteurs de notre Dieu.

Ces vents seront violents, semblables à ce que nous lisons au livre de Daniel : "Je voyais dans ma vision de nuit, et voici, les quatre vents des cieux se déchaînèrent sur la grande mer" (Daniel 7:2). Ils sont retenus un temps pour que Jean puisse apprécier plus précisément de qui doit survenir. Avant qu’il ne soit emporté dans la vision de "la grande tribulation", il est placé devant deux tableaux, le premier évoquant la situation sur la terre, et le second dans le ciel. Après cette parenthèse viendra l’ouverture du Septième Sceau et le déploiement de la prise en main de l’humanité par Celui qui a reçu l’autorité et le jugement (Jean 5:22). Viendra alors le temps où l’espérance du psalmiste sera rencontrée, "le jugement retournera à la justice" (Psaume 94:15).

 
Les cent quarante-quatre mille - 7:4-8
 
Voici donc que réapparaissent les douze tribus d’Israël, la résurrection spirituelle évoquée par Ezéchiel, les ossements secs reprenant vie (Ezéchiel 37:1-14) et aussi l’entente nouvelle entre toutes les tribus: "Et toi, fils d'homme, prends un bois, et écris dessus : Pour Juda, et pour les fils d'Israël, ses compagnons. Et prends un autre bois, et écris dessus : Pour Joseph, le bois d'Éphraïm et de toute la maison d'Israël, ses compagnons. Et rapproche-les l'un de l'autre, pour qu'ils soient un seul bois, et ils ne seront qu'un dans ta main" (Ézéchiel 37:16-17).

4 Et j'entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau : cent quarante-quatre mille de toute tribu des fils d'Israël : 5 de la tribu de Juda, douze mille, de la tribu de Ruben, douze mille, de la tribu de Gad, douze mille, 6 de la tribu d'Aser, douze mille, de la tribu de Nephthali, douze mille, de la tribu de Manassé, douze mille, 7 de la tribu de Siméon, douze mille ; de la tribu de Lévi, douze mille, de la tribu d'Issachar, douze mille, 8 de la tribu de Zabulon, douze mille, de la tribu de Joseph, douze mille, de la tribu de Benjamin, douze mille.

Le nombre est symbolique, bien évidemment, exprimant tout à la fois "complétude" douze et le carré de douze, et "multitude", les milliers.
Deux questions se posent ici. La première concerne la mention des tribus  disparues, les dix tribus du royaume de Samarie envoyées en exil six siècles avant notre ère ; la seconde a trait à l’ordre de citation des tribus et à l’absence de la tribu de Dan.
 
Lors de l’envoi en exil des "dix tribus", nombre d’entre les habitants du royaume du Nord se réfugièrent en Judée et se trouvèrent ainsi "judéens", la racine des descendants de ces dix tribus. Notons comme exemple "Anne, une prophétesse, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser" (Luc 2:36) qui vit Jésus lors de sa présentation au Temple. En ce qui concerne la mention des tribus, nous voyons ici que Juda a la prééminence (Genèse 49:8-12), et que l’ensemble des tribus est encadré par Juda et Benjamin, ce qui pourrait illustrer la remarque ci-dessus touchant l’accueil de fidèles des dix tribus, venues se joindre au royaume de Juda par fidélité à l’Éternel dans les années qui suivirent le schisme. Par ailleurs, la tribu de Dan n’est pas citée, et sont mentionnés par contre Joseph et Manassé, alors que ce dernier était fils du premier. Dan a la triste image de représentant de l’apostasie (Genèse 49:17-18), ce qui pourrait être la raison, tandis que Joseph est noté pour Ephraïm (Genèse 48:5). Soulignant ici le lien avec le texte d’Ezéchiel, lequel cite : "Pour Joseph, le bois d'Éphraïm" (Ezéchiel 37:16). Ceci dit, lors de la vision d’Ezéchiel touchant la restauration du royaume de David, la tribu Dan a bien sa place, et est même citée en premier (Ezéchiel 48:1).

Un tel réveil spirituel des Israélites peut paraître étonnant à plusieurs, car dès le deuxième siècle, et surtout au quatrième, lorsque des notables de la chrétienté se trouvèrent associés au pouvoir séculier, la théologie de la substitution fut développée, jetant du discrédit sur les juifs, les accusant de déicide et prétendant que la chrétienté est le véritable Israël, prétendant par cela même à l’annulation des promesses rappelées par les prophètes.

Ces théologiens, et parmi eux Jean Chrysostome (env.349-407) et Augustin d’Hippone (354-430), déclaraient le peuple juif coupable collectivement de la mort de Jésus Christ, tenant ainsi pour rien la parole de pardon de Jésus à l’égard de tous ceux, Juifs et Romains, qui l’avaient mené à la croix : "Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font" (Luc 23:34). Ils établissaient ainsi théologie de la substitution, à savoir que le christianisme se serait substitué au judaïsme dans le dessein divin, et cela malgré le clair exposé de Paul (Romains 9 à 11). Ce furent les bases de l’antisémitisme chrétien. A la fin du vingtième siècle, suite aux horreurs de la shoah, une sourdine a été mise à cette doctrine aussi aberrante que dramatique ; un mouvement heureux initié par le pape Jean XXIII (Pape de 1958 à 1963), suite aux travaux de l’historien juif français Jules Isaac (1877-1963).

Au contraire, nous pouvons lire dans un enseignement clair touchant Israël : "Il reste donc un repos sabbatique pour le peuple de Dieu" (Hébreux 4:9). Lisons parmi d’autres passages : "Et le rédempteur viendra à Sion et vers ceux qui, en Jacob, reviennent de leur rébellion, dit l'Éternel." (Ésaïe 59:20-21, lire aussi Ezéchiel 37:1-28, Jérémie 31:31-32, Michée 5:7…).
 
Ces annonces ne sont pas oubliées soixante-dix ans après la croix, au tournant du siècle. Paul écrivait aux chrétiens de Rome : "Eux, de même, s'ils ne demeurent pas dans leur manque de foi, ils seront greffés; car Dieu a le pouvoir de les greffer à nouveau. […] et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu'il est écrit : Le libérateur viendra de Sion ; il détournera de Jacob l'impiété.  Et c'est là l'alliance de ma part pour eux, lorsque j'ôterai leurs péchés. […] Car les dons de la grâce et l'appel de Dieu sont irrévocables." (Romains 11:23-29). Le dessein de Dieu pour l’humanité tout entière, et la mission spéciale du peuple choisi sont ainsi conjugués, et Paul s’élève alors en une parole à la gloire de Dieu : "Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies incompréhensibles ! […] Tout est de lui, par lui et pour lui ! A lui la gloire pour toujours ! Amen !" (Romains 11:33-35).
 
Un temps a été requis avant que ne soufflent les quatre vents des cieux, et nous avons vu le réveil spirituel au sein du "peuple choisi" (Deutéronome 7:6-7, Romains 11:28). En son sein se lèvent des serviteurs reprenant le flambeau de leurs pères, selon qu’il est dit du peuple qu’il a vocation d’être "le serviteur de l’Éternel" (Esaïe 41:8-9, 44:21). Nombre d’âmes "de toutes nations, tribus, peuples et langues" (7:9) saisiront le message de paix et s’attacheront au Seigneur Dieu en traversant la période d’épreuves de la terre, lorsque "cet évangile du royaume sera prêché dans la terre habitée tout entière, en témoignage à toutes les nations ; et alors viendra la fin" (Matthieu 24:14) ; ce qu’atteste la scène céleste présentant ceux qui auront connu le martyre au cours de la "grande tribulation" annoncée.

 
Les martyrs de toutes les nations - 7:9-12
 
Comme il était annoncé plus tôt, lorsque fut ouvert le sixième sceau (6:11), le nombre des martyrs sera alors complet, car ce tableau nous conduit au-delà de la "grande tribulation". Ceux-là ont tout perdu sur la terre, mais leur joie est grande. Revêtus de longues robes blanches et agitant des rameaux de palmiers (Jean 12:12-13) ils expriment avec cœur la louange à Celui qui leur acquit cette part bienheureuse. Une louange aussitôt reprise par les anges, les anciens et les quatre Vivants, comme lorsque l’Agneau prit en main le livre-rouleau (5:8-12).

9 Après ces choses, je vis une grande foule que personne ne pouvait dénombrer, de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient devant le trône et devant l'Agneau, vêtus de longues robes blanches et ayant des branches de palmiers à la main. 10 Ils criaient à haute voix : Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône, et à l'Agneau.
 
11 Et tous les anges se tenaient autour du trône, des anciens et des quatre Vivants. Ils tombèrent face contre terre, et rendirent hommage à Dieu, 12 disant : Amen ! La bénédiction, et la gloire, et la sagesse, et l'action de grâces, et l'honneur, et la puissance, et la force, à notre Dieu, aux siècles des siècles ! Amen.

Il est important d’avoir l’intelligence de la scène, de comprendre le dessein de Dieu car les tableaux qui viennent, dès l’ouverture du Septième Sceau, sont très forts, très violents, et annonciateurs de grandes douleurs. Il fallait que Jean, et son lecteur après lui, discernent la fin dernière, l’accomplissement ; et c’est ainsi que la vision est décryptée. Jean a l’attention redoublée par la question qui lui est posée, et à laquelle il n’ose répondre lui-même. C’est un des "anciens" qui la pose, car la question touche des humains…

13 Alors, l'un des anciens me demanda : Ceux-ci, vêtus de longues robes blanches, qui sont-ils et d'où viennent-ils ? 14 Et je lui dis : Mon seigneur, c’est toi qui le sais. Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation. Ils ont lavé leur robe, ils l’ont blanchie dans le sang de l'Agneau. 15 C'est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son temple. Celui qui est assis sur le trône dressera sa tente sur eux. 16 Ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif et le soleil ne les frappera plus, ni aucune chaleur. 17 Car l'Agneau qui est au milieu du trône les paîtra et les conduira aux fontaines des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.

Jean va recevoir la vision de cette période qui s’ouvrira à l’ouverture du septième sceau, en sachant que des âmes en grand nombre, de toutes les nations, s’attacheront au Seigneur, reconnaissant avant toutes autres choses la valeur de son sacrifice à la croix. La foi qu’ils manifesteront, leur fidélité, en conduira au martyre, et ils rejoindront les premiers martyrs, ceux qui attendent (6:11).
 
Ce qu’en dit l’Ancien, apportant la réponse à la question qu’il a lui-même posée, est de toute beauté. Il fournit le tableau de leur félicité, la part de tous les rachetés, dont il sera question à la fin du livre (21:4). Plusieurs perdront la vie pour leur foi, ils vont souffrir de la soif, connaître la brûlure ardente de la persécution (Esaïe 25:8, 49:10), mais ils seront recueillis dans la paix et la félicité, conduits par l’Agneau de Dieu. Il n’y aura plus de larmes…
 
Tel est le propos de Dieu – qui veut que tous les hommes y aient part (1 Timothée 2:4) – que les hommes soient rassemblés autour de Lui pour connaître la félicité éternelle, selon des expressions caractéristiques de la Première Alliance (Lévitique 26.11-12) sublimées dans la Nouvelle (Ezéchiel 37:27), exprimée dans la Jérusalem céleste : "La demeure de Dieu est avec les hommes ! Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple et Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu" (21:3).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 07:01 Les 144.000 et les martyrs

07/07/2012

8:1 - Le Septième Sceau


 

L’ouverture du Septième Sceau
Apocalypse 8:1-5

Un silence d’une demi-heure, c’est ce que vécut Jean, un suspens comme le calme qui précède l’orage, où la nature est en attente, comme oppressée. Sept anges recevant chacun une trompette, un instrument pour avertir ceux qui pourront l’entendre (Osée 8:1, Joël 2:1) ; et ensuite un autre ange, devant l’autel. Ce dernier remplit l’office qui fut celui du prêtre dans le sanctuaire du désert et le temple de Jérusalem, faire fumer l’encens sur l’autel d’or qui se trouve devant l’arche d’alliance (Exode 30:7-8).

8  1 Quand il ouvrit le septième sceau, il se fit au ciel un silence d'environ une demi-heure.
 
2 Je vis les sept anges qui se tiennent devant Dieu ; sept trompettes leur furent données.
 
3 Un autre ange vint et se tint debout devant l'autel. Il tenait un encensoir d'or. On lui donna beaucoup de parfums pour qu’il l’offre pour les prières de tous les saints sur l'autel d'or, devant le trône. 4 La fumée des parfums monta de la main de l'ange, avec les prières des saints, devant Dieu. 5 L'ange prit ensuite l'encensoir, le remplit du feu de l'autel et jeta le feu sur la terre ; il y eut des voix, des tonnerres, des éclairs et un tremblement de terre.

Le parfum qui monte de l’autel n’est autre que le souvenir des actes justes des croyants, ainsi que nous lisons : "Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchez dans l'amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s'est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur" (Éphésiens 5:1-2). Et dans ce chemin de fidélité, que de souffrances rencontrées, et que de supplications à Dieu ! Ce sont là ces prières qui ont été entendues au ciel, et pour lesquelles vient sur la terre une très sévère rétribution ; au feu de l’autel, un parfum de bonne odeur, répond une pluie d’épreuves pour un monde impie. Comme du feu fut jeté du ciel sur Jérusalem, annonce de la destruction de la ville et du temple (Ezéchiel 10:2).
 
Remarquons qu’il n’y a ici aucun mot touchant la culpabilité à l’égard de la mort du Christ. En effet, il y eût la prière de la croix, la première, "Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font" (Luc 23:34). Mais Dieu a égard aux souffrances endurées par les hommes (Matthieu 18:6)


 
DES AVERTISSEMENTS
LES SEPT TROMPETTES

Apocalypse 8:6-14:20


Avec l’ouverture du Septième Sceau, nous entrons au cœur des événements annoncés pour la "consommation du siècle" (Matthieu 13:39-40,49, 24:3, 28:20). La succession de tableaux difficiles et souvent violents, car ils parlent essentiellement de jugements divins, ont fait l’objet de tant de lectures contradictoires que nous devons nous prémunir contre toute idée préconçue, et nous garder d’affirmer avoir décrypté ces messages au point de présenter une fresque géopolitique déterminée, pointer du doigt Gog et Magog, fixer une durée au règne du Messie…
 
Les événements annoncés, limpides pour quelques uns, obscurs pour la plupart, seront clairement perçus par les humains qui traverseront la "grande tribulation" (Matthieu 24:21-22) et, pour eux, ces pages seront d’un grand secours pour puiser des forces et supporter avec patience dans la foi. Rappelons que ce livre ne fut pas donné aux tout premiers chrétiens, ce qui nous permet de dire qu’alors ces pages n’étaient pas nécessaires à leur vie journalière, car il n’y avait pas à fortifier en eux l’attente de la révélation en gloire de leur Seigneur. Il vient à la fin du siècle pour soutenir la foi lorsqu’apparaît le déclin constaté à la lecture des lettres aux sept assemblées.
 
Ce qui prime aujourd’hui nous paraît être le sens général des messages, l’affirmation de la puissance du Fils de l’homme et la compréhension du dessein divin, lequel sera de mettre toutes choses en lumière, de faire valoir ce qui est juste, et d’amener les hommes à la paix et la félicité.

*
*   *

L’ouverture du Septième Sceau fait apparaître sept anges portant chacun une trompette, l’instrument qui annonce un danger comme aussi il engage les troupes au combat. Quatre anges font retentir successivement leur instrument, et quand vient le tour des trois derniers, il est question explicitement d’annonces de malheurs, des douleurs qui dépasseront ce qui aura été vécu jusque là.
 
Avant que ne retentisse la septième trompette, des proclamations sont faites, "sept tonnerres" prononcent des paroles qui demeurent scellées, et ensuite l’affirmation que "le mystère de Dieu"  est près de s’achever, assurément le mystère du silence de Dieu touchant ce qui se passe dans le monde. Jean voit alors qu’il se trouvera des témoins de Dieu sur la terre, et qu’ils seront persécutés.
 
Retentit alors la Septième Trompette, et la proclamation de l’avènement du Royaume terrestre de Dieu (11:15). Plusieurs tableaux se succèdent. Une vue du temple de Dieu, et les combats spirituels ; une vue de la terre, avec une bête puissante prenant son essor sur la mer des peuples, et le faux prophète qui agit de concert avec elle ; et enfin l’union de l’Agneau avec des âmes fidèles et l’annonce des jugements. Ceux-ci sont présentés par le tableau des Sept coupes qui apportent la purification de la terre et l’inauguration du Royaume annoncé lors du retentissement de la septième trompette.


 

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06:00 Écrit par Eric dans 08:01 Le Septième Sceau

06/07/2012

8:6 - Les six premières trompettes


 

Les quatre premières trompettes
Apocalypse 8:6-13

Le son de trompettes célestes, les hommes ne peuvent l’entendre, mais les cataclysmes qui se produisent sur la terre retentissent dans les esprits comme autant d’appel à réfléchir au sens des choses, s’interroger sur le but de la vie, alors que tout peut s’arrêter en un instant. Ainsi, dans cette allégorie, nous lisons autant d’appels retentissants. Aujourd’hui, comme sans doute dès les temps immémoriaux, chaque épreuve atteignant les populations a son effet sur les âmes ; les églises se remplissent pour un temps, des manifestations superstitieuses sont organisées, mais surtout des hommes réfléchissent !
 
Aussi les anges font sonner leurs trompettes, l’un après l’autre, et des cataclysmes surviennent. Les quatre premiers génèrent ainsi des fléaux non sans ressemblance avec les dix plaies d’Egypte (Exode 7 à 10).

6 Alors, les sept anges qui tenaient les sept trompettes se préparèrent à en sonner.
 
7 Le premier sonna de la trompette. Il y eut de la grêle et du feu mêlés de sang qui furent jetés sur la terre. Le tiers de la terre fut brûlée, le tiers des arbres furent brûlés, et toute herbe verte fut brûlée.
 
8 Le second ange sonna de la trompette. Une sorte de grande montagne embrasée fut jetée dans la mer. Le tiers de la mer devint du sang, 9 le tiers des créatures qui étaient dans la mer et qui avaient vie mourut, et le tiers des navires fut détruit.
 
10 Le troisième ange sonna de la trompette. Une grande étoile tomba du ciel, brûlante comme un flambeau. Elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. 11 Le nom de cette étoile est Absinthe ; le tiers des eaux furent changées en absinthe, et beaucoup d'humains moururent de ces eaux devenues amères.
 
12 Le quatrième ange sonna de la trompette. Le tiers du soleil fut frappé, ainsi que le tiers de la lune et le tiers des étoiles, afin que le tiers de ces astres soit obscurci et que le jour perde un tiers de sa clarté, et la nuit de même.

Une similitude avec les plaies d’Egypte, à commencer par la grêle et le feu mêlés de sang (Exode 9:23-25, comme aussi Genèse 19:24). Les ressources de la terre sont touchées (8:7), le commerce est atteint (8:8), l’amertume envahit les âmes (8:10) – l’atmosphère morale du monde est empoisonnée, selon le sens de l’absinthe (Proverbes 5:4, Jérémie 9:15, Amos 5:7…), et enfin les autorités tombent, le monde apparaît en crise, ingouvernable (8:12). Un temps de repentance pour ceux qui subsistent… (9:20-21).

Un grand aigle au regard perçant, planant comme le font les aigles, discerne ce qui va suivre. Il discerne et annonce trois "malheurs" (9:1,12, 11:14).

13 Je regardai et j'entendis un aigle qui volait au milieu du ciel et qui disait d’une voix forte : Quel malheur, quel malheur, quel malheur pour les habitants de la terre, à cause de la sonnerie des autres trompettes que les trois anges vont faire retentir !

Jusque là, ce sont essentiellement les circonstances des hommes qui sont touchées, des cataclysmes sévères ; mais ce n’est qu’un début, car chaque trompette qui sonnera encore annoncera un terrible malheur. Car ce seront les hommes eux-mêmes qui seront atteints.


 
La cinquième trompette
Apocalypse 9:1-12

Le premier des trois malheurs est annoncé par le son de la cinquième trompette. Une étoile tombée du ciel, le "puits de l’abîme" ouvert, la terre couverte de sauterelles néfastes comme des scorpions, un venin qui tourmente les hommes sans qu’ils ne puissent trouver dans la mort une délivrance, et leur guide, l’ange de l’abîme appelé "Abaddon" ou "Apollyon".

9  1 Le cinquième ange sonna de la trompette. Je vis une étoile tombée du ciel sur la terre. La clef du puits de l'abîme lui fut donnée. 2 Elle ouvrit le puits de l'abîme, et une fumée monta du puits, comme la fumée d'une grande fournaise ; le soleil et l'air furent obscurcis par la fumée du puits. 3 De la fumée, des sauterelles sortirent sur la terre, et il leur fut donné un pouvoir pareil au pouvoir des scorpions de la terre. 4 Il leur fut dit de ne faire du mal ni à l'herbe de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n'ont pas sur le front le sceau de Dieu. 5 Il leur fut donné, non pas de les tuer, mais de les tourmenter durant cinq mois ; le tourment qu’ils causaient était comme le tourment causé par un scorpion lorsqu’il pique un homme. 6 En ces jours-là les hommes chercheront la mort mais ils ne la trouveront pas ; ils désireront mourir, et la mort les fuira.

Rien ne peut arrêter cet esprit destructeur ; les propagateurs, sauterelles répandues sur la terre, ont figure d’intelligence, des visages d’hommes, et des airs de triomphe, une sorte de couronne. Leurs armes sont la séduction, des cheveux féminins, et, pour ceux qui résisteraient, la persuasion de la force, des dents de lion… Et le mouvement progresse sans résistance, ses agents sont cuirassés, ils ne craignent rien, volent au combat… Et inondent le monde de leur poison moral, non de face, mais en derrière, sans que les âmes séduites ne s’en aperçoivent…

7 Ces sauterelles ressemblaient à des chevaux équipés pour le combat. Elles avaient sur leurs têtes comme des couronnes semblables à de l'or, et leurs visages étaient comme des visages d'hommes ; 8 elles avaient des cheveux comme des cheveux de femmes, et leurs dents étaient comme celles des lions ; 9 elles avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer, et le bruit de leurs ailes était comme le bruit de chars à plusieurs chevaux courant au combat ; 10 elles ont des queues semblables à des scorpions, avec des aiguillons ; c’est dans leurs queues qu’est leur pouvoir de faire du mal aux hommes durant cinq mois. 11 Elles ont comme roi sur elles l'ange de l'abîme, dont le nom est en hébreu Abaddon, et qui, en grec, a pour nom Apollyon.

Quel est donc cet esprit destructeur, appelé Abaddon ou destruction, qui conduit les hommes au plus profond désespoir, les yeux obscurcis au point de chercher la mort ? L’abandon de toute espérance les associe directement à la seconde mort, l’abîme dont nul ne peut ressortir, l’éloignement éternel de Dieu. Le psalmiste l’évoque : "Racontera-t-on ta bonté dans le sépulcre, ta fidélité dans l'abîme ?" (Psaume 88:11, voir e.a. Proverbes 15:11, Job 26:6).

Comment ne pas penser aux mouvements politiques destructeurs du milieu du vingtième siècle. Plus subtil, pensons aux groupes musicaux black metal qui jonglent dans ce ténébreux contexte de destruction, d’anéantissement, d’abîme et dont les appellations sont, après traduction, Aura noir, Jardin du domaine des morts, Cadavre… Ces rappels sont donnés comme illustrations, et non pour donner à penser que la cinquième trompette aurait déjà sonné. Le lecteur l’aura bien compris, nous sommes toujours dans le temps de la patience de Dieu, et ces événements de la consommation du siècle ne pourront pas se déployer avant que les croyants n’aient été introduits dans la paix.

Un mouvement lancé par une "étoile", quelqu’un qui est écouté dans ce monde, un leader de malheur, et il réussit à troubler la terre. Cet esprit ravageur sévit cinq mois est-il écrit, une référence aux invasions saisonnières de sauterelles dans les pays chauds, de mai à septembre. Il s’agirait ici d’un mouvement limité dans le temps, mais produisant une forme d’hystérie collective effrayante. L’histoire a montré comment des larges pans de la société, dans un contexte de rejet de la révélation, peuvent se vouer à un courant, se laisser emporter par un leader qui les mène dans une voie ténébreuse. Ainsi, en ce temps à venir, en serait-il autrement, lorsque plus rien ne retiendra les courants dévastateurs (2 Thessaloniciens 2:7) ? Faute d’avoir reçu les premiers avertissements, les appels des quatre premières trompettes, bien des hommes sont aspirés par ce courant, cette voie d’autodestruction mentale, cette négation de toute espérance. Un marasme moral et spirituel absolu.

12 Le premier malheur est passé. Deux malheurs viennent après celui-ci.

Voyant l’état du monde dépeint dans ce paragraphe, nous étonnerions-nous de cette parole attestant que l’humanité court vers d’autres douleurs, d’autres malheurs ?


 
La sixième trompette
Apocalypse 9:13-11:14

Le cours de la vision se poursuit alors sans interruption. Vient donc le son de la sixième trompette. Le deuxième malheur fondra sur une humanité moralement ravagée, comme nous l’annonçait le précédent retentissement de trompette ; une scène absolument impressionnante modulée en trois tableaux. Le premier tableau est tout de violence, une cavalerie impressionnante ; le deuxième nous conduit au ciel, où un livre présenté au "voyant", il faut qu’il l’absorbe ; le troisième conduit Jean sur la terre où il est placé devant les témoins de Dieu.

 
Les quatre anges sur l’Euphrate – 9:13-21
 
Un ordre précis est donné à l’ange qui vient de faire retentir la trompette : une voix s’élève des cornes de l’autel d’or, l’autel des parfums (Exode 30:1-3) ; les cornes, images de puissance, de force. Comme nous l’avons lu plus tôt, à l’autel d’or sont associé les âmes de martyrs (6:9, 8:3,5) et avec elles la nécessité d’une œuvre de purification, ainsi que nous le lirons plus loin : "Et j'entendis l'autel, disant : Oui, Seigneur, Dieu, Tout-puissant, véritables et justes sont tes jugements" (16:7).

13 Et le sixième ange sonna de la trompette.
 
   J’entendis alors une voix venant des quatre cornes de l'autel d'or qui était devant Dieu ;
14 elles disaient au sixième ange qui avait la trompette : Détache les quatre anges qui sont liés sur le grand fleuve, l’Euphrate. 15 Alors les quatre anges qui étaient préparés pour l'heure, le jour, le mois et l'année, furent déliés pour tuer le tiers des hommes. 16 Le nombre des combattants de la cavalerie était de deux myriades de myriades. J'en entendis le nombre.
 
17 C'est ainsi que je vis les chevaux dans la vision, je vis les chevaux et ceux qui les montaient ; ils avaient des cuirasses de feu, d'hyacinthe et de soufre. Les têtes des chevaux étaient comme des têtes de lions, et de leur bouche sortait du feu, de la fumée et du soufre. 18 Le tiers des hommes fut tué par ces trois fléaux, par le feu, la fumée et le soufre qui sortaient de leur bouche. 19 En effet, le pouvoir des chevaux est dans leur bouche et dans leur queue, car leurs queues sont semblables à des serpents ; elles ont des têtes, et c’est par elles qu’elles font du mal.
 
20 Les autres hommes, ceux qui n'avaient pas été tués par ces plaies, ne se repentirent pas des œuvres de leurs mains ; ils ne cessèrent pas de se prosterner devant les démons et les idoles d'or, d'argent, d'airain, de pierre et de bois, lesquelles ne peuvent ni voir, ni entendre, ni marcher. 21 Ils ne se repentirent pas de leurs meurtres, ni de leurs sortilèges, ni de leur prostitution, ni de leurs vols.

Rien ne peut arrêter le carnage. Le tiers des hommes sera tué par les fléaux d’une armée préparée pour ce jour ; les "quatre anges" ou "messagers" libèrent une multitude armée, deux myriades de myriades. L’Euphrate est cité, une évocation des grandes invasions de la terre d’Israël avant l’Empire romain, qui furent, de fait, les agents du jugement divin venus en leur temps éprouver Israël qui s’adonnait à l’idolâtrie.

Le Royaume du Nord fut anéanti par l’Assyrie, au temps d’un sursaut de fidélité en Juda, notamment sous la houlette du roi Ezéchias ; le royaume de Juda fut détruit par Nabuchodonosor, roi de Babylone, après le décès du roi Josias, dernier roi fidèle.
 
Le parallèle historique nous est utile aussi pour considérer la population impie qui est citée. Comme pour Israël autrefois, l’esprit dominant est considéré comme l’esprit de la nation ou, ici, de l’humanité. Ceci étant, il se trouve des fidèles, nous avons vu qu’ils seront en grand nombre, ceci dans la vision des cent quarante-quatre milliers, et aussi du grand nombre de martyrs que produira cette période de l’histoire à venir des hommes (7:1-17).

Rien dans le texte ne permet d’envisager ici une guerre particulière, nous ne pouvons envisager ni la nature du combat, ni ce que seront ces cavaliers et leurs montures. L’annonce est une nouvelle allégorie. Le nombre est immense, deux myriades de myriades n’est rien moins que ceux centaines de millions, une myriade étant égal à dix-mille… Jean est saisi, il souligne ce nombre.
 
La cuirasse des cavaliers leur permet d’être à l’abri "du feu, de la fumée et du soufre" projetés de la bouche des chevaux, autant d’armes qui répandaient les trois fléaux – épreuve, aveuglement et odeur de l’enfer, la seconde mort. Et les hommes sont moralement empoisonnés par les queues semblables à des serpents, cet animal symbole de l’esprit de non-reconnaissance du Créateur. Ceci semble bien rejoindre l’enseignement de Paul : "Une opération d’égarement, pour qu’ils croient le mensonge, pour que soient jugés tous ceux qui n’ont pas cru la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice" (2 Thessaloniciens 2:11-12).
 
Quel sera le désastre sur la terre ? Les hommes alors le réaliseront bien. Voyons que le fait, dans ce tableau, que ce soient des chevaux et non des cavaliers qui soient envoyés souligne sans contexte son caractère purement symbolique. Mais une chose est claire : ce malheur mettra les hommes à l’épreuve, et nous lisons qu’il ne s’en trouvra pas pour se repentir et se tourner vers le Seigneur ; meurtres, superstitions, infidélités et vols se poursuivent…

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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06:00 Écrit par Eric dans 08:06 Six premières Trompettes

03/07/2012

10:1 - Le petit livre ouvert


 

Le petit livre ouvert – 10:1-11
 
Autre tableau. Une apparition tout en puissance et en gloire, un livre ouvert, le retentissement d’une voix, comme un lion et enfin sept tonnerres dont les paroles ne peuvent être transcrites. Illustration de ce qui devait arriver dans un monde ravagé par l’immoralité : meurtres, superstitions, prostitutions, vols.

10  1 Et je vis un autre ange, puissant, qui descendait du ciel, vêtu d'une nuée, un halo autour de la tête ; son visage était comme le soleil et ses jambes comme des colonnes de feu. 2 Il tenait à la main un petit livre ouvert. Il posa le pied droit sur la mer et le gauche sur la terre 3 et cria comme un lion qui rugit. A son cri, les sept tonnerres firent entendre leurs voix. 4 Quand les sept tonnerres eurent parlé, j'allais écrire, mais j’entendis du ciel une voix qui disait : Scelle ce qu’ont prononcé les sept tonnerres, ne les écris pas.

Le  voyant  est placé devant le champ dans lequel s’appliquera cette manifestation de puissance, la mer et la terre, soit, la terre d’Israël et la mer des nations. Le livre est ouvert, nullement scellé, car le constat divin portant sur un monde qui s’est dévoyé est établi, annoncé même par les paroles des tonnerres ;  la voix de l’Éternel  se fait entendre (Psaume 29), mais les paroles que Jean entend, il ne peut les écrire. Leur révélation au monde viendra avec le retentissement de la septième trompette (10:7). C’est ce qu’annonce l’ange "debout sur la mer et sur la terre."

5 Alors l'ange que j'avais vu debout sur la mer et sur la terre leva la main droite vers le ciel, 6 et jura par celui qui vit aux siècles des siècles, qui a créé le ciel et ce qui s’y trouve, et la terre et ce qui s’y trouve, qu'il n'y aurait plus de délai, 7 qu'aux jours où le septième ange sera sur le point de sonner de la trompette, alors le mystère de Dieu sera terminé, comme il en a annoncé la bonne nouvelle à ses serviteurs les prophètes.

"Le mystère de Dieu", nous pourrions sans doute dire "le mystère du silence de Dieu."  Les prophètes n’ont cessé de proclamer que droit serait fait aux martyrs et à tous ceux qui ont souffert l’injustice ainsi qu’à tous les délaissés du monde. Ils ont soutenu la foi des fidèles, particulièrement lors des désastres dans lesquels ils étaient plongés, et dans les souffrances qu’ils enduraient ; ils avaient l’assurance que leurs douleurs n’étaient pas oubliées, et qu’il leur serait fait droit…
 
Mais jusqu’ici rien ne parut entraver le courant d’un monde impie. Et l’on parle du  silence de Dieu.  Voyons les cris exprimés dans divers Psaumes, et notamment : "Jusques à quand, ô Éternel, te cacheras-tu à toujours, et quand donc ta fureur brûlera-t-elle comme un feu ?" (Psaume 89:46, et encore 4:1, 22:2, 143:7 et bien d’autres). Sans oublier les paroles mises dans la bouche de Job : "Je crie à toi, et tu ne me réponds pas ; je me tiens là, et tu me regardes !" (Job 30:20). Ces cris se retrouvaient lorsque nous lisions : "Jusques à quand, ô Souverain, saint et véritable, n’exerceras-tu pas le jugement et ne nous rendras-tu pas droit à l’égard de notre sang sur les habitants de la terre ?" (6:10). Désormais "il n’y aura plus de délai", ni pour le monde, pas plus que pour une assemblée prétendument chrétienne rongée par l’apostasie (2:21-22).
 
Jean entend à nouveau cette voix venant du ciel (1:10, 4:1). Et ici encore, nous le voyons  entrer  dans la vision, participer à la scène, écouter, agir en exprimant les sentiments qu’il éprouve ; et ceci nous est une instruction, car elle montre la démarche attendue du lecteur…

8 La voix que j'avais entendue du ciel me parla à nouveau. Elle dit : Va, prends le petit livre ouvert dans la main de l'ange qui se tient sur la mer et sur la terre. 9 J'allai vers l'ange et lui dis de me donner le petit livre. Il me dit : Prends-le et dévore-le, il remplira ton ventre d'amertume mais dans ta bouche il sera doux comme du miel. 10 Je pris le petit livre de la main de l'ange et je le dévorai. Il fut dans ma bouche doux comme du miel, et quand je l'eus mangé, mon ventre fut rempli d'amertume. 11 Alors il me fut dit : Il faut qu’à nouveau tu parles en prophète sur beaucoup de peuples, de nations, de langues et de rois.

Le mystère de la patience de Dieu sera bientôt du passé, et c’est une consolation extrême, le livre est "doux comme du miel", quoique les jugements annoncés, la justice exercée, soient bien amers au prophète. Il éprouve ici la douleur même de Dieu dans le jugement qui doit être exercé : "Dis-leur : Je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel, si je prends plaisir en la mort du méchant,... mais plutôt à ce que le méchant se détourne de sa voie et qu'il vive ! Détournez-vous, détournez-vous de vos mauvaises voies…"  (Ézéchiel 33:11).
 
Le livre reçu, Jean est appelé à poursuivre, comme prophète, pour "beaucoup de peuples, de nations, de langues et de rois."

 

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06:00 Écrit par Eric dans 10:01 Le petit Livre ouvert

02/07/2012

11:1 - Les deux témoins


 

Le sanctuaire et les deux témoins – 11:1-14
 
Troisième panneau de ce tryptique, après le tableau du monde et la vision du ciel avant que ne retentisse la septième trompette : ce monde en attente de jugement n’est pas sans témoins de la part de Dieu.
 
"Mesure le sanctuaire de Dieu !"  Et Jean comprend bien qu’il ne s’agit pas d’un sanctuaire terrestre, sachant qu’à Jérusalem il ne s’en trouve plus après qu’il ait été livré aux flammes quelque trente années plus tôt par l’armée romaine. Le  voyant  a bien un roseau à la main, rappelant la  "canne à mesurer"  d’Ezéchiel (Ezéchiel 40:3), lorsque celui-ci eût, à Babylone, la vision du temple après la destruction de celui de Salomon par les armées des Nabuchodonosor. Mais ici, nulle mesure n’est communiquée.
 
Le temple n’était plus, mais le symbole demeure, car il se trouve un lieu réservé aux adorateurs, tandis que le parvis extérieur est ouvert à tous. Et il se verra alors une renaissance spirituelle d’Israël et lors de ce réveil, des hommes se lèveront "de toutes nations, tribus, peuples et langues"  (7:4,9).

Le sanctuaire, un nouvel édifice ? La question se pose, et des commentateurs avancent l’idée de la reconstruction effective du temple, mais la plupart s’attachent ici à une représentation symbolique. Et nous pouvons bien suivre ce chemin à la lecture d’un livre essentiellement symbolique ? Quelle que soit la lecture que nous en faisons, le symbole s’applique et nous voyons qu’il se trouve un  sanctuaire  pour les fidèles, tant d’Israël que des nations.

"Lève-toi !"  Le  voyant  est appelé à entrer en action, à mesurer tant le sanctuaire que l’autel et évaluer le nombre de ceux qui adorent. L’évaluation qu’il en fait ne sera pas donnée, et assurément il faut comprendre que la question n’est pas là ; il est conduit à apprécier la grandeur du réveil opéré sur la terre, et comprendre qu’il y aura alors une démarcation spirituelle entre les croyants et le reste de l’humanité.

11  1 Il me fut donné un roseau semblable à une baguette, et il me fut dit : Lève-toi et mesure le sanctuaire de Dieu ainsi que l'autel et ceux qui y adorent. 2 Mais le parvis qui est en dehors du temple, laisse-le de côté et ne le mesure pas, car il a été donné aux nations ; celles-ci fouleront aux pieds la cité sainte pendant quarante-deux mois.

Un sanctuaire, et des témoins nantis de puissance, comme le furent des prophètes d’Israël. Et ils connaîtront le sort des prophètes, car tel est le monde. Au commencement du livre, les "porte-lampes" étaient les assemblées, mais elles ne le sont plus car, en effet, il n’y a plus alors d’assemblée reconnue sur la terre ; la vision nous a conduit vers ce qui doit arriver "à la suite" (4.1). Le centre de rayonnement de ces témoins est Jérusalem (11:8).

3 Je donnerai puissance à mes deux témoins, et ils parleront en prophètes, vêtus de sacs, pendant mille deux cent soixante jours. 4 Ce sont là les deux oliviers et les deux porte-lampes qui se tiennent devant le Seigneur de la terre. 5 Si quelqu'un veut leur faire du mal, du feu sort de leur bouche et dévore leurs ennemis. Oui, si quelqu'un voulait leur faire du mal, il serait mis à mort de cette manière. 6 Ils ont le pouvoir de fermer le ciel pour qu'il ne tombe pas de pluie durant les jours de leur ministère de prophète et aussi de changer les eaux en sang et de frapper la terre de toutes sortes de fléaux toutes les fois qu'ils le voudront.

Deux témoins vêtus de sac, symbole de dépouillement, deux prophètes de Dieu pour avertir les hommes. Ce n’est pas une information étrange pour Jean, car il est écrit : "Voici, je vous envoie Élie, le prophète, avant que vienne le grand et terrible jour de l'Éternel"  (Malachie 4:5). Comme Elie le Thisbite, ces deux témoins ont le pouvoir de provoquer la sécheresse sur la terre (1 Rois 17:1, Jacques 5:17), et à l’instar de Moïse, ils peuvent décréter que des fléaux s’abattent sur la terre (Exode 7 à 12). La Loi et les Prophètes sont ainsi représentés, le cadre complet de la révélation de Dieu : d’une part ce que Dieu attend de l’homme, et de l’autre ce que l’homme peut attendre de Dieu, poussant les âmes à avoir foi en Lui. Ainsi pouvons-nous lire "deux oliviers et deux porte-lampes" se tenant sur la terre pour communiquer la pensée du Seigneur, ce que le prophète Zacharie avait fait connaître lors de la construction du second temple (Zacharie 4). Et Jean n’a-t-il pas vu Moïse et Elie lors de la transfiguration, parlant avec Jésus "de sa mort qu'il allait accomplir à Jérusalem" (Luc 9:30-31) ?
 
Ce ministère a un temps déterminé, trois années et six mois, durant lesquelles les témoins seront invulnérables, ce sont les quarante-deux mois où la "sainte cité" est foulée aux pieds par les nations (11:2), cette citée portant alors les caractères de  Sodome et Égypte.   Cette double qualification en dit long sur le climat moral qui y régnera. "Egypte" référence à celle qui voulut retenir en esclavage les Israélite, et donc l’image de l’opposition absolue à Dieu.  "Sodome" quintessence de la dépravation morale, image déjà largement employée par les prophètes (Esaïe 1:9-10, Jérémie 23:14, Ezéchiel 16:46-49,).
 
Et en cette ville même viendra leur martyr, "là même où leur Seigneur a été crucifié", appelée Sodome et Égypte en raison de l’état d’esprit qui y prévaudra. Dernière manifestation de ce que le Seigneur observa : "la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés"  (Matthieu 23:37, Luc 13:34).
 
Une  bête monte de l’abîme et les met à mort. Concernant la "consommation du siècle", la prophétie du livre de Daniel montre une  bête sous des traits significatifs : "Il proférera des paroles contre le Très-Haut, et opprimera les saints du Très-Haut ; il espèrera changer les temps et la loi, et ceux-ci seront livrés en sa main un temps et des temps et une moitié de temps" (Daniel 7:25). Jean aurait-il eu cette parole à l’esprit pour qu’il ne sursaute pas à la vue de cette bête montant de l’abîme ? Une question. Mais quelques instants plus tard il recevra cette vision de la  bête montant de la mer.
 
La mission achevée, le témoignage rendu, les témoins sont mis à mort, eux auxquels nul ne pouvait faire du mal (11:5). Les prophètes connaissent cette ignominie de n’être pas enseveli, leur dépouille exposée ainsi, mais la méchanceté de l’homme n’accomplit-elle pas le plan de Dieu ? Et suivent des scènes de réjouissance, car les paroles des prophètes ne sont pas agréables à ceux qui se livrent aux courants du monde… Dans notre siècle de technologie de l’information, nous ne pourrons être étonnés de ce que partout dans le monde l’image soit partagée…

7 Quand ils auront achevé leur témoignage, la bête qui monte de l'abîme leur fera la guerre, les vaincra et les mettra à mort. 8 Leurs cadavres seront sur la place de la grande ville appelée, dans un sens spirituel, Sodome et Égypte, là même où leur Seigneur a été crucifié. 9 Des gens de tout peuple, tribu, langue et nation verront leur cadavres pendant trois jours et demi, et ils ne permettront pas qu’on mette leurs cadavres dans un tombeau. 10 Les habitants de la terre se réjouiront à leur sujet, ils feront des réjouissances et s'enverront des présents les uns aux autres, parce que ces deux prophètes tourmentaient les habitants de la terre.
 
11 Après les trois jours et demi, un esprit de vie venant de Dieu entra en eux, et ils se tinrent sur leurs pieds. Une grande crainte s’empara de ceux qui les voyaient. 12 Ils entendirent du ciel une voix forte qui leur disant : Montez ici ! Ils montèrent au ciel dans la nuée, et leurs ennemis le virent. 13 Á cette heure-là, il y eut un grand tremblement de terre et le dixième de la ville s’écroula. Sept mille hommes furent tués dans ce tremblement de terre ; quant aux autres, ils furent épouvantés et donnèrent gloire au Dieu du ciel.

La liesse s’éteint bien rapidement, car la résurrection de ces témoins est pour ainsi dire vue en direct dans le monde entier. Et l’élévation aux cieux produit une émotion bien plus forte que ne put l’être celle d’Elie qui fut recherché pendant trois jours par une cinquantaine d’hommes et ne fut pas trouvé (2 Rois 2:11). Bien sûr, la résurrection bouscule la logique humaine… Et même aujourd’hui dans des milieux pétris de doctrine chrétienne. Paul a été amené à écrire une de ses plus belles pages lorsque le doute concernant la résurrection de Jésus Christ s’insinuait parmi les Corinthiens, et il s’exclama : "Car si les morts ne ressuscitent pas, Christ n'a pas été ressuscité non plus ; et si Christ n'a pas été ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés…" (1 Corinthiens 15:16-17). Que dire du mépris d’une telle réalité là où l’on se prétend conduit par la seule raison de l’homme ! Aussi y a-t-il un saisissement. Et l’événement est accompagné d’un signe qui rappelle la résurrection du Christ, un tremblement de terre dans la région de Jérusalem (Matthieu 27:54). Est-ce un sursaut de conscience salutaire qui se produit à Jérusalem ? L’épouvante ressentie conduit à donner gloire à Dieu, car, comme nous l’avons lu plus haut, les épreuves atteignant les hommes conduisent à des conversions…

14 Le second malheur est passé ; voici, le troisième malheur vient promptement.

Ce tryptique a montré à Jean l’état de l’humanité, la connaissance qu’en a le ciel et une dernière manifestation de la grâce, ce message annoncé par "les deux témoins" à Jérusalem, dont le sort paru scellé par "la bête montant de l’abîme", mais qui furent scellés, à la vue de tous, par l’approbation de Dieu, lorsque, ressuscités, ils se trouvèrent emportés dans la nuée, dans une scène qui rappelle l’enlèvement d’Elie (2 Rois 2:11-12), mais aussi l’histoire d’Hénoc (Genèse 5:21-24, Hébreux 11:5). La septième trompette va sonner, le troisième malheur est proche.


 

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06:00 Écrit par Eric dans 11:01 Les deux Témoins

01/07/2012

11:15 - La septième trompette


 

LA SEPTIEME TROMPETTE
Apocalypse 11:15-18


Lorsque retentit le son de la septième trompette, des voix s’élèvent dans le ciel. Et pour cause ! Elles annoncent "la fin du mystère de Dieu" (10:7), la fin du silence de Dieu, ce temps dans lequel nous sommes où le monde suit son cours ; les hommes assument, ou n’assument pas, la responsabilité qui leur incombe de maintenir le droit et la justice sur la terre (Genèse 9:6). La proclamation associée à la septième trompette est bien explicite (11:15). Finie, sur la terre, la supplication : "Jusques à quand, ô Éternel ? Te cacheras-tu à toujours ?" (Psaume 89:46). Et terminée, au ciel, la prière "Jusques à quand, ô Souverain, saint et véritable, ne juges-tu pas et ne feras tu pas droit à propos de notre sang sur ceux qui habitent sur la terre ?" (6:10). Vient le temps où "le jugement retournera à la justice"  (Psaumes 94:15),  où le monde sera régi par Celui qui sera appelé le "Prince de paix"  (Ésaïe 9:6). La fin de l’attente : "Ton trône, ô Dieu, est pour toujours et à perpétuité ; c'est un sceptre de droiture que le sceptre de ton règne"  (Psaume 45:6).

15 Le septième ange sonna de la trompette. De grandes voix retentirent dans le ciel, qui disaient : Le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ est venu, et il régnera aux siècles des siècles.
 
16 Les vingt-quatre anciens assis sur leurs trônes devant Dieu tombèrent face contre terre et rendirent hommage à Dieu. 17 Ils disaient : Nous te rendons grâces, Seigneur Dieu, Tout-puissant, toi qui es et qui étais, d’avoir saisi ta grande puissance et d’avoir instauré ton règne. 18 Les nations se sont irritées, mais ta colère est venue, ainsi que le temps de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, petits et grands, et de détruire ceux qui corrompent la terre.

Les vingt-quatre anciens ont bien compris, ils comprennent que "le mystère de Dieu" est achevé, et que sa puissance se manifeste avec l’instauration du "règne de Dieu et de son Christ."  Les nations s’étaient irritées en vain ! "Pourquoi s'agitent les nations, et les peuples méditent-ils la vanité ? Les rois de la terre se lèvent, et les princes consultent ensemble contre l'Éternel et contre son Oint : Rompons leurs liens, et jetons loin de nous leurs cordes !"  (Psaume 2:1-3, Actes 4:25-26). Lors de l’accomplissement de la vision, tout sera mis en lumière, "Je raconterai le décret : l'Éternel m'a dit : Tu es mon Fils ; aujourd'hui, je t'ai engendré. Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage, et, pour ta possession, les bouts de la terre ; Tu les briseras avec un sceptre de fer ; comme un vase de potier tu les mettras en pièces."  (Psaume 2:7-9). Dieu se révèle dans sa puissance, et rien ne peut altérer le cours des événements. Si, sur la terre, la paix est encore à venir, le temps des nations, "le  présent siècle" (Tite 2:12)  est terminé, le temps des avertissements est passé. Le moment est venu de "détruire ceux qui corrompent la terre" (Genèse 6:11-12), et notamment "la grande prostituée qui corrompait la terre par sa prostitution, réclamant de sa main le sang de ses serviteurs"  (19:2).
 
Il s’impose donc une purification du monde ; ce seront les sept coupes du jugement de Dieu. Elles vont être déversées l’une après l’autre, sans délai (14:6) ; toutefois, avant que cela ne soit présenté en vision, il se trouve une parenthèse essentielle pour exposer la situation du monde à ce moment de l’histoire de l’humanité ; un arrêt dans le cours des événements annoncés.


 
LES SEPT COUPES DU JUGEMENT
Apocalypse 11:19-19:21


 
Voici maintenant l’expression circonstanciée de la grande fureur, du jugement qui mettra fin aux esprits destructeurs qui mènent l’humanité. Sept coupes de jugement vont être déversées sur la terre. Lorsque ces événements seront achevés, à la Septième Coupe, "le mystère de Dieu sera terminé" (10:7), le mystère de son silence face à la culpabilité accumulée par des hommes sans foi ni loi que nous constatons dans l’histoire jusqu’à nos jours. La fin du "silence de Dieu", constant parfois lancinant pour bien des croyants.

Voici, ceux-ci sont des méchants,
    et ils prospèrent dans le monde,
    ils augmentent leurs richesses. 
Certainement c'est en vain
    que j'ai purifié mon cœur et que
    j'ai lavé mes mains dans l'innocence.  
J'ai été battu tout le jour, et
    mon châtiment revenait chaque matin.
Si j'avais dit : Je parlerai ainsi,
    voici, j'aurais été infidèle
    à la génération de tes fils. 
Quand j'ai médité pour connaître cela,
    ce fut un travail pénible à mes yeux,
Jusqu'à ce que je fusse entré
    dans les sanctuaires de Dieu... :
    j'ai compris leur fin."

        (Psaume 73:12-17)

Gardons-nous de penser toutefois que ce temps de jugement a commencé, car il est assuré que ce jour-là ne viendra pas que l'apostasie ne soit arrivée auparavant et que l'homme de péché n'ait été révélé, le fils de perdition  (2 Thessaloniciens 2:3).
 
Le sujet de cette portion du livre est bien évidemment le jugement lui-même, les "Sept Coupes" déversées sur la terre. Au préalable, l’état du monde est dépeint, afin que soit comprise la nécessité du jugement ; et cette parenthèse est suivie du rappel des paroles du Seigneur touchant la Moisson et la Vendange, cette dernière introduisant alors le déploiement des jugements.
 
Telle est la première partie de la section, mais il en est une seconde, tant il importait que soit développée la question de Babylone la Grande. Que représente cette figure exceptionnelle, quelle est sa culpabilité particulière, que signifie sa chute évoquée plus haut (14:8) et quelles leçons en tirer pour le lecteur et l’auditeur du livre ?


 

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06:00 Écrit par Eric dans 11:01 Les deux Témoins